L’Eure et Loir à travers les siècles

L’histoire fait-elle encore partie de notre passé? Une question que l’on peut se poser délibérément dès lors que le bouleversement de cette spécialité dans les programmes scolaires singularise une approche pour le moins déconcertante des siècles passés. Pourtant la chronologie constitue la pièce maîtresse pour comprendre le défilement de l’histoire au fil des siècles. Un site aussi visité comme la cathédrale de Chartres, inscrite au patrimoine de l’UNESCO, est une convergence touristique comme pourraient l’être, bien d’autres monuments et châteaux parmi tant d’autres témoins d’un passé trop souvent ignoré.. La plupart des rois et reines de France sont venus en la cathédrale de Chartres pour faire leurs dévotions en ce lieu emblématique qui célèbre le gothique flamboyant cher à Fulbert.

Le château de Châteaudun est le premier des châteaux de la Loire, bien que bordant le Loir… Amusant, non ? Qui le sait en réalité, peu de monde assurément. Comme cette stèle à peine détectable sur la route de Chartres à Sours, célébrant le premier traité de  » paix  » de la Guerre de Cent ans.

Vous y découvrirez des personnages qui appartiennent à l’histoire, connus pour certains, plus effacés pour d’autres, alors que d’autres n’ont pas bénéficié de la notoriété. Un énorme travail d’investigation, de croisement d’informations car l’erreur se niche là où on l’attend pas. Nul n’est à l’abri, même en s’efforçant de croiser l’information pour la rendre la plus proche de la vérité. Les archives constituent le maillon indispensable à la connaissance historique.

Certains passages relatifs à des événements ont été conservés dans le français de l’époque pour s rendre compte des évolutions de la langue d’hier à nos jours. Bibliographie et références sont répertoriées en fin de texte.

4 500 ans avant Jésus-Christ. Des tumuli ou mallus comparables à de monticules de terre ont été identifiés du côté de Morancez, Coransez ou Berchères-les-Pierres. Dolmens, menhirs restent présents en Beauce, et parfois des tables associées aux dolmens de belle facture (à proximité d’Alluyes) sont présumés utilisées à des fins d’inhumations ou de sacrifices. Quelques variantes de ladères (en breton lac’h) supposent qu’une pierre plate sacrée ont à aiguiser couteaux, armes et flèches, laissant encore de nos jours des traces visibles. Le suffixe cez de certaines communes comme Morancez semblerait attester des lieux de batailles. L’archéologie a encore de beaux jours devant elle pour mettre à jour notre patrimoine originel, et mieux situer nos origines. Les invasions, la migration des peuples barbares ont pu être à l’origine d’une fixation humaine. Une population fort clairsemée, sans structure réelle, fixant une identité incontestable. Les fouilles ont permis de mettre à jour des éléments permettant d’appréhender d’une façon plus précise la présence de peuples migratoires qui, pour certains, se sont implantés avant d’être absorbés par la venue de nouveaux envahisseurs de passage ou non.On peut considérer que le peuple celte va contribuer à la naissance du futur peuple gaulois, acte fondateur de notre pays.

Période Romano-Celte

Entre 2 000 et 1 200 ans, – Dans un premier temps, l’implantation celte est parcellaire dans une terre que ses membres découvrent. L’immensité des terres beauceronnes est alors cultivée par une population éparse composée avant tout de gens de la terre, peuplade qui doit alors faire face à des assaillants déterminés et conquérants. Pour autant, ces hordes avancent à l’aveugle avec pour objectif les cours d’eau comme les fleuves se laissant entraîner vers l’inconnu, avec ce besoin de franchir des mers pour aller conquérir des terres lointaines ou plus proches. Ils avancent sans rien connaître car à l’époque, pas de cartes ni rien qui soient en mesure de les guider. Que certains d’entre eux se soient fixés sur nos terres, rien n’est exclu, mais leur petit nombre les rend discrets du moins pour le moment. Une population sans doute hétéroclite sans gouvernance particulière. Raisonnablement, on peut les considérer comme les premiers véritables défricheursde la terre de Beauce dont on dit, à tort, qu’elle était entièrement couverte de forêts. Que des parties boisées aient existé, rien n’est exclu, mais les terres cultivables, en majorité ce qui en fait tout l’intérêt, sont exploitables pour en tirer parti. L’envahisseur est certainement conscient de la richesse terrienne. Le blé en sera l’approche complété par l’élevage rendu indispensable dans l’alimentation.

– Vers 280 avant Jésus-Christ, début de la sédentarisation Uneimplantation celtique qui aurait demandé un temps assez long, avant que ces peuples de l’Est se fixent, avant-première de la naissance de la France, en réalité une Europe qui est conquise par les Celtes d’abord par l’est ensuite l’ouest, terre privilégiée par l’abondance des terres à cultiver. Bien d’autres guerriers venus aussi bien du nord que de l’est, vont s’y ajouter de même en Italie, Espagne, et bien d’autres contrées. Les Celtes sont, pour partie, notre ascendance dont ils sont la composante principale.

Les Celtes à l’appellation plutôt moderne, vont devenir les premiers Gaulois les distinguant de la race celtique dont ils sont issus, de rudes combattants, des paysans, des créateurs d’un monde qui se modernise, crée, initie. Les escarmouches vont commencer surtout avec l’Italie voisine. Ces Gaulois de la première heure voudront aller conquérir Rome (l’épisode des oies du Capitole).

L’univers des Carnutes (Chartres) couvrant tout l’Orléanais comme celui des Durocasses (Dreux) dont ces derniers sont issus, commence à se dessiner. Nos vrais ancêtres vont en quelque sorte régner en maîtres, agitateurs nés eu égard au nombre de tribus qui vont s’installer dans la France entière, pierre d’achoppement de notre civilisation en devenir.

Cérès, déesse de l’agriculture (Divinité romaine)

Pourquoi Carnutes ? Carnute voudrait-il signifier gardien de l’autel symbolisé par le mot celte : carn qui couvre également un amas de pierres. Une autre théorie tendrait à prendre en compte celui de carnus, carnos ou carnon attribué à une trompette. D’où carnyx, instrument encourageant les combattants.

1ER SIÈCLE AVANT JÉSUS-CHRIST

56/57 avant Jésus-Christ – Les légions de César envahissent le territoire carnute. Une contrée imposante et orientée nord-sud couvrant de nos jours une partie des Yvelines, le quart-ouest de l’Essonne, d’Eure et Loir, du Loiret et du Loir et Cher, avec deux capitales, l’une administrative, Genabum (Orléans), l’autre religieuse Autricum (Chartres) ce qui situe la naissance de la cité beauceronne à cette époque. Dix-huit cents siècles vont s’écouler avant que l’Eure et Loir ne connaisse sa véritable et succède à l’Orléanais. Ce Chartres du passé n’a bien sûr rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui, la première et véritable mutation pouvant être située au bas Moyen Age. Autricum va devenir la référence celte en matière de sanctuaire en raison de sa position stratégique dominant la plaine de Beauce, aux portes du Perche, là où l’exploitation des forêts, du fer constituent un commerce florissant.

En ce qui concerne le nom d’Autricum, l’incertitude règne. Cette appellation vraisemblablement d’origine latine serait issue d’Autrikon, cité par Claude Ptolémèe, mort en 160 ap JC, géographe, mathématicien originaire d’Alexandrie, dont la célèbre Géographie témoigne de l’existence du très ancien Chartres. Autrikon pourrait être issu du pré-gaulois, à forte connotation romaine, dérivant d’Autura ou port sur l’Eure, avec une colline défendant le port gaulois. Quant à Carnutes, il y a de vagues citations comme celle de Paulin de Perigueux, rhéteur du Ve siècle avant Jésus-Christ, qui mentionne Carnutena ou Magnus en Carnutenus. César relate le peuple des Carnutes, et les dérives latines ont été citées par la suite comme un modèle historique pour mieux en comprendre la finalité. Tout reste à démontrer, même encore de nos jours. Toujours est-il que les Carnutes sont bien présents,si bien que leur existence ne fait aucun doute. La nation gallo-romaine s’est chargée par la suite de contenir la noblesse carnute pour l’intégrer dans ce qui allait être la France de demain. Les Euréliens d’hier ont été de véritables Gaulois. Mais que reste-t-il chez les habitants d’Eure et Loir car il n’y a pas d’ADN possible pour être sûr de notre appartenance.

L’historien Camille Jullian précise à propos des Carnutes  » Autricum, leur métropole traditionnelle, est demeurée une petite ville loin des grandes routes, à deux jours des bords de la Loire. Elle ne comptait guère dans la vie de la Gaule et celle de son peuple, et moins que Genabum (Orléans), port sur le grand fleuve  ». Toujours est-il que cette dernière ville est plutôt considérée comme une capitale politique au contraire d’Autricum, centre religieux, lieu de rassemblement tribal pour juger des querelles des chefs. Sa situation en promontoire la rend visible à plusieurs lieues, avec pour seule importance stratégique, sa position religieuse. Respecté aussi par la suite par les Romains. Autricum a-t-il été choisi en raison de son orientation solaire comme à Delphes, ou en raison d’un point singulier du paysage : une hauteur, une grotte ou une source ou un emplacement sacrificiel. La croisée des axes cardinaux peut également définir le lieu comme référence à un rite funéraire., ou le mouvement des astres. Autricum pourrait-il tirer son étymologie de l’antre signifiant souterrain ou lieu retiré. De même, les Druides détiennent leur importance comme gardiens des institutions. Certaines études avancent la thèse selon laquelle un culte monothéiste était privilégié, consacrant une Vierge qui allait enfanter : virgini pariturae ou possibilité d’une Vierge Noire, issue du culte de la déesse-mère Cybèle symbolisant l’Eau et la Terre. Une terre, à l’avant-veille de l’évangélisation.

En 57/56 av.JC – Les troupes romaines installent ce que l’on dénomme à l’époque un comptoir. César adoube Tagestios, citoyen de haute naissance, vraisemblablement de descendance royale, qui règne à la fois sur Autricum (Chartres) et Dreux (Durocassis). Le système carnute repose sur l’oligarchie, à savoir, on gouverne à partir d’un petit groupe de personnages en situation privilégiée et restreinte. Sans doute des magistrats et peut-être un Sénat, c’est-à-dire un conseil souverain , système politique que l’on retrouve dans d’autres peuples celtes comme les Eduens, les Sénons etc. Ce système crée bon nombre de rivalités, de tentatives de  » putsch », disons de déstabilisation d’une unité qui a du mal à se faire. Il n’est point facile d’articuler plusieurs tribus en une seule. Chacun veut sa part de dirigisme, voulant imposer son chef, même si la sectorisation demeure l’une des clés de voûte. Chaque chef a besoin de se faire connaître, de s’imposer. L’envahissement romain va les conduire à se regrouper, puisque ces peuples partent d’un même idéal : se fixer donc sortir vainqueur par rapport à ceux-là même qui contestent leur présence. Ces caciques, en quelque sorte, vont constituer la colonne vertébrale qui aurait pu les conduire à triompher. Il n’en fut rien, mais ils gagnèrent leur identité : gauloise. Dénomination restant fixée à jamais dans notre mémoire, les Celtes ayant disparu en quelque sorte, même si la race de base demeure. Les historiens du XIXe siècle comme certains auteurs ont été les artisans de notre connaissance d’une civilisation, les Celtes. Encore que de nos jours, la référence celte semble se référer aux bases de notre population. Elle définit des règles souveraines liées à notre histoire.

César, après les campagnes en Gaule sur la partie Belgique (d’aujourd’hui), fait reposer ses troupes en territoire carnute. Raison pour laquelle il doit solliciter l’aide de personnages sûrs sur ce territoire. Le danger est incessant. Quelques escarmouches sans affrontement réel. Chaque camp mesure ses forces comme ses faiblesses, jauge un adversaire uni alors que les Gaulois sont dans la recherche d’une unité indispensable.

Le pays est divisé en trois  » régions  » : les Belges, les Aquitains et les Celtes., chacune avec ses coutumes et ses lois, sous le pouvoir d’une Civitas ( ou pagi ) à savoir une 4ème division lyonnaise regroupant dans sa partie celtique, 29 peuples dont les deux tribus régionales.

Les Romains pensent pouvoir asseoir leur autorité dans une région instable, en situation d’insécurité notoire, si bien que le seul Carnute rallié en la personne de Tagestios est assassiné. Les Carnutes débarrassés de cet espion encombrant, commencent à se sentir  » pousser des ailes  ». Le Carnute se révèle un élément fort du monde celtique, armé pour se construire seul. Pourtant le Romain pourrait lui apporter bien des avantages mais pour le moment, il n’en a que faire. En se cherchant un véritable chef de guerre, il se donne toutes raisons de nommerun interlocuteur maître de son terrain où il évolue. On s’en tient là pour le moment.

Deux années passent dans l’agitation constante.

54 avant Jésus-Christ – Tagestios, est un chef carnute, appartenant sans doute à la tribu des Durocasses. Il a cru bon  » tourner casaque  » lors de l’invasion romaine, en prenant parti pour les troupes romaines. Mal lui en pris. Il meurt assassiné par ses pairs.

52 avant J-Christ – Les Carnutes donnent le signal de la grande révolte. Sous le commandement de Cotuatos et de Conconétodumnos, ce peuple massacre les commerçants romains installés à Genabum (Orléans). On ne sait pas grand chose sur ces deux chefs, qui n’étaient sans doute pas inconnus de César. On peut supposer qu’ils étaient de la réunion ( à côté de Maillebois – Châteauneuf-en-Thymerais – semble-t-il) où tout aurait été décidé. Ce qui reste à prouver, l’emplacement de ce conciliabule n’étant que le fruit d’un rassemblement ethnique. D’un seul élan et portés par un enthousiasme délirant, les deux alliés Carnutes et Durocasses. rassemblent leurs troupes au long du périple les menant au grand lieu du rassemblement. Une telle ferveur est à la base d’une amorce d’unité où ils invitent les peuplades limitrophes les rejoindre. Une avant-garde est dépêchée pour aller aider aux confins du futur Orléanais, les alliés de la première heure qui vivent à Genabum. Ces émissaires les invitent à se révolter ce qu’ils vont accomplir sans coup férir. César leur fera payer cher en détruisant et brûlant cet oppidum, un carrefour névralgique pour ce peuple dont les déplacements et le commerce reposent sur la Loire et la Seine qui bordent leur territoire. Il leur en faudra plus pour les faire renoncer bien qu’humiliés par un envahisseur qui entend assoir sa force.. Les Carnutes ne seront pas en reste pour pallier cet échec relatif, rien ne les arrête, bien au contraire. La future Gaule est en marche.

La thèse selon laquelle le peuple Carnute pourrait être à l’origine de la désignation de Vercingétorix comme futur commandant en chef des futures armées gauloises, semblerait un fait que certains historiens avancent. Rien n’est exclu, ni prouvé. En descendant vers le sud, l’Auvergne n’étant plus loin, les tribus semontrent de plus en plus nombreuses pour rallier les Carnutes avec leurs alliés du Nord. Un tel engouement rapproche les chefs de tribus pour désigner celui qui sera en mesure d’être le meneur emblématique. César comme nous allons le voir ci-après, apporte un témoignage vivant sur la force que représente, à cet instant présent le peuple Carnute. Certes ce témoignage est le fruit d’un homme ambitieux aux rêves politiques incontestables. Ce journal de bord constitue son capital pour obtenir le soutien populaire et noble au sein de Rome. Il interprète à sa façon, ménageant  » la chèvre et le chou  » pour se donner plus d’importance. Pour l’instant, il est chef de guerre, et va se révéler un excellent stratège reposant avant tout sur une unité qui n’est pas le point fort de l’adversaire. Certes, ce dernier, avec plus de cohésion, moins de chefs ambitieux, aurait pu triompher sans coup férir. Combattant né, un statut découlant des longues chevauchées au travers de l’Europe, son triomphe eut été indiscutable. Il n’en a rien été car de l’ambition ne peut naître la cohésion. Ce Celte a démontré des qualités indéniables, autant sur le plan guerrier qu’économique. Malheureusement, César s’est dressé devant lui, en homme de patience, déterminé et fin stratège qui a su employer des techniques modernes de guerre. Tellement modernes que de nos jours, on s’en inspire encore. Ainsi en lisant ce qui suit, à chacun d’entre nous d’accorder l’importance qui en découle, l’interpréter aussi, et vivre une bien belle page d’histoire. Surtout celle de l’Eure et Loir dont le peuple carnute est l’auteur, même s’il a fondu dans le futur peuple gaulois.

Notamment au Livre VI – chapitre 13 .  » Tous ces Druides obéissent à un chef unique qui jouit parmi eux d’une grande autorité. À sa mort, si l’un d’entre eux se distingue par un mérite hors ligne, il lui succède, si plusieurs ont des titres égaux, le suffrage des druides, quelquefois c’est même les armes qui en décident. Chaque année, à date fixe, ils tiennent leurs assises en un lieu consacré dans le pays des Carnutes qui passe pour occuper le centre de la Gaule. Là de toutes parts affluent tous ceux qui ont des différends, et ils se soumettent à leurs décisions et à leurs arrêts.  »

Concernant le soulèvement carnute, César nous révèle dans le livre VII – chapitre 2)  » Après mainte discussion sur leurs projets, les Carnutes déclarent que pour le salut de la patrie, il n’est pas danger qu’ils acceptent (…) Ils promettent d’être au premier rang des révoltés (…) Puisque pour le moment, on ne peut se garantir mutuellement par un échange d’otages car cela risquerait d’ébruiter leurs projets, que du moins, disent-ils, on s’engage par des serments solennels autour des étendards réunis en faisceau – cérémonie qui est chez eux le plus secret des liens – pour ne pas abandonner une fois les hostilités commencées (…) On félicite à l’envi les Carnutes : le serment est prêté par toute l’assistance et on se sépare après avoir fixé la date du soulèvement.  »

César va alors démontrer un sens inné de la mise en œuvre de ces légionnaires pour faire face à ces tribus celtes regroupées et déterminées. Avec Vercingétorix à leur tête, le peuple gaulois de la première heure tente de juguler l’extraordinaire force de frappe que constitue l’envahisseur romain. Les soldats de César vont opposer une véritable muraille de fer avec des boucliers serrés les uns contre les autres sur lesquels les flèches adverses se brisent.

En cette époque moderne que nous vivons, cette disposition de combat face à l’adversaire, ne vous rappelle-t-elle pas des images de compagnies républicaines de sécurité (CRS) s’opposant derrière leurs boucliers de même certaines unités de la Police nationale.

L’armée gauloise se lance à corps perdus. Les ouvrages de défense constitués de pièges divers vont vite semer le doute au sein de l’armée gauloise. Si des espérances de victoire ont pu faire circuler un certain optimisme parmi les Carnutes, alliés de bien d’autres tribus, hélas, Alésia va sonner le glas de leurs espoirs et triompher. Battus et amers, ils reviennent dans leurs terres, et tentent de combattre l’envahisseur romain, mais rien à faire. Une véritable capitulation pour se soumettre d’une façon définitive. Alesia ou ailleurs a démontré leurs limites. Leur esprit combattif n’a pas suffi.

Été 51 av JC – César soumet les Carnutes, après avoir fait exécuter un certain,Gutuater en représailles, encore que ce nom pourrait correspondre à un titre religieux, sans doute un druide. Etonnement, les Carnutes, vont être traités d’une autre façon qu’a pu l’être leur chef suprême, comme nous allons le voir. Vercingétorix sera alors la victime d’un César revanchard, et décidé avec cette prise de guerre d’en faire sa pièce maîtresse pour asseoir son autorité de chef militaire à Rome.

L’ère d’une nouvelle vie gauloise se fait jour en la terre eurélienne de l’époque.

Rèmes, Lingons (est de la Gaule) ) et les Carnutes reçoivent le nom de foederati, à savoir liés par traité avec les Romains. Ils sont indépendants, tout en s’engageant à leur fournir des soldats si la nécessité se fait sentir. Les Carnutes, ainsi soumis, sont intégrés dans la Celtique qui prendra le nom de Lyonnaise, appartenant plus précisément à la IVème Lyonnaise – Chartres ( Autricum ou Autrikon ) sanctuaire celte ( omphalos et locus consecratus ) qui devient gallo-romain, et centre du marché des céréales. l’empereur Auguste

28 av Jésus-Christ, l’empereur Augusteconfirme la division de la Gaule chevelue (celle des Gaulois) en trois provinces dont la Lyonnaise. Au sein des Carnutes, les Durocasses avec Dreux pour capitale. Deux aqueducs fournissaient en eau Chartres l’un venant d’Houdouenne, l’autre de Landelles. On a seulement retrouvé une très infime partie des ouvrages maçonnés. Cette découverte a permis de supposer l’importance des travaux et leur direction. Bien des légendes se sont alors succédé à leurs propos, donnant lieu à toutes sortes d’allusions et de croyances à leur endroit.

A propos de sanctuaire, un fait établi, les Celtes sont venus de différents pays de l’Est y compris l’Asie. Certains sont passés à Delphes, haut lieu des divinités grecques, plus communément dénommé omphalos ou centre du monde. En s’installant dans Autricum, les Carnutes décident d’en faire l’omphalos  » beauceron  ». Un léger promontoire permet de voir ce sanctuaire de loin, et les pénitents viennent se recueillir dans ce haut lieu divin. Quid de l’existence d’archives, puisque le Druide au sein de la classe sacerdotale rejette l’écriture, privilégiant la tradition orale.

Heureusement, César s’est fait notre  » journaliste  » de l’époque pour nous instruire, et nous faire imaginer ce que pouvait être cette  » cathédrale » celtique. Positionnement qui expliquera plus tard la construction d’églises chrétiennes sur les lieux de culte païen y compris la cathédrale de Chartres. Une façon comme une autre de balayer la mémoire  » hérétique  ».

Mais tout mise en œuvre d’une nouveau mode de vivre, comme obéir aux règles du vainqueur n’est pas sans conséquences. Ici et là, on tente de se révolter sans se faire trop d’illusions. L’éternel raison de croire à soi-même s’inscrit dans notre sang. Mais la guerre n’est plus à l’ordre du jour, la pacification suit son cours ce qui signifie une phase de pax romana (paix romaine). La noblesse gauloise est obligée de se rallier à Rome ce qui signifie que nos ancêtres deviennent des gallo-romains au sein d’une province romaine. Chaque division doit payer un lourd tribut sous forme d’une indemnité de guerre versée à l’occupant, non sans profiter de l’avantage d’une civilisation plus évoluée ne serait-ce sur le plan architectural. Les grandes fermes gallo-romaines apparaissent, la terre prospère. Les huttes et demeures précaires se transforment en riches domus avec chauffage central et adduction d’eau ( Bouglainval et bien d’autres lieux. On retrouve encore des tessons de céramique et tegulae, briques romaines recouvertes par une tuile semi-cylindrique dénommée imbrex). Les noms celtiques de l’époque disparaissent ou se confondent avec la langue romaine.

L’agriculture se développe. La Beauce devient en quelque sorte le grenier à blé de Rome, du moins pour l’occupant. De cette époque, on pourrait voir de nos jours un temple gallo-romain de type celtique (fanum)de (29 m70 de long – 19,60 m de large – composé d’une cella ( avec présence vraisemblable d un décor mural. Des fragments d’enduit polychrome auraient été identifiés ) et situé dans le sanctuaire des Bois du Four à Chaux. Hélas, ce lieu a été pris cible par des gens peu regardants, si bien que la dégradation mettant en péril ce qui reste de ce lieu où étaient célébrées les divinités, a eu pour conséquence de le mettre à l’abri. Certaines croyances actuelles auraient voulu relayer le culte ancien surtout à l’époque de la Saint-Jean, et en faire profession de foi. Le lieu en a subi les conséquences de dérapages et excès, d’où une décision sage de ne point éveiller une curiosité fâcheuse pour l’avenir de ce précieux site.

Un grand réseau routier se forme ( 100 000 km en plusieurs siècles ) reprenant des routes gauloises, rendues plus larges de 4 m, légèrement bombées sur un sol soigneusement tassé pour pallier pluies et faciliter leur écoulement. Les bornes milaires que l’on peut encore voir, par exemple au long de la RN154, en sont les témoins au long d’une voie exploitée par nos ancêtres et que l’on a conservées comme tracé, du moins dans certaines parties.

IIe Siècle

# En juin 2010 est mis à jour à Chartres un mur d’amphithéâtre dans le quartier Saint-André, sous forme d’une arène de 117 mètres de long et 102 mètres dont l’absence de scène n’a pas permis de discerner exactement l’utilisation. Une découverte qui ne fait que renforcer les découvertes fortuites et partielles du XIXe siècle ainsi qu’en 1962 et 1987 attestant la présence de cet amphithéâtre à Autricum, dont la datation semble remonter à cette ère. Cette même année, découverte d’une double tablette dite de  » défixions  » destinées à empêcher une personne à laquelle elles s’adressent d’agir soit par malédiction soit par envoûtement. Leur datation est imprécise, on suppose entre le IV ème avant Jésus-Christ et le VI ème siècle après Jésus-Christ.

# Saint Potentien élève à Chartres le premier sanctuaire chrétien, d’où commencerait l’évangélisation, alors que les historiens sont divisés, certains l’estimant plus tardive vers le IIIe pour d’autres le IVe.

IIIe Siècle

253 – Le territoire de Chartres fait toujours partie de de la quatrième subdivision de la Lyonnaise. La ville est alors placée sous la dépendance de la métropole de Sens. La prospérité exerce les convoitises attirant des peuples venus d’ailleurs dont la non-sédentarisation constitue une menace permanente pour l’Orléanais et la Beauce pillés régulièrement par de nombreuses hordes venant de l’est de l’Europe et bien au-delà.

258 – Les Alamans , selon toute vraisemblance, ont fait un passage éclair avant le véritable début des incursions germaniques en Orléanais et Beauce, issues des bagaudes, nom tiré du celtique bagad qui signifie attroupement , composées de brigands,soldats, paysans, esclaves,déserteurs vivant de rapines et saccages. Les Francs comme les Saxons s’en ne sont pas en reste pour laisser mort et désolation, et s’octroyer ce qui peut l’être.

L’évangélisation qui se répand est un prétexte pour imaginer que les disciples de la nouvelle Eglise sont des gens aisés en raison de leurs qualités de premiers véritables constructeurs d’édifice à caractère religieux. Une dévastation qui sera ancrée dans la mémoire des barbares désireux de s’octroyer les instruments d’une religion qui se répand, et porteuse d’une forme d’aisance.

IVe siècle

303 – Altin et Potentien, deux des compagnons et disciples du Christ, et conduits par Savinien de Sens, se rendent à Chartres en droite ligne de Rome (règne de l’Empereur Claude) , envoyés en mission par l’apôtre Paul dans un but d’évangélisation .

312 – Rome autorise le culte chrétien partout en Gaule. Les évêques délimitent les diocèses dont le découpage administratif existe encore de nos jours. Les domaines gallo-romains ne sont plus que souvenir car ces ensembles de population deviennent villa (ville). Construction d’églises, le mot église signifiant assemblée du peuple chrétien . Le premier sanctuaire chrétien est alorsdémoli au tout début du IVe siècle, puis reconstruit en 313 par Castor, évêque de Chartres, sans doute un modeste bâtiment, sans doute un oratoire sous le vocable, semble-t-il, de Notre-Dame.

A l’évidence, la christianisation connaît des moments difficiles pour s’établir, face à une certaine réticence qui entretient le culte des divinités qui reste ancré dans la mémoire populaire.Certains éléments de l’histoire sembleraient préfigurer l’existence d’un certain Aventin, apparemment druide d’origine carnute, qui aurait pu être le premier évêque d’Autricum.

350 – Premiers effets de l’évangélisation à Chartres.

395Chartres devient un siège épiscopal, abritant la cathèdre, siège de l’évêque soit Valentinus (Valentin),ou l’évêqueSaint-Martin-de-Tours considéré comme l’un des principaux saints de la chrétienté partageant sa cape avec un pauvre transi de froid. Il doit sa célébrité à ce geste humain. Une sorte de légende prétend que la cape serait à l’origine du nom Capet désignant les Capétiens. Un autre miracle lui aurait été attribué lorsqu’il redonne la vie à un enfant. Sur le lieu du miracle, une église a été édifiée à cette occasion ( emplacement rue Saint-Martin ) du nom de Saint-Martin-le-Viandier ( du latin médiéval vivandarius signifiant donne la vie ) et démolie à la Révolution. A partir de cette époque, le culte marial ne cesse de croître : on y vénère une statue, la Vierge noire, d’origine mystérieuse et détruite par la suite. L’église est en quelque sorte une basilique consacrée à la Vierge Marie, et les eaux miraculeuses du puits ou prétendues comme telles sont vénérées. L’évêché devient l’un des plus importants des Gaules. Les miracles, parfois issu de rumeurs ou d’affirmations, de croyances également ont toujours attiré et attisé les foules.

La langue gauloise évolue reposant sur de nombreux barbarismes et des différents dialectes , base d’une future langue romane.

Ve siècle

406 – les Suèves envahissent la Beauce,

409 – Incursion des Vandales. Les populations subissent les conséquences de ces bandes qui dévastent tout sur leur passage. A leur tour, les Alains voient certains éléments s’installer dans la partie sud. D’où l’origine de toutes ces communes avec pour suffixe le nom d’Alain ou Allain. : Allainville par exemple

412 – Déferlement des Wisigoths, peuple germanique, relayés par les Huns, peuple venant d’Asie, envahissant le sud de la Beauce. Puis, apparaissent les premiers Francs, en forme de confédération de plusieurs peuples. Ils arrivent en Beauce en conquérants, tentent de prendre Orléans et Chartres qui, bien protégées, les repoussent. Dans ce contexte indécis, certains éléments se fixent et vivent de rapines compte tenu du désordre au sein d’un empire romain en véritable déliquescence. Le futur peuple de France commence à ancrer ses racines au sein de ce pays gallo-romain. La population s’organise, s’identifie, se nomme des chefs.

457 à 481 – L’alliance qui en découle favorise les prémices d’une identité, pierre d’achoppement de cette unité favorisant l’implantation de véritables monarques. Le règne de Chilpéric 1er, dynastie mérovingienne, qui succède à Mérovée lequel a hérité de Clodion, première moitié du Ve siècle, inaugurant la branche mérovingienne. Certes, la situation est encore bien floue à cette époque où les invasions mêlent plusieurs peuples.

481 à 511 – Avénement de Clovis I, accrédité comme premier véritable roi de France bien que la notion de roi de France ne soit pas encore tout à fait ancrée dans un peuple en devenir. La constitution de la France prochaine est indécise et soumise aux aléas des prises de pouvoir successives. Le futur pays se dessine.

486 – Clovis vient faire le siège de Chartres pourtant christianisé. Rapidement, les portes de la ville vont s’ouvrir en signe d’allégeance. Le Roi est accueilli à bras ouverts par les moines de Saint-Père-en-Vallée qui vont prétendre, par la suite, que leur monastère a été fondé par ce roi, plus vraisemblablement par Clovis II, successeur de Dagobert.

# Chartres devient place mérovingienne incontournable, dont la population dans son ensemble est acquise au Roi de France. La cité beauceronne devient également surtout la première puissance épiscopale du nord de la France d’alors. Son évêché comporte 950 paroisses, domaine qui restera intact jusqu’en 1697. Pour autant , les invasions ne sauraient cesse car le pays de Beauce orléanaise est idéalement placé par rapport à ces mers, et un tremplin pour aller conquérir d’autres territoires. L’Eure de l’époque, demeure un passage pour découvrir d’autres rivages. La navigation par les rivières n’est pas sans risques, des troubles divers s’en suivent au long du périple.

# Chartres est alors une petite ville formée de quatre bourgs, le Maret que l’on peut situer à la Porte Drouaise, le Château à proximité du Grand Pont, Saint-Sire ou Haut Bourg et le Châtelet

# Comme par le passé, des groupes instables issusde belligérants de tous horizons tentent de s’arroger un pouvoir royal qui, au contraire, entend les mettre à la raison. Un continuel va-et-vient d’envahisseurs rend la situation très complexe. En cette fin de Ve siècle, l’Empire romain n’est plus en mesure de maintenir qu’il assurait jusqu’à présent. Il est même en perte de vitesse notoire, surtout que les futurs Francs de même les Burgondes, des rivaux de taille, règnent presque en maîtres malgré les rivalités latentes et les querelles intestines pour la prise de (ou des) pouvoir(s).

# Lassolement triennal commence à faire son apparition mis en oeuvre, il est vrai, par la vie ecclésiastique qui prend le pas sur la domination seigneuriale qui tente de demeurer effective. Une opposition qui va vite tourner à son désavantage. La richesse future de l’Église va aller de pair. A cette époque, Solemnius est l’un des premiers évêques à la base de la religion chrétienne. En 543 Childebert 1er a fondé l’abbaye de St-Germain des Près à Paris affirme sa puissance sur une grande partie du pays. Le seigneur doit néanmoins se plier à l’ordre religieux, et l’obligeant à se soumettre aux abbés, et les assurer de sa fidélité. Le pays commence à se construire toujours sous la menace des chevauchées venant de toutes les contrées avoisinantes voire de pays lointains. D’ores et déjà le pays attire les étrangers, alors même que la contrée se trouve en pleine construction. La richesse ecclésiastique n’y est pas étrangère, et attire les convoitises.- Les moines de Chartres se voientoffrir les terres de Bois-Ruffin à l’initiative de Clotilde, femme de Clovis.

Du Ve au Xe siècle, la Beauce subit à nouveau les invasions qui ne cessent de tous les coins de l’Europe, en particulier des Vikings. Un peuple qui vient par la mer, aborde par la Seine, bifurque au Pont de l’Arche où l’Eure se jette dont il remonte le courant et arrive en Beauce attaquant sans vergogne monastères et abbayes, détenteurs de trésors monnayables.

# Mise en œuvre de la dîme, du latin decima ou dixième, sous forme de redevance en nature ou en argent portant principalement sur les revenus agricoles, ce qui favorise les ressources du clergé. Cet impôt devient obligatoire, et les Mérovingiens, fort croyants tout en voulant se faire pardonner de leurs crimes, dotent l’épiscopat de grands domaines sous forme de dizaines de milliers d’hectares notamment en Beauce. Ces évêques doivent néanmoins obéir aux comtes qui représentent le pouvoir royal. Le territoire du clergé est estimé un moment à 30% du territoire national. Une richesse que vont s’approprier plus tard les tenants de la Révolution française

L’arrivée des Francs se situe véritablement au début du Ve siècle.

# Le pouvoir procède au découpage du territoire en raison des rivalités entre les familles princières qui prétendent à un domaine qui ne fait qu’identifier leur force. Apparition des  » pagi  » ( circonscriptions) dirigées chacune par un comte ( une sorte de Préfet ).

#Les rois considèrent l’Eure et Loir (Orléanais en réalité) comme une terre stratégique et sentinelle avancée pour faire face aux ducs de Normandie toujours très actifs pour s’arroger partie du royaume voisin. L’objectif de ces derniers : conquérir la Normandie jusqu’à Calais, une base essentielle à leurs yeux dans la conquête espérée du royaume de France. Le Moyen-Age à venir la connaîtra.

VIe siècle

Début VIe siècle , naissance en pays chartrain de Pappole, futur vingtième évêque de Chartres. En 527, Saint-Eman, venant de Cappadoce, vient en quelque sorte pacifier religieusement le pays chartrain. il s’établit à Chartres, y fait construire une petite chapelle pour que ses fidèles viennent se recueillir. Seize années plus tard, en 543, une vaste épidémie de peste touche toute la France. Plusieurs pandémies vont se succéder en 559,571,599 et 605 laissant désolation car la prophylaxie n’existe pas, les conditions d’hygiène sont à l’état embryonnaire, la médecine prouve ses limites. La pratique médicale a régressé par rapport à la connaissance romaine et grecque La population en subit les conséquences.

14 mars 557 – décès à Chartres de Saint-Lubin de naissance poitevine, qui fut abbé-prêcheur au monastère de Brou, puis évêque de Chartres, et inhumé à Saint-Martin-au-Val.

568/561 – règne de Clotaire 1er, roi mérovingien, le plus cruel au demeurant. A sa mort en 561, Chartres est rattaché à Caribert, roi de Paris qui meurt en 567.

# Formation, par tirage au sort, des trois royaumes francs dénommés Austrasie, Neustrie et Bourgogne. Le pays chartrain se trouve alors en Neustrie administré par Chilpéric 1er , avec pour capitale Soissons, à l’époque mérovingienne d’abord ensuite carolingienne , tandis que le Dunois (avec le Vendômois) est en Austrasie (territoire de Metz) où règne Sigebert 1er qui souhaiterait voir cette région en évêché siégeant à Châteaudun. Ainsi le royaume franc est érigé en trois régions (regnum francorum), la troisième étant celle de Bourgogne (avec Orléans).

Entre 569 et 575 , de nombreux raids des Lombards dans toute la Gaule. La Beauce est dans le lot et connaît la politique de la terre brûlée car ces envahisseurs ne font pas dans la dentelle. Venus de Germanie, ils s’installeront par la suite en Italie, n’ayant pas trouvé dans le royaume franc le refuge souhaité. Il est vrai que les Francs ne goûtant guère leur présence, de même les habitants d’Austrasie, les avaient repoussés avec perte et fracas.

570 – des mercenaires n’obéissant à aucune autorité, s’en viennent des régions de Blois ou remontent de la région orléanaise pour aller dévaster les récoltes, puis se portent sur Châteaudun qu’ils incendient.

573 – le roi Sigebert arrive à ses fins, et parvient à imposer Châteaudun en évêché. Pour diriger, il installe un certain Promotus dont l’action va être rapidement contestée, puis destitué avant même d’avoir pris réellement ses fonctions, par décision d’un concile qui s’est déroulé à Paris

574 – Affrontement à proximité d’Ablis entre Chilpéric, roi de Neustrie et Sigebert, roi d’Austrasie.

580 – des intempéries importantes ravagent les terres et les récoltes. La plaine de Beauce en subit conséquemment les retombées qui vont mettre à mal la culture de même l’élevage.

584 – Chilpéric 1 er étant assassiné. Clotaire II lui succède en qualité de roi des Francs de Neustrie puis de d’Austrasie. Cette même année, conflit entre les pagii orléanais et blésois d’une part, dunois et chartrain d’autre part. Conséquence : la Beauce toute entière est confrontée à nouveau aux pillages. Les comtes interviennent alors pour faire cesser les combats, avec pour mission d’enquêter sur l’origine de ces troubles incessants, d’établir les torts et désigner ceux paieraient les dégâts. Les villes de Chartres et de Châteaudun disposent alors d’un comté  » comes luci  » chargés de conduire les opérations afin que la région retrouve la paix. Quatre siècles plus tard, les deux villes seront réunies en un seul comté dont le siège sera mis en place à Blois, alors que Chartres devient le siège de l’évêque.

593 – La Neustrie avec le pays chartrain passe sous le règne de Frédégonde qui meurt quatre ans plus tard, disparition qui va mener sur un conflit incessant entre Austrasiens et Neustriens, en forme de prise de pouvoir, chacun voulant le détenir. Chartres n’est qu’un pion comme tout le pays de Beauce, et subit les débordements propres à ces rivalités qui touchent les territoires proches.

VIIe siècle

600 – L’année de la tourmente pour la cité beauceronne. Clotaire II croise sur sa route Thierry II, roi d’Orléans et de Bourgogne, l’un des petits-fils de Brunehaut, le poursuit mais abandonne finalement pour s’en retourner sur Chartres qu’il assiège. Les habitants de la ville sortent à peine de graves épidémies qui ont endeuillé à l’extrême la cité qui vit mal ce siège, affaiblie qu’elle est. Heureusement l’évêque Béthaire aurait pris certaines initiatives pour tenter de juguler une situation compromise. Néanmoins, n’ayant aucune commisération envers la population éprouvée par toute cette adversité, le nouvel assaillant force la ville à se rendre malgré une résistance héroïque . Les habitants ne font qu’un pour tenter de juguler les forces ennemies. Thierry prend l’initiative de faire détruire l’aqueduc qui amène l’eau dans la ville. Assoiffés, la population n’a qu’une ressource : cesser le combat. Le vainqueur promet aux habitants d’avoir la vie sauve. Les habitants croient en cette promesse. Que nenni, il s’agit d’une feinte, et dès que les portes des remparts s’ouvrent, les assiégeants s’engouffrent, passent au fil de l’épée les habitants hommes ou femmes et enfants, avec sévices préalables. Un pillage en règle s’en suit. Seul Béthaire, évêque de Chartres sauve sa peau si l’on peut dire, en subissant une vexation humiliante à souhait. Clotaire le fait lier de la tête au pied, et oblige l’ecclésiastique à se mettre à genoux avec une corde autour du cou, reliée à une énorme pierre qu’il doit tirer dans des conditions dantesques. Ainsi alourdi et humilié, il va devoir se trainer jusqu’aux pieds de son vainqueur. Il doit alors prononcer les signes de son allégeance à l’autorité de ce roi régional qui le libère, sans doute impressionné par l’attitude de ce religieux qui n’a pas hésité à prélever le trésor de son église en échange de quelques Chartrains chanceux et prisonniers. Dans un geste d’humanité, il lui rend le trésor, mais le fait exiler en Bourgogne, une des terres de ce roi où l’évêque déchu meurt vers 623.

# Une phase de relative tranquillité permet à la région de se reconstruire en ces premières années du VIIe siècle. La Beauce est soumise à un découpage infra-civitas- tem qui mène au pagus. De futurs villages vont naître à partir de cette organisation qui voit se mettre en place de nombreuses communes issues du pagus Carnonitus( Chartres), Dunensis (Dreux), Dunensis (Dunois) pour ne citer que les principaux sites. De même Belsia (Beauce) ; et Perticus (Le Perche) étant alors des Pagi Il faudra néanmoins attendre plus de trois siècles avant que la réelle physionomie de la ville en devenir prenne ses marques autour des cités phares. L »origine du mot Thymerais apparait lorsque Thierry III, roi d’Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne, donne ce territoire à Théodomer, prince mérovingien. Le pays est dénommé Theodemerensis, c’est-à-dire territoire de théodomer, puis abrégé en Themerensis, et francisé en Thymerais. – Fondation du monastère Saint-Père-de-Chartres prenant le nom par la suite de Saint-Père-en-Vallée.

# Saint Lomer a été abbé au diocèse de Chartres, et cellérier chargé des provisions. Voulant aider les pauvres, il se fit ermite et vivre dans la solitude pour mieux prier. Parcourant la terre du Perche, il put se fixer, et faire d’une cabane, son église. Un jour des voleurs voulurent le dépouiller, il retourna sa situation précaire à son avantage, si bien que ses agresseurs devinrent ses apôtres. Il fonde une communauté avec un monastère dénommé Bellomer qu’il quittera, laissant sa gestion à ceux qui l’accompagnaient. Il reprend son chemin de piété, et s’installe à proximité de Chartres, et fit construire le monastère de Saint-Lomer-le-Mouhier, de nos jours église du Pas Saint Lhomer. Papole, évêque de Chartres, voulut mieux connaître saint Lomer. Hélas le saint homme malade ne pourra être secouru, et meurt en odeur de sainteté. Inhumé dans un cimetière proche de Saint-Martin-en-Vallée, sa dépouille fut l’objet de tentatives d’appropriation en raison des miracles dont le corps du saint homme semblait accorder à qui venait demander d’intercéder en sa faveur. Les Chartrains durent s’incliner devant les demandes de religieux notamment de Corbion (Belgique), et ne purent conserver son lieu de sépulture alors même qu’ils en avaient fait leur protecteur de Chartres. En vain, à leur tour. Des restes qui connurent bon nombre de transferts pour mettre à l’abri le saint homme, les invasions devenant une menace. Son parcours aurait cessé en 874 à Blois pour se retrouver au monastère de Saint-Lomer qui lui était dédié. Mais en 1567 une invasion huguenote saccage la sépulture. Quelques Bénédictins pourront néanmoins s’approprier quelques restes qu’ils supposèrent être ceux du saint homme

613/629 – règne de Clotaire II, roi de l’ensemble du royaume franc.

625 – Maire et gouverneur du Palais de Bourgogne, Godin est assassiné à Chartres , alors qu’il se rendait à Orléans. Soupçonné de vouloir tuer le roi Clotaire II, sur une dénonciation,Godin est convoqué par le monarque dans la cité beauceronne sous un prétexte quelconque, ce qui n’étonne guère Godin dans la mesure où il veut présenter amende honorable. Il est surpris en plein banquet par plusieurs hommes armés et passé au fil de l’épée. Sa mortpermet au roi de rassembler les états de Bourgogne.

623/632 – règne de Dagobert 1er, roi de Neustrie et de Bourgogne.

656/657 – règne de Clovis II, roi des Francs et lignée des rois fainéants.

673/675 – Childéric , roi des Francs (Il semble qu’un Thierry III ait été également roi – anarchie propre au peuple franc) 679/691 avec Thierry III, roi des Francs 687 . Les Neustriens passent sous le pouvoir des Austrasiens, et Pépin de Héristal bat Bertraire, majordome de Neustrie, et s’empare de son  » royaume  »

632/639 , règne de Dagobert 1er, roi des Francs à l’origine de l’unité du royaume franc.

691/695 , Clovis IV, roi des Francs. 695/711, Childebert III, roi des Francs, lui succède.

VIIIe siècle

711/715 – Dagobert III, roi des Francs.

714 – La Neustrie tente de recouvrer son indépendance. 720 – Chilpéric II, roi des Francs.

721/737 – Charles Martel, maire du palais d’Austrasie (716) et de Neustrie (719),devient véritable maître du royaume des Francs. Son nom de  » Martel  » (marteau) lui vient de l’énergie qu’il déploie pour imposer sa politique.

743 – Raid des Normands sur Chartres, avec à leur tête, le duc d’Aquitaine, qui met à feu et à sang Chartres, ne laissant que désolation, des habitants massacrés, et de nombreuses habitations réduites en cendres. Des rançons sont exigées pour les survivants. Heureusement, l’orage guerrier passé, les survivants se mettent à l’ouvrage pour reconstruire ce qui a été anéanti.

768/814 – Charlemagne, roi des Francs et des Lombards et empereur d’Occident (800/814).

# Si la Beauce du XXIe siècle regorge de nom en ville ( origine latine : villa), elle le doit au royaume franc qui voit se multiplier des domaines (villa) auxquels on rattache le nom du bénéficiaire. Une paix relative règne au sein du royaume ce qui rend libres les premiers propriétaires terriens d’entretenir leurs domaines (villae). On s’est organisé pour mieux se défendre face aux invasions, et avec l’aide du pouvoir religieux, l’exploitation et la défense des terres en bénéficient. Un calme relatif semble apaiser la plaine beauceronne. Ces villae font appel à une main d’oeuvre importante, parfois des esclaves (servus) ceux-là même qui vont devenir des serfs (Moyen-Age) liés par contrat (obligation) leur permettant d’accéder ultérieurement à un statut d’homme libre si tant qu’il veuille ou le puisse. Ces villae font appel également une main d’oeuvre féminine.

# Charlemagne programme une mise en œuvre du capitulaire De Villis, système législatif qui repose sur une délégation transmise aux envoyés de l’Empereur dénommés missi dominici. Ils sont chargés de faire respecter les termes de cet acte d’autorité, définissant les devoirs dus à ces femmes soumises à certaines servitudes à qui on doit de respecter la personne humaine qu’elles représentent dans la société, avec la mise en oeuvre de  » gynécées  » entourées de haies et fermées par de bonnes portes. L’intime est ainsi respecté. La Beauce et les territoires attenants n’échappent pasà ces dispositions, et doivent se soumettre. Une évolution qui va servir l’intérêt de tous, mettant en avant le corporatisme qui prend ses marques, et reconnu en tant que tel. De nombreux corps de métier font leur apparition, et établissent leur entité comme une référence. Architectes, forgerons, charpentiers, tailleurs de pierre bénéficient de la reconnaissance de leur apport en main d’oeuvre, une présence capitale lorsque la cathédrale de Chartres va surgir de terre. De nombreux autres métiers notamment liés à la chasse comme les oiseleurs se voient accéder à une identité de mêmeles fabricants de filet pour la chasse de même les pêcheurs, et bien d’autres métiers qui vont se multiplier au fil de la nécessité. La chasse en plaine exige de nouvelles approches.La traqued’animaux fait partie du mode d’alimentation indépendamment des loisirs qu’elle procure, la Beauce bénéficie de cette nouvelle organisation. Quand on ne chasse pas, on cultive, et des parcelles de terre sont proposées aux paysans qui versent une redevance quels que soient les secteurs qu’ils exploitent. Notamment, culture et vignes dont le raisin est d’une qualité fort relative, avec de nombreuses exploitations de ce genre en Beauce. Comme celle datant de 800, l’abbaye de Saint-Germain-de-Villemeux se signalant par une culture très développée, à quelques encablures du Thymerais devenant une sorte d’exemple pour multiplier les cultures ce qui fera bien des envieux.

Mais si les bandes soient moins nombreuses, la criminalité rode partout comme en Beauce et ailleurs. Les routes sont peu carrossables, et à chaque détour d’un chemin ou isolés, la population est souvent victime d’attaques, notamment au retour des marchés pour les détrousser du fruit de leurs ventes.

Début de la domestication de l’Eure dont le cours est aménagé , mais son utilisation a un prix, les péages sont nombreux. Ce prélèvement n’exclut en rien des attaques, et parfois les utilisateurs peuvent être confrontés à des escarmouches entre détenteurs de péages.- Les premières véritables monnaies apparaissent sous le règne de l’Empereur Charlemagne, avec notamment la livre qui existera jusqu’à la Révolution. Elle subira l’évolution numéraire compte tenu de la fluctuation des cours de l’argent (dont le poids diminue au fil des siècles) en monnaie d’or. Disons une foire d’empoigne pour en comprendre tout le poids dans les échanges commerciaux. On s’en arrange néanmoins, certaines valeurs prenant le dessus sur d’autres. Et ainsi de suite, au long de l’histoire eurélienne et française.

770 – la ville de Chartres connaît un incendie d’envergure qui la détruit dans sa presque totalité.

IXe siècle

En 802, Fardulphe, abbé de Saint-Denis, et Etienne, comte de Paris, sont envoyés en pays chartrain en qualité de missi dominici par les soins de Charlemagne. Ils régissent la justice, la perception des impôts, les affaires ecclésiastiques, avec des pouvoirs étendus en cas de résistance des seigneurs, ceci pour asseoir l’autorité de l’Empereur d’Occident. Le missi dominici tombera en désuétude à la fin du 9ème siècle, voie ouverte aux futurs vidames de Chartres.

806 – Nouvelle invasion barbare.

813 – Concile de Tours avec apparition de la langue romane, un concentré de latin vulgaire (populaire), parfois mélangé de parler germanique. Que parle-ton en Beauce ? Le mot barbarisme n’est pas né pour rien. Les langues sont issues des différents courants qui ont envahi le territoire. Il est vraisemblable que notre région a connu plusieurs dialectes, certains Beaucerons étant plus instruits, ont pu ambitionner les bribes d’une langue nouvelle s’inspirant de la langue latine laissée par l’envahisseur romain. L’écriture existe mais elle ne s’exporte guère car à défaut de s’inscrire sur des matières non friables, à l’évidence ce qui a pu nous parvenir, a permis néanmoins aux archéologues d’établir un archétype d’une langue commune. Un tournant qui va marquer nos institutions comme étant le tremplin de la future langue française qui elle aussi, évoluera au long des siècles.

814 – A la mort de Charlemagne, la région de Nogent-le-Roi passe sous la coupe de la Neustrie. L’ancienne province gallo-romaine civitas devient comté, époque où Louis 1 er Le Pieux ou le Débonnaire monte sur le trône, étant également empereur d’Occident.

841 (ou 857) – Selon certains historiens, fondation de l’abbaye de Bonneval sous l’ordre de Saint-Benoit, par Charles le Gros, à moins que cela soit Foulques, selon d’autres versions.

843 – Charles II le Chauve lui succède , la Neustrie n’est plus alors qu’une région qui représente l’ouest du royaume découlant du traité de Verdun cette même année .

# Les Vikings se montrent de plus en plus présents et font régner la terreur. Leurs drakkars remontent les rivières, sèment la terreur dans un pays encore divisé par les luttes intestines.

845 – destruction de l’abbaye de Saint-Père par les Vikings. L’évêque Helie les combat les armes à la main. En vain. Les dommages causés à la ville de Chartres sont considérables. Le prélat décide d’en faire payer le prix aux Chartrains pour l’ensemble des destructions. L’homme d’église devra renoncer à son projet,la révolte de la population comme des moines devient dissuasive. L’évêque sera obligé de s’exiler à Auxerre pour éviter les foudres beauceronnes.

849 – Le roi préside à Chartres un plaid (tribunal féodal) pour y juger l’un de ses neveux, Charles d’Aquitaine pour tentative de révolte contre le pouvoir royal. Il sera condamné, tonsuré ce qui est une marque infamante, et enfermé en l’abbaye royale de Corbie (Somme) dont il s’échappera.

855/858 – début de la grand invasion normande en remontant par la Seine et l’Eure. Certes à notre époque, certains historiens avancent une thèse selon laquelle Vikings et Normands seraient liés à bien des niveaux. Les Normands ont-ils voulu s’y mêler, rien l’exclut car de cet amalgame a pu naître leur identité en propre, et être à l’origine de la Normandie actuelle.

857 – Les Normands et/ou Vikings viennent piller le pays chartrain.

19 juin 858 – Après le pillage de Paris, Chartres est assiégé par le redoutable chef viking Hastings(810/893) qui l’incendie gravement. Là encore il y a un doute sur l’identité de l’assiégeant dès lors que le chef viking semblait guerroyer en Espagne. Une certaine confusion a pu s’instaurer, mais ce qu’a connu Chartres est clairement établi. A moins d’un sosie. Les assiégeants ont franchi aisément les faibles défenses chartraines, égorgé l’évêque Frobold, et tous ceux qui se sont réfugiés dans l’église qu’ils brûlent. Leurs corps seront jetés dans le puits du Lieu- Fort, y compris l’évêque. On dit, que par la suite, de nombreux miracles seront censés s’y dérouler.

# La seconde moitié du IXe est source de nouveaux désordres à Chartres en raison des invasions qu’elle subit plus ou moins bien La ville est devenue synonyme de véritable puissance, et surtout ville de dévotion. On y compte dix sept dignitaires et soixante douze chanoines ce qui démontre la position chartraine dans le contexte religieux, considérée alors comme un chef de file de l’église chrétienne. Puissance = richesse dans l’esprit des conquérants venant de l’extérieur, d’où pillage et incendie pour ne rien laisser, du moins un temps, qui pourrait attirer d’autres envahisseurs. Reconstruire ce qui a été détruit devient synonyme de survie et d’identité religieuse.

865 – Robert-Le-Fort, comte de Tours, duc de France, appartenant à la branche des Robertiens à l’origine de la dynastie des Capétiens, habitué qu’il a été à lutter contre les Vikings, affrontent les Normands cette année-là. Il anéantit cinq cents de ses hommes présents dans le pays chartrain lesquels s’enfuient, pour rejoindre prestement leurs barques. Robert-le-Fort mourra assassiné l’année suivante.

876 – une année marquée d’une pierre blanche lorsque Charles le Chauve, fait don à l’église de Chartres de la Chemise de la Vierge, don qui lui vient de son grand-père Charlemagne lui même le tenant de la reine de Constantinople qui lui avait cédée. Il s’agirait de la tunique que portait la Vierge lorsqu’elle enfanta de Jésus.( Saint-Vêtement de la Bonne Vierge ). Son histoire remonte à l’année460 lorsque cette relique fut apportée de Jérusalem et transportée jusqu’à Constantinople par les patrices Candidus et Galbius. La Sainte Tunique fut alors placée dans un temple dénommé Tutèle. L’Impératrice Irène la donna à Charlemagne qui la fit déposer dans une chapelle de son palais d’Aix (la Chapelle), sa résidence impériale, et elle y resta jusqu’à la décision de Charles Le Chauve.

882(ou 889) – Sous le règne de Carloman, Hastings serait devenu comte de Chartres, version contestée par les historiens. Certains affirment qu’il s’agissait simplement d’un don pour calmer ses ardeurs guerrières. On prétend que dix ans plus tard, il aurait vendu son comté pour équiper une flotte de quatre-vingt navires pour conquérir l’Angleterre, mais meurt prématurément en 893.

886 – Siegfried, chef viking, à la tête des Danois tente en vain de prendre Chartres, et perd de nombreux soldats, subissant une cuisante défaite.

1 février 887 – Nullement découragés, les Normands ou leurs émules Vikings viennent mettre à nouveau le siège devant la ville. Ils sont repoussés par les comtes d’Angers et du Mans, heureusement arrivés à la rescousse. Comme quoi, bien organisés, on peut vaincre même les plus redoutables.

888 – Eudes ou Eude, roi des Francs, dont le règne durera deux ans, vient se mettre à Chartres sous la protection de Notre-Dame.

890- Amorce d’une première et véritable monnaie à l’initiative des comtes de Châteaudun qui la frapperont jusqu’au XIVe siècle, sous la forme d’un disque de métal avec l’empreinte d’un coin pour obtenir une pièce.

Fin 910 – Alors que la France est gouvernée par Charles III Le Simple, un nouveau chef viking se montre particulièrement agressif, plus précisément en la personne de Rollon, chef viking, et 1er duc de Normandie, qui ravage Dreux. Régnant en quelque sorte en maître dans une région qu’il veut faire sienne, il détruit Châteaudun.

20 juillet 911 – Rollon se présente devant Chartres avec une armée composée à la fois de Vikings et de Normands. L’évêque Gantelme sort la  » Chemise de la Vierge  » ce qui encourage les défenseurs et effraie l’assaillant qui plie bagages (!) et se replie sur Lèves. Une explication plus plausible en terme de guerre avec les renforts sous forme d’une armée de secours conduite par Richard de Bourgogne et Robert de France, comte de Blois qui sont venus prêter main forte. Avec l’aide de la garnison, ils prennent à revers les troupes de Rollon qui sont battues. On dit même qu’il y eut plus de 7000 morts au total des deux camps ce qui démontre l’intensité des combats qui se sont déroulés, les assaillants payant un lourd tribut. La légende préfère le geste religieux plus en rapport avec la foi aux yeux des fidèles. Chaque année sera l’occasion de célébrer en grande pompe cette débandade, des enfants de chœur accomplissant à nouveau le parcours de fuite. Cette invasion normande se traduit par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (Yvelines) entre Charles III et Rollon lequel devient vassal du roi des Francs, une demi-mesure qui fait sortir chacun la tête haute par rapport à ses ambitions. Le roi de France concède néanmoins à ce dernier le pays de Caux. Le terme de Neustrie disparaît lors de ce traité, puisque ce territoire est cédé à Rollon et prend le nom viking de Northmannie ou Normandie. Finalement les Chartrains peuvent prétendre être à l’origine de l’officialisation de cette région française. A cette époque, la rivière Avre donne les contours de la France par rapport à la Normandie ce qui constitue la limite de nos jours entre Eure et Eure et Loir.

# La présence viking a eu des conséquences de faire apparaître des systèmes de défense avec des éléments rustres imaginant le château-fort du futur. On bâtit des donjons, ceux-là même construits sur des mottes (anciens tumulis) et qui céderont ou non leurs places à de véritables forteresses, comme on peut encore voir en Eure et Loir ou les imaginer par rapport aux constructions plus tardives qui ont pris leur place.

922 – Avec le règne de Robert 1er, mise en œuvre de la féodalité issue de l’Empire romain. Un nouveau système politique se fait jour pour associer les seigneurs locaux de même leur population. Leurs droits vont alors s’exercer avec toute la puissance que requiert une telle autorité. Les seigneurs sont dans la droite ligne carolingienne qui leur a attribué des fiefs ( chasse, guerre) qui commandent à des vilains ( paysans) au sein desquels on distingue les serfs. Des conflits naissent en raison notamment de la banalité, un système qui impose au seigneur d’œuvrer pour mettre à la disposition de l’habitant ce qui convient à son quotidien ( famille, travail). A disposition, le four banal (pain), le moulin banal (blé), le pressoir banal (vin), avec en retour des droits de banalité. Les habitants ne sont pas maitres pour cuire dans les fours, ni de faire moudre leurs grains ailleurs, ce qui les tient en servitude et les expose à être mal servis et trompés par les meuniers et les boulangers. Tout ceci s’ajoute à d’autres impôts iniques comme la gabelle (impôt sur le sel), les péages ce qui démontre que tous ces prélèvements sont connus depuis la nuit des temps. Le roi Robert Ier abandonne à son beau-frère Thibault l’Ancien (890/943) les comtés de Chartres et de Blois associés à la vicomté de Châteaudun, ce même Thibault étant le père du célèbre Thibault le Tricheur, considéré comme le premier comte héréditaire de Chartres. Comte est associé à comté ou domaine féodal.

Xème siècle

911 – Les Normands viennent incendier l’abbaye Saint-Florentin à Bonneval.

912 – Les Normands, éternels conquérants s’en reviennent dans le pays chartrain mais le duc de Bourgogne les repousse.

928/930 – Les Normands bafouent quelque peu la trêve qui a été conclue en 927, et attaquent à nouveau Chartres.

937 – nouvelle invasion cette fois-ci des Hongrois, alliés des Huns qui investissent Chartres.

941 – décès à Chartres de l’évêque qui a rendu toute sa splendeur à l’abbaye de SaintPère-en-Vallée, considérablement endommagée par les invasions qu’elle a connues.

942- Guillaume, duc de Normandie, et vicomte de Châteaudun, rase le château de Gallardon mal adapté à la défense, et le fait reconstruire pour établir un poste de gens de guerre chargé de surveiller la contrée en proie à de nombreux envahisseurs. Le futur Eure et Loir ou tout du moins l’Orléanais connaît un peu de calme.

960 – Thibaut le Tricheur s’empare du comté de Chartres que sa famille conservera jusqu’en 1286. A propos de l’empreinte laissée par ce puissant seigneur, ce premier représentant en qualité de grand vassal des rois de France, carolingiens à l’époque devient alors l’un des plus puissants du royaume. L’homme est vicomte de Tours, et sera à l’origine de la construction de trois châteaux. A savoir Chinon, Blois et celui de Chartres se trouvant à l’époque à l’emplacement de la place Billard d’aujourd’hui, et rasé au XIXe siècle pour délabrement notoire. De même, la première construction du château de Châteaudun lui reviendrait. Devenu maître de Chartres, sa femme Luitgarde, une épouse ambitieuse, l’entraîne dans une guerre désastreuse contre Richard de Normandie. Chartres de même le pays chartrain, sont dévastés, livrés à la famine et à l’épidémie, mais résistent. Leur fils ainé trouve la mort durant ce siège qui n’en finit pas.

5 août 963 – Les Chartrains cèdent quand Richard de Normandie, fort de ses troupes, répond coup pour coup aux tentatives de son rival de toujours qui a des vues également sur Evreux, puis Rouen. S’en suit le pillage et l’incendie de la ville assiégée où l’évêque Hardouoin y perd la vie.

# Forte poussée démographique dans le royaume, de même en Beauce, grâce aux terres rendues fertiles. Le clergé s’enrichit grâce à des dotations, les abbayes rayonnent et emploient énormément de monde. L’agriculture se modernise avec des instruments plus efficaces (charrue à soc de fer, faux, herse ) et gain de temps, et allège le fardeau . Fragmentation des terres agricoles en de plus petites unités pour permettre à la paysannerie d’accéder à la propriété foncière, même si la tendance réserve au clergé comme aux seigneurs la plus grande part de la richesse.

# L’Eglise met en place La Paix de Dieu qui interdit de molester des gens sans défense . Le nombre de jours réservé à la guerre entre seigneurs ne doit pas dépasser 80 jours. Les combats sont interdits en fin et de semaine, de même les jours de fête pour modérer l’esprit batailleur de la noblesse franque prompte à prendre les armes pour la plus futile raison. Cette Paix de Dieu sévira encore deux siècles, avant que le pouvoir royal ne mette fin à ces guerres privées.

968 – l’évêque Wulfard réédifie l’église Notre-Dame de Chartres.

# Thibault Le Tricheur meurt le 16 janvier 975 à l’âge de 65 ans, laissant sa place à Eudes, son second fils. Luitgarde, bienfaitrice au titre d’une donation en faveur du monastère des Bénédictins de Saint-Père de Chartres, s’éteint en la cité beauceronne le 14 novembre 981, et y sera enterrée . Eudes fut connu comme un être malfaisant tant pour son côté sanguinaire que pour sa sévérité envers les Chartrains. Un exemple : ses serviteurs ayant été chargés de servir de vin dans la demeure d’un chanoine de Chartres, s’enivrèrent tout en commettant quelques exactions dues aux vapeurs d’alcool. Eudes les convoqua et ordonna de leur crever les yeux. Le chanoine minimisant ce vol obtint la levée de la sentence au grand soulagement des condamnés.

987Édification de l’ensemble fortifié connu de nos jours sous le nom de Porte Guillaume, du nom du vidame de Chartres. – Construction du moulin à eau de , près de Douy, situé sur le Loir. (Dans les années 2000, on pouvait encore voir Maurice Debrée, meunier, produire devant les visiteurs de la farine d’orge ou de blé. Vingt ans plus tard, le moulin est toujours en activité pour les touristes. Soit dit en passant, l’Eure et Loir a compté près de 270 moulins à vent en majorité. L’abolition des privilèges à La Révolution permet à des paysans d’accéder librement au statut de meunier)

991 – Digne (ou indigne) successeur de son père dont il hérite le caractère belliqueux,

Eudes de Blois, fils de Thibaut le Tricheur, investit Dreux et détruite la ville sans vergogne.

# 18 janvier – décès à Chartres (?) de Teudon, cité comme religieux ou architecte ou orfèvre.Il semblerait être l’auteur de la chasse en or qui renfermait la tunique de la Vierge donnée par Charles Le Chauve

995 – Roger, fils d’Eudes entreprend de faire reconstruire la version primitive de l’abbaye de Coulombs près de Nogent-le-Roi à l’emplacement d’un culte druidique attenant à une fontaine sacrée. L’ancien bâtiment avait été ruiné lors d’une invasion par les Normands

24 octobre 996 – décès d’Hugues Capet, à ce qu’il paraît à Prasville, au lieu-dit Les Juifs ce qui ferait rire bien des historiens qui mettent en doute cette thèse jugée totalement farfelue. Que serait-il venu faire à Prasville ? Hugues Capet a alors 56 ans, et premier souverain de la dynastie capétienne, issu des grandes familles capétiennes au pouvoir incontesté. La thèse de Prasville est contestée, même si des observations aériennes auraient permis d’identifier une motte féodale sur un site gallo-romain. Un historien plus nuancé aurait avancé une autre thèse selon laquelle la ville de Melun serait plus appropriée. Le doute subsiste. Laissons à notre département ses illusions.

# En cette fin du Xe siècle , début de la construction du château de Châteaudun.

XIe Siècle

L’an 1000 salue Robert II le Pieux roi de France. – Construction de fortifications à Epernon à l’initiative d’Almaric ou Amaury 
Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1002 , l’église Notre-Dame de Chartres est frappée par la foudre, et gravement incendiée. Le roi de France avec l’aide de Knut-leGrand, roi d’Angleterre et du Danemark rassemble des fonds pour sa reconstruction.

# Ingulphe Ribaud, mort en 1031 (lieu ?) est à l’origine de la grande famille des seigneurs Hugues de Châteauneuf-en-Thymerais dont la baronnie appartint au domaine royal, s’éteint vers la fin du XVIIIe siècle. Une branche est également à l’origine des seigneurs de Dreux. L’un de ses descendants Albert Ribaud, eut le tort de prendre parti contre Guillaume le Conquérant en 1058 alors qu’il défendait son château de Thimert. Il dut se résoudre à baisser les armes et se soumettre au futur roi d’Angleterre. L’année suivante, Henri 1er , roi de France, fit raser le château, lequel sera reconstruit par Gaston Ribaud, frère de ce dernier, dénommé Chastel-neuf, à l’origine de la future commune de Châteauneuf-en-Thymerais.

1003/1030 – Période de la première édification du château de Nogent-le-Rotrou, avec la construction du donjon qui sera remanié au XIIe siècle et démantelé en 1378. Son initiateur en fut , bête noire de Fulbert, vicomte de Châteaudun seigneur de Mortagne ou Geoffroy II, seigneur de Rotrou.

1006 – Fulbert, évêque de Chartres fait bâtir la cathédrale romane dont seule la crypte subsistera avant d’être remplacée par la cathédrale gothique un siècle plus tard..

1012 – Foulque III dit Foulque Nerra, Le Noir, guerroie dans les environs de Châteaudun.

1017 – siège de Dreux par les Normands, proche de la frontière normande et route des Anglais.

Nuit du 7 au 8 septembre 1020 – à la veille de la grande fête chartraine consacrée à la Nativité de la vierge, survient un incendie de la cathédrale romane. Rien n’a permis d’établir son origine, suite à la foudre ou parce que des pèlerins y dormaient mettant le feu accidentellement qu va se propager très vite. Nul ne le saura.

# Cette même année, reconstruction du château de Gallardon à l’initiative du vicomte de Châteaudun, la forteresse ayant subi une destruction à la fin du siècle précédent

v.1021 – début de la construction de l’église abbatiale de Coulombs qui remplace les bâtiments d’origine détruits en 996. Hélas, sept ans plus tard, des hordes de Normands viennent cruellement la mettre à sac, et la brûle partiellement. L’évêque de Beauvais sera à l’origine de sa réhabilitation.

1025 – Naissance de Guillaume 1er Goët, premier seigneur d’Alluyes om il fut construire un château fort qu’il ne put voir achevé, Hervé III de Donzy, comte de Nevers l’ayant fait mettre en eau, château dont il ne reste plus qu’une tour de nos jours. Guillaume 1er Goët s’est constitué un vaste domaine dans le Perche englobant notamment Brou La Noble.

1030 – la charpente de la cathédrale de Chartres souffre d’un nouvel incendie

1031 – premiers documents attestant l’existence d’un comté de Dreux.

De 1031 à 1118 – le château du Puiset est assiégé cinq fois. Lors du dernier assaut, Hugues et ses hommes se réfugient dans la plus haute tour. Mais, les assaillants redoublent d’ardeur. Pour éviter un carnage, Hugues préfère prendre la sage décision de se rendre. Le roi Louis VI le Gros fait brûler à l’exception du donjon en hommage aux défenseurs. Belle référence au courage.

1032, 1034, 1051 et 1062Chartres est confronté à plusieurs incendies qui causent de graves dommages, et endommagent bon nombre des maisons construites en bois. La population a beau tenté de juguler les flammes, les moyens employés sont dérisoires face à l’ampleur des incendies. Les points d’eau se réduisent à leur plus simple expression. Les incendies précédents n’ont pas été pris en compte. Les constructions en bois sont vite détruites. L’heure de la pierre n’a pas encore sonnée, ou si peu.

1039 ou 1040 – Geoffroy I, 36 ans, comte de Mortagne-au-Perche, et de Nogent-le-Rotrou, vicomte de Châteaudun, seigneur de Gallardon, bête noire de Fullbert, est tué lors d’une émeute à Chartres sur les marches de la cathédrale.

v.1050 – décès de l’architecte Bérenger, à l’origine de la crypte carolingienne dite de Saint-Lubin, l’une des plus vastes au monde, repose sur des fondations à 9m50 sous le dallage actuel, elle-même enserrée dans une seconde crypte à chapelles rayonnantes en l’église Notre-Dame.

1053 – naissance à Theuvy-Achères de Pierre L’Ermite ou Lhermite également connu sous le nom Pierre d’Amiens qui sera prédicateur.

1054 – Fondation de la Maladrerie (léproserie) du Grand Beaulieu près de Chartres par le comte de Blois et de Chartres, Thibaut III. Le mot maladrerie provient de la contraction de malade et ladrerie (lèpre). D’autres sites d’accueil viendront compléter cette initiative pour répondre aux besoins immenses d’une population confrontée à une maladie endémique très contagieuse qui incite à séparer les sujets malades des gens réputés bien portants. Des sites seront mis en place également à Gallardon, Epernon, Bonneval , Orgères, etc.

1058 – Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre, s’empare de Thimert, y laisse un gouverneur. Cette prise en mains s’explique par l’initiative d’Albert Ribaud ou Riboult, seigneur de Thymerais qui a eu la malencontreuse idée de prendre parti contre lui Henri 1er, roi de France, reprend le château-fort de Thimert un an plus tard ne laissant que des décombres. Gaston Ribaud ou Riboult, frère du précédent, fera construire un nouveau château non sur les ruines mais à l’écart sous le nom de Chastel-neuf à l’origine du nom de la commune que nous connaissons ce jour : Châteauneuf-en-Thymerais.

1059 – naissance supposée de Foulcher de Chartres. Etudes à Chartres, et vers l’âge de 35 ans , il participe à la Première Croisade.

1060 – les Vikings arrivent par la Normandie et ravagent le pays de Beauce.

4 août 1060 – Henri 1er meurt à Dreux. Philippe 1er son fils lui succède sur le trône de France.

1064 – Fondateur de la seigneurie de Dangeau, et vassal du roi de France Henri 1er, Herlebault de Dangeau part combattre à ses côtés, et trouve la mort aux combats en 1064. Pour se mettre en règle avec Dieu, il tint à revêtir l’habit monacal avant d’expirer.

1067 – Hugues 1er Blavons s’empare de la forteresse du Puiset Devenu vicomte de Chartres, et agitateur né même vis-à-vis du roi de France, Philippe 1er il dont il est le vassal, il met en déroute les troupes royales qui viennent l’assiéger. Se moquant des autorités religieuses, il fait prisonnier Yves, évêque de Chartres, libéré au bout de deux ans.

v.1070 – naissance au Puiset d’Arnaud du Puiset, frère ainé d’Hugues du Puiset, ecclésiastique, doyen du Chapitre de Notre-Dame de Chartres .

1073 – Evrard II vicomte de Chartres de Breteuil, détenteur des terres sur Nottonville, offre aux moines de Marmoutiers, la forteresse construite sur un ancien site gallo-romain. Nottonville deviendra, par la suite,r prieuré puis abbaye

v.1075 – naissance de Jacques du Puiset à la Ferté-Arnaud (La Ferté Vidame) poète latin, apparenté à Arnaud et Hugues du Puiset. Il meurt vers 1225 à Chartres.

1079 – Deux baronnies, celles de Nogent-le-Rotrou et Mortagne-au-Perche s’unissent pour devenir , comtes du Perche. Il faudra attendre 150 ans avant que le comté ne soit adossé au royaume de France.

27 janvier 1077 – Après avoir plaidé sa cause à Rome sans succès alors qu’il pensait devenir évêque, Guidin, déçu, rejoint sa Bretagne natale. Il s’arrête à Chartres et y meurt.

1080 – Evrard (1060/1099) premier seigneur du Puiset et vicomte de Chartres, vassal du roi de France menant une vive rébellion, inflige une cuisante défaite à Philippe 1er.

v.1080 – construction du premier donjon circulaire en pierre à Auneau, à l’initiative des comtes de Blois. Puis suivront ou précéderont, suivant la nature des matériaux employés, des donjons sur une ligne de défense comprenant Dreux, Nogent-le-Roi, Maintenon, Gallardon entre les années1050 et 1135.

v.1080 – Jean Le Sourd (dit également Jean Cormier), médecin du roi Henri Ier fait bâtir à ses frais le portail méridional (dit le Sophiste) de l’église Notre-Dame de Chartres plus communément dénommée cathédrale ou cathèdre, siège de l’évêque.

Entre 1080 et 1085 – Adèle de Blois, dite également Adéle de Chartres (v.1067/8 mars 1137), fille de Guillaume le Conquérant (mort en 1087), épouse à Bourgueil Etienne Henri, comte de Blois, Châteaudun, Chartres et Meaux. A la mort de son époux survenue en 1102, elle devient régente de la principauté (territoire gouverné par un prince dés le Moyen-Âge) de Blois-Chartres.

1081 – Le roi Philippe 1er tente d’investir la forteresse du Puiset, reconstruite, et défendue par le seigneur Hugues 1er. Il est repoussé par la garnison.

17 octobre 1087 – Thierry, évêque de Chartres, successeur de Fulbert dont il continue l’oeuvre grandiose, célèbre la dédicace de la nouvelleéglise-cathédrale et consacre cet édifice religieux associée à Notre-Dame de Sous-Terre, un lieu qui sera détruit à l’époque de la Révolution française, et reconstruit à deux reprises, en 1855 et 1976.

Trois ans plus tard en 1090, Yves de Chartres (1040/1115) à la tête de l’évêché, formule un appel au pape contestant le pouvoir du roi Philippe 1er lequel a répudié sa femme pour aller vivre avec sa maîtresse Bertrade et sera excommunié. En découle une lutte entre eux deux qui tourne, un moment à l’avantage du roi qui a fait arrêter l’évêque qui sera libéré sur ordre du pape Urbain II.

Yves de Chartres interdira également le duel judiciaire, pourtant considéré à l’époque comme le jugement de Dieu. Pour rappel cette forme de jugement se déroule sous forme d’ordalie tant sur le plan judiciaire que religieux qui s’en remet à Dieu. Une croyance très ancrée dans une époque où le pouvoir religieux est le centre de toute justice. Yves de Chartres est également considéré comme l’un des plus grands spécialistes du droit canonique. Avant sa mort survenue le 23 décembre 1115, il avait fait détruire le palais épiscopal en bois pour en faire édifier un nouveau bâtiment en pierre qui coûta très cher aux finances. Hanté par les nombreux incendies, cette décision équivaut à sauvegarder un lieu saint, une sorte de haut pouvoir afin d’aider la population dans les moments de désolation.

1090 – Hughes 1er, seigneur de Châteauneuf-en-Thymerais, fonde à Belhommert un couvent pour religieuses qui cessera d’exister à la Révolution.

1095 – création du marché de Bonneval qui se tient depuis le lundi depuis cette date

# En cette fin de XIe siècle, le pays chartrain profite de l’avantage des transports fluviaux à l’instar de l’utilisation de l’Eure, enjeu économique important, qui permet d’acheminer notamment le sel, élément important dans la conservation des aliments. Ce commerce bénéficie des différentes jonctions entre fleuve, la Seine en particulier, et rivières. Mais quand on cite Eure, cette rivière passe également en Normandie et les rivalités sont nombreuses pour contrôler cette  » route  » stratégique, alors que son cours n’est utilisé que sur certaines portions. Droits et péages vont progressivement se mettre en place. Affrontements sanglants également vont suivre. Toute voie d’eau s’avère un potentiel financier loin d’être négligeable.

# Le XIe siècle a commencé à marquer les consciences avec les premières Croisades qui ont commencé en 1095 et encouragées par le Pape, en forme d’expéditions vers la Terre Sainte, la chrétienté voulant la reprendre à son compte, et surtout la conserver. L’unanimité s’inscrit dans un processus immuable, celui de chasser les Infidèles comme les hérétiques sous forme de récompenses spirituelles et indulgences pour tous les participants. La Première Croisade a suscité un engouement populaire extraordinaire, la population chartraine et de Beauce suit cette immense troupe qui part embarquer à Marseille et autres ports. Soldats de Dieu estimés à quatre mille piétons, plus rarement à cheval. Une troupe représentant une masse parfois hétéroclite, sans préparation aucune ou presque. En réalité, seuls les seigneurs sont plus aptes à prendre les armes. Tout ce beau monde a en tête la parole du Pape qui n’a qu’un but : reprendre les terres perdues en raison de l’expansion arabe, et surtout rendre Jérusalem accessible aux pénitents. Un premier objectif, établir une tête de pont. De nombreux seigneurs euréliens , animés par une foi inébranlable, vont se joindre à tous ces croisés pour mettre en œuvre des Etats francs en Orient. Bien d’autres croisades vont suivre pour asseoir les nouvelles possessions.

1096 – Une année attachée à l’existence de Raimbaud Corton ou Creton dont l’historien chartrain Pierre Joly fait en sorte son champion. Il nous assure que ce Croisé serait à l’origine de la lignée des comtes de Chartres, sans doute par mariage. L’histoire reste imprécise. On attribue à Corton la gloire d’avoir été la premier à entrer dans Jérusalem en 1099, et surtout la hache ou l’épée d’un défenseur aurait eu pour conséquence fâcheuse de lui couper plusieurs doigts. Pour récompense, il aurait reçu un morceau de la vraie croix. De ‘’ retour ‘’ en Eure et Loir, il serait devenu propriétaire terrien du côté de Bonneval. Dans la mémoire eurélienne, son histoire reste floue.

Le 2 juin 1098, Foucher Boël, un religieux chartrain est le premier à faire son entrée dans Antioche avec les Croisés.

# Pendant ce temps, le domaine royal subit en cette fin du XIe siècle, les prétentions se multiplient de ceux-là qui n’ont qu’un but, mettre à la raison le royaume de France et s’en emparer pour de bon. Guillaume II roi d’Angleterre, après avoir investi la Normandie et construit la redoutable forteresse de Gisors (Eure), poursuit son intrusion. Il tente de prendre Epernon mais échoue devant la résistance sparnonienne, et dépité, se venge sur la campagne environnante qu’il met à feu et à sang. Deux ans après (1100), il trouve la mort en Angleterre, tué par une flèche reçue en plein cœur lors d’une chasse au cerf.

XIIe siècle.

Début XIIe, naissance à Châteaudun de Lambert Li Tort, personnage aux origines fort controversées bien que trouvère, donc appartenant à ces chanteurs du nord de la Loire. Personnage mystérieux aux origines très incertaines, à part la référence littéraire à un Li Romans d’Alexandre ou l’Alexandriade ou Chanson de geste d’Alexandre Le Grand, écrite entre 1170 et 1180. Sous forme d’un poème épique en dodécasyllabes romans (vers de douze syllabes). Cette oeuvre s’intègre dans la grande tradition du Moyen-Age où tout repose sur le merveilleux, sur ce qui contribue aux exploits de chevaliers où réel et irréel se côtoient.

En ce siècle, début de la branche des comtes de Dreux. Le premier seigneur en référence, Robert de France qui prit la croix en 1147 pour aller à Jérusalem. Revenu dans ses terres, il meurt en 1188 en combattant les Anglais.

Au cours de ce siècle, grâce à Fulbert, à Bernard et Thierry de Chartres, l’Ecole de Chartres rayonne sur toute la France, ses grands philosophes qui ont marqué leur temps. Le rôle plus particulier de Bernard de Chartres mérite que l’on s’y attarde. Philosophe platonicien et humaniste, il tint un rôle important au sein de l’Ecole de Chartres. Cet enseignement philosophique fut l’un des plus prestigieux au 11ème et 12 ème siècles. Les plus grands esprits de l’époque se rencontrèrent d’autant plus qu’ils étaient très attachés à la doctrine du platonisme. Influencé tout d’abord par Boece (philosophe latin du 5ème siècle) dont il adopte le platonisme, Bernard de Chartres s’attache à réconcilier les pensées de Platon et celles d’Aristote, ce qui fera de ce philosophe, l’un des plus grands penseurs de son époque. On lui connaît aussi cette citation  » Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants, de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que ‘en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute statue des géants  »

# En agriculture apparition du joug frontal pour les bœufs, et du collier pour les chevaux.

# Richard de Reviers, baron anglo-normand est jugé pour avoir commis un meurtre sur la personne d’un religieux de l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée. Selon une coutume féodale singulière appliquée aux seigneurs de son rang, son jugement aboutit à une condamnation uniquement civile, consistant à céder 4 acres de terre (environ 200 ares), un cens annuel de blé (redevance foncière pour celui qui possède des titres), et quelques contributions complémentaires.

1106 – construction de l’église Saint-Hilaire à Chartres. Elle sera démolie à la Révolution vraisemblablement par l’entrepreneur Laurent Morin

# Edification de la Porte Guillaume à Chartres qui tient son nom de Guillaume de Ferrières, vidame de Chartres, un laïc chargé de défendre les biens de l’évêque.

# Mariage en la cathédrale de Chartres de Bohémond de Tarente, prince d’Antioche avec Constance, fille de Philippe 1er, roi de France.

1107 – Yves, l’évêque de Chartres, reçoit en la ville la visite du pape Pascal II.

1109 – Suger de Saint-Denis est nommé prévôt de Toury, place forte qui dépend de la l’abbaye de Saint-Denis, déjà détentrice de nombreuses terres de Beauce. Louis VI lui demande d’organiser la défense face à l’agitation continuelle des seigneurs, notamment Hugues du Puiset qui sera vaincu par les deux hommes. Suger est considéré comme le créateur de l’art gothique qu’il va initier lors de la construction de la basilique de Saint-Denis (1140/1144 en trois ans, trois mois, trois jours).

1110 Chartres – Fondation de la chapelle Saint-Etienne qui devint par la suite église de l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée en 1568, reconstruite en 1698 puis détruite par la suite.

1111 – Louis VI le Gros, monté sur le trône de France trois ans plus tôt, lutte contre le brigandage dans le domaine royal notamment contre Hugues du Puiset, agitateur né.

1112 – Nouveau démantèlement du château du Puiset sur ordre du roi, et deux ans plus tard, l’édifice est à nouveau opérationnel en ouvrage de défense. Les seigneurs du Puiset ont toujours démontré une puissance régionale importante, avec pour objectif de rivaliser avec le pouvoir royal, tenter le mettre à mal également. Nés bâtisseurs et guerriers à la fois.

23 décembre 1115 – décès de Saint-Yves à Chartres, l’un des évêques les plus illustres de Chartres et inhumé en l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée.

1117 – Fondation de l’abbaye de Josaphat à Lèves par Geffroy l’Evêque. Hélas, elle connut nombre d’invasions et de destructions jusqu’à la Révolution.

1118 – Louis-le-Gros, roi de France, dit également le Batailleur, désarmé par la piété des Chartrains envers Notre-Dame, épargne leur ville.

1124 – L’abbé en poste en l’abbaye de Coulombs décide de l’affranchissement de la plupart des serfs chargés du fonctionnement de celle-ci, leur rendant ainsi la liberté. Il est vrai que le christianisme s’est toujours opposé à ce que des chrétiens (abbé ou seigneur) appartiennent à d’autres croyants. Le mot serf est issu du latin servus. Le serf est un vassal qui doit fidélité à celui dont il dépend et qui lui assure en échange sa protection.

# Cette même année, concile à Chartres sous l’autorité du légat Pierre Léon qui deviendra par la suite antipape (religieux qui se déclare pape alors qu’il n’a pas été élu suivant les règles de l’Église romaine) sous le nom d’Anaclet.

On défriche de plus en plus de terres pour les rendre cultivables car les besoins de la population augmentent, l’époque de l’open-field (champs sans haies ni clôtures propre au Moyen-Age). La Beauce est avant tout une région de production. Les exploitations sont petites, pour une surface moyenne de 3 à 15 hectares, plus rarement des fermes de + de 200 hectares. Un circuit des échanges entraîne une hausse régulière du prix de la terre.

# Mise en oeuvre de la taxe de mutation en argent sous forme d’une taxe fiscale prélevée à l’occasion de tout transfert de propriété, taxe reçue par les seigneurs, d’autant que toutes le guerres comme les croisades coûtent cher.

# 2 juin – Qu’il soit mort vers 1117 ou le 2 juin 1124, toujours est-il que Bernard de Chartres, dénommé aussi Bernard de Ponthieu ou de Tiron, fut un grand humaniste. Originaire d’Abbeville, il vécut d’abord en ermite, puis arrivant à Tiron, il en fit sa terre, et fut à l’origine de l’abbaye de la Sainte-Trinité.

Vers 1125 – naissance au Puiset d’Hugues du Puiset qui fut, en son temps, l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre. Tout en étant évêque, il fut membre de la Chambre des Lords et Justicier en chef, équivalent d’un Premier ministre moderne en tant que ministre en chef politique du monarque de l’Angleterre.

1128 Arrou – Guillaume Goet prend le titre de Seigneur de Bois Ruffin, Courcelles, La Bruyère et Anay, en vue de son départ pour la croisade. Il réunit tout ce que l’Abbaye de Thiron peut posséder sur ses terres afin de recueillir suffisamment de fonds pour rejoindre les Croisés. Plus tard c’est Guillaume Goet III en prévision de son départ pour la croisade, confie la garde de son château de Bois Ruffin aux seigneurs Nivelon et Ursion, ainsi qu’à un autregentilhomme des environs de Vendôme du nom de Jérémie de l’Isle. Il paraît que ces augustes personnages remplirent dignement la tâche qui leur avait été confiée. La légende dit-on leur attribue la reconstruction de la vieille tour alors à demi ruinée. L’utilité de cette tour de défense se manifesta avec une particulière évidence au moment des querelles de Louis VII et de Philippe Auguste avec les rois d’Angleterre Henri Plantagenet et Richard Cœur de Lion. Sa situation, en effet, entre Fréteval et Montmirail lui donnait une extrême importance, comme le rappelle du reste la route qui, de nos jours encore porte le nom de chemin d’Henri II, passe devant la ferme et se dirige vers la forêt de Bois Ruffin.

1131 – Henri 1er, dit Beauclerc (1068/1135), plus jeune fils légitime de Richard Coeur de Lion, roi d’Angleterre, promet obéissance au pape Innocent II en l’église Notre-Dame de Chartres.

1132 – Mort en Terre Sainte d’Hugues III du Puiset, seigneur particulièrement belliqueux, opposé à l’ordre royal exercé par Louis VI. Bien que l’autorité religieuse se soit ému de ces vues notamment sur le comté de Chartres, il se fait construire une forteresse à Toury. Le roi viendra la détruire. Le seigneur feint de se soumettre, et il sera battu une seconde fois. De guerre lasse, il opte pour des rivages plus lointains.

1134 – nouvel incendie de la ville de Chartres qui est très touchée, le feu se propageant à la façade de la cathédrale. L’église du monastère de Saint-Père subit un si grave dommage par les flammes, qu’elle n’est plus que ruines. Sa reconstruction est entreprise très rapidement, mais ne sera achevée en fait qu’en 1165.

# Mise en œuvre du déambulatoire et de l’abside de l’église Saint-Pierre de Chartres sous les ordres du moine Hilduart. De nombreuses éloges saluent cet homme de l’art figurant parmi les plus habiles de son temps.

1135 – Thibaut IV de Blois, comte de Chartres, Châteaudun et autres villes, accepte pour allié le duc de Normandie qui lui a proposé de devenir son suzerain. Il se sent  » pousser des ailes  », s’empare de Bonneval, puis Chartres dont les habitants préfèrent la soumission que la résistance, échappant ainsi au sort qui avait été réservé aux Bonnevalais, eux passés au fil de l’épée.

1137 – Le roi, Louis VII le Jeune donne en apanage le fief de Dreux à son frère Robert pour le remercier de son aide pour contenir les Anglais. Le monarque, alors en proie aux querelles intestines, a besoin d’asseoir son trône. Il confie à l’évêque de Chartres, le soin d’assister Aliénor d’Aquitaine qu’il vient juste d’épouser. De fait, Robert devient le premier comte de Dreux, chef d’une lignée qui va durer trois siècles sous la bannière des rois de France. La ville devient une place militaire importante confrontée aux affres des luttes incessantes entre les Français et les Anglais. La ville cessera d’être ainsi au milieu des conflits lorsque la Normandie sera reconquise.

1140 – construction d’une maison, rue Sénarmont à Dreux, qui va résister au temps au point de devenir dans les années 2000 la plus vieille bâtisse de la cité drouaise.

1145 – Rehausser les clochers de leurs églises devient un objectif pour les Chartrains, qui font appel aux maçons de Haute Normandie, réputés pour leur art. Ces artistes de la pierre vont se mettre au travail, aidés en cela par les habitants de la cité beauceronne pour oeuvrer à travailler de jour comme de nuit contre gîte et repas et sans salaire. Seule la bénédiction de Dieu leur est réservée. Avec cette particularité, hommes et femmes vont travailler de concert pour aboutir rapidement à cette réalisation.

1146 – Est-ce une légende ? Des hommes de la terre qui partent pour aller combattre à des milliers de kilomètres de chez eux, font partie de notre histoire. Comme ce supposé Maximilian Sequa dont on dit qu’il participa à deux croisades. Un engagement parfaitement plausible sur dès lors que le rude labeur des champs peut être compensé par un solde autrement plus motivant. Né à Coltainville, du moins le pense-t-on, il se serait couvert de gloire en portant un coup mortel à un sultan. Là s’arrête cette relation aussi au domaine de la fiction que celui de la réalité. Peut-être le bouche à oreille car d’écrit, sans doute il n’y en eut point. Seule l’imagerie populaire nous a permis de découvrir cette fable qui pourrait détenir sa part de vérité.

# 11 avril – Concile à Chartres à l’initiative du pape Eugène III pour y ordonner une seconde croisade. Saint-Bernard, à l’époque Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, très proche de ce pape dont il est le maître à penser, est désigné comme général de l’expédition afin d’organiser les préparatifs, porter la bonne parole dans le royaume afin de trouver hommes et subsides, en mesure de l’accompagner dans ce grand projet à moyen terme.

1147 – création de la corporation des Taverniers à Chartres considérée comme la plus ancienne des métiers connus par la cité beauceronne. Un tavernier serait aujourd’hui un barman.

# Saint-Bernard, après avoir prêché à Vezelay, se rend à Chartres pour effectuer la même démarche, en espérant que les seigneurs sauront le suivre.

# Les confréries prennent de plus en plus d’importance. Comme celle qui célébrait la Conception de la Vierge. Elle se déroulait à Chartres, et prendra, par la suite, le nom de la Grande Confrérie des Bourgeois en raison de la densité importante de ses adeptes. Etablie en l’église Saint-Serge et Saint-Bache

1150 – début de la construction de la chapelle abbatiale du monastère de Saint-Pierre-la-Vallée. Achèvement des travaux, vers 1310, selon les les archives la rue de la Sellerie.

# Saint-Bernard vient de nouveau prêcher la seconde croisade à Chartres. Etienne du Perche, fils de Rotrou III, de retour avec le cerveau de l’apôtre Jean-Baptiste,  » butin  » obtenu après la prise de Constantinople. Il fait déposer la précieuse relique en l’église Notre-Dame de Nogent-le-Rotrou.

# (ou en 1155) Naissance située sans doute à Chartres de Guillaume de Meslay qui ferait partie d’une famille de la cité beauceronne ayant détenu la vidamée. Abbé et poète, il est rangé dans les trouvères de langue d’oïl, et compositeur de Huit chansons d’amour en langue romane composées en 1180 et 1200 envers une dame pour laquelle il nourri des sentiments et qui ne fait grand cas de lui. Par dépit, on suppose qu’il soit parti à la quatrième croisade où il trouve la mort. (1210)

1152 – Conflit entre le roi de France, et Henri II d’Angleterre dont les troupes ravagent les possessions de l’autre à la limite du Perche chartrain. Des villes comme Epernon tombent entre les mains anglaises par le jeu de trahisons de nobles sans scrupules.

v.1154 – Naissance à Dreux de Robert II de Dreux. Marié à Yolande de Coucy, le couple eut, entre autres, Pierre de Dreux, à l’origine, fait curieux, du drapeau breton. Ce dernier est époux d’Alix, duchesse de Bretagne. Celle-ci n’ayant aucune armoirie, Philippe-Auguste suggéra à Pierre de Dreux de la composer ce qui constitua en quelque sorte les prémices de ce fanion éloigné certes du drapeau actuel. Il a le mérite d’avoir donné l’idée de poursuivre cette forme de reconnaissance d’une région qui allait marquer l’histoire de France.

1155 – Louis le Gros nourrissant un profond ressentiment envers le comte de Chartres assiège Bonneval appartenant à ce dernier, fait raser la ville sauvegardant néanmoins l’abbaye pour ne point s’attirer la foudre divine. Même roi, la prudence dicte toute initiative qui pourrait s’avérer fâcheuse et réductrice des ambitions royales.

1158 – Initiée par Robert 1er, comte de Dreux, frère du roi Louis VIII, début de la construction du château de Bû, prévu pour être intégré dans la ligne de défense face à la Normandie. Sa construction va durer une quarantaine d’années.

1159 – Des seigneurs de Normandie, de Montfort et de Champagne, alliés d’Henri II, roi d’Angleterre, portent la guerre dans cette région dénommée de nos jours Ile de France, et parviennent à réduire plusieurs places fortes comme celles d’Epernon et Gallardon, et les livrent aux Anglais.

1160 – Mariage à Chartres entre Bohémond,prince d’Antioche, figure emblématique des princes chevaliers de Jérusalem avec Constance, fille de Philippe 1er. De grandes festivités furent organisées à l’initiative d’Adèle, comtesse de Chartres, fille de Guillaume le Conquérant.

1165 – Découverte du tombeau de saint Guildin de Dol en l’église Saint-Père-en-Vallée. Homme d’église, apparenté à la famille du Puiset, sa mère étant la fille d’un vicomte de Chartres, il est décédé à Chartres en janvier 1077. Rappelons que revenant de Rome avec l’intention de faire pèlerinage en la cité beauceronne, un sérieux coup de froid lui a été fatal à l’âge de 25 ans, alors qu’il allait retourner dans sa Bretagne natale. Il est considéré comme le saint patron des pèlerins.

1169 – Le château de Châteauneuf-en-Thymerais (Chastel-neuf) est pillé par le roi d’Angleterre, Henri Ier. Quelques années plus tard, Henri II Plantegenêt brûle la forteresse. La reconstruction de cette dernière se fera vingt ans plus tard (1189)

1177 – Traité de Saint-Rémy-sur-Avre entre la France (Louis VII) et l’Angleterre ( Henri Plantagenêt) et pour se préparer pour la croisade. Par la suite, bon nombre de traités de paix seront rompus par des conflits.

1180 – Alors qu’il a fait construire des remparts (1180/1185) à Chartres entre le quartier Saint-Michel et celui des Epars, Thibault V le Bon est alors un puissant seigneur, beau-père et beau-frère de Louis VII dit Louis le Jeune (1120/1180). Grand sénéchal de France, il trouvera la mort en croisade à Saint-Jean d’Acre en 1191.

# Pierre de Lorraine, abbé de Celles et de Saint-Rémi de Reims, évêque de Chartres fait paver les rues de Chartres, et contribue à financer la mise en œuvre des remparts.

# Sur commande de Thibaut V, comte de Blois, de Chartres et Châteaudun, pose d’une pierre du futur château de Châteaudun reposant sur la mise en œuvre d’un donjon d’une hauteur de 31 mètres et 17 mètres de diamètre sur le promontoire. La construction s’appuie sur la butte médiévale qui avait été édifiée une dizaine d’années auparavant.

# Décès à Chartres de Jean de Salisbury, philosophe et historien, évêque de Chartres. Inhumé à l’abbaye de Josaphat à Lèves, quelques pierres de son tombeau étant encore visibles. Ses restes furent transférés. la cathédrale de Chartres. Parcours religieux étonnant pour cet homme dans la mesure où il naquit en Angleterre vers 1115. Proche de Thomas Becket qui s’est exilé un temps suite à un conflit avec le roi d’Angleterre dont il sera proche lorsque les deux hommes suivront un parcours identique.

1181 – des troupes de mercenaires licenciés, se répandent dans le royaume. Qu’ils soient Brabançons ou Cottereaux, Routiers, Ecorcheurs, ils se signalent par leurs pillages et autres exactions dans le Dunois.

22 février 1182 – Pierre de Lorraine, évêque de Chartres, apprécié de la population, meurt. Il est enterré à Josaphat.

19 février 1183 – Décès à Chartres de l’évêque Pierre de Celle. Deux ans avant sa mort, il fait construire une muraille de la Porte des Epars jusqu’à l’église Sainte-FoyTout ceci ses frais. Il la fera prolonger jusqu’à la Porte du Châtelet, comme il a fait paver quelques rues de Chartres, avec l’aide financière de certains riverains.

1185 – début de nouveaux remparts et de fossés, ceci pour augmenter la ceinture de protection. Les habitants de Chartres viennent compléter la main d’oeuvre.

1187 – Offensive d’Henri II d’Angleterre, né au Mans ( 1133/1189), roi d’Angleterre, duc de Normandie qui pratique en France une politique expansionniste.

# Visite de la reine Isabelle de Hainaut, femme de Philippe-Auguste pour accomplir ses dévotions, selon ses vœux durant sa grossesse. Une légende prétend que s’étant rendue devant l’image de la Vierge, l’enfant qu’elle portait se mit à remuer fortement. Dans le même instant, quatre bougies s’allumèrent comme par magie ou volonté divine. Une façon de rassurer la future parturiente.

1188 – siège de Dreux, proche de la frontière normande et route des Anglo-Normands lesquels pillent et détruisent la ville.

29 au 30 juin 1191 – un incendie accidentel anéantit l’œuvre chartraine de saint Fulbert, de Thierry et de saint Ives, à l’exception de la crypte et des clochers. La cité chartraine revit alors des processions de pèlerins apportant leurs pieuses contributions sur de lourds chariots.

# Un trouvère du XIIe siècle, Jean Le Marchant, né prétendu chartrain, cite ces processions dans un poème Récit des Miracles de Notre-Dame de Chartres dont le manuscrit est conservé à la bibliothèque de Chartres et qui a été imprimé par M. Gratet-Duplessis en 1855.

# Cette même année, Rotrou IV meurt au siège de Saint-Jean d’Acre.

1192 – Philippe-Auguste, au titre des Ordonnances du Louvre, accorde aux habitants d’Anet de ne point payer ni péages, ni impôts.

1194 –  » La Chemise de la Vierge  » échappe à un incendie. Cet épisode fut interprété comme un signe divin qui incita à construire une plus grande église. La cathédrale au demeurant, une construction achevée en moins de 30 ans. Un chantier énorme qui fait appel à différents bâtisseurs et corps de métier. La pierre dans son essentiel viendra de Berchères-sur-Vesgre (anciennement Berchères-l’Evêque), d’origine calcaire dénommée la Berchères, très dure, sans fissures, constituée de fossiles, prenant une belle patine au soleil. Un gisement important qui répondra à cette immense exploitation. Sans doute financée par les Templiers pour la partie murs et les toits, sans que cet apport soit clairement établi, la future cathédrale bénéficie la participation des artisans et commerçants particulièrement pour les statues que les vitraux. Le sable comme le bois provenaient de Tardais situé dans la forêt de Senonches.

# Chartres connaît une forte expansion artisanale qui va se répandre tant le pays chartrain qu’en Beauce, Thymerais et Perche. Aux abords du futur édifice, comme en basse ville, de nombreux ateliers se sont installés présentant différents métiers, de même les tanneurs au long de l’Eure. Egalement l’industrie du drap qui va être très florissante.

1197 – La charte de commune est la base de l’histoire de toute cité. Celle de Châteaudun est datée du mois d’octobre 1197 et émane de Louis, comte de Blois. Elle fut confirmée au mois de février 1281 par Pierre, comte d’Alençon, et Jeanne, sa femme. Son original est en parchemin, avec sceau équestre en cire brune du comte d’Alençon. Le comte de Blois l’accorde à tous les hommes demeurant à Châteaudun, excepté à ceux du bourg de Chamars, avec exemption de taille et servitude. Cette charte permet d’élire douze d’entre eux pour administrer les affaires de la cité, de même le jugement des simples délits. Il se réserve toutefois la haute justice, stipulant, par ailleurs, le droit d’appeler les habitants pour le servir dans toutes les expéditions qu’il pourrait entreprendre. Par contre la charte ne précisait en rien qui était visé nommément par ces dispositions, si bien que les Dunois purent échapper aux querelles particulières des comtes de Blois, les Dunois dépendant de leur seigneur immédiat, le vicomte de Châteaudun. Sur sommation de celui-ci, ils devront partir en 1214 afin d’aider Philippe-Auguste dans sa guerre contre les Flamands. De même à la bataille de Bouvines, puis en 1225 pour combattre les Albigeois. En raison de l’instabilité de la paix souvent rompue à la moindre occasion, les seigneurs dunois vont devoir revenir pour défendre leurs propres terres face aux invasions sans cesse de retour pour semer mort et désolation.

XIIIe siècle.

En ce début de siècle, mise en oeuvre du célèbre labyrinthe de la cathédrale de Chartres d’un diamètre de presque 13 mètres, et d’une longueur qui avoisine 256 mètres. Il est l’un des seuls constitué de pavement, et son emplacement représente un carré parfait. Deux versions veulent accréditer la présence de ce parcours. L’une opte pour ces pèlerins selon laquelle, n’étant pas en mesure d’aller en Terre Sainte, ils faisaient acte de pénitence en le parcourant, peut-être à genoux, plus vraisemblablement pieds nus. Ce but de persévérance est de sentir ainsi son corps calme et serein dans une communion parfaite avec le divin. L’autre version, selon des textes de référence, accréditerait l’existence de ce chemin comme celui de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort, le paradis étant au bout du chemin. Le labyrinthe, outil spirituel, était également appelé aussi Chemin de Jérusalem, censé détenir le fil d’Ariane qui permettrait d’atteindre la Jérusalem céleste.

# Trois naissances d’importance : à Chartres, venue au monde de Geoffroy de Beaulieu, connu également sous le nom de Galgrid, confesseur du roi Saint-Louis et qu’il accompagna à deux croisades. De même en pays chartrain, naissance de Guillaume de Ferrières, poète et trouvère auteur de plusieurs chansons, ainsi que celle d’Adelman, évêque de Bresse, auteur de plusieurs ouvrages sur l’hérésie de Bérenger de Tours et à Chartres de Jean Le Marchant, spécialiste de traductions latines, comme celle de Thomas de Morigny, né à Epernon, pensionnaire, un temps, de l’abbaye de Coulombs, et connu pour son très grand talent de prédicateur.

# Clément de Chartres a vécu sur les XIIIe et début du XIVe sans que sa date de naissance ne puisse être précisée. Peintre verrier, il est celui de ces artisans dont la signature la plus ancienne est conservée sur un vitrail de la cathédrale. Il a travaillé également sur les vitraux situés au pourtour du chœur.

# Charles de Valois, quatrième enfant de Philippe Le Hardi, obtient de frapper monnaie, ceci pour compenser l’insuffisance des revenus qu’il tire de ses possessions de Beauce. Bien qu’ayant institué de nouvelles redevances et taxes, l’apport d’argent frais était devenu une nécessité, s’inspirant de son frère Philippe. Le côté licite de l’initiative étant taxé par les Chartrains de manœuvres dilatoires, ces derniers lui donnèrent un nom celui de  » flan de Chartres  » sans prononcer celui de fausse monnaie ce qui revenait au même.

# On le dit originaire du pays chartrain ce qui semble possible dès lors que Guillaume de Ferrières a été vidame de Chartres (défenseur – clerc de l’évêque). Il est associé également aux troubadours et auteur d’une dizaine de chansons.

# Si les loups hantent la Beauce, et que la population tente de se montrer prudente, un fait curieux est relaté selon lequel un porc aurait dévoré à moitié une petite fille. Pur quelles raisons ? L’histoire se tait, mais se montre si prolixe sur la suite que l’on apprend que la pauvre bête est pendue comme un vulgaire malandrin. Une loi du talion dans toute sa vérité, du dent pour dent. Une sentence exécutée en public, l’église appliquant à la lettre ce qui convient de prononcer lorsque la vie d’un humain a été interrompue, selon la loi féodale qui concerne tous types d’animaux.

1200 – Fondation de l’hospice des aveugles à Chartres. A cette époque, à quelques années près, achèvement du labyrinthe de Chartres dont la destination constitue le recueillement.

Mai 1202 – Guy abbé de Saint-Père, se rend à Châteaudun pour supplier Louis, comte de Blois, d’exempter les villages de Mainvilliers et Champhol appartenant à son monastère, des droits de taille ainsi que la levée de toutes les contributions auxquelles la région de Chartres est soumise. Il obtient satisfaction.

1204 – Philippe Auguste, éternel adversaire d’Henri II d’Angleterre, récupère la Normandie si bien que la vallée de l’Eure n’est plus stratégique pour observer l’ennemi juré, que constitue l’Anglais

# 1204 (ou 1209) – Décès d’Amaury de Chartres (ou de Bennes) à Bennes situé entre Ollé et Chauffours (Illiers-Combray). Abbé, philosophe et théologien, ses traités de sciences naturelles connues sous le nom de Physion, estimées d’avant-garde n’eurent pas l’heur de plaire à ses contemporains. Néanmoins, il eut de nombreux disciples qui furent jugés après la mort d’Amaury. Ses restes furent exhumés en 1210, jetés à la voirie et finalement brûlés avec ses partisans.

1210 – Violentes émeutes à Chartres alors que la cathédrale est en pleine construction. Les Chartrains excédés par la démesure financière pour construire la cathédrale, contribue à une forte agitation par tout ce qui les contraint à vivre chichement. Tout est prétexte pour s’en prendre au pouvoir, mais tout sera fait pour aplanir les revendications de la population. Quand Dieu est en jeu, les malheureux ne le sont plus.

1212 – Un moment à la fois important et déroutant quand survient la célèbre croisade des enfants, initiée et animée par un jeune berger des environs de Vendôme en la personne d’un petit pâtre dénommé Etienne, originaire de l’humble bourgade de Cloies, appellation de Cloyes à cette époque. Il avait abandonné son troupeau un certain jour pour suivre une procession à l’initiative du pape Innocent III pour prier le Tout-Puissant d’intervenir pour favoriser la victoire sur les Maures d’Espagne. Son absence l’amena à connaître une sérieuse mésaventure dans la mesure où il ne retrouva plus les bêtes qu’il avait sous sa garde. La légende prétend qu’il se mit à prier, et subitement tous es animaux revinrent en courant, et s’agenouillèrent pour certains, d’autres se coucher. Plusieurs témoins auraient assisté à la scène si bien que la nouvelle extraordinaire fut propagée dans tout la région. On cria au miracle, on jugea le berger comme un envoyé de Dieu en ces moments où les croisades étaient l’objet de toutes les discussions aussi bien dans les églises que chez soi. Cloyes se trouvait dans une telle effervescence, que de tous jeunes hommes, des enfants aussi, vinrent à lui les uns après les autres, arrivant de toutes parts, parfois après avoir accompli des centaines de lieues. Etienne était Jésus, chacun en était tellement convaincu que tout ce qui pouvait être transmis à son sujet, était le fruit des croyances dument ancrées en Beauce. Etienne était un envoyé de Dieu, et un bruit courut selon lequel, le roi Philippe-Auguste lui aurait confié d’entreprendre sa propre croisade pour apporter un sang neuf à tous ces Croisés qui allaient et revenaient de Jérusalem. Etienne comme une sorte de gourou, ne connut pas grand peine à former une troupe certes hétéroclite mais résolue. Pourtant le roi de France n’avait rien à voir dans cette entreprise qu’il jugeait inopportune, et aurait même refusé une demande d’audience du jeune berger. Il est vrai qu’il y avait lieu de s’inquiéter car des mères de famille n’avaient pas hésité à se joindre à cette troupe, emmenant même des enfants en bas âge. Un suicide avant la lettre. Etienne était arrivé à convaincre, à se croire le Messie, rassemblant entre trente et quarante mille  » croisés  » Pour résumer cette utopie, notons qu’un certain nombre parvint à Marseille, ils furent l’objet de trafiquants qui profitèrent de l’aubaine pour vendre leur cargaison à des Sarrazins. Quelques rares captifs purent s’en retourner en France, alors qu’Etienne disparut corps et biens sans que l’on sache ce qu’il lui était arrivé. Les deux vendeurs d’esclaves furent pendus haut et court.

1215 – L’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée est entièrement brûlée.

# Exécution par pendaison à Chartres d’un domestique accusé de vol (!) peine exemplaire initiée par Thibaut VI, comte de Chartres, ses officiers faisant office de bourreaux. Les fourches patibulaires (gibet) avaient mises en place en dehors de la ville sur le bord du chemin menant de Chartres à Paris par le gué de la Voise.

8 septembre 1217 – décès de l’évêque Regnault de Mouçon, connu pour sa piété, fut de la croisade contre les Albigeois. Il fit reconstruire en dur le palais épiscopal.

# 4 novembre – mort de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, appartenant à la branche des comtes de Dreux. Deux fois croisé, et prisonnier à deux reprises (Saint-Jean d’Acre, puis contre les Anglais). Il luttera ensuite aux côtés de Philippe-Auguste, notamment à Bouvines en 1214. A son sujet, une anecdote mérite d’être précisée. Philippe de Dreux a toujours montré de la répugnance à lutter avec des armes tranchantes, choisissant une lourde de masse de fer pour assommer les ennemis, pour se conformer aux droits canoniques qui défendent aux prêtres de verser le sang.

22 avril 1218 – Thibaut V, comte de Chartres, meurt de la lèpre. Son corps est transféré en l’église de la Maladrerie du Grand-Beaulieu.

# Décès de Robert II, comte de Dreux, fils de Robert de France. Présent aux côtés de Philippe de Dreux lors du siège de Saint-Jean d’Acre.

1220 – première phase terminée de la construction de la cathédrale associée au style gothique flamboyant, un chantier colossal qui finalement, étant habitable si l’on peut dire, a connu cette chance d’être achevé dans un temps relativement court. A cette époque, on cite le chanoine Pierre de Bordeaux qui aurait offert aux Chartrains, une Vierge d’argent aussi scintillante qu’imposante, et placée en la cathédrale de Chartres. Par mesure de précaution comme le précise Gilles Fresson, recteur de la cathédrale Chartres, cette statue fut placée dans un endroit inaccessible des dévots.

1226 – Fondation par Isabelle, comtesse de Chartres, d’une abbaye de filles obéissant à l’ordre des Citeaux.

# 8 novembre, Louis IX connu sous le nom de Saint Louis, monte sur le trône de France, succédant à Louis VIII dit Le Lion. Son attache avec Chartres le mènera à plusieurs reprises en la cité beauceronne pour y accomplit ses dévotions. On lui prête qu’il aurait fait à plusieurs reprises le chemin à pied. D’ailleurs du côté de Nogent-le-Roi, on note l’existence du ‘’ chemin dit de Saint-Louis ‘’

1227 – Le Perche dans sa totalité, position stratégique en raison de sa situation proche de la Normandie est inclus dans le domaine royal français.

1228 – A Brunelles proche de Nogent-le-Rotrou, , aux environs de la forteresse des Vieux Murs, Blanche de Castille, régente de France, doit faire face au sire de Coucy et de ses partisans, dont l’ambition est de vouloir enlever le jeune roi, et prendre sa place. Une bataille a lieu en cet endroit. La reine l’emporte, et son adversaire n’a d’autre alternative que de s’enfuir et rejoindre la Bretagne.

Janvier 1229 – Comme en Beauce, Thymerais et Perche, le royaume connaît un froid très vif. Tout gèle à pierre fendre, des bêtes meurent. Chacun cherche son salut, celui de sa famille, de son bétail comme il peut.

# Le comté de Chartres est transmis à Saint-Louis, par Thibaud VI, de Blois lequel a participé financièrement à la construction de la cathédrale de Chartres.

1230 – Prémices de construction du château de Bois-Ruffin (commune d’Arrou) à l’initiative des seigneurs du Perche-Gouët.

1233 – Pose en la cathédrale de Chartres du vitrail de la rose nord.

# Robert III comte de Dreux rend l’âme en cette année. Il prit part à la défense de Nantes face aux Anglais qui l’attirèrent dans une embuscade pour ne le libérer qu’en 1214. Libéré, il continuera à se battre, et sera aux côtés de Saint-Louis

1234 – Thibaut IV de Champagne ou le Posthume, dit Thibaut le Chansonnier aurait nourri une grande passion pour la reine de France, Blanche de Castille. Celle-ci lui inspira 37 chansons d’amour et poésies qu’il fit représenter sur ses murs des palais de Troyes et Provins ce qui en fait l’un des trouvères les plus célèbres de sons temps. Devenu Thibaut 1er de Navarre,(1201/1253), il abandonne à Saint-Louis ses droits de suzeraineté sur les comtés de Chartres, Blois et Sancerre qui font leur retour dans le domaine royal, sans cesser toutefois d’avoir leurs seigneurs particuliers. Celui de Chartres, Jean de Montmirail, comte de Chartres en est une vive représentation. Il a été un personnage important du royaume, et proche de Saint-Louis. Très croyant, il fit un don de vitraux à la cathédrale de Chartres et dédiés à Saint-Martin. Mort en la cité beauceronne en 1240, il y a été enterré.

8 août 1236 – Inhumation à Chartres d’Hughes de la Ferté, évêque de cette même ville. Il avait fait construire le Couvent de Jacobins où il est enterré.

6 juillet 1240 – décès du frère de Robert III de Dreux, Henri de Dreux, archevêque de Reims, se brouilla avec Saint-Louis, tint concile à Senlis pour excommunier le roi. En vain. Le reste de sa vie se passa à fulminer contre les interdits, les excommunications et les anathèmes

1250 – Pierre de Dreux, surnommé Maucler, frère d’Henri et de Robert III, refusa d’être présent au sacre de Saint-Louis à qui il fit la guerre. Le roi victorieux lui enleva la régence du duché de Bretagne pour lui rendre ce bien qu’il l’administrait en raison du jeune âge de son fils. Finalement Pierre de Dreux lui rendit tous ses Etats, accompagna le roi en Palestine, fut fait prisonnier avec lui mais parvint à s’échapper mais mourut lors de la traversée alors qu’il revenait en France

1255 – Saint Louis et le roi d’Angleterre, Henri III, scellent une paix.

1256 – Saint-Louis, de retour de Terre Sainte, accomplit ses dévotions à Chartres, prétexte à un banquet royal qui marquera les esprits. La raison principale s’explique dans le cadre de la préparation du synode de Sens prévue l’année suivante. Il reviendra plusieurs fois, accomplissant parfois une partie de son parcours à pied, par le chemin dit de Chartres, en parallèle avec l’Eure, une autre voie que celle qu’il empruntait initialement.

1259 – Saint-Louis décharge les évêques chartrains du droit, entre autre, de gîte qu’ils étaient tenus de payer au souverain de France

12 avril 1260 – gigantesque incendie à Chartres, l’église Saint-André est miraculeusement sauvée. Les chanoines voulurent la faire ceindre de murs pour la sauvegarder en cas d’un nouvel incendie ce qui déplut aux Chartrains. S’en suivirent de nombreux incidents conduisant la population à détruire les murs au fur et à mesure qu’ils étaient construits. Le futur roi Philippe le Hardi crut bon donner raison aux chanoines, mais la population obtint, en dédommagement, la mise en œuvre d’une horloge aux seuls frais de construction et d’entretien du chapitre.

# Donation du fief de Champseru aux Templiers par Hughes IV de Châteauneuf.

1 septembre 1260 – Première foire de la Saint-Gilles à Bonneval. La veille et le jour de la foire, les habitants étaient tenus de se rendre en armes dans la grande cour de l’abbaye en raison du droit de justice que détenaient les religieux. Les officiers de la maison étaient chargés d’effectuer le comptage ou l’appel des citoyens pour participer à la sécurité des marchands et des marchandises à partir de 5 heures du soir. Ce dispositif était dénommé  » la chevauchée  ». Les habitants étaient tenus de mettre devant leurs portes, du feu et de l’eau pour parer à toute éventualité.

24 octobre 1260 – consécration de la cathédrale en présence de Saint-Louis par l’évêque Pierre de Moncy ou Mincy, 76ème évêque de Chartres.

# Le Cellier de Loëns existe déjà sous forme d’une grange dimière (ou cellier) exploitée par les chanoines. Un lieu où sont stockées les recettes en nature provenant des impôts et de la dîme. La dîme correspondait à 10% de la récolte d’un paysan Un lieu où sont entreposées également les tonneaux, on stocke les baux des fermiers, et en cas de litige, un petit tribunal s’y trouve pour statuer.

1262 – Saint-Louis vient à nouveau Chartres afin d’imposer la monnaie royale, et autoriser la ville à frapper monnaie par l’intermédiaire de son haut justicier qui en détenait le pouvoir. Jusqu’à présent, les comtes et seigneurs des alentours battaient monnaie qui pouvaient s’aligner sur les cours de la monnaie chartraine.

10 juin 1262Chartres connaît à nouveau de vastes incendies, l’église Saint-Aignan est entièrement détruite.

1269 – Saint-Louis venant de Thimert, se rend à Châteauneuf à l’occasion de la fête de la Saint-Arnoult.

1270 – Louis IX plus connu sous le vocable de Saint-Louis meurt à Tunis assisté par son chapelain Guillaume de Chartres, originaire de la cité beauceronne comme son nom l’indique. Pourtant, rien n’est moins sûr, dès lors que les seigneurs ont pour habitude de se parer de titres attachés aux terres qu’ils se sont octroyées ou que le pouvoir leur accorde.

1286 – Jeanne de Blois-Châtillon, veuve du comte d’Alençon, vend à Philippe le Bel, monté sur le trône de France l’année précédente, le comté de Chartres qui est alors réuni à la couronne.

# Un nouvel incendie à Chartres qui touche très partiellement la cathédrale. L’église Saint-Aignan est à nouveau détruite.

1291 – René Barbou , bourgeois de la ville de Chartres, fonde par lettres patentes l’hôpital des aveugles dont il fut le premier administrateur. L’hôpital sera détruit en 1567 lors d’un siège de Chartres et reconstruit. A sa mort en 1325, ses deux fils qui lui succèdent, avaient reçu auparavant le droit de Philippe le Long, second fils de Philippe le Bel, de porter un croissant d’argent avec une fleur de lys en ornement. En 1350, il y avait 126 aveugles, en 1710 plus que 70, chiffre qui descend à 15, et en 1790 cinq personnes privées de la vue étaient encore présentes.

# Après cette année se situe la naissance de Mathieu Freteval, musicien et poète, auteur de neuf chansons. Il est cité comme vidame de Chartres, et panetier de France pour le roi Philippe le Bel.

1296 – Charles de Valois et son épouse Marguerite d’Anjou reçoivent en privilège le pays chartrain, confirmation d’une décision royale de Philippe le Bel, trois ans plutôt, concernant tout spécialement le comté de Chartres. L’histoire nous apprend que le fils de Philippe le Hardi aurait voulu se séparer de cette charte pour en tirer de l’argent en la proposant aux bourgeois chartrains. Une façon bien curieuse de ne point honorer un cadeau de son frère le roi.

1297 – Charles de Valois, comte de Chartres, et frère de Philippe Le Bel, moyennant 12 000 livres tournois accorde aux Chartrains une Pancarte municipale, comportant, entre autres, le tarif des marchandises et leur donnant le droit de s’assembler.

# Chartres reçoit sa charte communale d’affranchissement. Les Chartrains ont un hôtel-de-ville (situé alors à l’emplacement de la place Marceau, plus précisément à l’hôtel du Cygne(1412) avec des échevins (magistrats). La ville, pour se défendre et organiser la sécurité, dispose d’une compagnie de 120 archers.

# Son école épiscopale, due à Fulbert, n’a plus le même rayonnement, concurrencée par les universités parisiennes et orléanaises, ce que confirmera l’histoire ultérieure.

# En cette fin de Moyen-Age, le roi (dés Philippe-Auguste) exerce son pouvoir par le truchement de bailliages (circonscriptions administratives, financières et judiciaires) sous la gouvernance d’un bailli (sorte de grand argentier régional) qui disposait de personnel suivant le degré de la charge qui lui était attribuée. Le mot bailliage (circonscription d’un bailli, agent qui veille à l’autorité seigneuriale dans les affaires liées aux dispositions qui sont les siennes) est utilisé dans le nord de la France, et la sénéchaussée pour le sud. Le bailliage est lui-même divisé en prévôté. A la veille de la Révolution, le découpage du bailliage (400 en France) fut utilisé pour l’attribution des circonscriptions électorales dans le cadre des Etats Généraux

XIVe siècle.

Durant ce siècle, à Bonneval, Jean le Bon permet aux religieux de mettre en place des fourches patibulaires que François Villon a décrit à sa façon le spectacle de ces corps pendus, et picorés par les oiseaux.

La pluye nous a bûez et lavez,

Et le soleil desséchiez et noircis

Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavez,

Et arrachié la barbe et les sourcis.

Jamais nul temps nous ne sommes assis;

Puis ça, puis la, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesse nous charrie,

Plus becquetez d’oiseaulx que dez à coudre.

Ne soyez donc de notre confrairie;

François Villon.

# Astrologue judiciaire, Michel de Tourne-Roue se tailla une grande notoriété en matière de jugement de Dieu par les astres. Il vécut à l’époque de Charles VI. On le dit natif de Chartres, sans plus de précisions.

# Au début de ce siècle, Richard dit Chicou est alors l’exécuteur des hautes oeuvres commis à la pendaison des voleurs et des criminels du comté de Chartres. Ces exécutions continuent d’avoir lieu aux fourches patibulaires (gibet) en dehors des remparts chartrains. La coutume voulait que les pendus soient laissés à la vue des passants pendant plusieurs jours, le temps que les chairs soient attaquées par les corneilles et autres oiseaux de passage. Les fourches étaient un gibet composé à l’origine de deux poteaux plantés en terre, plus tard remplacées par des piliers en dur et en nombre variable supportant une traverse à laquelle on suspendait les suppliciés.

Voici ce que l’on peut lire à propos de charte royale.

Jean par la grâce de Dieu, roy des François, savoir faisons à tous prescris et à venir, que nous, ayant considéré l’affection que les bien aimés et fidèles hommes, les abbés et couvent du monastère de Saint-Florentin de Bonneval et leurs prédécesseurs avoient eu jusqu’à présent pour nous et les rois nos prédécesseurs et même pour la couronne de France et aussi les services gratuits rendus depuis longtemps à nous et nos prédécesseurs, la supplique humble que les dits religieux nous ont présentée, contenait dans ledit lieu de Bonneval et ses dépendances, où on connoit qu’ils ont toute sorte de juridiction haute, moyenne et basse, et son plein exercice excepté seulement certains cas à nous réservés à cause de notre comté de Chartres, lorsqu’il arrive que leurs officiers séculiers condamnent quelqu’un à être pendu à la potence il faut, et c’est la coutume, qu’ il soit pendu à une perche appelée gibet, laquelle il faut avec une grande peine et avec beaucoup de monde qu’on ne trouve pas aisément, courber et attirer jusqu’à terre et souvent quand à cette même perche il y a le cadavre de quelqu’un ou de plusieurs qui y ont été pendus, il faut lorsque on veut en mettre un autre, le descendre avec beaucoup de répugnance, en souffrant beaucoup de la puanteur et de la corruption du cadavre, et dans ces circonstances a peine trouvent-ils quelqu’un qui veuille le descendre ou courber la perche, nous suppliant humblement a cause de cela c’est-à-dire proche ladite perche qu’il leur en soit de faire construire et élever des perches patibulaires non fourchues de bois ou de pierre avec trois piliers et de les conserver après qu’elles auront été élevées pour les condamnés et que nous daignassions leur accorder cette faveur, en considération des choses susdites, prêtant une oreille favorable à leur supplique par une grâce spéciale par l’autorisation de la puissance royale, nous avons accordé aux dits religieux et par la teneur des présentes nous leur accordons, que sur leur juridiction ils puissent et leur soit permis de faire planter et élever des fourches de bois ou de pierre avec trois piliers; donnant en mandatement au bailly de Chartres qu’il n’empêche point et ne trouble point les dits abbés et couvent contre la teneur de notre présente grâce, mais au contraire qu’il leur en fasse dans la suite jouir et s’en applaudir en plein.

Donné en l’an de Notre Seigneur 1354, au mois de mars.

# Louis Mocquet, est le premier véritable imagier connu au titre de l’imagerie chartraine. Sa présence est attestée en ce début du XIVe siècle, alors qu’il a marié sa fille à un fabriquant de cartes à jouer. On sait qu’il s’est livré au commerce des estampes, et l’une de ses plus fameuses réalisationsa pour nom Le Triomphe de la Vierge, une pièce inestimable réalisée à partir d’imagerie en taille de bois.

1304 – Philippe-le-Bel offre ses armes en trophée à Notre-Dame-de-Chartres, après sa victoire de Mons-en-Puelle.( aujourd’hui Mons-en-Pévèle dans le Pas-de-Calais) sur les Flamands le 18 août.

1313 – Les Chartrains font grise mine face à une levée d’impôts dans le but d’aider la nouvelle guerre en Flandre.

1314 – première érection de la baronnie-pairie de Châteauneuf-en-Thymerais.

1318 – Une charte (1169) marque l’existence d’un endroit fortifié à Anet, transformé en demeure fortifiée suite à l’acquisition par Philippe, comte d’Evreux, frère de Philippe le Bel. Dans la foulée agrandi avec l’aide Charles le Mauvais (1340) sous forme d’un château cerné de tours.

1322 – Les Juifs de Chartres exclus de la ville (1315) puis de retour sont chassés à nouveau cette présente année, mais certains parviennent à se fixer. Dès lors, ils sont alors tenus de porter des vêtements de couleur jaune, et des chapeaux cornés, ce qui ne les empêche guère de prospérer, bien au contraire, au grand regret du roi de France.

1328Chartres rentre dans le domaine royal et rejoint celui du Perche. Philippe VI de Valois devenu roi de France cette présente année, est du même coup comte de Chartres. Le roi fait diriger la ville par des baillis en l’occurrence des représentants de l’autorité du roi et des sénéchaux qui siègent à la Tour du Roi (château comtal)

1329 – Jean, duc de Bretagne épouse à Chartres, Jeanne, fille d’Othon, comte de Savoie, cérémonie à laquelle assiste Philippe VI de Valois, le couple étant uni par l’évêque de Chartres, Jean Pasté.

1333Chartres – Chanoine puis doyen du Chapitre à Chartres, il avait choisi d’être inhumé, contrairement à son souhait en l’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. En effet, pour l’anecdote, le Chapitre a toujours refusé l’inhumation en l’église Notre-Dame-de Chartres de n’importe quel dignitaire du royaume, y compris les ecclésiastiques. Il semblerait que cette opposition proviendrait de la vénération usuellement pratiquée envers l’image miraculeuse de la Vierge. Toute inhumation de fait serait contraire au respect des lieux.

1340 – Philippe, comte d’Evreux, frère de Philippe le Bel, fait construire à Anet un château fortifié de tours, fortifications qui furent détruites sous Charles V qui s’octroya la châtellenie.

1348 – naissance à Châteaudun de Jean de Saint-Avit, évêque d’Avranches, défenseur de la mémoire de Jeanne d’Arc, opposé à l’évêque Cauchon. Enfermé par ce dernier, il mourut en prison à Rouen le 22 juillet 1442 à l’âge de 94 ans.

# Par période de douze années, la peste dénommée  » la mort noire  » revient, et fait des ravages dans la population. En l’absence de prophylaxie, on ne peut éviter la transmission par l’homme de puces infectées, et par voie de conséquences la maladie s’étend d’individu à individu. On mesure la méconnaissance médicale de ce siècle, face à ce fléau de la peste, qui pèse sur une population exsangue en raison des nombreux décès qu’elle entraîne. Qui plus est avec une répercussion sur tout ce qui touche la vie quotidienne, la famine en premier lieu.

22 août 1350 – Philippe VI de Valois, 56 ans, alors en villégiature au château de Nogent-le-Roi est en compagnie de sa toute jeune épouse, Blanche de Navarre, 18 ans. Ses exploits amoureux l’épuisent d’une telle façon qu’il est sans doute victime d’un arrêt cardiaque. Il est transporté d’urgence à l’abbaye de Coulombs, toute proche du château, où il meurt religieusement. Ce roi a eu, au cours de sa carrière, l’idée d’un impôt nouveau : la gabelle qui était une taxation sur le sel, propriété royale, dont les Chartrains comme tant d’autres de Beauce et d’ailleurs subiront les conséquences financières très lourdes. Dite la grand Gabelle ou impôt direct.

Janvier – Jeanne, reine de France, se rend à Chartres pour faire ses dévotions. Elle en profite pour inspecter les prisons de la ville, et fait extraire un meurtrier auquel elle rend grâce.

# Pierre Le Bègue de Villaines, sénéchal, général et prince, serait né en Beauce aux alentours de cette date. Sa mort se situe entre 1401 et 1413. Il combat en Espagne, puis à la guerre de Cent ans aux côtés de Bertrand Du Guesclin.Intronisé Grand Ecuyer de France sous le règne de Charles VI (1382) qui lui donnera en 1401 le titre français de Prince d’Yvetot.. A la mort du connétable de Du Guesclin, il porte l’un des quatre écus appartenant à ce grand capitaine d’armes.

1354/1360 – Sur initiative de l’évêque, Simon Lemaire, on creuse de nouveaux fossés autour de la ville de Chartres comme on aménage les remparts ce qui a pour conséquence de détruire bon nombre de maisons pour rendre la défense plus efficace.`

# Guerre de Cent ans – une guerre dont la Beauce sent les effets bien qu’aucune bataille d’envergure ne se soit passée sur cette partie de territoire. La soldatesque a investi par moments le pays chartrain, durant les périodes où l’intensité de la guerre franco/anglaise est moindre. Heureusement les conséquences fâcheuses sont bien moins graves que les invasions du passé. Si bien que la population se relève très rapidement de ses désordres, les leçons d’occupation ayant sans doute porté leurs fruits. Notons que Jeanne d’Arc a côtoyé la Beauce sans y entrer.

1356 – Après leur victoire de Poitiers, les Anglais s’emparent du château de Beaumont, en réalité Beaumont le Vidame, aujourd’hui Beaumont-les-Autels. Ils prolongent leur périple meurtrier parcourant le Perche, région qui eut à souffrir également des exactions des Grandes Compagnies, dignes émules des Anglais eux mêmes. Ces pillards, autrement dit Les Routiers, mercenaires issus des armées d’Henri II d’Angleterre vont jeter la désolation. Aguerris, très mobiles, étant à l’origine de nombreux ravages en France, ils se vengent à leur façon de leur employeur anglais qui omet de les payer. Une partie de ces hommes s’installe à Epernon, tente avec audace d’assiéger Chartres, en pure perte. Faute d’arriver à leurs fins, ils prennent le parti de piller les campagnes, là où la résistance manque. Pillages, viols, meurtres font partie de leur quotidien criminel, et ceci en toute impunité. La France subit un désordre tel que l’Anglais se croit maître du royaume face à l’impossibilité du trône de France d’assurer une résistance face à l’envahisseur. La Beauce et confins sont alors sous le joug à la fois des troupes royales anglaises, et des brigands sans foi ni loi.

1358 – La guerre de Cent ans n’est pas étrangère à ces désordres de toutes natures, impactant une population éprouvée face à tous ces raids meurtriers. Profitant de la situation, une jacquerie sous la conduite de Jacques Bonhomme élu par ses pairs les paysans et surnommé  » le souverain du plat pays  » est alors à la tête d’une bande certes hétéroclite de gens de la terre plus aptes à cultiver et pratiquement enrôlés de force pour prendre les armes. Ils saisissent l’occasiond’améliorer l’ordinaire car la disette pèse. Ce rassemblement discordant se répand un peu partout, notamment en Beauce, provoquant de gros dommages. Pourchassés par Charles de Navarre, puis Gaston de Foix, le roi des jacques sera arrêté par Charles le Mauvais, pendu , ou décapité ou sous la torture jusqu’à ce que mort s’en suive , sans que l’on sache réellement le sort qui lui appliqué.

# Mise en œuvre d’un fossé rempli d’eau autour de la Porte Guillaume pour tenter de décourager toute attaque anglaise.

1359 – Les Anglais s’emparent du château de Nogent-le-Rotrou.

8 mai 1360 – signature au château de Bretigny – stèle sur la route de Sours- entre Jean Le Bon et Edouard III d’Angleterre, du traité éponyme, décidant de la paix au  » terme  » de la Guerre de Cent ans, une guerre désastreuse pour la France. Trêve à défaut de traité qui permet, néanmoins, au roi Jean II, fait prisonnier à la bataille de Poitiers, de retrouver la liberté après quatre ans de captivité. Ce bâtiment de Brétigny était dénommé pompeusement château, alors même qu’il fut transformé par la suite en une grange. En fait, cette paix provisoire eut pour origine un événement climatique, puisqu’un orage terrible s’abattit sur la région, paraissant sortir, semble-t-il, des flèches de la cathédrale, impressionnant et tuant, dit-on, hommes et chevaux. Le monarque anglais fut effrayé par la violence de la tornade, si bien que sous le coup d’une vive émotion, et profondément croyant, avec la peur du jugement de Dieu, il tourna sa tête vers Chartres. Il jura d’accorder la paix qu’il avait refusé jusqu’alors. Au lendemain de cette paix en réalité fort symbolique, les terres de cette plaine furent, en mémoire de cet événement, affranchies de la dîme qu’elles payaient jusqu’alors, ceci jusqu’à la Révolution française, qui la supprimera définitivement. Ce traité fut dénommé Paix boiteuse et mal assise parce qu’elle avait été négociée par Biron, boiteux, et de Mesmes surnommé Mal-assis. Cette guerre de Cent ans, est en réalité une lutte de pouvoir entre deux sociétés seigneuriales, l’une vivant à Paris, l’autre à Londres, cette dernière usant de ce droit dans notre pays depuis 1154, prétendante au trône de France, et déjà fortement implantée en Normandie, tête de pont de tant d’incursions. Henri V réclamera la couronne de France en 1413. On estime que la guerre de Cent Ans a duré 138 ans s’achevant par la trêve de Picquigny (Somme) le 29 août 1475. Il faudra véritablement attendre 1904 avec l’Entente Cordiale pour voir les Français et Anglais amorcer un rapprochement. Certes, des mésententes apparaîtront mais elles seront mineures par rapport à la somme des ravages et guerres au long de l’histoire de la France, puisque celle-ci ne put jamais réellement en faire autant au Royaume-Uni. Restent les rivalités de moindre importance. A la suite du traité de Brétigny, Edouard III se rendit en la cathédrale de Chartres afin de vénérer Notre-Dame de ce demi-succès. Cette moitié de paix suspend les hostilités, ouvrant sur des perspectives malfaisantes et trop souvent permanentes. Des bandes se constituent au pied levé, suivant les opportunités. Le pays chartrain, en ce lendemain d’apparence, voit apparaître Anglais ou Godons comme ils étaient surnommés à cette époque De même, les Tard-Venus des mercenaires, composés de gens licenciés après le traité,, les Écorcheurs, autres aventuriers pour leur propre compte, issus pour certains des troupes anglaises, tout ce monde pille la région sans vergogne. Ces bandes jusqu’à plusieurs milliers de membres, et menées par des chefs qui ont servi durant la guerre de Cent Ans. C’est la plus complète anarchie dans le royaume de France. Les troupes du roi de France sont exsangues, et le fait que ces mercenaires quittent aussi bien les rangs français et anglais complique singulièrement la paix.

# Construction de chapelle Saint-Piat par Jean d’Ivry dit de l’œuvre, dernier maître d’œuvre travaillant sur la cathédrale. Sans doute mort avant 1382, marquant la disparition de l’appellation architecte au profit de maître-maçon.

# La peste revient. De nombreux morts chaque jour. Les hôpitaux ne désemplissent pas, et combattre le fléau est mission impossible eu égard à la méconnaissance médicale.

1363/1364 – Donation par Marie d’Angennes d’une maison de pierre” appelée la maison feu Rogier ” de Senonches, assize à Chartres au carrefour des rues ” du Four-Boèl et de la Croix-aux-Moines, ” pour y faire le presbytère et y bâtir l’église de Saint-Saturnin, laquelle était autrefois hors des murs de la ville à l’extrémité de la place des Épars, à l’encoignure de la rue de Bonneval actuelle Elle fut réédifiée en 1418 sur l’emplacement donné par Marie d’Angenne.

1366/1367 – Charles V, dit Charles Le Sage, roi de France de 1365 à 1380 vient à deux reprises, accomplir un pèlerinage pieds nus à Chartres.

24 mai 1367 – Importantes inondations en basse ville de Chartres en raison du débordement de la rivière Eure.

1369 – Assemblée des Etats Généraux à Chartres au cours de laquelle Charles V ordonne des mesures nécessitées par la situation critique du pays, et l’engagement d’une nouvelle guerre contre les Anglais. La paix n’est qu’une façade. L’armée royale comme l’armée anglaise n’entreprennent aucune initiative pour lutter contre les bandes hors-la-loi qui sèment la terreur dans tout le pays comme dans l’Eure et Loir d’alors. La situation est grave, le roi en est conscient.

1370 – Robert Knolles, chevalier anglais, menace Châteaudun. Pour l’éloigner, 500 écus d’or lui furent octroyés, fournis par le chevalier Guillaume de Messalant, et Guillaume Courcon, bourgeois de Châteaudun. Il est difficile de donner un équivalent euro aux monnaies d’or de plus en plus nombreuses au fil des années. Ci-dessus, monnaie d’or à titre d’exemple, parmi tant d’autres.

# Les troupes anglaises font fi des traités comme des trêves. Le traité de Bruges du 1 juillet 1375, les a vexés puisqu’ils ont perdu la Guyenne et Calais deux têtes de pont. L’armée royale relève la tête, la conquête du pouvoir s’étiole pour l’ennemi anglais, Duguesclin leur damant le pion. Un certain calme semble revenir en Beauce.

1374 – Toujours et encore la peste qui va s’installer durant deux ans. La région subit un sérieux contre-coup comme le royaume. Un tiers de la population a disparu.

1378 – Sur ordre de Charles V, démolition du château de Nogent-le-Roi, place forte, souvent rebelle. Par ailleurs, le roi fait raser aux 3/4 la châtellenie d’Anet à la mort de Louis de Navarre qui en avait hérité. Elle sera reconstruite au début du siècle suivant.

# Le comté de Dreux est réuni, par voie d’achat, au domaine royal.

26 février 1379 – Evêque de Chartres sous le pontificat de Grégoire XI le 27 janvier 1377, Ebles Duuy fit rebâtir à neuf le château de Pontgouin.

1380 – On apprend qu’une armée de 8,000 combattants, conduite par Thomas, dernier fils d’Edouard III, roi d’Angleterre, at débarqué à Calais avec pour but : traverser le centre de la France pour rejoindre Jean de Montfort en Bretagne. L’émoi est grand à Châteaudun. Le vicomte Guillaume de Craon et Guillaume de Chaumont, capitaine de la ville, s’adressent au roi de France, qui accorde 2 deniers par livres sur les Aides afin qu’on les employât à fortifier le château. L’armée anglaise entre en Beauce, séjourne à Toury, brûle le Puiset, mais en réalité ne fait que traverser le Dunois. Par contre, la ville sera la cible pendant les funestes querelles entre Armagnacs et Bourguignons.

# L’armure que portait comme dauphin de France, le futur Charles VI, a fait l’objet d’un don royal à la cathédrale de Chartres. Il s’agirait plutôt selon les spécialistes d’une brigandine à plaques, et tous les éléments de cette armure permettent de se rendre compte du travail accompli en ce XIVe siècle. Une époque où les seigneurs et chevaliers allaient à l’étranger pour trouver les meilleurs ouvriers. La raison pour laquelle Charles VI fit déposer les statuts de la profession d’armuriers ou heaumiers en 1409.

1387 – Gaucher de Chartres fait régner la terreur sur la pleine de Beauce, malgré la présence de gens d’armes pourvus d’arbalétriers. Pour autant il est obligé de se rendre à Voves, où il cédera tous ses biens suite à un accord avec l’Église.

# Cession par Jean de Rouvray, seigneur de Courtalain, à Guillaume de la Forge d’un courtil en la basse-cour de Courtalain, sous condition. Au cas où il adviendrait qu’il y aurait resguerre de gens d’armes sur le pays, malveillants ou royaume de France ou d’autres gens, ledit Guillaume aurait place au fort de Courtalain.

1388 – Epidémie de peste qui accable le pays chartrain et en particulier la cité beauceronne, entraînant dans la mort de très nombreux habitants.

# Siège de Chartres puis quatre ans plus tard, selon la bonne habitude.

1391 – Pose de la première pierre du château de Villebon grâce à Jeannet d’Estouville. Le château connaîtra les affres de la Guerre de Cent ans étant gravement endommagé par un incendie, et néanmoins reconstruit. L’édification en briques comme on peut l’admirer encore de nos jours, date de cette époque de même son pont-levis.

1394 – Concile assemblé à Chartres qui refuse de reconnaître le pape Pierre de Lune élu en Avignon le 28 septembre de la même année, reconnaissant uniquement Boniface IX. Charles VI s’était rendu quelque temps auparavant dans la cité beauceronne accompagné de Jean de Montaigu, nouvel évêque, et se fit porter, insigne honneur, par les députés de quatre barons dépendant de l’église de Chartres.

1395Chartres – La pointe du Clocher Vieux, fatiguée par l’usure du temps, est démolie en partie au dessous de la pomme, et reconstruite à neuf. L’année suivante, l’ensemble fut renforcé par des cercles de fer, assurant une meilleure solidité face aux intempéries. Il faudra attendre 1754 pour des réparations à la hauteur des attentes.

XVe siècle

En ce début du XVe naissance à Châteaudun de Simon de Phare, médecin et astrologue. A propos de ses origines dunoises, les avis semblent diverger même si certains historiens marquent une préférence pour la cité dunoise, comme ville natale, partant du principe qu’il aurait été élevé auprès des enfants de Jean, comte du Dunois, bâtard de Louis de France, duc d’Orléans.

# Originaire de Châteaudun, Florent de Villers, médecin, passe pour un astrologue réputé. Conseiller de Jean, comte de Dunois, et grand voyageur en Europe et Asie. Il se fixe à Lyon où il se marie, et fonde une bibliothèque. Il enseigne publiquement l’astrologie, tout en s’honorant d’avoir comme client Charles VII. Il est vrai qu’à cette époque, le métier d’astrologue était très prisé pour prédire l’avenir.

# Rien n’établit d’une façon formelle la naissance à Châteaudun de Pierre Cadier, compagnon bâtisseur et architecte, plus vraisemblablement dans la région dunoise. Il participe à la construction de l’aile droite du château de Châteaudun côté cour, ceci sos les ordres de François de Longueville.

1400 – Etienne de Plaisance, un Italien comme son nom ne l’indique pas, horloger de profession, ouvre une boutique à Chartres, une première en la cité beauceronne où il fabrique et vend de petites horloges pour les habitants.

# Décès à Auneau de Bureau de la Rivière, chambellan du roi Charles V. Une légende court au sujet de ce personnage dont on prétend qu’il serait à l’origine de l’arrivée de la salade en France. Parti pour négocier le mariage de Jeanne II de Boulogne et d’Auvergne avec le duc de Berry, ce met lui fut servi en Italie, et lui fut à nouveau proposé à Avignon sous la forme d’une romaine. Reste à démontrer le bien-fondé de cette histoire en forme de légende

# La tradition culinaire de l’époque, notamment dans la petite noblesse, consiste entre autres en un grand plat garni de bœuf ou de mouton ou de veau accompagné de lard, et d’un grand pot plein d’un  » brouet  » d’herbes cuites ayant la consistance d’une soupe aux légumes.

# Naissance à Poinville (Janville) de Charles d’Allonville dit Charlot, écuyer puis Grand Chambellan de France, capitaine de 100 lances, puis gouverneur de Montlhéry. Décès en 1479, inhumé en l’église de Poinville.

# Naissance à Chartres d’André des Freux ou Le Freux, théologien, secrétaire d’Ignace de Loyola. Connu à son époque pour être l’un des meilleurs spécialistes de l’étude des manuscrits anciens. Il s’éteint à Rome en 1556.

v.1401 – Naissance de Florent d’Illiers, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc à Orléans en 1429. Gouverneur de Chartres en 1460, il s’éteint un an plus tard.

1402 – Jehannet d’Estouville, écuyer et conseiller, reçoit en son château de Villebon, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, frère de Charles VI.

1404 – Charles III de Navarre, dit Charles III le Noble, homme de dialogue, cède au roi des France son comté d’Anet de même Evreux , abandonnant une sorte d’expansionnisme pour se consacrer à la Navarre.

1407 – Guillaume Barbou fondateur de la chapelle Saint-Sauveur de Chartres

1408 – Charles VI et Jean sans Peur signent la paix en la cathédrale de Chartres, en forme d’allégeance l’un à l’autre. On s’en doute, il y a une certaine forme d’hypocrisie. On se donne les moyens de l’apparence, histoire de démontrer un désir souverain à vouloir arrêter (ou suspendre) les hostilités.

9 mars 1409 – Sous la présence du dauphin Louis de France, duc de Guyenne (1397/1415), fils de Charles VI et Isabeau de Bavière, traité de Chartres entre Armagnacs et Bourguignons afin de faire cesser un conflit qui ravage la France alors en pleine guerre avec l’Angleterre. En la cathédrale de Chartres, se déroule une cérémonie importante où les fils du duc d’Orléans assassiné deux ans auparavant, furent contraints, en présence de Charles VI, de mettre leurs mains dans celles du meurtrier de leur père, Jean Sans Peur, réconciliation dont on peut se douter qu’elle ne fut qu’une façade. La signature du traité de paix semble mettre fin à ce conflit de territorialité entre des princes avides de pouvoir. En fait, il n’en sera rien, puisque la paix sera aussitôt rompue. Les hostilités repartent en 1410 et s’achèveront seulement en 1435. Cette  » réconciliation  » , dénommée Paix fourrée de Chartres, eut comme maître de cérémonie, un certain docteur Jean Petit, théologien audacieux, originaire de Normandie, ayant vécu des aumônes à la cour de Bourgogne, et peu à peu conseiller du duc de Bourgogne. Cet homme joua le jeu de la perfidie qui fit l’apologie de l’assassinat en douze arguments faisant référence aux douze apôtres, outrageant la mémoire du duc d’Orléans. Cette farce tragique se termina sans calmer en rien les esprits. La guerre reprit de plus belle, chacun voulant garder la main mise.

1410 à 1427 – La ville de Châteaudun, commandée par les capitaines, Jean de Couttes puis Florentin d’Illiers, fut en proie aux rivalités seigneuriales. Chartres, déjà sa rivale alors, est en ces quartiers, le principal boulevard des Bourguignons,alors que Châteaudun devient le point de ralliement des Armagnacs.

Avril 1411 – Bataille médiévale de Cloyes se déroule lors d’une trêve lors de la guerre dite de Cent ans. 800 brigands sont opposés à l’armée royale qui les anéantit et débarrassent le sol régional de ces soudards venant de tous horizons et sans doute déserteurs où à la lisière des armées régulières. Un succès peu convaincant dès lors que certains combattants ont pu se soustraire, et se regrouper.

# De 1411 à 1440, face à une recrudescence de l’insécurité, les populations terrifiées se réfugient souvent dans les églises, ou tâchent d’y mettre, en sûreté, leurs céréales, leurs biens les plus précieux. L’ennemi n’a cure de ces asiles censés être inviolables, se moquant de cette ferveur religieuse pour aller débusquer la population qui s’en remet à Dieu. Peine perdue. Ici les incendies , là le manque d’entretien, la pauvreté des populations rançonnées ou forcées d’interrompre la culture, autant de causes qui ne permettent ni de restaurer ou de bâtir pour tenter d’avoir une vie normale.

1412 – siège de Dreux, proche de la frontière normande et route des Anglais qui entendent s’arroger cette partie de territoire. La guerre de Cent ans continue être à l’origine de ses retombées néfastes où se mêlent quantité de combattants de tous bords. Cette même année, des gens d’armes de Châteaudun, sous la conduite du sire de Gaucourt, vont défier le comte de la Marche et ses alliés au Puiset et à Janville. puis mettent en déroute les Bourguignons à la Bazoche-Gouët et à Sancheville, du moins comme le racontent divers témoins de cette équipée punitive. Le retour des hommes dans le Dunois marque les esprits, si bien que fut décidé l’aménagement défensif de la cité dunoise, face aux convoitises dont la ville est l’objet. Ainsi fut passé un marché avec Simon Verneau, maître des engins du duc d’Orléans pour installer un canon appelé Coillart du nom d’un poudrier, placé devant l’église de Saint-André, lieu stratégique. Un maçon, Jean Cassetielle, fut chargé de la fourniture de toutes les pierres nécessaires pour les bombardes et canons du château.

1413 – Le comte de Vendôme(1376/1446),Louis 1er de Bourbon, seigneur de Chartres, d’Epernon, souverain maître de l’hôtel du roi Charles VII, fait ériger une chapelle en la cathédrale de Notre-Dame-de-Chartres, après le décès de sa mère, Catherine de Vendôme, survenu l’année précédente.

1414 – Naissance à Fresnay-le-Gilmert de Loys de Couttes qui va devenir page de Jeanne d’Arc quinze ans plus tard. Au cours de cette année, les troupes anglaises font de riches offrandes à Notre- de-Dame de Chartres pour se faire pardonner leurs incursions.

1415 – Un certain Pierre Cauchon est chanoine en la cathédrale de Chartres. Ayant bourlingué durant sa vie de religieux, il arrivera quelques années plus tard à Rouen et sera l’accusateur au procès de Jeanne d’Arc en 1431

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1415 -Une année humiliante pour l’armée française. Le 25 octobre se déroule à Azincourt (Pas-de-Calais) à trois cents kilomètres de Chartres une bataille mémorable avec une défaite qui l’est tout autant pour l’armée royale. Avec leur propre armée de soldats, des seigneurs beaucerons se battent avec la fierté de monter sur des destriers, hélas des montures qui ne vont pas servir à grand-chose. 50 000 soldats français se heurtent à 12 000 Anglais débarqués à Harfleur. L’une des plus grandes défaites pour la France dans son histoire. Les archers, en majorité gallois, équipés de grands arcs à longue portée, ravagent les chevaliers français auréolés de bannières, et se lançant impétueusement à la rencontre d’un barrage d’acier qui va les décimer. Guillaume de Prunelle, écuyer, seigneur d’Ouarville, conseiller et chambellan de Charles, duc d’Orléans y trouve notamment la mort. Fin de la chevalerie, les flèches prennent le pas sur le courage. La fine fleur de la chevalerie française est décimée, et les rares combattants qui peuvent encore brandir leurs épées, sont vite annihilés, blessés, prisonniers ou tués. Un tel souvenir cuisant dans le cœur de la France restera ancrée à jamais dans la mémoire nationale collective. La défaite ne rend que plus amer un pays ridiculisé, honorant néanmoins les années royales de la chevalerie et le courage que tous ces seigneurs ont déployé, en vain.

# Jehan Chevreau, originaire de Gien, écuyer de Pierre des Essars participe à cette bataille. Son maître est fait prisonnier. Dans la débandade française, il parvient à rejoindre courant novembre, le domicile de son maître à Sèche-Grenville près de Gallardon. Alors qu’il se trouve au Gué-de-Longroy, il rencontre dans une taverne, un couple qui prétend, profitant de son incrédulité, lui donner des nouvelles de son maître. En fait, ce sont des escrocs qui veulent essentiellement lui soutirer de l’argent. Voulant se venger d’avoir été ainsi soudoyé, Jehan recrute des complices croisés lors de ses beuveries afin détrousser la femme et l’homme qui l’ont agressé. C’est ce dernier qui est visé en priorité. Il est attiré dans un bois, et dépouillé de son jaseron, sorte de cotte de mailles et de ses effets. . Mais Jehan est reconnu par sa victime. Cette dernière en informe le guet, et Jehan est aussitôt arrêté, et jeté en prison à Chartres. Eu égard à ses états de service, il est gracié par le roi de France, Charles VI le Bien-Aimé. Jehan Chevreau serait mort en Eure et Loir où il se serait fixé, sans plus de précisions.

1417 – Les Bourguignons assiègent la forteresse de Bois-Ruffin qu’ils investissent. De leur côté, les Anglais, avec pour allié Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, assiègent et s’emparent de Chartres en septembre la ville est livrée par le gouverneur Jacqueville. Gallardon subit le même sort.

# Une occupation qui va durer jusqu’en 1432, date à laquelle la ville sera rendue au roi de France, Charles VII, grâce à la victoire sur les Anglais de Michel de Champrond, cousin du précédent, et fin stratège.

# Jean de Champrond, descendant de cette famille chartraine fort implantée, et écuyer du duc de Nemours, est tué lors du siège de Chartres.

# Exécution à Chartres d’Heylion de Jacqueville, homme sanguinaire, et personnage sans scrupules.Gouverneur de Chartres, nommé par Jean Sans Peur, duc de Bourgogne , il reprocha aux Chartrains d’être Armagnacs, il les rançonna, les pilla, et fit violer leurs femmes y donnant beaucoup de lui-même pour participer à cette cruelle orgie.

1418 – Prise du château de Châteauneuf-en-Thymerais par Richard de Beauchamp, 13 ème comte de Warwick. Henri V d’Angleterre en fait assurer la garde et la défense à l’un de ses lieutenants, de même celle deGallardon forteresse prise sans coup férir.

1419 – La paix dite de Chartres vit ses derniers instants. Les escarmouches entre les troupes dite d’occupation (Anglais, Bourguignons et mercenaires) s’en prennent à l’armée royale comme aux seigneurs qui font front en leurs qualités de vassal du roi de France. Une lutte incessante.

Durant l’hiver très rigoureux de 1420 – aux horreurs de la guerre, s’ajoute la famine qui atteint la population. « Le pauvre peuple, raconte un chroniqueur, eut tant à souffrir de faim et de froid, que nul ne le sait que Dieu » Heureusement le Dunois, à coeur vaillant, décide de résister à ces intrusions, et répondent du tac au tac, surtout qu’une nombreuse armée de volontaires s’est recomposée malgré ces accrochages incessants.Celle-ci met en fuite la garnison de la Ferté-Villeneuil, et font prisonniers le reste, et se portent sur Bois-Ruffin, une place forte détenue par les Bourguignons, qui cède à son tour face à une armée déterminée. – L’abbaye de Saint-Florentin à Bonneval n’en finit pas d’attirer les convoitises d’assaillants peu scrupuleux, avides de supposées richesses., et l’incendient ensuite.-

1421 – siège de Dreux, en lisière de la frontière normande, donc sur la route des Anglais. Le dauphin, futur Charles VII reprend Chartres, mais dans le même temps les Anglais se vengent, et se portent sur d’autres places fortes notamment sur Gallardon considéré comme pierre angulaire stratégique. Hélas, le roi de France ne peut être partout, et comme l’ennemi est presque comme chez lui, le déloger n’est pas si évident. Les Français, sous le commandement du maréchal Boucicaut, reprennent la forteresse de Bois-Ruffin, le 14 juin après huit jours de siège.Dans la foulée, les troupes royales marchent sur Beaumont le Vidame, défendu par le chevalier de Talmont allié des Anglais lequel se rend au bout de trois jours. Le nouveau gouverneur fait saisir deux muids de blé (environ 2m3) dans les greniers de la veuve de Jean de Sancerre, bourgeois d’Orléans, et intime aux boulangers l’ordre pressant de cuire du pain pour la  « nécessité et besoing qui estoit d’avoir pain en l’ost de M. le Régent (Le Dauphin) qui est devant Beaumont le Vidame. D’après l’abbé Charles, le Dauphin se trouvait alors à Frazé, autre place forte. Un don sera octroyé par les habitants de Châteaudun à Alain le Barbier, écuyer de M. de Marcilly, et à Jean Geoffroy, trompette de M. le maréchal, pour le siège accompli de Bois-Ruffin, de 20 livres, et s’être donné la peine d’avoir fait vider les gens d’armes qui détruisaient tout le pays et emblaient le bétail et le vendaient.

# Du 23 au 29 juin , le futur Charles VII, à la tête de troupes françaises et écossaises, fait le siège du château de Gallardon occupé par les Bourguignons. La forteresse est en partie détruite, suivi d’un massacre qui se transforma en une énorme boucherie. La tour du château est alors minée par les assaillants. A nouveau, Gallardon et son château seront à nouveau la proie en 1443 des soldats du Dunois. Cette forteresse eut à souffrir de la révolte continuelle des seigneurs pour la prendre ou la reprendre, eu égard à son positionnement. Sa destruction calmera les esprits à l’approche de la moitié du siècle en question.

# Les troupes anglaises, malgré quelques revers, se montrent toujours présentes. Le château de Nogent-le-Roi est pris par Henri V, roi d’Angleterre.

1422 – Charles VII, surnommé alors  » le roi de Bourges  » monte le 21 octobre sur le trône de France à la mort de son père Charles VI le Fou. A défaut de pouvoir régner à Paris ou au plus près, ce refuge sauve la mise, et lui permet de régner sur la maigre partie du territoire restant française.

8 avril 1423 – Alors que Bourguignons et Anglais reviennent assiéger Châteaudun et mis en déroute par l’armée royale. Charles VII ordonne de poursuivre l’Anglais alors éloigné de ses bases, l’affronte avec succès à Marchenoir puis remonte sur Montfort l’Amaury qui est prise par le roi. Hélas, les Anglais et leurs alliés ayant pratiqué systématiquement la politique de la terre brûlée, tout est à reconstruire. L’armée royale aide la population à se remettre de tant de désordres. Une façon de reconquérir la confiance des sujets du royaume.

1424 – Nombreux ont été les prisonniers. Les rançons font partie de l’arsenal guerrier en fixant le prix à payer pour leur liberté, comme ce libellé l’indique  » Obligation par Colin Lemoine de 17 écus d’or pour sa rançon, sauf-conduit et despens de 15 jours qu’il a faiz comme prisonnier des Bourguignons à Chartres. Thevenin Moreau, prisonnier de Guillaume Chambre, capitaine du lieu d’Yesmes pour les Anglais. – Engagement pour 40 écus d’or de 12 cueillers d’argent dont deux sont accouples ; une éguière à deux petits biberons couverte d’argent; deux choppines d’argent; deux gobbelez d’argent; trois boillons assez grands pour mettre en madré ; deux piez de madrés avec les deux brins, dont l’un des brins est ouvré à tourelles d’argent autour d’icellui brin. – Rançon de 75 écus d’or pour Colin de la Rivière, écuyer, prisonnier des Bourguignons à Chartres. – Testament d’Olivier de Mauny, seigneur de Thorigny en l’évêché de Bayeux, par lequel il ordonne que “ certaine croix et image de sainte Katherine qui étaient de la chapelle de Thorigné, appartenant ladite chapelle à feu son aïeul, qui furent prises et vendues pour payer sa rançon aux Anglais quant il fut pris prisonnier, soient rendues et refaites de et sur sa vaisselle d’argent.  »

17 août 1424 –Le futur Charles VII qui sera couronné cinq ans plus tard, est persuadé d’avoir défait l’Anglais. Que nenni,il se trompe, comme en témoigne cette journée qui va s’avérer néfaste pour les armées royales. Le roi est défait par les Anglais à Verneuil-sur-Avre, à proximité du château de Charnelles, à quelques encablures de Verneuil-sur-Avre. Les forces anglaises, évaluées à 14 000 soldats dont leurs archers à la précision redoutable, clouent au sol l’armée royale forte de 18 000 combattants dont 7000 Ecossais. La bataille dura seulement une heure. Une défaite consommée.

1425 – Accord entre Blanchet d’Estouteville, seigneur de Villebon, et Hue de Prés, bailli de Chartres, capitaine dudit même château, par lequel accord il est convenu que ladite forteresse et châtel de Villebon étant petitement envitaillée et comme en partie perdue et inhabitable, sera icelle forteresse simplement gardée par les gens dudit Hue sans y faire guerre, et ledict Hue ne mettra en ladite place aucuns gens qui maignent guerre sur les gens et alliez du Roy ne ou pays de son obéissance.

1426Nogent-le-Rotrou est reprise par les Anglais alors que Chartres et son évêque reconnaissent le traité de Troyes (21 mai 1420) qui consacre la suprématie anglaise.

# La Bazoche-Goüet est occupée par les Anglais qui envahissent le Perche, procédant à de nombreuses destructions de châteaux.

1427 – Un armistice est conclu entre le prince Louis d’Orléans et les Anglais :Bois Ruffin y figure avec Montigny et Courtalain au nombre des forteresses importantes de la contrée.

# Nogent -le-Roi est prise par Giraud de la Pallière au nom de Charles VII et dont il est l’écuyer et qui recoit le commandement du château de Nogent-le-Rotrou.

Juillet 1428 – Le comte de Salisbury, Thomas Montaigu, venu d’Angleterre, entre en campagne, et se range sous l’obéissance du roi d’Angleterre, Henri V. Celui-ci vise ni plus ni moins le trône de France. La résistance est désespérée « aucunes meschantes places que tenoient ses adversaires ». Avec 1800 archers, Salisbury explore d’abord le terrain entre Dreux et Chartres. La première ville prise, d’après tous les historiens,est Nogent-le-Roi, qui est incendiée, suivie bientôt des conquêtes de Rambouillet, Brethencourt, Rochefort, Châteauneur-en-Thimerais et Courville. Par contre, Yenville (Janville) résiste. Le comte ordonne de bombarder intensément la cité dans la soirée du 29 août 1428. Ses troupes donnent l’assaut final. La place et le château se rendent aux Anglais. Salisbury décide de rançonner les assiégés, déclarant leur ville comme prise d’assaut. Chaque combattant s’il veut retrouver la liberté devra verser une somme importante pour sa libération. Pour sa part, le comte eut sa part du gâteau : 13 livres 6 sols 8 deniers tournois lui furent octroyés pour sa part sur 9 prisonniers. Non contents des rançons, les vainqueurs crurent bon procéder au pillage et à l’incendie de la cité. Les papiers du receveur et du contrôleur du grenier à sel furent dispersés ou brûlés. Puis, Janville devint pour un temps le siège de l’armée anglaise, le lieu de concentration et d’approvisionnement. Les Anglais vont se porter ensuite sur le château de Nogent-le-Rotrou, contraint à son tour de céder. L’héroïsme comme le sens du devoir du capitaine La Pallière, un Gascon, proche de Charles VII ne suffisent pas pour sauver cet emplacement stratégique dans la configuration royale. Il doit capituler, et s’enfuira pour éviter d’accentuer l’humiliation qu’il vient de subir.


Du 20 au 28 août 1428, 191 hommes d’armes et 545 hommes de trait (archers et arbalétriers) y font leurs revues, et d’autres encore les jours suivants, se pavanant dans la cité nogentaise, et obligeant les habitants à se rendre à ses manifestations de victoire. Un neveu de Salisbury, le capitaine Richard Grey, en prend le commandement.Il trouvera la mort le 3 mai 1429 au siège d’Orléans. Salisbury dans une fameuse lettre écrite au Maire et aux Aldermen de Londres, et datée de Janville le 5 septembre 1428, rapporte qu’il s’approcha plusieurs fois de la ville, il s’empara « de Yenville par le plus fort assaut qu’il vit jamais ». 

Décembre 1428 – Salisbury se porte ensuite sur Nogent-le-Roy, sur la route de la Normandie, une forteresse stratégique. Le siège fut écourté, les Nogentais comme la garnison du château préférant se rendre. Ils font serment d’obéissance aux Anglais. Certaines indiscrétions de l’histoire prétendent que les hommes d’armes auraient été passés au fil de l’épée, mais rien n’est moins sûr. Il est vrai que les combattants aiment assez trancher dans le vif, histoire de démontrer leur suprématie.

12 février 1429 – L’armée royale du roi de Bourges est prise dans un étau. Orléans, commandé par Dunois subit le blocus des Anglais qui, confrontent les assiégés à des problèmes de nourriture. L’idée d’attaquer un convoi de vivres(harengs) se dirigeant sur Orléans, et conduit par John Falstaff, destiné à ravitailler les troupes anglaises qui font le siège de la ville. En plein Carême, les Français vont alors vouloir s’en emparer . L’engagement a lieu à Rouvray-Saint-Denis (Janville), mais les Anglais résistent à l’abri de leurs chariots, ne perdant que quelques barils d’harengs défoncés par les boulets. D’où la  » Journée des harengs  ». Une défaite comparable à un petit Azincourt, puisque de nombreux nobles comme , Guillaume d’Albret, fils de Charles 1er d’Albret, tué à la bataille d’Azincourt, y trouve la mort. Plus de 400 de leurs compagnons sont tués. Dunois et Gilbert Motier de Lafayette sont blessés. Cette bataille suscite une grande émotion dans nombre de provinces du royaume. ‘’ Hareng qui soit maudit d’avoir ainsi perdu la bataille. ‘’

Mai 1431 – En rapport indirect avec le sort de la Pucelle, un fait curieux mérite d’être conté, concernant un dignitaire ecclésiastique présent un temps à Chartres. Nicolas Loyseleur a été chanoine en la cathédrale puis à celle de Rouen. Selon la légende, il aurait voulu sauver Jeanne d’Arc, l’assurant être de son parti, qu’il était pour le royaume de Charles VII de même pour la France. A l’instant où Jeanne était condamnée, et allait être brûlée, il se serait jeté aux pieds de celle-ci. Cette attitude n’eut pas l’heur de plaire aux Anglais qui le bannirent.Il sera surnommé Le Judas de la passion de Jeanne d’Arc.

12 avril 1432 – Alors que l’occupation par les troupes anglaises a déjà conduit à un incendie qui détruit plusieurs dizaines de maisons à l’intérieur de la cité beauceronne, le comte Jean de Dunois, avec l’aide de Michel de Champrond, fin stratège, avec 4000 hommes, en profite tenter d’investir Chartres pour chasser les Anglais. Deux marchands, Guillaume Bouffineau et Jean Lesieur, permettent aux troupes du roi de France de pénétrer par ruse dans l’enceinte de la ville. Marchands de sel à Chartres, ils furent, à leur époque, considérés comme des héros ayant favorisé l’entrée dans la cité beauceronne aux troupes de Charles VII, alors occupée par les Anglais. . Après s’être abouché des deux hommes en question, il peut alors avec ses fidèles lieutenants, Florent d’Illiers, Lahire, Gaucourt, d’Estouville et Villebon, répartir ses effectifs sur un vaste champ opérationnel pour assurer la prise de Chartres. Pour impressionner aussi. Des escarmouches vont avoir lieu sans grande conséquence. Pendant ce temps, avec chariots et vivres tirés par des bovins, les deux habiles marchands aussi audacieux que rusés, se présentent à une porte de la ville connue pour être un point faible du dispositif anglais. Les habitants affamés se manifestent, et intercèdent auprès des gardes pour qu’ils ouvrent les portes. Enfin le pont-levis est levé. A ce moment, les deux marchands ont l’idée de bloquer l’entrée. Une confusion s’en suit qui profite à l’avant garde de Dunois qui se rue sur les gardes médusés qui ne peuvent offrir aucune résistance face au nombre d’assaillants qui bénéficient de l’effet de surprise. Un massagre en règle va s’en suivre, et l’armée royale investit la ville sans encombre si bien que la bannière royale est rapidement plantée devant le portail de Notre-Dame-de-Chartres. La déroute anglaise s’en suit. Bouffineau est alors, et nommé, par lettres patentes, contrôleur du grenier à sel de Chartres. L’évêque Jean de Fretigny, bien qu’armé, et résolu à se battreest tué devant la cathédrale. La ville est soumise à un pillage en règle.  » Le païs est tout en buisson et espines  » rapportent les chroniqueurs de l’époque. De nombreux occupants anglais seront exécutés. Le bailli Gilles de Laubespine est mis en fuite. Le peuple applaudit l’entrée des Armagnacs – parti de Louis, duc d’Orléans,  »amant  » de la reine Isabeau de Bavière – en criant La Paix ! Ville gagnée !.

1433 – Charles VII autorise la circulation des tonneaux sur la rivière Eure. En juillet de cette même année, des partisans du duc de Bourgogne tentent vainement de s’emparer de Chartres. Le principal meneur, Guillaume de Languedoue est capturé et condamné à la prison perpétuelle. Au préalable, il avait été exposé en haut d’une échelle qui avait été planté dans le cloître, vis-à-vis de la porte de l’évêché.

1437 – La ville de Chartres met en place la Compagnie des Arbalétriers du Vidame de Chartres qu’elle paie 13 livres tournois pour assurer la garde et le jeu de l’arbalète. En 1538, la compagnie comptait des maîtres et des compagnons,à qui on donna quatre écus sols et un tiers pour l’entretien des buttes et exercices du jeu. En 1625, l’arquebuse à mèche remplace l’arbalète, et en 1639, le mousquet fut substitué à l’arquebuse. Toujours en 1625, la ville acheta un jardin assis hors la porte Châtelet, moyennant 600 livres, pour la dite compagnie pour ses exercices.

1438 – Une pandémie récurrente comme celle de la peste sévit d’une façon cyclique autant dans le royaume qu’à Chartres.

# Naissance à Fresnay l’Evêque de Gilles des Ormes, poète et trouvère.Proche du prince-poète Charles d’Orléans, frère de Charles VI, roi de France, il est élevé ‘’ écuyer-tranchant’’ (Garde l’étendard). Cette reconnaissance l’amène également à recevoir la charge de Maître des Eaux et Forêts d’Orléans. Connu également pour être l’auteur de Ballades, Rondeaux et Chansons dans la plus pure des traditions qui ont marqué le Moyen-Age où l’amour respectueux porté aux dames en constitue le thème majeur. Le poète se substitue au chevalier pour évoquer le tourment amoureux qui l’assaille, symbolisant une sorte de frustration voulue en raison du respect conféré à la dame. Dans la tradition pétrarquiste dont Gilles des Ormes, en fin transcripteur, traduit cette forme de lyrisme amoureux sous le nom de ‘’ fontaine tarie ‘’. Gilles des Ormes l’évoque sous le vocable de ‘’ Je meurs de soif auprès de la fontaine ‘’ pour démontrer le respect du poète rêveur. – Un édit royal serait à l’origine de la création ou de la confirmation de la foire de la Saint-André à Chartres y compris le commerce des bestiaux.

1439 – Charles VII fait don à son demi-frère (?) Jean de Dunois, bâtard d’Orléans du château de Châteaudun. , en récompense de sa fidélité à Jeanne d’Arc, Le nouveau propriétaire donnera au château l’apparence de celle que l’on connaît de nos jours.

1441Chartres ravagé sans cesse par les guerres, ne connaît guère de répit. La navigation marchande sur l’Eure suite à des dégradations et incendies s’avère un enjeu économique et politique très important. Pierre Béchebien, médecin du roi et prévôt de Normandie, élu au chapitre, est un propriétaire immobilier d’envergure, notamment avec l’acquisition de la maison des Trois Rois, rue des Changes. Représentant du commerce chartrain ,il obtient deux ans plus tard, de creuser la rivière pour améliorer la navigation commerciale. Des travaux entrepris avec diligence permettent pour partie d’utiliser le cours d’eau. –

# Retour en l’abbaye de Coulombs (Nogent-le-Roi) de la relique contenant le prépuce du Christ issu de sa circoncision, rendu par les Anglais, à contre-coeur. Une seule idée, le récupérer, un jour ou l’autre. En 1444, la relique sera présentée à Notre-Dame-de-Paris dans le but de recueillir des subsides pour l’entretien de l’abbaye.

1442 – Charles VII accorde le droit de canaliser l’Eure de Chartres à Nogent-le-Roi, avec droits de passage (péages). Des lettres patentes (1443) autorisent  » bourgeois et manans  » à creuser et à approfondir la rivière de façon à faciliter la navigation des bateaux et leurs marchandises, surtout assurer le passage du bled (blé). Un port est aménagé à hauteur de l’actuelle collégiale Saint-André. On échange le blé et le vin contre des harengs, du sel, du plâtre, tout ce qui peut contribuer au quotidien d’une cité –

# Le Dunois, compagnon de Jeanne d’Arc, fait sauter le château de Gallardon pour qu’il ne puisse servir aux Anglais, après les avoir délogés. De ce château restera visible un pan du donjon haut de 38,40 mètres, de 4,50 mètres d’épaisseur, 18 mètres de diamètre extérieur connu de nos jours sous le nom de l’Epaule de Gallardon, dénommée également l’Epaule de mouton.

# François de Surienne dit l’Aragonais, aventurier au sein d’une vie mouvementée où il a retourné souvent sa veste pour uniquement tirer profit, vend aux Français le château de Gallardon pour la somme de 11 000 saluts d’or. Cette monnaie avait été émise par Henri VI, roi de France et d’Angeterre. Une valeur approximative de plus de quatre millions d’euros. S’il avait fallu, il aurait vendu son âme à Dieu. Pourtant, il eut l’insigne honneur dêtre distingué dans l’Ordre de la Jarretière. A noter, qu’il fut, un temps , bailli de Chartres durant l’occupation anglaise.

1443 – Jean de Vendôme, vidame de Chartres, propriétaire du château de Meslay-le-Vidame se marie en la cité beauceronne avec Catherine de Thouars, ex-femme de Gilles de Rais, exécuté deux ans auparavant. –

# Cette même année, le cours de l’Eure reçoit un nouvel aménagement au long de son cours menant de Chartres à Rouen, par système de vannes régulant le cours .

# Dunois s’empare de Gallardon, théâtre incessant de combats, de destructions. Les remparts ne sont plus que fantômes.

1444 – Charles VII donne à Pierre de Brézé la châtellerie d’Anet, en récompense de sa contribution à aider le roi à chasser les Anglais de l’ensemble de la province, y compris le Perche.

Chasse protégeant…le prépuce du Christ

1446 – Les premiers bateaux chargés de tonneaux de vin descendent l’Eure de Nogent-le-Roi à la Seine. Fort nombreux sont les problèmes liés à des litiges au niveau des péages. Les affrontements sont légions. Charles VII intervient pour faire cesser ces droits de passage iniques ce que les seigneurs contestent estimant qu’il s’agit de droits acquis depuis plusieurs siècles. Un procès qui va durer 40 ans sur des conflits incessants où obstructions sur la rivière, bagarres et autres vont se succéder.

1448 – Florent d’Illiers, autre compagnon de Jeanne d’Arc et Jehan Dunois font l’acquisition du château de Chantemesle, situé à proximité de Logron.

Août 1449 – Visite de trois jours de Charles VII au château de Châteauneuf (en-Thymerais). – Projet d’un canal pour réunir le Loir et l’Eure.

# Cette même, il fait incendier le château de Nogent-le-Rotrou, se montrant dans l’incapacité de pouvoir le défendre.

1451 – On établit à Chartres le jeu de l’arbaleste, un exercice réservé aux vidamiers, autrement dit une compagnie d’archers. Cet exercice était en réalité un jeu concours avec un prix décerné à celui qui abattrait l’oiseau planté sur le haut de la Tour du Vidame. Cette tour était une maison-forte située proche de l’Hostel Episcopal joignant l’église Notre-Dame, et où résidait le Vidame de Chartres.

1453 – Les Anglais sont définitivement chassés de France. Pays chartrain et Beauce vont connaître une vie relativement tranquille durant deux siècles, tout du moins sur le plan des invasions.

Milieu XVe siècle – Naissance à Chartres de Jean de Chartres, de son vrai nom Jean Guillaumet, sculpteur et imagier, dont l’essentiel de l’œuvre se retrouve dans la cathédrale de Nantes. Notamment le tombeau de François II de Bretagne –

# Sans que la date soit éclairement établie, mise en œuvre des fresques de Meslay-le-Grenet, (Illiers-Combray) mettant en lumière la Danse Macabre ou Ronde de la Mort, un tableau saisissant classant les personnages du plus puissant au plus humble. La représentation est fondée sur le thème de la rencontre des Trois Vifs et des Trois Morts. La paroisse de Pézy, canton de Voves, propriétaire des reliques de Saint-Taurin, redoutant que les Anglais s’en emparent, décident de transférer le précieux bien à Notre-Dame-de-Chartres qui oublia, malgré les réclamations, de leur rendre.

1462 – Incendie de plusieurs maisons du côté de l’église Sainte-Foy (Chartres)

1454 – Le chapitre cathédral de Chartres remet en exploitation les sites miniers de la forêt de Senonches, ce qui en quelque sorte relance l’industrie métallurgique au long de l’Eure. En effet, l’agriculture réclame tout ce qui contribue à labourer. L’utilisation du fer croit en demande, sans oublier l’évolution de l’armement, artillerie et armurerie qui se développent d’une façon rapide.

1457 – Décès à Chartres de Thibaut d’Armagnac, un des fidèles de Jeanne d’Arc, capitaine de Dreux en 1444, puis grand bailli de Chartres et du pays chartrain jusqu’à sa mort.

1459 – Emeute entre Maintenon et Nogent-le-Roi à propos de l’utilisation de l’Eure. Des échauffourées laissent de nombreux morts et blessés sur le carreau, entre les tenants de l’exploitation et du halage des bateaux, et ceux-là même qui veulent remettre en question l’utilisation au long du cours de l’Eure. La cherté et le nombre de péages exponentiels considérés comme des rançons sont fort mal accueillis par les utilisateurs du cours d’eau. L’intervention royale à faire cesser ces droits n’arrive pas à faire entendre raison à des seigneurs peu enclins à obéir.

1460 – Pierre de Brézé fait reconstruire le château de Nogent-le-Roi grâce à une contribution financière de Charles VII.

# Antoine Brumel peut-être né à Brunelles (Nogent-le-Rotrou) sans certitude pour autant. Il se forgea une grande notoriété à la Renaissance comme compositeur appartenant à l’école franco-flamande. Après avoir été chantre dans les choeurs en la cathédrale de Chartres, il parcourut la France. Auteur de nombreuses messes, influencé par la musique italienne, de même des chansons profanes. Mort v.1520.

1461 – Décès à Chartres de Florent d’Illiers proche de Jeanne d’Arc, se montrant intraitable face aux Anglais qu’il boute hors de Chartres. Usant de certaines connaissances dont il jouissait à l’intérieur de la cité beauceronne, il fit introduire un espion à l’insu des Anglais et l’une des portes de la ville lui fut ouverte. Chartres libéré, il descendit avec ses troupes sur la Beauce, le Perche, volant de succès en succès. En 1460, il fut nommé gouverneur et bailli de Chartres. Venant d’apprendre la mort de Charles VII qu’il vénérait, il rend le dernier soupir, après avoir déclaré  » il luy eust été difficile de survivre à un tel maistre, qu’on peut dire avoir esté l’un des plus reconnaissans comme il fut un des plus victorieux roys de cette monarchie. » .

1462 – Un nouvel incendie endeuille la cité beauceronne qui s’apprête à accueillir le nouveau roi de France Louis XI. Les festivités ne sont pas annulées pour autant, la population avec l’aide des autorités municipales, étant parvenue à en limiter la portée.

# Une ordonnance de Louis XI abolit les droits de péage mis en œuvre par les propriétaires riverains s’arrogeant la rivière comme étant leur seule possession. A l’évidence, la décision fut bien perçue par les mariniers car au long de son cours, l’Eure est souvent confrontée à des affrontements meurtriers. Entre ceux qui défendaient leurs biens, et ceux qui voulaient les utiliser à moindre coût. Cette ordonnance sera hélas bafouée à de nombreuses reprises, laissant désolation au long de la rivière car les coûts de reconstruction de certains  » ports  » deviennent prohibitifs. Quarante années plus tard, la rivière n’est plus qu’un cours d’eau banal, sans utilisation potentielle en raison de l’absence de capitaux. Les commerçants chartrains doivent se résoudre à faire appel à d’autres transporteurs, notamment ceux évoluant sur la Seine. La nécessité de commercer au-delà de la Beauce, synonyme de rentabilité, s’imposant, malgré l’augmentation des coûts de transport.

1463 – Louis XI se rend à Nogent-le-Roi, puis se dirige sur Alluyes. L’année suivante sur le chemin de la Loire, accompagné de son épouse et toute sa cour, il se voit contraint de s’arrêter à nouveau dans la cité nogentaise.

# 23 avril , naissance de Jeanne de France au château de Nogent-le-Roi, fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. Petite, mal bâtie, à 12 ans, elle est unie, pour raisons d’Etat, son cousin Louis II d’Orléans, 13 ans contre la volonté de ce dernier qui avait récusé cette épouse chétive. Devenu roi de France sous le nom de Louis XII en 1498, il s’empresse de faire annuler son mariage, et d’épouse la séduisante et riche Anne de Bretagne. – Les changeurs chartrains possèdent 22 tables établies rue des Changes pour faciliter les transactions de monnaies comme les achats.

1464 – Décès de Marie d’Harcourt, son cœur ayant été placé dans une chasse en la chapelle du château de Châteaudun. Elle était l’épouse de Jean d’Orléans, comte de Dunois, non sans avoir connu une rivalité avec Ertard de Montargis pour obtenir la main de la belle dame de Parthenay. Une lutte sans merci entre les deux hommes dont le premier épisode fut gagné par Dunois lors d’un tournoi. Vexé, le vaincu se venge en enlevant la jeune fille. Ce n’est qu’un répit, car Dunois le poursuit et le tue dans un nouvel affrontement, armes à la main. Le mariage aura lieu en 1439, le couple vivant en alternance entre Beaugency et Châteaudun.

16 juillet 1465 – Pierre de Brézé, grand sénéchal de Normandie, seigneur d’Anet et proche du roi, est tué à la bataille de Montlhéry. Ce même jour, Louis XI et la cour viennent séjourner au château de Levesville appartenant aux seigneurs d’Allonville, pour prendre du prendre du repos après la bataille.

A partir de 1467 – Louis XI viendra chaque année à Chartres. Entre-temps le 30 octobre, ayant craint pour sa vie alors qu’il se trouvait au siège de Liège, le roi fait porter deux cierges en l’église Saint-Père, pour les faire placer devant les images de Saint-Pierre et Saint-Paul, afin qu’une messe soit célébrée pour la prospérité du roi.

1468 – Edification de la sainte-Chapelle attenante au château de Châteaudun à une époque où seul le pape donnait son autorisation à ce genre de construction adossée à un château. Pour obtenir une dérogation, il fallait disposer d’une relique issue de la passion du Christ. Le Dunois étant possesseur d’un morceau de la Sainte-Croix ramené par Saint-Louis, se vit confirmer la garde du précieux sésame, donc la dérogation papale. La Révolution se chargea de faire disparaître cette relique qui ne fut jamais retrouvée.

1470 – construction dans le château de Châteaudun de l’escalier gothique flamboyant français, un style élancé qui singularise cette période riche et exubérante qui fut initiée dès 1350.

1473 – Des moulins à papier et des moulins à eau commencent à fleurir au long du cours de l’Eure et entre Chartres et Nogent-le-Roi.

1475 – Grave épidémie de peste à Chartres et la campagne beauceronne et perchoise. –

1476 – Nouvelle épidémie de peste associée à la famine en raison de mauvaises récoltes, des conditions climatiques déplorables qui n’ont fait qu’accentuer les risques de propagation de cette pandémie contre laquelle les moyens de lutte sont dérisoires.

Le 3 juin 1475 – Jacques de Brézé surprend sa femmme Charlotte de France, fille naturelle de Charles VII et Agnès Sorel, en délit d’adultère, et latued’un coup d’épée alors qu’elle batifolait à la Ferme de la Couronne à Rouvres, avec Pierre de Lavergne, écuyer, et trucidé du même coup. Il la fit transporter en l’abbaye de Coulombs où elle fut inhumée.

Au début de l’année 1478, après la mort de son vieil et  » cher  » ennemi, en la personne de Charles Le Téméraire, disparition survenue le 5 janvier 1477, Louis XI envoie une lettre aux  » chers et bien-amés  » habitants de Chartres pour leur expliquer que s’il demande un blanc-seing sous forme d’un effort financier,  » c’est pour réunir, remettre et réduire à la couronne  » la Flandre, l’Artois et le Bourgogne. Il leur promet de les rembourser au plus vite décision qu’il prendrasur son lit de mort (1482). De toutes façons, toute idée de se soustraire à ce  » prêt  » était assimilé à un refus devant l’autorité royale.

1479 – naissance à Dreux de Claude 1er Métezeau, architecte, qui s’éteint en cette même ville en 1555 qui ouvre la lignée des célèbres architectes du nom qui ont contribué à la notoriété de la ville.

décembre 1480 – Grosses chutes de neige puis inondations.

2 septembre 1481 – Jacques de Brézé est condamné à une amende de cent mille écus d’or envers le roi pour avoir tué sa femme. Pour payer cette gigantesque amende, il dut se résoudre à céder toutes ses terres, par acte passé à Tours devant notaire le 5 octobre de cette même année.

A partir de 1482 – Construction du château de Courtalain, dans la tradition des châteaux de la Loire, par Guillaume d’Avaugour, propriétaire avec son frère Louis, du château de Bois-Ruffin (Arrou).A l’origine, il s’agissait d’un château féodal à pente forte.

1482 – L’imprimerie – inventée par Gutenberg en 1450 – fait son entrée à Chartres et s’installe à la maison canoniale grâce au chanoine Pierre Plumé. Ce dernier fait appel à l’éditeur parisien Jean Dupré pour faire imprimer un missel, premier ouvrage jamais mis en oeuvre à Chartres. La maison Plumé sera démolie après avoir été transformée en maison de bienfaisance.

1484 Châteaudun – la peste commence ses ravages fin juin, monte en intensité pendant le mois de juillet et dure jusqu’en novembre où elle disparait tout à fait. La mortalité fut considérable pendant ces quelques mois : le nombre des décès qui était en moyenne de 24 par an atteignit eu cette année le chiffre de 99.

1485 – Premier pèlerinage à Chartres de Charles VIII dit l’Affable, roi de France 1480/1498. Il est alors âgé de 15 ans, et roi de France depuis trois ans.

14 août 1494 – Jacques de Brézé meurt en son château de Nogent-le-Roy. Dix ans plutôt, il s’était pourvu devant le Parlement et rétabli dans tous ses droits. –

# En cette fin de XVe siècle, les évêques de Chartres établissent leur territoire. Ils avaient pour emblème la chemisette dite  » chemise de la Vierge  ». Des bornes délimiteront le territoire en question sous le nom de  » bornes de l’évêque  » à partir de 1700, en accord avec le duc de Noailles important propriétaire régional. Il en existe encore six du côté de Théléville, leur classement pourrait leur éviter un péril à venir (agriculture).

1495 – Alors que le château de Montigny-le-Gannelon, en réalité une forteresse, a été démantelé, et laissée à l’abandon, Jacques de Renty fait reconstruire l’édifice dans le style renaissance.

# En cette fin de siècle, naissance dans le Perche (?) de Jean Goevrot, médecin du roi Francois 1er. De même à Chartres, celle du sculpteur Nicolas Guibert ou Guybert. Il oeuvra à la réalisation du chœur de la cathédrale en 1542. En la cité beauceronne venue au monde de Robert Pinaigrier, peintre verrier, auteur de vitraux de l’église Saint-Hilaire de Chartres. Il meurt courant , semble-t-il, à Chartres, mais rien n’est moins sûr car il s’agit d’artistes qui parcourent le royaume de France, en raison de leur réputation.

XVIe siècle.

L’immense majorité de la population a une spécificité réelle. La noblesse représente 1,5% de la population. Certains de ses hobereaux ne sont même pas riches, et vivent à la petite semaine, une petite noblesse laborieuse, vivant de ses cultures, de ses terres, de ses paysans. En revanche, l’Église vit plus confortablement de revenus (abbayes) fondés sur la dîme(issue du Moyen-âge, redevance en nature ou en argent prélevée sur les revenus agricoles collectés qui existera jusqu’à la Révolution) et le casuel (droits et bénéfices éventuels). La sectorisation agricole sépare les hiérarchies paysannes au sein desquelles les marchands-laboureurs sont en haut de l’échelle, précédant largement les artisans, les journaliers, le personnel agricole, n’acceptant guère dans leurs familles l’incursion de gens étrangers à leur caste. Les vignerons, en revanche, représentent une classe à part parfaitement homogène. Il y a aussi ces gens qui travaillent la terre qui font partie de la classe moyenne, et celle au dessus et qu’un coup de pouce du destin enrichira. Puis au bas de l’échelle, les mendiants, fort nombreux, et les veuves, un ensemble qui constitue une main d’oeuvre loin d’être négligeable lorsque les circonstances sont favorables. Les enfants y jouent également un rôle prépondérant. Dans les villes, et en particulier à Chartres, l’Eglise représente une sorte de gouvernement autonome possédant son propre territoire entre 7 et 10 000 hectares en Beauce avec ses paysans, sa puissance administrative et judiciaire. Un État dans l’état somme toute. Toujours en ville, toutes les corporations propres à la vie dans les villes : artisans (corporations de métiers héréditaires), d’architectes, de maçons, de commerçants, avocats, notaires, hommes de loi au sein d’une bourgeoisie qui vit de ses rentes. Les gens aisés font construire force de belles maisons comme on peut encore en voir à Chartres. Les domestiques, au demeurant des filles de la campagne en majorité sont largement représentées, soit 1/10 ème de la population. L’habitation paysanne est plus misérable, à l’exception des grandes demeures des seigneurs propriétaires terriens ou agriculteurs de rang. Un réel enrichissement viendra deux cents quatre vingts ans plus tard leur permettant d’accéder à des acquisitions nouvelles, avec la confiscation des biens de l’église comme biens nationaux et revendus. Les propriétaires terriens d’aujourd’hui, tout du moins certains hériteront de cet avantage en Beauce. Les pauvres restent pauvres même si l’Eglise leur ouvre ses portes, et les mendiants sont nombreux à quémander. Les orphelinats se remplissent d’enfants abandonnés que la misère ne peut nourrir. On meurt jeune avec une médecine bien limitée dans la connaissance. Femmes souvent jeunes et enfants dans un même sort funeste.

En ce XVIe siècle, quelques gens illustres du moins au niveau eurélien, voient le jour.

# Naissance à Nogent-le-Rotrou dans la première moitié de ce siècle de la poétesse Françoise Hubert, morte empoisonnée par ses serviteurs suite à un complot la visant elle, et son mari de même ses enfants pour les voler. Ce fait criminel a eu lieu au Mans là où son époux exerçait comme juge criminel.

# Naissance à Chartres de Vincent Laloupe, érudit qui publia en 1558 des Annotations de Tacite,

# En la même ville, celle du mathématicien Jean Marois qui enseigna au sein de l’Université d’Orléans.

# Naissance à Dreux Dreux de Jean Lefèvre, abbé et poète, on lui doit un recueil en vers intitulé Les Fleurs et Antiquités des Gaules où il traite des anciens philosophes Gaulois autrement dit les Druides. Egalement jointe la description des bois, forêts, vignes, vergers et autres lieux de plaisir autour de la ville de Dreux (1532) de même, Louis de Mayne, éminent jurisconsulte en cette même ville, auteur d’un Traité de l’homicide et du crime.

# Naissance à Gallardon de Jean Tullou, avocat et qui s’est fait un nom en devenant bailli de sa ville natale.

# Pierre Besson, originaire de Dreux, moine capucin, apprécié pour sa charité et son humanisme lors de la grande peste que connut sa ville. Sa mission achevée, il monte à Paris. Alors qu’il s’était arrêté dans une église pour y prier, il fut tué à coups d’épée en 1589 par des hérétiques. Son corps fut porté à Orléans, et ses restes, selon la légende, furent retrouvés sept ans après, aussi frais et entier que si on l’eût enterré ce jour-là. La légende a besoin de ses certitudes pour faire croire à la véracité des faits.

# Venue de l’époque merveilleuse de la Renaissance avec les demeures et châteaux, de ce style féérique issu de la renaissance italienne à l’exemple du château d’Anet.

Bien d’autres naissances vont générer des gens illustres à leur époque.

# A Mainvilliers de Jacques Fouré qui sera évêque de Châlons-sur-Marne,

# Nicolas Goulet qui voit le jour à Nogent-le-Rotrou, devenant procureur fiscal de la baronnerie de sa commune.

# Nicolas Goulu à Chartres, linguiste, spécialisé dans les langues anciennes, et professeur de grec au Collège de France.

# Jacques de Lorens, personnalité de Châteauneuf-en-Thymerais, s’illustrant comme poète satirique.

# A Chartres, celle du théologien Denis Simon, dit Marquemont, de même celle du poète et mathématicien, Miles de Norris.

# Sans oublier le sculpteur, Jean Vierge qui a œuvre pour de nombreuses églises . On dit qu’il aurait vu le jour à Brou (?). Vers 1596/1597, il a réalisé des statues pour les églises Saint-Médard et Sainte-Madeleine de Châteaudun.

# Jacques Fourré, originaire de Mainvilliers, prédicateur d’Henri II et Charles IX, pour être ensuite évêque de Chalons-sur-Saöne où il meurt en 1578.

# De même à Châteaudun, Augustin Costé, secrétaire ordinaire de la Chambre du roi, et lieutenant en l’élection de Châteaudun et Bonneval. Il est sorti de l’anonymat grâce à un rare esprit, écrivant et déclamant des vers en latins avec une facilité déconcertante. Dans ce style, on lui doit Nympha Vivaria ou Patriae Dunensis poctica descriptio (1604), jolie description latine de Châteaudun et ses environs. Il fut très lié aux grands esprits de son temps, notamment avec Ronsard, du Bartas, Odet, etc. Quelques vers érotiques figurent dans son œuvre. Son fils, Jacques, sera également poète dans le style de son père en se consacrant aux descriptions de la campagne dunoise.

1500 – Nouvel incendie à Chartres à proximité de la cathédrale dont les conséquences sont aggravées par le fait que certains habitants s’arrogent l’eau au détriment de la population besogneuse, si bien que les réserves d’eau sont mal réparties, et diminuent considérablement les possibilités rapides de diminuer la progression du feu. Chacun veut sa part d’eau. De même, l’attitude de certains chartrains pour protéger leurs réserves d’eau est à l’origine de sérieux accrochages, chacun voulant défendre sa  » lance à pompier  » si l’on peut dire puisque de grosses seringues étaient alors employées pour combattre les incendies.

2 août 1501 – Fondeur de cloche et tabellion (notaire), Jehan Le Maçon est cité comme habitant à Chartres. Son nom est associé à la fameuse cloche Georges d’Amboise qu fut coulée par ses soins. Sa réussite lui procura une telle joie qu’il mourut illico sous le coup de l’émotion procurée par l’exécution de ce travail.

1502 – Louis XII accompagné du cardinal Georges d’Amboise, ministre et mécène, se rend en la cathédrale de Chartres pour faire ses dévotions.

1503 – Jean Cottereau, surintendant des finances du royaume, achète sur adjudication le château de Maintenon datant du Xie siècle, suite à un arrêt du Parlement. Il ajoute un donjon quadrangulaire, entouré de fossés, complété de trois tours.

1504 – Abolition à Chartres de la fête du papifol ou fête des fous menant à des excès en tous genres pour exiger de l’argent. Des moments de débauche également durant plusieurs semaines où l’Église est ridiculisée, bien que recevant l’assentiment des autorités municipales. La coutume voulait que l’on élise un roi, plus communément dénommé pape des fous chargé de conduire les processions dans la ville, grands moments de liesse. Un saltimbanque se distinguait également par se démarche imposée par un bâton surmonté d’une tête grotesque, le tout provoquant du bruit grâce à des grelots qui guidaient les supposés fidèles profitant de l’aubaine pour se comporter d’une façon singulière. A l’extrême limite de la décence.

1505 – Florimond Robertet (ou Vooerlet) acquiert la baronnie d’Alluyes (ne pas confondre avec le château d’Alluy près de Blois qui lui appartenait également) en même temps que celle de Brou qu’il chercha à embellir. Parmi ses travaux, il fit tracer des rues assez larges, de même la première halle construite en bois, et qui accueillait un marché de fruits et légumes. Cette halle désormais en pierre reste majestueuse tout en conservant son aspect originel. Cette baronnie obtint, grâce à lui, le bénéficie d’organiser des foires et des marchés. Il fit également agrandir le château, initié par Guillaume Gouet qui a donné son nom au Perche-Gouet. Ce château était composé en réalité d’un donjon construit sur une motte artificielle qui fut rasée en 1842. Hélas, il ne put achever cette œuvre qui lui tenait à cœur. Il ne reste plus rien de ce passé particulier à cette commune de Brou qui fut connue un temps sous le nom de La Noble. Guillaume Gouet se singularise par rapport à Gabrielle d’Estrées, maîtresse d’Henri IV, et qui était sa petite fille laquelle viendra ultérieurement passer une nuit(chaude dit-on) en la cité broutaine. – Un siècle plus tardcette baronnie est transformée par Henri IV en marquisat

# Cette même année, naissance à Chartres de Claude Huvé qui reprit le flambeau à son père pour achever la célèbre maison Huvé. Il mourut dans sa ville natale en 1570. On dit, est-ce une légende ou la vérité, Henri III serait venu y séjourner venant de Paris fuyant la Journée des Barricades. Qu’il ait été présent, c’est un fait qui ne peut être démenti. Reste à savoir où ce visiteur de prestige passa son séjour, eu égard à la garde rapprochée qui était la sienne.

26 juillet 1506Chartres – Jour consacré à Sainte-Anne, mère de la Vierge Marie.

# Nouvel incendie au clocher neuf de la cathédrale dû à la foudre tombé sur la pointe du vieux clocher., un sinistre qui va perdurer le lendemain, et difficile à maîtriser.

11 février 1507Chartres – Jehan de Beauce est nommé par le chapitre Maître maçon de l’oeuvre de l’Eglise. Il entreprend la construction d’un nouveau clocher (115 mètres de hauteur, dit clocher neuf) Ce clocher porte d’abord le nom de Clocher de plomb à cause du métal dont il est alors recouvert devenant plus haut clocher de France après celui de Strasbourg (112 m). Ces travaux s’achèveront en 1513 (ou août 1514).

1508 – Une coutume particulière est conférée à la ville de Chartres en matière administrative et judiciaire avec la présence d’un lieutenant des maréchaux de France, d’un lieutenant-général d’Orléans, une élection, un bailliage, un président, un tribunal consulaire et un grenier-à-sel.

1510 – Représentation du Mystère de la Passion à Châteaudun.

# Venue à Chartres d’Anne de Bretagne, reine de France, épouse en secondes noces de Louis XII. Elle fait don d’une cloche à Notre-Dames-de-Chartres. On suppose suite à la naissance de sa fille, Renée de France.

1512/1537 – Construction à Dreux du beffroi sur trois étages tout d’abord grâce à Pierre Chéron (ou Pierre Caron selon d’autres sources) puis sous la direction de plusieurs architectes dont Clément Metezeau 1er. Le beffroi a été pendant 400 ans le siège de la vie municipale qui s’était établie au premier étage, alors que le second consistait en un magasin réservé aux grains et farines –  » Pierre Caron, maîstre maçon, a commencé à travailler aux fondemens de l’Hôtel-de-Ville en 1512 ; il est mort en 1516. Jean Desmoulins et Clément Métézeau, maistres maçons, ont repris les ouvrages en 1516 et y ont travaillé jusqu’à la fin. Ledit Desmoulins a fait un marché avec les maire, paires et habitants de la ville en datte du 21 avril 1516, de parachever ledit Hôte-de-Ville, au moyen que tous les matériaux et outils luy seroient fournis par la ville et qu’il luy seroit payé 5 sols par jour, 3 sols 6 deniers à ses maistres maçons et 1 sol 6 deniers à ses manœuvres. La pierre de taille a été achetée à Vernon et appartée par eau jusqu’au quay de Saint-Jean à Dreux, appelé le Grand-Jardin, et en cas de manque d’eau dans la rivière est dit par le marché qu’on laisseroit un tiers proche la tour de Fermaincourt sans diminution de prix. On achetoit aussi la pierre de grais à Saint-Martin-de-Nigellle, qui servoit tant pour construire l’Hotel-de-Ville que pour faire les trois portes et les ponts : on y achetoit aussi le pavé pour paver la ville et les faubourgs. »En 1521, « à Pierre Bordier, vitrier, la somme de 8 livres tournois, pour avoir par luy livrer panneaux de verre pour mettre à la croisée de devant la maison de la ville, dont il y en a aux armes du Roy nostre sire avec bordure à l’entour, à un autre les armes de la Reyne, à un autre les armes de Monseigneur et les armes de ladite ville. »En 1530, « à Thomas Le Brechin, maistre charpentier des oeuvres de Chartres ; et Mathurin Delaborde, maistre maçon audit lieu, la somme de 75 livres tournois, pour estre venus voir et visitter l’édiffice et lanterne queentendent faire les pairs de la ville sur la maison de ladite ville. »En 1530, « à Estienne Braulard, chirurgien, la somme de 42 livres, pour 5 mois à subvenir, seigner, médicamenter et penser les malades de peste régnant dans la ville de Dreux. »En 1561, « à maistre Charles de La Bouticle, maistre fondeur, la somme de 90 livres tournois, qui lui estoient deubs pour avoir par luy fondu la grosse cloche étant en la cour carrée et maison de laditte ville, appelée le Tocsin. Sur laditte cloche est inscrit dans le haut : L’an mil Cinq cent soixante un, le premier décembre, du règne de Charles Neuf, par la grâce de Dieu roy de France et comte de Dreux, fut fondue, au mois de novembre, par maistre Charles de la Bouticle, pour l’honneur de Dieu et service du Roy et la communité de Dreux, lors messire Rotrou, lieutenant-général, Jacques Chaillou, maire, et Philippe Petit, procureur-sindic. Au-dessous de cette inscription est un cordon tout autour de la cloche, représentant 74 figures d’hommes et femmes, portant des flambards allumez sur l’épaule, et d’autres qui les allument en marchant à ceux qui sont allumés . » En 1562, « après la bataille, a été posé un garde dans la lanterne de l’Hôtel-de-Ville, et un autre au donjeon du chasteau, pour faire le guet jour et nuit pour sy aucuns des ennemis ne viendroient point surprendre la ville. »

1512 – Ordonnance du Maire et des Pairs de la ville de Dreux pour payer le droit accordé au Roi de l’Oiseau anciennement dénommé Popeguay. Ce vainqueur ayant alors abattu l’oiseau avec sa flèche serait exempté de tailles, aides et autres impôts.

1513 – Juillet – construction du premier pont de la Courtille à Chartres. En faisant appel à un charpentier, Jean d’Ingauville ou Dingauville qui le réalisera en bois. Hélas, le pont subira les affres des inondations, et devra être reconstruit à deux reprises. Il faudra attendre plus de 250 ans, avant qu’il ne soit construit en pierre. Puis encore deux cents ans de plus pour que le pont réponde aux normes actuelles de circulation.

1514 – Le duc de Suffolk arrive à Chartres pour solliciter l’assistance du roi de France contre le roi d’Angleterre. Douze mille lansquenets lui furent consentis, qu’il fit passer dans les environs de la cité beauceronne, ces hommes causant de grands dégâts. Le chapitre dut envoyer une supplique au roi de France pour y mettre bon ordre. Depuis, le guet fut prévu en haut du clocher neuf pour surveiller les environs de la ville.

1515 – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Nicolas Denisot, peintre, graveur , poète , mathématicien et architecte militaire. Appelé auprès de François 1er en qualité d’officier de sa maison, le roi le charge de lever le plan de la ville de Calais, qui était au pouvoir des Anglais, afin d’en étudier les endroits faibles, trouver les moyens de s’emparer de cette place. Denisot se rendit aux abords de la ville en question et faillit être tué par l’occupant. Avec la mort du roi, il fut privé de la récompense qu’il avait méritée et affaibli par de nombreuses fatigues, il mourut la même année que le roi(1559)

4 juin 1517 – La châsse de Saint Taurin est descendue du Trésor des Reliques de la cathédrale de Chartres. Le 6 juin, elle est transférée au couvent de Saint-Jean-en-Vallée, pour être ensuite portée en procession le 26 du même mois à la paroisse de Saint-Maurice-lès-Chartres pour remercier Dieu de la pluie qui est tombée. Saint Taurin (IVe siècle) a été le premier évêque d’Evreux, connu pour ses miracles qu’il accomplit durant sa vie et après sa mort. Ses restes ont fait l’objet de nombreuses controverses dés lors qu’en 1682, ils ont figuré dans l’Inventaire des Reliques et Joyaux de l’église de Chartres, ce qui aurait été contesté. Le Dictionnaire de Moréri qui date de 1735 affirme au contraire qu’un crâne était la possession des Bénédictins d’Evreux. Cette vénération légendaire appartient, sans nul doute, plus à l’histoire d’Evreux que celle de Chartres.

1518 11 novembre – François 1er monté sur le trône de France trois ans auparavant, accomplit ses dévotions à Chartres accompagnée de son épouse Claude de France.

# 7 décembre – Un prince d’origine milanaise et capitaine de guerre, lieutenant-général des armées françaises, Jehan Trivulse décide d’aller à Chartres rencontrer François 1er pour lui demander audience. Prenant un sérieux coup de froid, ce serviteur du roi, meurt dans la cité beauceronne. Sur sa tombe chartraine fut gravé la phrase suivante  » C-gist Jehan-Jacques Trivulse qui, auparavant, n’a jamais eu de repos.  »

2 janvier 1519 – Jehan Soulas est un imagier, plus vraisemblablement sculpteur dont on dit ue la famille s’est installée avec sa famille à Châteaudun ce qui semble douteux. Son attache à l’Eure et Loir semble découler d’une commande des chanoines du chapitre de Chartres pour quatre histoires à exécuter en pierre de Tonnerre pour orner les clôtures du choeur au niveau du déambulatoire sud de la cathédrale. Il propose de les réaliser en style fin XVe début Renaissance, tout en respectant un descriptif fourni par les chanoines sous forme de toiles dont il doit s’inspirer le plus fidèlement possible. Ces panneaux vont alors représenter notamment la Vierge de l’Annonciation, avec des scènes inspirées du théâtre. Complété par d’autres commandes, leur réalisation s’effectuera entre 1519 et 1535.L’artiste est alors installé à Paris, les fait transporter et installer à Chartres à ses frais. Le marché se serait élevé à 280 livres tournois dont il est très difficile de transposer de nos jours le coût actuel, eu égard aux cours très aléatoires de la monnaie. Ces 280 livres auraient peut-être pu valoir 4000 euros. Rien n’est moins sûr, et si tel est le cas, la somme paraît dérisoire.

Vers 1520 – Pose en la cathédrale de Chartres vraisemblablement dans le déambulatoire, du choeur de l’horloge astrolabique, héritière elle-même d’une horloge astronomique dont l’origine aurait été identifiée à partir de 1407. A l’époque de sa mise en place, elle était dotée d’automates et de cloches, associés àun mécanisme puissant pour faire actionner l’imposant ensemble. Pendant la révolution de 1789, les émeutiers ne trouvèrent rien de mieux que de s’arroger certaines pièces pour s’en faire des piques. En 2006, des analyses ont permis de déterminer qu’une restauration de grande ampleur pouvait être entreprise car les constructeurs de l’époque avaient eu l’idée d’insérer dans la pierre certaines pièces essentielles pour leur fonctionnement, sauvant ainsi une grande partie du mécanisme. Il s’agit d’une des deux seules horloges au monde (l’autre se trouve à Bourges), et complètement restaurée pour la retrouver presque dans son état originel, sa remise en place s’accomplissant en septembre 2009.

1521 – Épidémie de peste à Chartres qui fait plusieurs centaines de morts. Cette même année, la Beauce connaît de fortes chutes de grêle, les intempéries se manifestant durant une dizaine de jours.

# Gérard Denisot voit le jour à Nogent-le-Rotrou comme son frère de Nicolas *, a été littérateur (écrivain scientifique) et docteur en médecine. Très proche des rois Henri III et Henri IV qui lui reconnaissaient dit-on certains mérites, il a publié de nombreux opuscules en langue latine et grecque. Il meurt en 1595.

1522 – Pierre Piéfort, fils du contrôleur des greniers à sel de Châteaudun, protestant ayant embrassé la réforme, meurt sur le bûcher à Saint-Germain-en-Laye.

23 septembre 1523 – Roland Grelet, protestant, est accusé d’avoir renversé des statues dans la cathédrale de Chartres du moins celle d’un saint, ceci pendant la messe. Il s’agit en fait d’une première manifestation à propos de la Réforme. Il est condamné à mort, et a beau joué au fou, il est reconnu coupable. L’année suivante, il meurt sur le bûcher à Saint-Germain-en-Laye, et non sur les lieux de son forfait.

31 décembre 1524 – décès à Chartres de Regnault de Gyves,  » prévost et licencier en loix  »

1525 – des bandes se montrent dans le pays percheron. « Pendant quatre mois, de janvier à avril, elles ravagent les bourgs et villages, de Bellesme jusqu’à Montigny et de Dreux jusqu’à Beaumont ; elles font un grand carnage des habitants de ces campagnes »

# Naissance dans le pays chartrain ou dans le Perche de Claude de Sainctes, évêque d’Evreux, agitateur sous Henri III, condamné à mort sous le règne d’Henri IV et finalement gracié. –

1526 – Naissance à Chartres de Claude Rabet, avocat, surtout poète prolifique, s’inspirant des textes antiques qu’il apprécie, pour se créer un paysage littéraire. Ses vers fort appréciés de ses contemporains à propos du  » fleuve  » Eure et ses berges sont les témoins de la fascination, de l’enchantement que suscite sa campagne natale.

# Clément Marot est arrêté à Chartres sur ordre de l’évêque, et placé en détention dans les prisons de Loëns appartenant à ce dernier. Il y composera une satire violente contre les gens de justice, tout en faisant l’éloge des Chartrains.

# La population du royaume comme celle de la cité beauceronne et régions concomitantes, connaît à nouveau la peste, parfois appelée fièvre pourprée, coqueluche, branchue, suette, contagion, en fait qui font partie de ces maladies endémiques. On cure les rues, on éloigne les malades dans des  » sanitas  » aux abords des villes où ils sont placés en quarantaine. Soit le Paradis, c’était la guérison ou l’Enfer, la mort.

# De nombreuses bandes de pillards sévissent dans le Thymerais. On bat les paysans pour leur faire avouer la cache de leur or. On viole femmes et filles. On incendie les bâtiments, on tue les bêtes. La désolation est grande.

# Naissance de Jean II d’Allonville de Réclainville à Réclainville (Voves), homme de guerre, fidèle au roi,déplora les guerres de religion. Marquant son opposition à Henri III, il allait être arrêté lorsque le roi est assassiné. Même attitude à l’égard d’Henri IV, notamment refusant toute soumission au roi. Il récusa l’or, les promesses royales, préférant se retirer de la scène politique et militaire.

# 25 juin 1527 – Disparition à Chartres de Josse Clichtive, d’origine belge. Théologien, on le retrouve chanoine à Chartres puis théologal, deux exercices conjoints permettant l’enseignement de la théologie. Il prit part à la célèbre dispute entre Jacques Lefèvre d’Etaples, théologien et humaniste et Pierre Cousturier plus connu sous le nom de Sutor, théologien et chartreux à propos du nombre de maris de Sainte Anne.

1528 – Le 25 février,venue au monde de Rémi Belleau à Nogent-le-Rotrou. l’un des sept membres de la Pléïade. Son art de peindre et dépeindre doublé d’un sens aigu de l’observation lui vaut des éloges, et d’être surnommé le ‘’ Peintre de la nature ‘’ par Ronsard..On le considère également comme l’un des chantres du blason qui signifie discours, ou conversation, ou description, ou explications et propos. Auteur par ailleurs de ‘’ petits hymnes ‘’ en forme de courtes pièces mi-lyriques, mi-descriptives consacrées à la louange de sujets où l’on retrouve l’escargot, la cerise, le papillon, l’ombre, l’heure,etc. Lors de ses obsèques célébrés à Notre-Dame de Paris (1577), soncercueil fut porté par Pierre de Ronsard, Jean Antoine de Baïf, Philippe Desportes et Amadis Janyn, tous poètes.

# Le comté de Chartres est érigé en duché par François 1er, en faveur de sa belle-soeur, Renée de France, duchesse de Ferrare. De fait, cette situation représente un énorme avantage à propos de valeur mobilière. La ville voit accourir de nombreux propriétaires qui valorisent en quelque sorte la famille d’Orléans. Celle-ci perdra néanmoins tous ces avantages à la Révolution, son rôle s’étant considérablement affaibli en raison des remises en question d’une certaine aristocratie, et la fin, du moins provisoire de la royauté. L’expansion chartraine ne fait que confirmer la présence de nombreux et divers métiers. Plus précisément, seize cents professions évoluant dans le tissage de la serge (ensemble de textiles) et du drap.

1529 – épidémie de peste à Châteaudun.

# Fin décembre de la présente année, décès à Chartres de l’architecte Jehan de Beauce, de son vrai nom Jean Texier, et inhumé dans cette même ville. L’honneur qui lui est consenti découle de sa position d’architecte, et en rappel concepteur du clocher neuf après l’incendie partiel de la cathédrale en 1506.

1530 – Louis de Brézé assiste à la consécration et à la dédicace de la nouvelle chapelle de Coulombs qui ne sera jamais achevée, et la Révolution la fera disparaître sous la pioche des démolisseurs.

4 juillet 1531 – Condamné à mort à Chartres de Guillaume Lecocq, un prêtre, condamné pour avoir assassiné deux de ses condisciples, et brûlé vif, place du marché aux chevaux de Chartres après avoir eu le poing droit coupé. Son bourreau, le dénommé ‘’ Souppe-tard ‘’, exécuteur de la ville.

# 23 juillet – Louis de Brézé rend l’âme à Anet. Il avait épousé en secondes noces Diane de Poitiers. Le couple eut deux filles.

# Une grande misère s’abat sur la région. Le blé comme le vin sont très chers, si bien que les Beaucerons font du pain de fougère, et autres ingrédients trouvés dans la nature, occasionnant de nombreuses maladies.

21 mars 1532 – Visite officielle, à Chartres, de la reine Eléonore, seconde épouse de François 1er et soeur de Charles Quint.

1533 – Naissance à Dreux de l’architecte, Thibault Métezeau, qui dirigea la construction de la sépulture des Valois à Saint-Denis, et collabora à l’élaboration du Pont-Neuf à Paris.En 1575, il fut nommé expert-juré de la ville de Dreux. En 1576, il est architecte du duc d’Alençon et en 1578, architecte du roi Henri III. Il meurt à Paris en 1593 ou 1600.

1536 – Réparation des fortifications d’Epernon.

# Novembre de la même année à Saint-Arnoult-des-Bois, Noël Bersille, sergent de l’abbaye de Josaphat, assisté d’Estienne Rousseau, commerçant à Courville, est chargé d’une décret de prise de corps contre Guillaume Coupé et Noël Prevosteau, citoyens de la dite ville qui ne s’en laissent pas compter. Les deux mandatés sont blessés. Averties de cette rixe, les autorités délèguent force armée pour arrêter les deux criminels qui sont incarcérés au château de Courville, traduits devant la justice, et condamnés à mort le 25 novembre 1536.  » Le pouce de la main droite dudit Guillaume Coupé fut d’abord cloué et ensuite tranché d’un coup de hache  » . Ensuite, les deux hommes furent étranglés puis pendus aux fourches patibulaires de Saint-Arnoult-des-Bois, et leurs biens confisqués.

1537 – De fortes gelées détruisent nombre d’arpents de vignes dans l’agglomération chartraine.

# Cette même année, les habitants de Chartres présentent une supplique au roi François 1er, à l’effet d’obtenir la permission de reprendre le projet de navigation sur l’Eure. Il leur faudra tout de même attendre onze ans avant de voir ce projet étudier à nouveau. Pour autant, des protestataires s’élevèrent contre cette perspective alors même que les tenants, au contraire, estiment qu’une telle navigation pourrait faciliter l’exportation des céréales et endiguer la disette continuelle dans le pays. Finalement de nombreux travaux seront entrepris un siècle plus tard sous le règne de Louis XIV . Hélas, seulement un temps, puisqu’ils furent abandonnés au profit de l’alimentation en eau de Versailles, puis faute d’argent consacré aux guerres de la fin de règne du Roi-Soleil.

1540 – naissance à Frazé (?) de Charles d’O, célèbre chef d’une bande de brigands. Il fut exécuté à Chartres en 1574

# Naissance dans le Perche, du poète Jean de Marconville ou Marcouville dit le Beauceron , auteur d’un Recueil mémorable d’aucuns cas merveilleux ( 1563) s’inspirant d’un texte d’Antonio Guevara, prédicateur de Charles-Quint ( 1539)

# Grosse vague de chaleur, les blés sont brûlés.

# Visite et séjour de quelques jours en l’abbaye de Saint-Chéron à Chartres du poète Clément Marot.

1543 – Cathédrale de Chartres – François Marchand, sculpteur orléanais, après avoir achevé la clôture du chœur, achève la décoration du jubé de l’abbaye de Saint-Père.

1545 – Une bonne partie de la Beauce est ravagée par une épidémie de peste, situation préoccupante aggravée par la famine et la présence quasi constante de bandes de soudards qui la ravagent.

# Naissance à Chartres de Michel de la Huguerie, une sorte de mémorialiste de la lutte entre catholiques et protestants, rapportant les faits successifs qui se sont déroulés, d’autant plus précis qu’il y fut blessé. Il s’éteint en 1616.

# Durant deux ans (jusqu’en 1547) exécution des douze émaux pour l’église Saint-Pierre à Chartres représentant les douze apôtres par l’émailler et orfèvre Léonard Limosin (v.1505/v.1575 ), un Limougeaud qui a eu une influence profonde sur son époque. –

# 23 mai, venue de François 1er à Châteaudun et Cloyes. En qualité de roi chevalier, il convoque le ban (seigneurs vassaux) et l’arrière ban (nobles) du royaume en vue de former le gros des troupes et des  » gens d’armes  » afin de reprendre Boulogne aux Anglais, et le 26 août, le roi érige Cloyes en  » ville  » et lui remet les lettres patentes.

1546 – Naissance à Chartres de Philippe Desportes. Poète. Oncle de Mathurin Régnier Etudes classiques tout d’abord à Chartres, ensuite à Paris, secrétaire de l’évêque du Puy Antoine de Senneterre, évêque du Puy, qu’il suit à Rome.. De retour en France, Charles IX lui demande de lui écrire des élégies pour prouver sa tendresse envers Marie Touchet, sa maîtresse, avec laquelle il veut se réconcilier. De son côté, Henri d’Anjou le sollicite pour lui écrire quelques vers dans le but de séduire la princesse de Condé. En 1572, il dédie son : Roland furieux à Charles IX ce qui lui vaut une dotation de 800 couronnes d’or – Angélique et Médor au duc d’Anjou , lequel ravi d’être marqué par tant d’honneurs , en profite pour le solliciter pour lui écrire deux sonnets pour sa nouvelle maîtresse Renée de Rieux, dite la belle Châteauneuf.

……

Yeux pleurant à la foi tant d’aise et de martire,

Sousris par qui l’amour entretient son empire,

Voix dont le son demeure au coeur si longuement

Esprit par qui le fer de nostre âge se dore,

Beautez, grases, discours, qui m’allez transformant,

Las ! connoissez-vous point comme je vous adore ?

Sous le règne d’Henri III, il devient le poète officiel de la cour. Comblé et riche, doté par le roi de plusieurs abbayes dont celle l’abbaye de Tiron, et surtout celle de Bonport, préféré entre toutes. Un don inespéré qui lui assure des revenus confortables. Bonne chère et femmes sont au menu de ses plaisirs.Après la mort d’Henri III, il quitte Bonport et se rallie à la Ligue, et participe à la défense de Rouen contre Henri IV. Dans une position délicate, il accepte cependant la paix que lui accorde Henri IV en 1594 lors du couronnement à Chartres. Il accepte de présenter, à contre-coeur, amende honorable au nouveau roi. Refusant toute nouvelle sollicitation, il retourne à Bonport, accueillant et conseillant les jeunes poètes, tout en s’orientant vers la poésie religieuse. A Bonport, la gente féminine est à l’honneur , Desportes y reçoit de nombreuses femmes. Agé 48 ans, bon vivant et fort éloigné, par moments, des devoirs de sa charge, il a séduit une jeune maîtresse de dix huit printemps ce qui lui donne une nouvelle vigueur en dépit de sérieux problèmes de santé. Mais le mari trompé mettra à mort sa femme adultère. Faisant acte de repentance,, il se tourne alors vers Dieu, implorant un pardon à sa vie de débauche. Usé par l’amoralité de sa vie, il meurt le 5 octobre 1606. à Bonport Le 18 décembre 1973, une stèle en hommage à Desportes et à Mathurin Régnier fut inaugurée place des Halles à Chartres.

1547 – Début de la nouvelle construction du château d’Anet commandée à l’architecte Philibert De l’Orme par le roi Henri II pour sa favorite Diane de Poitiers. Les travaux dureront 8 ans.Le sculpteur Jean Goujon et le peintre Jean Cousin viendront apporter tout leur talent à cette réalisation grandiose qui va connaître des propriétaires successifs dont le duc de Penthièvre fut le dernier seigneur d’Anet jusqu’à sa mort en 1793. Goujon sera chargé de réaliser , dans l’atelier du château, Diane de Poitiers en chasseresse s’appuyant sur un cerf (1549)

22 novembre 1548 – Visite à Chartres de la jeune reine d’Ecosse,Marie Stuart. En cette occasion, les habitants sont obligés  » d’avoir à tenir les rues propres et nettes, et de tapisser de tentures celles par lesquelles devait passer le cortège  ». Cette toute jeune adolescente de 10 printemps est belle et encensée par la population venue nombreuse la voir.

V.1550 – Naissance à Chartres de Séverin Pineau, professeur et doyen au collège royal de chirurgie à Paris. Il se distinguera dans l’emploi des méthodes orthopédiques, de même comme chirurgien du roi Henri IV.

# Débuts de la construction du château de Beaumont-les-Autels à l’initiative de Jean II de Blosset appartenant à une famille aux origines normandes et autres lieux. Les travaux furent achevés vers 1580

# En ce milieu d’année, Henri II vient remercier Notre-Dame de Chartres du succès de ses armes. En effet, ses troupes sous le commandement d’Henri de Guise et de Leone Strozzi, reprennent aux Anglais Boulogne-sur-Mer, ville occupée depuis 1544.

# Un chartrain, Claude Thierry, apothicaire de profession et de foi, alors qu’il revient d’un voyage à Genève, ceci dans le cadre de son adhésion à l’église luthérienne, est arrêté à Orléans. Il est traduit devant le tribunal et reconnaît sa foi et ne saurait y revenir. Il sait qu’il sera condamné mais ne change en rien sa ligne de défense, bien au contraire. Sa famille le supplie de revenir sur sa position. Il se range à leur avis et demande la clémence des juges. Hélas, la sentence sera confirmée par le Parlement : brûlé vif, il fut exécuté.

# la Réforme s’installe à Chartres.

# Naissance à Chartres d’Etienne d’Aligre. Au début de cette lignée, Aligre comportait un H. Haligre était seigneur de Chovilliers avec Etienne I d’Haligre au XVème siècle . Il semble que le H ne se soit perduré qu’au niveau de cette première lignée, le H disparaissant avec Etienne d’Aligre, prenant par la suite le titre de seigneur de La Rivière. Président du Présidial ( tribunal civil et criminel ) de Chartres, et grâce à la protection dont il jouit de la part du marquis de La Vieuville très en vue auprès du roi, il est appelé à la cour en 1624, devenant garde des Sceaux de Richelieu qui le nommera un peu plus tard Chancelier de France. Hélas pour lui, il est soupconné d’être membre d’un mouvement voulant écarter Richelieu (Journée des Dupes, dont Jean-Baptiste d’Ornano, maréchal de France qui sera emprisonné. La sanction tombe : il est remplacé par Pierre Séguier. Il ne survivra pas à l’affront et meurt sur ses terres de La Rivière située près de Pontgouin.

14 novembre 1550 – François, 6 ans , futur François II, dauphin de France, fils d’Henri II, vient attendre son père et Catherine Médicis en visite à Chartres. Il est accompagné de Marie Stuart, 12 ans. Ils sont tous les deux fiancés depuis 1548. Le cortège part de la Porte Drouaise pour se rendre jusqu’à la cathédrale.

1552 – Naissance à Châteaudun de Raoul Boutterais, avocat, et surtout historiographe officieux de Louis XIII, mal considéré dès lors qu’on lui reprochait d’écrire uniquement en latin.

1553 – Décès en l’abbaye de Saint-Chéron les Chartres, d’Hugues Salel, 49 ans, originaire du Quercy. Mandé par François 1er à la cour de France, il est nommé poète en titre, puis valet de chambre de sa personne, en le comblant de bénéfices ecclésiastiques, pour services rendus. A cet égard, il le nomme premier abbé commendataire de Saint-Chéron lès Chartres qu’il rentabilisera d’une façon remarquable, tout en étant très proche de ses moines.

2 mars – Une demoiselle de Challet est brûlée vive à Chartres comme hérétique, se réclamant de profession à la religion de Luther. L’exécution eut lieu au marché aux Pourceaux hors de la porte des Espars et situé à côté de la collégiale Saint-André.

# 15 avril, Etienne Leroy, notaire et son clerc, Jean Dinochau, (une autre version le désigne comme frère prêcheur chartrain) sont emprisonnés et torturés parce qu’ils contestent le culte des saints, le pape, le purgatoire et l’eucharistie. Ils sont brûlés vifs comme la jeune femme. L’ambiance délétère entre les deux communautés catholique et protestante ne fait que s’amplifier, Chartres n’échappant nullement au courant religieux qui semble dresser les habitants du royaume les uns contre les autres.

# 8 mai – Philippe Hotot est le premier imprimeur installé à cette date à Chartres avec pignon sur rue. Son échoppe était située en la Grande rue près de la Rose, venant en complément des premières librairies déjà installées dans la cité beauceronne. Avant, l’exercice de l’imprimerie s’effectuait à partir d’imprimeurs ambulants.

# 30 juin – Une jeune fille est retrouvée égorgée par un  »loup » au Coudray à proximité de Chartres, alors qu’elle se trouvait dans les vignes. Loup ou chien errant, ou toute autre raison, cette découverte macabre confronte la population à ses inquiétudes dans un contexte où le fantasme et l’imaginaire ont tendance à attribuer à ce canidé sauvage l’horreur de sa bestialité pour attaquer les personnes. Le loup prédateur est considéré de nos jours par rapport à l’humain comme une situation exceptionnelle, préférant à toutes époques, le mouton à l’humain. Peut-être que la jeune fille gardait-elle un troupeau, qu’elle a voulu s’interposer, et a payé de sa vie son courage. Les textes sur cette attaque restent très imprécis, les enquêteurs jugeant en leur âme et conscience par rapport sans doute aux témoignages qui renforcent la peur, et déterminent  » à coup sûr  » l’origine des blessures mortelles.

1554 – Mise en place à l’entrée du château d’Anet du mécanisme de l’horloge animant le groupe du cerf et des chiens, initié par Mathurin Benoist, horloger du roy. Lorsque le château fut confisqué comme bien national en l’An II, l’horloge et les animaux disparurent, emportés dans par les révolutionnaires. Cet ensemble de bronze fut remplacé en 1861 et 1867 par un autre groupe sans mécanisme, faute de retrouver l’original.

1555 – Fondation de l’Hospice des vieillards et des orphelins qui se situait alors rue de la Brèche à Chartres. Le nombre des enfants n’a cessé de croire jusqu’au milieu du XIXe siècle. L’abandon des enfants dans l’histoire a toujours constitué une préoccupation majeure au sein de notre société. A l’évidence, les conditions de vie, la précarité, la relativité de la médecine, la misère, l’illégitimité, l’infanticide, la prophylaxie, l’église et ses positions ambigües, autant de situations qui ont accentué la précarité de l’enfant. Un fléau contre lequel les moyens parfois rudimentaires essaient de pallier une situation souvent alarmante qui va exister jusqu’au XIXe siècle. Notre région n’échappe nullement à la règle, et tente d’endiguer tant bien que mal la sauvegarde des enfants abandonnés.

# 11 mars – Mise en oeuvre par la municipalité d’un règlement à Chartres contre la mendicité trop répandue dans les rues, même si des ordres religieux la pratiquent, notamment aux abords des églises, lieu incontournable pour solliciter la bienveillance des fidèles. Création du bureau des pauvres en raison de l’indigence populaire, un mal endémique qui touche une population en mal de précarité.

# 19 août 1556 – Décès à Chartres d’Esme de Requestor, seigneur d’Auvilliers (Louville-la-Chenard) considéré comme l’un des meilleurs médecins de son époque dans la limite des connaissances médicales de l’époque. Sans plus certes.

Septembre 1557 – Une maladie contagieuse dont on dit qu’elle se dénomme coqueluche entraîne la mort de plusieurs Chartrains dans la cité beauceronne. Il faudra tout de même attendre une vingtaine d’années avant que Guillaume de Baillou dont le père était originaire de Nogent-le-Rotrou, soit en mesure de décrire cette maladie dont le nom originel est incertain, sans doute apparenté à coqueluchon, sorte de capuchon. Le Robert souligne le manque de clarté de l’appellation d’origine. A-t-on voulu associer la tête à cette quinte de toux qui caractérise cette maladie, il s’agit peut-être d’une piste. Sans doute n’en fallait-il pas plus pour qu’un médecin dérive vers le mot coqueluche, apparenté également, au Moyen-Age, au chant du coq, d’où également quinte qui deviendra quinte de toux.

1558 – Les femmes d’Ablis surnommées les  » grandes morues rouges  » sont soupçonnées de manger de la viande rouge le vendredi, assimilé à un crime de lèse-majesté. –

# 27 septembre – Taurin Gravelle, originaire de Dreux, avocat au Parlement, est exécuté à Paris. Nommé diacre de l’Eglise réformée à la suite de sa constitution à Paris en 1555. Alors qu’il tenait une assemblée, les participants y compris Taurin Gravelle furent surpris et les sergents de ville procédèrent à leur arrestation le 4 septembre 1557, et les jetèrent sans autre forme de procès en prison. L’absence d’enquête équitable, le défaut de justice impartiale vinrent quelque peu ternir l’enfermement qui s’avéra être très long, avant que les détenus ne soient jugés. Ils subirent la question, et résistèrent aux tentatives des prêtres de les faire abjurer. Condamnés à mort, ils furent jetés dans des tombereaux et amenés sur le lieu d’exécution, l’arrêt de la cour signifiant qu’ils auraient la langue coupée s’ils refusaient de se convertir. Ils persistèrent dans leur foi inébranlable. La peine fut exécutée, et ils moururent sur le bûcher le 27 septembre 1558, place Maubert. Les complices de Taurin avait pour nom Dame de Graveron, Philippe de Luns et Nicolas Clément.

# Pour les mêmes raisons, un compagnon cordonnier de Janville, à son retour de Genève, est accusé de professer cette même adhésion au courant de la Réforme, ayant été dénoncé par son père. Il sera pendu haut et court dans sa ville.

14 février 1559 – Mariage à Chartres de Françoise Babou de la Framboisière, 19ans, avec Antoine IV d’Estrées. Elle sera la mère de Gabrielle d’Estrées en 1573, future maîtresse d’Henri IV, amours que l’Eure et Loir abritera pour quelque temps

# Un synode secret dénommé colloque dit de Beauce permet à plusieurs églises se réclamant de l’Église réformée à se donner une confession de foi et une discipline commune. Il faudra attendre encore vingt-neuf ans pour libérer le culte par la signature de l’Edit de Nantes.

# Jean Gravelle, curé de Mézières (Thymerais)originaire de cette commune, célèbre un culte protestant en 1559 àMarsauceux, propageant les idées de Calvin qui se répandent dans le Drouais, là où ce curé possède une ferme aux Osmeaux sise dans la commune de Cherisy . Ce dernier fonde l’Eglise de Dreux en 1562. Le culte est alors célébré dans des granges, dans les villages aux alentours, église reconnue par le Synode du 27 avril 1564 qui s’est tenu à la Ferté-sous-Jouarre. Jean Gravelle connu également sous le nom de Dupin, fut envoyé en mission à Troyes par ses supérieurs de l’Eglise de Paris pour dix-huit mois jusqu’au 2 août 1562, date à laquelle le parti catholique s’empara de la ville. De nombreuses persécutions et agressions vont avoir lieu cette même année face à cette réforme de l’Eglise, émise par Luther et Calvin. Les huguenots de Dreux ne peuvent plus honorer leur culte, malgré l’accord exprès de l’Edit d’Amboise du 15 mars 1563 qui permettait aux protestants d’exercer leur sacerdoce. Jean Gravelle se soustrait aux persécutions en se réfugiant en Angleterre.

1560 – Un bruit circule à Chartres, selon lequel les religionnaires, nom donné aux partisans de Calvin, fomenteraient un complot les menant à s’emparer de la ville. Les notables de la ville inquiets pour leur sécurité, firent renforcer la garde, des guetteurs étant placés aux endroits stratégiques pour prévenir toute intrusion de l’extérieur. Comme ce bruit était apparu sans fondement, on leva discrètement la garde. Ce ne fut qu’un répit.

# 1560 (ou 1572) – Naissance de Louis Métézeau. Fils de Thibault. En 1594, pour limiter les pouvoirs de Jacques II Androuet Du Cerceau , architecte français ( v.1510/1585) , Jean de Fourcy,sieur de La Corbinière ou de Chessy, magistrat français ( XVIe/XVIIe siècles) intendant des bâtiments du roi, le fait nommer architecte des bâtiments du roi. Il aura l’insigne honneur d’être logé aux Tuileries, recevant le titre de ‘’ concierge et garde des meubles du pallais des Thuillerys ‘’. On lui attribue l’étage supérieur de la première moitié de la grande galerie du Louvre ainsi que la construction de l’aqueduc de Rungis. Louis Métezeau aurait été considéré avant tout un architecte décorateur. Il exécute des dessins de cheminées pour Jean de Fourcy ( 1601), Henri IV ( 1606), le sieur Lalanne ( 1613) de lambris pour l’appartement de la reine Marie de Médicis ( 1607) ainsi que pour la salle des Antiques ( 1608) au Louvre. Il esquisse le monument dédié au coeur d’Henri IV à La Flèche (1609) et prépare l’entrée de Marie de Médicis à Paris ( mars et avril 1610). En 1611, on l’envoie à Florence pour lever les plans du palais Pitti. Il était écuyer et sire de Cette visite sera, 329 ans plus tard, l’occasion d’une célébration en 1877 lors du comice agricole.

# Un titre précise qu’à Chartres exerçaient 118 maîtres tisserands, certains étant drapiers, d’autres sergers. Ce nombre s’explique par l’importance des élevages de moutons dans la périphérie départementale, les laines étant traitées dans la cité beauceronne. Une qualité de laine diversement appréciée.

1561 – Charles IX est monté sur le trône. Les Huguenots apparaissent dans le pays percheron et commencent leurs déprédations.  «  Ils voyagent, dit un chroniqueur, par bandes qui pillent, volent et violent les femmes et les filles, chasteaux, églises et monastères. Les châteaux de Beaumont et de Nogent furent mis à sac, et l’église Saint Jean bruslé. C’était horrible à voir des femmes qui suivaient ces voleurs, se parer des hardes des chatelaines dépouillées, ainsi que des ornements d‘église ».

# Début de la construction de la Sainte-Chapelle d’Anet, plus connue sous le nom de chapelle de Diane sur initiative de la duchesse de Valentinois. Diane de Poitiers a donné 400 liv. de rente pour constituer le Chapitre de la Sainte-Chapelle d’Anet. Le duc et la duchesse d’Aumale augmentèrent ce fond de 200 autres livres de rente. La rente de Diane de Poitiers est assignée sur la terre de Bréval. Par suite du mauvais état des affaires de l’adjudicataire de cette terre, la rente cessa d’être payée, et les chanoines disparurent. Il ne resta que les 200 livres du duc d’Aumale qui servirent à entretenir un chapelain.

# Chartres – fondation de l’Hospice des orphelins ou droit d’hébergement, par Jacques Lescaut, évêque de Chartres, admettant des enfants dans cette situation familiale dés l’âge de 3 ans jusqu’à 18 ans alors que la ville accueille en juin Hugues Renard qui devient en quelque sorte le premier pasteur de la ville. # Arrivée à Chartres en juillet d’Hugues Renard qui devient le premier Pasteur, de l’Église Réformée de Chartres.

12 janvier 1562 – Chartres – Cinquante-trois chevaliers sont élevés dans l’Ordre de Saint-Michel, notamment Pierre le Vavasseur, gouverneur de Chartres, distinction fondée en 1469 par Louis XI. La plus haute décoration royale qu’ils reçoivent des mains de Charles IX, en présence des plus grands dignitaires du royaume. En réalité, l’ordre a perdu déjà un peu de sa superbe, alors qu’il était attribué en priorité à ceux qui se battaient sur les champs de bataille. Des nominations pour faire plaisir contribuèrent à atténuer la considération que les nobles de ce royaume éprouvaient pour cette reconnaissance, accordée le plus souvent par pur favoritisme. Par compromission également.

# Les guerres de religion continuent à tourmenter la Beauce, et à ce titre le village d’Allaines est détruit par les troupes de l’Amiral de Coligny qui s’en prennent à l’abbaye Saint-Florentin de Bonneval à nouveau ravagée par les incendies.

# 6 juin, entrevue à Toury entre Catherine de Médicis et Louis 1er de Bourbon dit le Grand Condé, chef des Protestants.

# 16 décembre, Gallardon continue d’être en proie de toutes les attentions eu égard à son positionnement. Le chef des protestants, le prince de Condé, s’en empare, le pille, et comme s’il voulait se venger, détruit une partie de l’agglomération. Quelques années plus tard, cette place forte, bien qu’amputée d’ue partie de ses murs de défense, va reprendre la place qui est la sienne dans le dispositif de défense notamment aux portes de la Normandie.

# Chartres est également dans l’objectif du prince de Condé qui échoue dans son entreprise face à des bourgeois qui se sont barricadés, et rejettent toutes les sommations. Devant des hommes déterminés, l’assaillant se retire.

# Un événement survient qui restera à jamais gravé dans la mémoire eurélienne, même si la plupart des habitants de la région ignorent ce qui a pu se passer ce jour-là marquant les esprits de l’époque. Première des huit guerres civiles avec l’une des plus meurtrières, un rude combat aux portes de Dreux, dont les retombées vont désoler la France entre 1562 et 1598 ;

# Victoire des catholiques (au prix de 8000 morts laissés sur le terrain) à Dreux de Catherine de Médicis, régente et comtesse de Dreux face aux protestants du prince Louis de Condé et de l’Amiral de Coligny. Le prince de Condé à la tête d’une armée protestante de 13 000 hommes est battu à par l’armée royale et ses 18 000 combattants. La bataille se déroula sur le plateau de Marville-Moutiers-Brûlé. Connétable et Maréchal de France, Jacques d’Albon de Saint-André y trouve également la mort. Trente mille combattants des deux camps s’affrontent dans un mêlée sauvage, chaque camp croyant tenir à tour de rôle la victoire qui voit, au bout du compte, les calvinistes mis en déroute. Le prince de Condé fut détenu pendant plus d’un mois dans les bâtiments de la Renardière qui servaient de prise à l’abbaye de Saint-Père-en-Vallée avant d’être transféré à Amboise.

# Naissance à Gallardon de Nicolas Debaste, poète. Fils d’un procureur chartrain, il fait de brillantes études à Chartres, puis les continue à Paris où il passe deux ans comme assistant professeur de droit. Déçu par la précarité de sa position sociale, il choisit de ‘’ quitter telle profession, prévoyant qu’il falloit tousjours tendre et aspirer à un but, auquel étant fisché, il peust heureusement passer et vivre le reste de ses jours ‘’. Le 15 septembre 1587, Nicolas Debaste est reçu chanoine de Chartres avec jouissance de la prébende préceptorale, c’est-à-dire qu’il bénéficie du revenu attaché à son titre ecclésiastique. Le 12 août 1605, il succède à Jacques Soreau dans la dignité de chambrier (trésorier) du Chapitre de Chartres. Il meurt en 1630.

# Une année 1562 qui marque aussi les esprits à une époque où les guerres de religion prennent de l’ampleur. Chartres est un berceau relativement important du protestantisme à tous échelons de la population. Une sorte de tête de pont. Plus de cent cinquante personnes sont arrêtées sans autre forme de procès, priées de quitter la ville et ne plus y revenir sur ordre de Catherine de Médicis.

Février 1563 – Le corps de François 1er de Lorraine, duc de Guise, proche du roi Henri II qui se fit un surnom, celui de  » Balafré  ». tué à Orléans est transféré à Chartres, placé dans le choeur de la cathédrale. A l’origine de cet assassinat, Jean Poltrot de Méré, un protestant qui l’a blessé mortellement d’un coup de pistolet à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, alors que sa victime venait d’Orléans. Après un service solennel, le convoi funèbre rejoint Paris.

# Une affaire qui n’arrange guère les affaires de l’Église Réformée, qui tend à s’étendre en Beauce. Châteaudun se dote d’un pasteur, Jean Berger qui assurera son ministère durant huit ans. Janville, se situe également parmi d’autres communes de l’Eure et Loir qui permettent aux protestants à idéaliser leur foi dans un temple.

29 août 1565 – Lettres patentes de Charles IX autorisant l’aménagement de l’Eure pour assurer la future navigabilité de la rivière de Chartres à Nogent-le-Roi. Une initiative redondante qui ne trouve pratiquement jamais une solution, à part quelques aménagements pour calmer les esprits.

1566 – Naissance de Charles Loyseau, petit fils d’un laboureur fortuné originaire du canton de Nogent-le-Roi ce qui semblerait accréditer la thèse de sa naissance en cette commune. Détenteur d’une charge d’avocat, et jurisconsulte, il devient lieutenant particulier au présidial de Sens, puis bailli de Châteaudun. Il revient à Paris pour devenir bâtonnier de l’ordre des avocats. Retiré à Châteauroux, il a rédigé de nombreux ouvrages de droit seigneural .Charles Loyseau reconnaissait cinq droits au roi de France : légiférer, nommer des officiers, juger en dernier ressort, battre monnaie et décider de la paix ou de la guerre. Il précisait ‘’ Comme la couronne ne peut être si son cercle n’est entier, ainsi la souveraineté n’est point si quelque chose y défaut.’’ Par contre, Charles Loyseau ne reconnaissait pas la levée de l’impôt comme un droit régalien, mais comme une concession consenties par ses sujets. Charles Loyseau admettait, par ailleurs, que les Francs , conquérants de la Gaule, y auraient établi leur gouvernement et auraient donné naissance à la noblesse alors que les Gallo-Romains vaincus descendraient du tiers-état. Cette domination d’une race sur l’autre expliquerait les privilèges de la noblesse, tout en réfutant la supériorité de la noblesse de race. La noblesse n’est pas issue d’un droit naturel, mais d’un droit de l’Etat et donc sujet à révision. La vertu, traditionnellement attachée à la noblesse, ne vient pas du sang et s’acquiert tout simplement par l’éducation, l’instruction, l’exemple et la fierté du nom que l’on porte. De même, la classification d’inspiration médiévale ( clergé, noblesse, tiers-état) sacralisant le pouvoir s’intégrait dans un système d’agencement divin. Il meurt à Paris le 27 octobre 1627. – # 25 avril,- Diane de Poitiers meurt en son château d’Anet.

# Juillet, un édit de Charles IX établit à Chartres un tribunal avec un juge et quatre consuls chargé eux-mêmes de nommer un collège de cinquante notables négociants chargé de traiter des affaires commerciales (ancêtre du Tribunal de Commerce). Installé d’abord dans l’ancien château des Comtes (place Billard), puis dans la Maison des Vieux consuls, aujourd’hui connu sous le nom  » d’escalier de la reine Berthe  »

# Venue au monde le 3 novembre à Nogent-le-Rotrou de Charles de Bourbon, comte de Soissons, proche d’Henri III puis de Henri IV qu’il bouda par la suite. Appartenant sans doute à la lignée des vicomtés de Châteauneuf-en-Thimerais et de Champrond, amorce de la fameuse maison de Navarre, devenant Bourbon-Navarre, antichambre de la lignée royale, il était le fils de Louis 1er, prince de Condé et de Françoise de Longueville-Rothelin. Ambitieux, d’intelligence médiocre, rusé, il fut de la Ligue, puis du parti d’Henri de Navarre, de celui d’Henri III qui lui donna le commandement des troupes royales en Bretagne. Il se rallia ensuite à Henri IV bien que fort réservé à l’égard du Roi imitant en cela les princes qui étaient nombreux à se dresser contre la politique du roi comme celle de ses ministres.

# Nogent-le-Rotrou – naissance de Florent Goulet, poète élégiaque (chant de mort) percheron qui rédigea plusieurs épitaphes lors de la mort du premier président du Parlement Christophe de Thou en 1583. De même Nicolas Goulet, originaire également de Nogent-le-Rotrou, magistrat particulièrement spécialisé dans la jurisprudence de la province du Perche. Il fut longtemps procureur fiscal de la baronnie de Nogent-le-Rotrou. Par la suite, il sera appelé aux fonctions de procureur du roi.

1566 – Renée de France, duchesse de Chartres, fille de Louis XII, personnage incontournable du protestantisme, vient à Chartres. Elle est connue pour protéger tous les tenants de la Religion Réformée. Détentrice de pouvoirs eu égard à sa position de princesse royale, elle nomme à Chartres unbailli pour exercice de l’autorité, et régler les problèmes inhérents à la religion protestante.

# A propos de l’édit de Charles IX constituant un tribunal chargé des affaires commerciales, antichambre du tribunal de commerce, il fallut attendre neuf années pour que les juges soient élus et s’installent place Billard. Puis, les juges connurent d’autres lieux de réunions, tous provisoires, avant de se retrouver bien plus tard, boulevard Saint-Michel.

1567 -Naissance à Dreux de Jean Metezeau, poète. Il fut emprisonné à plusieurs reprises, notamment à Dreux. Proche d’Henri III et Henri IV, il serait l’auteur d’un quatrain libellé en ces termes.

Par feu, par fer, j’ai combattu

De sang, de bras, de corps, j’ai cette place teinte

Par un pouvoir divin, Roy, j’ai combattu

Et dans ce lieu ici j’ai fait fureur dépeinte.

Quatrain gravé sur une pierre entouré de huit boulets et encastré dans les remparts de la ville de Dreux jusqu’à leur démolition en 1733.

# Les Protestants tentent vainement de prendre Chartres –

# 8 juin. Alors qu’une grande sécheresse sévit, une procession générale à Notre-Dame-de-Josaphat est suivie par une grande partie de la population chartraine. La sainte châsse et le corps de saint Taurin, l’évangélisateur de la Normandie et missionnaire, mort vers 412, et qui passe pour être à l’origine de miracles, sont exposés. Hélas, le saint ne semble avoir entendu l’appel désespéré des habitants, puisque le 13 juillet, suite à l’éclipse de soleil, de forts vents se lèvent qui endommagent conséquemment les habitations et récoltes de la plaine de Beauce, en particulier. Deux mois plus tard, nouvelles intempéries à Chartres, vent et orages vont être à l’origine de dommages conséquents surtout en ville. Les saisons se succèdent et se ressemblent amérement.

# 12 octobre, nouvelle tentative des protestants à vouloir s’emparer de Chartres. En vain, le guet ayant été sonné avant l’attaque ce qui a permis de juguler les assauts. Les assaillants se regroupent, retournent sur leurs pas et vont attaquer l’abbaye de Coulombs (Nogent-le-Roi) qu’ils investissent pendant dix-sept jours et l’endommage gravement. En cette occasion, un incident va marquer les esprits. Les soldats voulant détruire la statue de saint-Benoit qui ornait le cloître, s’y prirent tellement mal que seule la tête de la statue se détacha, et la pierre tomba sur l’un des soldats qui fut tué net. Les autres, terrorisés, s’enfuirent avec la ferme conviction que de s’en prendre à un saint de cette façon, attire immanquablement la colère de Dieu.

28 février 1568 – Leurs échecs ne les décourageant nullement, les huguenots reviennent en force, alors que de nombreux ponts ont été coupés la veille. Arrivés après les vêpres et campés à Saint-Chéron et à Saint-Barthélémy, ils sont mis en échec. Explication. Une légende prétend que le voile de la Vierge aurait détourné les balles destinées aux assiégeants.

# 1 mars – les assaillants brûlent l’église Saint-Chéron : le gouverneur fait mettre le feu à Saint-François et à Saint-Jehan et à Mainvilliers, de même au faubourgs Saint-François. Les troupes adverses brisent la tombe d’Yves de Chartres.

# 5 mars, les huguenots se sont assemblez à Josaphat pour envahir la ville tout en campant leur artillerie à la maison des Troys Maures, Les assaillants ont commencé à battre la ville du costé-des Filles-Dieu et à la porte de Morard. La maison des religieux de Saint-Jehan-en-Vallée est brûlée par les huguenots, pour empêcher les religionnaires d’y trouver refuge. Ces derniers ont placé leur artillerie du côté de la porte Drouaise.-

# 7 mars – des brèches sont ouvertes dans les remparts par les huguenots à hauteur de la rue de la Brèche. L’ennemi est repoussé, mais plus de 250 morts sont à déplorer. Chartres la catholique, bien que de nombreux protestants y séjournent, a triomphé certes, mais les questions religieuses entre catholiques et protestants restent toujours aussi présentes et pourrissent le climat dans le royaume

# 8 mars, vers quatre heures du soir, les huguenots poursuivent l’attaque. A faire bresche, et pour y entre , ils se sont emparés du ravelin (bastion) de la porte Morard. Aussitôt repris par les défenseurs avec grande hardiesse. Dans le même temps le couronnal (chef) des Gascons est blessé. Il pourrait s’agir de M.D’Ardelay ou ArdelaÏ, reconnu comme capitaine gascon, mort suite à ses blessures. Pour particularité, son frère, Pierre de Bourseilles est devenu le célèbre chroniqueur de cour, Brantôme. Ce dernier reçut l’abbaye de Brantôme en dédomagement du sacrifice de son frère.

# 9 mars, fut faite bresche jusques à terre, et fut tiré 248 coups de canon par lesdits huguenots, nos gens les ont hardiment repoussés. Bombardement de ces derniers positionnés avec deux canons de la Porte Drouaise. S’en suivent de vifs combats ne semblent guère émouvoir les défenseurs. De guerre lasse, une partie des troupes du parti protestant se rue sur Luisant, Mainvilliers, Saint-Julian du Coudray (maladrerie) et plusieurs autres paroisses qu’ils brûlent. Ce même jour, M.de Bourdeilles, frère de Brantôme, et capitaine gascon au service de la ville de Chartres, est tué fauché par un boulet.

# 12 mars – assaillants et défenseurs tentent de parlementer avec Antoine de Lignières, gouverneur de Chartres. Vainement, semble-t-il, puisque l’église de Saint-Martin-au-Val est brûlée, puis le lendemain le Grand-Beaulieu. Ce même jour, une trêve est ordonnée par le roi. Les huguenots entament leur retrait, bien que les dispositions de la trêve prévoient une date butoir fixée au 15 du même mois, ce qui fragilise quelque peu une tension palpable. Les habitants de Chartres ont été avertis par une lettre affichée dans la cité. A condition de savoir lire ce qui pas l’apanage de la totalité de la population chartraine. Des hérauts sont chargés de pallier cet inconvénient. Ce qui fut dit, fut fait.

# 15 mars, Condé quitte Chartres, un cessez-le-feu ayant été décrété. Il se porte sur Bonneval que ses troupes vexées d’avoir été tenues en échec, ravagent.

# 23 mars – un semblant de paix est enfin entériné. Entre temps, le Dunois a connu également les retombées néfastes de cette guerre civile. S’en suit un contre-coup économique des suites de cette guerre civile qui hypothèque sérieusement les revenus seigneuriaux. Le parti protestant est considéré comme étant battu. La situation se calme dans le royaume.

17 mars 1569 – De nombreux feux de joie à Paris et Rouen au cours de processions générales s’en suivent. La nouvelle du revers huguenot est annoncée à Chartres le 19 grâce à des marchands d’Orléans.

# 21 mars, après une procession, des feux ont été dressés devant la Tour et la Chambre de la ville, avec tambourins de Suisses accompagnés d’autres instruments. La ville de Chartres est en liesse, saluant cette victoire comme une délivrance. Charles IX vient tenir une assemblée à Chartres, sous forme d’Etats généraux, dans le but prendre des mesures pour la sauvegarde du royaume, et prévenir une nouvelle guerre contre les Anglais. La paix désastreuse de Brétigny reste dans les mémoires.

Vers 1570 – naissance à Châteaudun de Pierre Guédron considéré comme l’un des compositeurs les plus importants à la cour d’Henri IV et celle de Louis XIII. Chanteur et professeur de chant, il fut un animateur majeur avec des compositions musicales et plusieurs ballets. A l’origine également de l’avènement de la monodie (formes musicales dans l’expression de la musique, la diversifiant pour la rendre plus attractive en matière instrumentale et vocale) en France. On le retrouve maître de musique de la chambre du roi, et en 1613 surintendant de la musique du roi, Membre de la chapelle du cardinal de Guise puis celle d’Henri IV. Puis nommé surintendant de la musique du roi Louis XIII (1613), puis en 1617 pour le compte de Catherine de Médicis. Il meurt vers 1620.

# Ecrivain né à Chartres, du moins le pense-t-on, Pierre Sorel dont la mort se situerait vers 1570 serait auteur d’une complainte sur la disparition du connétable de Montmorency, mortellement blessé dans un combat contre les Calvinistes en 1567, intitulée ‘’ Plainte sur la mort d’Anne de Montmorency  » S’inspirant d’un texte de 1539 ayant pour auteur Antonio Guevara, prédicateur de Charles Quint, Pierre Sorel s’émeut des guerres de religion que la France connaît, déplorant la misère des hommes à vouloir s’entre-battre et à se tuer au nom de principes religieux qui n’ont pas leur raison d’être.

1571 – A partir de cette présente année, les échevins chartrains tiennent leurs assemblées dans l’hôtel dit des Trois-Rois situé rue des Changes à Chartres dont une partie existe de nos jours du 11 au 15 de la rue en question.

3 janvier 1572 – Jehan Pocquet, bourgeois chartrain fort aisé, fait don d’un bâtiment et d’un terrain à la ville de Chartres. Quinze ans plus tard, Henri III accorde ses lettres de noblesse à cet édifice qui devient le très célèbre Collège Royal chez Poquet.

1573 – 8 avril – Une bulle papale permet à Nicolas de Thou de devenir évêque de Chartres. Il sera au coeur de la Huitième guerre de religion opposant les trois Henri. Son antipathie pour la Ligue catholique le place en position précaire face aux Chartrains. – Mathurin Régnier voit le jour à Chartres. Il a été l’un des grands poètes de son époque. Après ses études de canonicat, à 20 ans, il choisit de se mettre au service du cardinal François de Joyeuse. A Rome, entre 1594 et 1605, il entreprend l’écriture de ses fameuses Satires. S’ouvrant aux mœurs légères, il  » tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge  », sans se soucier des retombées. De retour en France, il conquiert Paris avec ses satires poétiques. Au centre de querelles littéraires qu’il provoque, ses opposants sont nombreux. Il ne s’en soucie guère, et compose sa propre épitaphe:

J’ay vescu sans nul pensement

Me laissant aller doucement

A la bonne loy naturelle ;

Et je m’étonne fort pour quoy

La mort daigna penser à moy

Qui ne songeay jamais d’elle.

En souvenir, sa vile natale lui a accordé une rue et une stèle- Samedi 21 et dimanche 22 mai 1574 – Les premiers mois de l’année se sont avérées calamiteuses pour la Beauce, le Thymerais de même le Perche. Le mauvais temps se poursuit en cette fin mai, une partie des vignes subit des gels importants de Chartres à Paris de même le blé et le seigle. Un an plus tard, à la même période, la grêle, la foudre et la pluie sont à l’origine de grands désordres.

# juin – Bâtard de la famille d’O, seigneur de Frazé, François d’O devient chef d’une bande de brigands. Profitant des guerres de religion mettant à feu et à sang la France, il écume la région, tuant et violant tout ce qui pouvait servir à son brigandage. Arrêté en avril 1574, il est roué vif en juin 1574 en présence, dit-on, du roi Henri III. Sans doute la personne royale voulait-elle s’assurer de l’éradication de ce dangereux chef de bande.

1 octobre 1575 – environ trois heures après midi, le feu a pris à Chartainvilliers, et a brulé au moins cinquante logis attisé par un fort vent.

# 15 novembre – Décès à Chartres à l’âge de 80 ans de Monsieur d’Eguily qui s’illustra en 1569 au siège de cette même ville. En récompense, il fut fait Chevalier de l’Ordre de Saint-Michel avec 50 de ses hommes. Henri III lui confia alors la mission de défendre les brêches pour prévenir un possible retour des Huguenots. Ce chevalier aurait été inhumé à Illiers le 3 janvier de l’année suivante ( !)

1576 – des gens de guerre viennent rançonner les habitants de Bouglainval, voire violer femmes et filles tandis qu’à Prunay-le-Gillon, d’autres mercenaires prennent pour otages des enfants en vue d’obtenir des vivres et de l’argent.

1578 – Naissance à Chartres de Jean de Champrond, Conseiller au Parlement. Il était connu pour son avarice sordide, au point de chercher toutes les façons de ne point dépenser d’argent. Un certain Bigneau, auteur d’un meurtre, fut condamné à être pendu (1657), peine prononcée par le bailli de la châtellerie d’Ollé. Ce dernier reçut une lettre du sieur de Champrond qui lui indiquait toutes les économies possibles à réaliser sur les frais de justice qui lui incombaient. Au point que le sieur de Champrond crut bon demander la gratuité de l’exécution ce qui fit bondir le bourreau dont le métier était déjà peu lucratif. La honte pour la haute magistrature. Champrond poussa même sa cupidité à transporter le condamné dans son carrosse pour s’épargner le transport de ce dernier ! Sur le point de mourir, il fit même éteindre une des deux bougies qui éclairaient sa chambre Il aurait inspiré Molière pour écrire l’Avare (1668). Il mourut le 3 août 1658, deux ans après son mariage, sa veuve n’ayant que 22 ans. Celle-ci put profiter de la fortune de son défunt mari, puisque le couple n’eut aucun enfant. Il fut inhumé à Paris, ce qui marqua la fin de la famille des Champrond à Chartres

# 26 janvier – Les documents d’époque font état d’un tremblement de terre ressenti de la Beauce jusqu’à Blois, provoquant des dégâts.

# 1 juin – l’inhumation d’un huguenot à Epernon dans le cimetière d’Epernon, provoque une émeute. Le corps du défunt sera exhumé par la population.

# 21 juin – Procession à Notre-Dame de Josaphat de Lèves en raison de la sécheresse.

1 février 1579 – A l’occasion de la fête de la Chandeleur,vers cinq heures du soir, Henri III et avec son épouse, Louise de Lorraine-Vaudémont arrivés à Chartres, vont se receuillir à Notre-Dame. Venu écouter l’intégralité du service du soir après les vêpres, le couple royal va prier auprès de la Vierge afin que la reine enfante. Le lendemain, après avoir assisté à nouveau au service, le roi et le reine ont donné les parements au maître-autel et autres ornements de drap d’argent, espérant obtenir dans ce geste, l’intervention divine pour pallier la stérilité de la Reine.

8 avril – Aux environs de midi d’importantes pluies s’abattent sur la cité beauceronne.Les eaux commencent à croître de telle sorte qu’aux alentours de onze à douze heures du soir, les eaux sont si hautes, que le pont de la barrière de la porte Guillaume est submergé, causant des dégâts importants

# 22 septembre – Nouvelle venue d’Henri III et son épouse en la cathédrale. De nombreuses célébrations religieuses s’en suivent, espérant l’intervention du Tout-Puissant pour qu’enfin la reine soit enceinte. Hélas, l’espoir sera vain, même avec cures venant compléter les prières royales.

1580 – Jean II de Blosset avait fait entreprendre la construction du château actuel de Beaumont-le-Chartif – aujourd’hui Beaumont-les-Autels – au sud du château primitif, en réalité une tour féodale. Un ouvrage de défense convoité par les Anglais en raison de sa position stratégique sur l’entrée du Perche. La date 1580 gravée est celle de son complet achèvement, juste avant les guerres de religion. Ce château, construit en équerre, et flanqué de cinq tourelles, offre un bel aspect et forme pignon avec la route nationale qui traverse le bourg. Par le passé, il était entouré de fossés très profonds, qui ont disparus pour faire place à une pelouse et un parc bien ordonnés. Sa situation sur un coteau a cette cette singularité d’avoir permis à la famille des Cassini, astronome et cartographe d’utiliser l’une de ses tourelles pour la formation des triangles de leur grande carte de France initiée au XVIIIe siècle. De ces tourelles, par un temps clair, on peut, paraît-il, découvrir les tours de la cathédrale Sainte Croix, d’Orléans. Hélas à la Révolution française, les biens furent séquestrés et vendus. En 1804 le château fut restauré.

14 mars 1580Chartres – procession générale, haut et bas en l’église Notre-Dame à l’initiative de M. de Chartres, en raison de la pestetoujours présente et difficile à juguler. Quasiment toute la France est couchée par cette maladie endémique qui fait des milliers de morts.

5 février 1581 – Naissance à Dreux de Clément II Métezeau, architecte dont l’oeuvre a marqué Saint-Germain l’Auxerrois, la pompe de la Samaritaine, les jardins à Nancy, de même la place ducale de Charleville. Nommé par le roi Louis XIII et envoyé en mission à La Rochelle, il dirige ensuite la construction de la digue (1627) destinée à empêcher la ravitaillement de la ville par les navires anglais. Il s’éteint à Paris en 1652. –

# 8 avril, Henri III vient à Chartres, et repart le lendemain, et le 8 juin, y retourne accompagné de son épouse et de lareine-mère, Catherine de Médicis.

# 25 juin – Les compagnies de gens d’armes commandées par Monsieur, frère du Roi, François II de France, ont investi à l’entour de là ville de Chartres en tous les villages où ils ont fait de grands excès que la morale tait.

# 11 août – Vers onze heures et demie du matin, le tonnerre tombe sur l’église Saint-Barthélémy, touche le clocher, rompt un des piliers qui soutient ledit clocher par le hault et pénétre une muraille au dedans et fit grande ruine.

# 20 août, procession générale à Saint-Barthélémy, avec indulgences donnez par M. l’évêque de Chartres, messire Nicolas de Thou, et ce pour raison du tonnerre qui était tombé sur le clocher, l’avait découvert et fait autre ruine.

# Epernon est érigé en duché-pairie en faveur de Jean Louis Nogaret de la Valette. Mignon d’Henri III, surnommé  » le roi d’Epernon  » il règne en maître sur la cité sparnonienne. Son attitude, ses comportements ne furent pas du tout du goût des habitants de cette cité de 1500 âmes à l’époque. Il fut soupconné, un temps, d’avoir armé la main de Ravaillac. Avec tous ses comportements prêtant à caution, Richelieu le fit disgrâcier, et exiler à Loches où il mourut . Une forteresse connue de tout temps comme étant un lieu d’enfermement sinistre où la mort est une délivrance, tellement les condions de détention sont dures.

1582 – Fondation du collège de Châteaudun.

# Une épidémie de peste dévaste le Dunois, pandémie qui ne cesse de se manifester.

# 1 février, Henri III, fort attaché à la ville de Chartres, y revient accompagné de plusieurs des princes et autres seigneurs, en présence de la Reine, sa femme, avec la compagnie de plusieurs princesses et autres dames et demoiselles. Ils sont venus pour très petite partie à pied de Paris jusqu’à Chartres. Le Roi accomplissant le parcours en deux jours et la Reine en sept, retardée par des pluies incessantes, et pénalisée par de très mauvaischemins.Reste à savoir dans quelles conditions réelles s’effectuaient ce pèlerinage royal. On peut penser que le moindre déplacement à pied constituait aux yeux des pélerins de toutes conditions, une façon d’être en règle avec Dieu.

# Le roi établit la Confrérie des Pénitents Blancs dont l’habillement se compose d’un capuchon blanc en forme de sac de même couleur, placé sur le visage avec deux trous pour les yeux (ancêtres du klu-kluxan ?), un chapelet à la main, et un fouet à la ceinture avec lequel ils se frappent les épaules. Les Chartrains n’ont jamais éprouvés d’intérêt pour cette confrérie, la comparant à une mascarade.Il n’y avait que le Roi, disait-on, pour l’apprécier. De même ces pénitents qui étaient honorés par cette présence qui ne faisait que les conforter dns leur idéal ‘’ religieux ‘’.

Février 1583Anet est érigé Principauté par lettres patentes d’Henri III. Après un voyage en carrosse, le roi se rend à pied en la cathédrale, la Reine étant arrivée en coche pour recevoir la sainte communion. Le lendemain,le Roi repart pour Notre-Dame de Cléry (proche d’Orléans), sans la Reine .

# Avril – Le duc de Guise vient passer à Chartres les fêtes de Pâques pour accomplir ses dévotions envers la Vierge Marie et la remercier de lui avoir accordé deux enfants. Ayant commandé à un orfèvre la représentation en argent de ses deux fils, il en fait solennellement le don au pied de la statue de la Vierge.

# 28 décembre, jour des Innocents – Grande Procession Blanche de quelque 12 000 Drouais qui se rendent à pied à Chartres. On fête la fin miraculeuse d’une épidémie de peste.Vêtus de blancs, brandissant des bannières, des croix impressionnantes et enrubannées, une grande ferveur anime cette foule immense. Avec pour final, une messe solennelle dans la cathédrale. Les pénitents restent en la cité beauceronne pour la nuit. Le lendemain de cette fête, les Drouais repartiront pour faire halte à Marville-Moutiers, lieu hautement symbolique de la bataille de Dreux en forme d’hommage à ceux qui y laissèrent leur vie. Et ils furent nombreux.

# Le culte des saints est très suivi, dont on baise les pieds en forme d’espérance avec la bénédiction des curés. Les saints sont considérés comme un rempart aux calamités. Saint Sébastien est lié à la peur de peste, Mamès contre les maux de ventre, Claire contre les maladies des yeux, Jean-Baptiste contre les maladies des moutons, Maur contre les douleurs et les rhumatismes, Apolline contre les maux de dents, Blaise contre les maladies des enfants, etc. Saints représentés par des statues que l’on vient prier, à qui l’on verse une obole qui ira au denier de l’église ou lors de processions. La guérison est un miracle. La peur de l’au-delà, les invocations diverses pèsent sur les consciences. La sensibilité religieuse est indéniable. Le culte des saints guérisseurs est associé à la vie du bétail, bien majeur dans le milieu paysan. On vénère également les reliques comme on se rend également sur des lieux païens, de même des fontaines. L’eau est récupérée pour être utilisée au long de l’année et censée prévenir ou guérir des maladies. Sa pureté est synonyme de source de vie. Les remèdes ont beau jeu devant le manque d’efficacité des médecins dont les connaissances thérapeutiques sont limitées, usant parfois de l’incrédulité humaine. Certes les plantes, proposées par quelque rebouteux comme il en existe dans les campagnes, un palliatif qui laisse à désirer. Graisse, sel, vin, oeufs, pain chaud, gnole, cataplasmes de toutes sortes, tout est bon pour y croire, et le miracle arrive parfois. Tout cela débouche sur des fêtes populaires, de bons repas, des beuveries. On dit que le roi impressionné par cette ferveur autant religieuse que profane, a décidé de s’en rapprocher Le roi, impressionné par cette extériorisation, décide à son tour de s’y associer.

Mars 1584 – Henri III, accompagné des frères de la confrérie des Pénitents arrive à Chartres après une marche de 7 jours, étant sorti de Paris le 6 mars au matin. Les participants y compris le roi sont entièrement vêtus de blanc des pieds à la tête selon la règle des Pénitents. A la main, un grand chapelet que chacun égrène au long de cette marche pieds nus (le roi également?), et un fouet noué à la ceinture au cas où un pénitent faillirait à son engagement.

# Naissance à Chartres de Pierre Sablon, d’abord graveur qui se découvrit des dons vers l’âge de dix-sept ans en reproduisant un portrait de Rabelais. Plus tard, après avoir exercé différentes professions notamment celle de marchand-drapier, il aurait été conseiller du roi (justice). Il se lance alors avec un certain succès, dans la poésie, notamment versifiant par quatrain interposé sur quatorze rois de France dont l’auteur dresse un portrait très court, néanmoins significatif. Il meurt vers 1650.

29 novembre 1585 – Henri III venant de Paris, s’arrête avec son cortège à Umpeau, et  » accomplit  » les derniers kilomètres à pied. Le lendemain, il se fait dire la messe par douze capucins en l’église de Notre-Dame-sous-Terre, puis s’en va coucher le soir à Nogent-le-Roi. Le roi viendra à seize reprises à Chartres y faire ses dévotions, cette ville lui tenant à coeur.

28 mars 1586 – Henri III accomplit un nouveau pèlerinage à Chartres en compagnie, cette fois-ci, des Capucins, habillé selon la règle propre à cet ordre.

1587Chartres – démolition du donjon du château féodal des Comtes.

# 20 octobre, Nouvelle arrivée des protestants (8ème guerre de religion catholiques/protestants), qui passent à côté de Chartres et s’en vont dévaster Auneau, et y campent. L’armée du duc de Guise, chef du parti ultra catholique, dit le Balafré (blessure au visage à la bataille de Dormans en 1575) surprend et massacre l’adversaire le 24 novembre.

1587 – Destruction en grande partie du château des Comtes presque à l’état de ruines, (aujourd’hui à l’emplacement de la place Billard)

9 février 1588 – Charles II de Lorraine, duc de Mayenne fait une entrée triomphale à Chartres ville qui s’est déclarée ouvertement pour la Ligue (catholique), sitôt Henri III reparti. Une alliance qui tournera court.

11 mai 1588 – Le roi accorde aux habitants de Chartres deux lettres-patentes pour organiser une Foire des Barricades sur huit jours ouvrables, la seconde se déroulant le 24 août de la même année, dénommée foire de saint-Barthélémy soit trois jours ouvrables. La première nommée est considérée comme la première véritable foire dite foire de mai ou des Barricades. Cette date semble curieuse dans les registres d’histoire dans la mesure où Henri III l’autorise en mémoire aux journées des Barricades alors que la date de référence est celle du 12 mai. Pour autant, il pourrait s’agir de la date de signature, puisque Guillaume Doyen dans son Histoire de Chartres, cite celle de la Saint-André s’ouvre sur une journée le 8 septembre.En voici le texte  » Considérant que ladite ville est d’une belle et grande étendue, située en fertille pays où se fait un grand et ordinaire trafic de toutes sortes de marchandises, et qu’en accordant ladite foire franche, ladite ville en sera améliorée, et la commodité d’un chacun augmentée comme nous désirons, pour la solide obéissance que les habitants ont toujours portée à notre service, exécution de nos commandemens, et pour d’autant plus accroître les moyens avec la bonne volonté, et leur donner occasion de continuer, avons créé et établi, créons et établissons une foire franche, pour être dorénavant, perpétuellement et à toujours, tenue durant le terme de huit jours ouvrables consécutifs, qui commenceront le 11e jour de mai.  »

# Nouvelle épidémie de peste, un drame récurrent qui continue à faire des ravages dans la population.

12 mai 1588 – Journée des barricades à Paris. Henri III laisse le place aux ligueurs.(8 ème guerre de religion).

# Naissance à Chartres de François Langlois dit Chartres, Libraire, graveur, marchand d’estampes et de tableaux. Il est considéré comme précurseur dans la diffusion et la connaissance de l’image dans la première moitié du XVII ème siècle. En 1633, après avoir parcouru l’Italie, l’Espagne et l’Angleterre, en faisant, selon toutes probabilités, commerce d’estampes et de livres, il revient à Paris où il s’établit.. Charles I, roi d’Angleterre fera appel à lui pour les achats d’objets d’art En 1645, il obtient le privilège royal émanant de la reine-mère Anne d’Autriche  » pour faire graver en telle forme, grandeur et caractères, et autant de fois que bon luy semblera  » un livre intitulé Manière de bien bastir par toutes sortes de personnes, par Pierre Muet (1591/1669). Il meurt à Paris en 1647.

# 14 mai – Henri III fuit à Chartres, et ira habiter, dit-on, dans la maison Huvé, siège aujourd’hui d’une grande librairie, alors qu’une autre version prétend qu’il s’agissait de la maison canoniale. Chartres, pour la seule fois de son histoire, devient capitale du royaume. Sa présence est tellement appréciée par les habitants, que le roi appose ses mains sur des écrouelles, la population des pénitents le considérant comme un thaumaturge détenant alors ce pouvoir de guérir les malades. Ils seront très nombreux à attendre cette apposition.

# Chartres est en quelque sorte associée à la Ligue, conflit opposant le duc Henri de Guise dit le Balafré, parti catholique et Henri de Navarre, à la tête des protestants.

On ne saurait voir un protestant monter sur le trône de France, d’autant qu’Henri III n’a pas d’enfant. Mais la loi salique impose un homme sur le trône. Henri (futur Henri IV) en bénéficie en sa qualité de 21e cousin. Les rapports roi/ligue se détériorent, Guise condamnant le manque de rigidité d’Henri III.

# 1 août – Catherine de Médicis et Henri de Guise se rendent à Chartres et demandent au roi de revenir à Paris. Il refuse. Après un édit d’Union considéré comme une parodie manœuvrière, le monarque convoque les États Généraux à Blois en septembre 1588.Avec l’assassinat du duc de Guise le 23 décembreà Blois, Henri de Navarre est en position privilégiée pour monter sur le trône. D’où la décision de ce dernier à faire de Chartres sa ville de son couronnement puisque Reims étant aux mains de ses opposants.

# Les ligueurs ulcérés encore présents dans la cité beauceronne ouvrent les portes à Mayenne, frère du défunt.

1589 – Charles de Lorraine, duc de Mayenne, saccage Châteauneuf-en-Thymerais puis se porte sur Nogent-le_Roi, non sans être accompagné d’une puissante artillerie. La ville est prise et pillée. Le capitaine du château est pendu sur la place ds Halles. Les troupes d’Armand de Gontaut Biron, maréchal de France (1524/1592) fidèle d’Henri IV, assiègent à leur tour Nogent-le-Roi. En représailles à la précédente exécution, le maréchal fait subir le même sort au capitaine catholique.

# 9 février – Sédition à Dreux en faveur de la Ligue

# 23 février, le futur Henri IV vient assiéger cette ville. 576 coups de canon seront tirés contre les fortifications de la ville occasionnant une large brèche qui ne pourra pas pour autant être exploitée par les assaillants. Pendant ce temps, le duc de Mayenne fait le siège et prend Chartres. Il remplace le gouverneur Sourdis par Réclainville, un homme à son service.

# 22 mars – Rencontre des partisans de Mayenne avec les troupes calvinistes, à la Croix-du-Perche, puis Courtalain. –

# Henri de Navarre fait partir de Beaugency un détachement de cinq cents hommes, sous la conduite du sieur de Rosny, futur duc de Sully et de François de Châtillon, fils de l’amiral de Coligny. Avec pour mission, celle de s’emparer de Chartres.

# 13 mai- S’oppose un détachement de trois cents ligueurs, commandés par Charles Tiercelin de Saveuse et ses deux frères, Anne, seigneur de Brosse, et Nicolas, seigneur de Cailleville, fils d’Adrien II Tiercelin. On combat avec acharnement de part et d’autre, mais la victoire sourit aux catholiques. Nicolas est tué dans le combat. Charles, après s’être battu comme un lion, est grièvement blessé à la cuisse et fait prisonnier. Emmené à Beaugency, il ne tarde pas à mourir des suites de sa blessure. Son corps fut rapporté à Chartres, où un service solennel eut lieu pour lui, à la cathédrale, le 28 mai 1589. Il est inhumé aux Cordeliers. Un de ses fils, Charles, jouera plus tard un rôle dans l’histoire de la Ferté.

# 25 mai, Facile victoire des troupes huguenotes du duc de Mayenne à Châteaudun. Les huguenots, en effet, et les ligueurs sillonnent le pays en tous sens,et les affrontements sont nombreux. # Ce même jour, un corps de troupes légères, envoyées des environs de Blois par Henri roi de Navarre, et commandées par le seigneur de Lorges, passe à la Ferté (Ferté-Villeneuil) et s’empare par surprise de Châteaudun.

# 2 août – A la mort d’Henri III, assassiné ce même jour à Saint-Cloud , Chartres refuse de reconnaître le nouveau roi Henri IV. S’en suivent des invectives entre les deux camps, le roi sommant Chartres de se ranger sous la couronne ce qu’elle refuse, tout en lui demandant d’abjurer sa religion. Les combats reprennent.

1590 – Naissance à Chartres d’Esprit Gobineau, abbé , théologien et poète. Auteur de : Le Sacré Mont Carmel par le sieur Gobineau, chartrain- Epitres – L’ordre sacré de la Sainte église, en vers françois.

# 9 février. – Une colonne de 500 Huguenots, quittant Beaumont pour se rendre au siège de Chartres, s’arrête à Thiron, se fait héberger à l’abbaye pendant 2 jours, raflant sans vergogne 450 livres au nom du roi huguenot.

# Dimanche 5 mars. – Des assaillants conduisent contre la ville de Dreux un nouvel assaut qui durera cinq heures, mais encore une fois les défenseurs se montrent ardents et déterminés au combat, si bien que le roi préfère battre en retraite pour contourner Mayenne, et éviter d’être pris en tenaille entre ce dernier et les Drouais. Ces derniers se félicitent de ce départ et ils qualifient le monarque de Roi cendreux. Henri IV s’en souviendra lorsqu’il reviendra en 1593 pour faire capituler Dreux ce qu’il parvient à obtenir le 8 juillet. Les habitants auront la vie sauve à l’exception de sept d’entre eux qui seront exécutés. Cependant Henri IV eut pitié des autres assiégés, leur donnant à chacun un écu, avec la liberté de se retirer où ils voudraient. A la suite de ce siège, la ville perdit de sa superbe, puisque les remparts ne furent pas relevés, perdant alors de son importance politique.

# 14 avril – Le nouveau roi doit faire face aux désordres qui ont suivi la mort tragique d’Henri III huit mois auparavant. Il se trouve confronté à bien des incertitudes qui agitent le royaume. De nombreux affrontements ravagent la Beauce, si bien que le roi, avec l’aide Mayenne, affronte les ligueurs à Anet, et les bat. Toutes les villes lui ouvrent désormais leurs portes. De longs et coûteux sièges sont évités. La raison l’emporte sur la hardiesse.

# #27 mai – Alors que la ville de Châteaudun a été prise par la Ligue, puis reconquise un mois après par le maréchal d’Aumont, compagnon d’armes d’Henri . Georges Babou de la Bourdaisière, gouverneur de Chartres pour le duc de Mayenne, arrive devant la ville avec un gros corps de partisans. Les Dunois se rendent compte très vite que toute résistance devient impossible. Il nomme comme gouverneur Joachim de la Ferrière, sieur de la Patrière. Henri IV connaissant l’affection des Dunois envers ce dernier, en déduit qu’il lui sera relativement facile d’expulser les Ligueurs. Il charge le maréchal d’Aumont de cette expédition. Les portes des faubourgs furent en effet conquises sans coup férir par le maréchal, dans la journée du 6 juin. De nombreux incendies s’en suivirent notamment provoqués par des feux d’artifice et fumigènes lancés des fenêtres du château, communiquant de fait le feu aux maisons, à l’église s’ajoutant à d’autres départs de feu de mains d’hommes.. L’incendie dura deux jours. Se voyant pressés par les troupes royales, les Ligueurs mettent en même temps le feu dans une partie importante de la ville. Un incendie qui prend des proportions effrayantes ravageant tout le centre de la cité médiévale dunoise. Un désastre qui marquera longtemps Châteaudun puisque les chroniqueurs de l’époque prétendent que plus de mille maisons furent pratiquement détruites. Hélas pour les royalistes, les Ligueurs vont néanmoins conserver la maîtrise de la ville. Sa tranquillité ne sera rétablie qu’après la prise de Chartres par Henri IV.

# En cette même année, du moins le suppose-t-on, naissance de Jean-Baptiste Souchet, prélat et historien, auteur d’une Histoire de Chartres , ouvrage aussi remarquable que précis des origines de la ville jusqu’en 1620. Il meurt dans sa ville de naissance en 1654.

1591 – Le château de Châteauneuf-en-Thymerais assiégé par le comte de Soissons est pris, incendié, et désormais laissé en l’état eu égard à son délabrement. Seule la chapelle fut épargnée pour devenir par la suite, un lieu de pèlerinage très prisé.

# 26 janvierChartres qui fut dans le giron de la Ligue, est assiégée du 10 février au 20 avril par Henri IV et prise après six assauts. 3500 hommes défendent la cité beauceronne, défense organisée à la hâte par le gouverneur La Bourdaisière. Etant tombé malade, le roi se fit porter à l’abbaye de Josaphat pour s’éloigner du bruit. Miraculeusement, il retrouve rapidement force et santé.Durant cette période sort un ouvrage du prêtre ligueur Sébastien Le Pelletier, maître de grammaire des enfants de chœur de la ville de Chartres, traitant des guerres de religion. Il ne se montre pas tendre envers Henri IV, le traitant de ‘’ roy hérétique ‘’. Une telle publication aurait pu l’exposer à la vindicte royale allant parfois jusqu’à des exécutions sommaires. Il y échappa. Comme quoi, la connaissance est un bienfait.

# En mars, les fortifications y compris la porte des Cornus furent détruites.

# Le 20 avril, le roi entre enfin à Chartres puis se rend à Alluyes, puis Brou pour y rencontrer sa maîtresse Gabrielle d’Estrées. Tous deux retourneront en la cité beauceronne, et, dit-on, elle s’offrit à lui. D’ailleurs, on rapporte qu’en souvenir de cette journée intimiste, Henri IV aurait choisi Chartres pour son couronnement, un rappel à ses amours. La vérité est ailleurs. Reims est occupé par ses ‘’ ennemis ‘’ Puis Chartres a causé bien des soucis à ce futur roi en résistant à ses assauts. Gabrielle(d’Estrées) ayant cédé elle à l’assaut, le roi en repartit tout joyeux. L’abbaye de Saint-Jean-en-Vallée, après avoir connu par le passé les désordres des guerres de toutes natures, voit ses dernières structures encore debout, succomber sous l’incendie.

# 21 avril, Henri laisse le soin d’organiser la défense, aux frais de la cité beauceronne ce qui n’a pas l’heur de plaire aux édiles de la ville –

# 21 septembre – Assemblée de prélats à Chartres pour condamner la bulle de Grégoire XIV contre Henri IV et les catholiques de son parti. Y participent deux cardinaux et huit évêques de France S’en suivra un édit déclarant cette admonestation papale et son contenu  » nuls et non avenus  ». De même, le roi s’engage à  » maintenir la religion catholique apostolique et romaine  ». –

# L’actuelle place des Epars à Chartres prend le nom, cette année précisément, de place des Barricades pour célébrer en quelque sorte les combats qui s’y déroulèrent.

Aux alentours de 1592 – Entre le moulin au Proust et le moulin Rivière (commune de Charbonnières ) , endroit choisi par Henri IV, roi de France et de Navarre, pour venir pêcher l’anguille dans les cours instants que lui laissaient ses amours avec la belle Gabrielle d’Estrées, habitant aux dires des anciens, le château de la Herbaudière. Des chroniqueurs s’en donnaient à cœur joie pour qualifier le monarque comme ‘’ un poisson heureux dans l’eau ‘’, la pêche étant un dérivatif s’ajoutant à ses amours.

# La guerre civile endeuille le royaume, Dreux en subit les retombées néfastes. De nombreux incendies se déclarent, plaie de l’époque lorsque les moyens de lutter contre le feu se réduisent à peau de chagrin.

# 3 juillet – Naissance à Chartres d’Etienne d’Aligre qui, après avoir été ambassadeur à Venise, puis Garde des Sceaux (1672), reprend deux ans plus tard, les charges que son père possédait toujours malgré sa disgrâce. Retiré à Versailles, il y meurt le 25 octobre 1677

# 14 décembre – Henri IV se voit contraint de rassembler à Chartres les principaux personnages du royaume pour s’opposer à une nouvelle bulle, celle du pape Clément VIII, à l’initiative des ligueurs pour destituer le roi, afin qu’un nouveau monarque acquis à leurs causes monte sur le trône. Peine perdue, l’unité rejettel’initiativedu pape.

# Sans que l’on connaisse la date exacte, naissance d’Adrien du Guesdou, gentilhomme et seigneur du Saussay (près de Dreux). Il fut un poète de talent, dit-on à qui on attribue Les Paysages – La Marguerite ou la jeunesse du poète en 39 sonnets (1575) –

# Un autre personnage semble appartenir à ce siècle en la personne de Nicolas Guesdon, sans doute originaire de Châteaudun, et qui se fit connaître pour ses dons comme joueur de viole et de clavecin sans pouvoir en dire plus à propos de cet instrumentiste.

Juin 1593 – Sully entreprend le siège du château de Dreux, et le fait détruire en grande partie, notamment le donjon construit en 1244, construction imposante dénommée  » Grosse tour  », dont les restes furent rasés au XIXe siècle. Un château considéré comme une tour de défense aux confins de la Normandie, le pouvoir royal y voyant une tête de pont face aux Anglais.

# 6 juillet – Cloyes — Un curieux procès-verbal de la fin du XVIe siècle nous informe l’existence de sept « jeunes garçons » de Cloyes, dont il donne les noms (*) Lois Perrocquin, Lois Criègne, Gilles Cornillet, Hector Gallier, Jacques Gallier son frère, Denis Ratault et Jehan Piedallu, des émules dignes de l’humeur aventureuse de leurs aînés du XIIIe partis vers une terre inconnue. Dans leurs veines, quelques gouttes du sang généreux hérité des jeunes croisés du Moyen-Age qui n’avaient rêvé rien moins : la conquête des Saints Lieux et la délivrance du tombeau du Christ. . A l’écoute des récits de combats presque journaliers dont leurs pères furent tout à la fois les héros et les martyrs, la foi des enfants eux-mêmes s’exaltait et inspirait à ces jeunes âmes un courage et des résolutions au-dessus de leur âge.Malgré leur idéal combiné à une foi intense en faveur de la civilisation chrétienne en pleine de luttes religieuses ardentes, ils ne purent éviter que les Musulmans s’emparent de leurs personnes. Heureusement, un messager, soi-disant envoyé par le Pape, vint à Cloyes avertir que ces enfants avaient été délivrés par l’armée navale de Sa Sainteté. Ils se trouvaient laors dans les vaisseaux des Turcs. Transférés en la ville de Trêves en Hongrie (sic), leur sort fut différé avant qu’ils soient mis en liberté par Sa Sainteté, sans qu’au préalable il ait été certifié de leur vie moeurs et religion ». (Minutes de Cloyes, 6 juillet 1593. Bull. Soc. Dtin., VI, 43G et seq.) –

# 10 juillet – Henri IV fait pendre 7 bourgeois à l’origine de la défense de la ville de Dreux – débuts du démantèlement du château comtal de ladite ville. –

# Durant juilletLa Ferté-Villeneuil – Les ligueurs, qui occupaient la Ferté, s’aventurant parfois au loin connaissant l’échec. Témoin, l’aventure où Fleurimond Molliere, fils de Jacques Molliere, déjà cité, trouve la mort, en ce mois présent. Laissons le soin aux témoins qui ont vécu cette journée tragique de nous la raconter.» « Cejourdhuy cinquième jour de Décembre dudit an mil cinq cens quatre vingt et treize, avant midi, en notre étude, à Cloyes, en la présence de moi, Alexandre Chenu, notaire et tabellion juré, est comparu en sa personne Anthoine Batard, tailleur d’habits en cette ville de Cloyes, paroisse de Saint-Georges, lequel pour fuir et éviter les censures ecclésiastiques, pour certaine cérémonie que célébrée faire publier et fulminer, ses églises paroissiales de Saint-Georges et Saint-Lubin de Cloyes, Jacques Mollîère, praticien, demeurant a la Ferté-Villeneuil, Que pour confession en icelle que des quatre mois sont ou environ, a un jour de samedi, moins ou plus, certainement n’a peu compter le temps, lui étant en cette ville de Cloyes, au marché qui se tenait ledit jour, on l’entendit de plusieurs personnes qu’il y avait des ligueurs qui étaient près de Cloyes, lesquels avaient ( ?) à entrer dans la maison du Jonchet. Comme il entendit dire qu’il les fallait aller charger, ce oyant, lui qui parle, s’en alla vers la porte Saint Georges dudit Cloyes, où étant arrivé, vit plusieurs soldats, qui étaient sur la barrière appuyez, qui est devant ladite porte Saint Georges et étant en nombre de dix ou douze, entre lesquels, lui qui parle y connut le fils dudit Mollière, nommé Fleurimond Molliere, duquel il avait auparavant bonne (?), pour l’avoir vu tant audit lieu de la Ferté-Villeneuil qu’ailleurs, aussi y connut un nommé Augustin Loiseau qui est de cette ville de Cloyes, et quant aux autres soldats, qui étaient tous armes d’épées et arquebuses, comme au pareil desdits Molliere et Loiseau, ne les connut, avec lesquels étant sur ladite barrière, et lorsque lui qui parle y arriva, étaient maître Jehan Lambert, demeurant en ceste ville de Cloyes, honnête personne Jacques Gontier et plusieurs autres qui parlaient ensemble, de ce que ledit jour la fille de Amadot Charon, fermier du Jonchet, avait été blessée, ne sait toutefois, lui qui parle, ce que les soldats en dirent, parce que au même instant il survint et arriva ledit Amadot Charon et un de ses neveux, nommé Bonsergent, montez à cheval, tirants épées à leur coté, escoupettes ou arquebuses, lesquels étant arrivés, commencérent ! Charon et Bonsergent à mettre pied a terre, et descendre de sur leurs chevaux, disant par ledit Charon en ces mots : Ses voleurs qui ont tué ma fille et commença a tirer son épée de son caste, ensemble ledit Bonsergent, lesquels étant mêlé avec les soldats, les chargèrent a coups d’épée, (…), que ledit Charon donna un coup d’épée de taille sur ledit Fleurïmond Mollière, duquel coup Mollière tomba a terre, et néanmoins au même instant le vit relever et inconscient ne le vit plus à l’endroit où il était tombé ni ailleurs. Quant aux autres soldats ne les vit frapper, parce que lui qui parle s’en alla. N’ouït point et n’entendit, lui qui parle, que lesdits soldats ne aucun d’eux criassent : Vive le Roy ; si bien qu’il vit que aucun desdits soldats avaient des écharpes blanches. Et que le même jour, environ une heure ou deux après, il vit que ledit Mollière fut apporté mort subit dans les halles de cette ville de Cloyes, ne sait qui l’avait tué, ni où il fut trouvé, sinon qu’il a ouï dire que ce fut aux vignes de Beaulieu proches dudit Cloyes. Et est tout ce qu’il a dit savoir du contenu (…).Signé : Bizollier et Samuel Costé. Minutes des notaires de Cloyes , 1593. Malgré les dire, d’un autre témoin, Claude Tharîn, qui affirma que la troupe dont faisait partie Mollière, était de la garnison de Châteaudun, nous pensons qu’elle était de la Ferté. Ces soldats ne pouvaient être de Châteaudun puisqu’ils étaient ligueurs, et qu’alors Châteaudun était, depuis trois ans au pouvoir d’Henri IV .Le calme revint cependant dans la petite ville de la Ferté, mais beaucoup plus tard que dans les villes, car les efforts des troupes royales se portèrent principalement sur ces dernières. Ce ne fut qu’après la reddition de Pans, que l’on s’occupa de chasser les ligueurs des dernières forteresses qu’ils détenaient encore Pour la Ferté, la délivrance n’arriva qu’à la fin de l’année 1594 et peut-être seulement en 1595. En effet, une enquête constate que, dans les années 1593 et 1594, un nommé Marin Brindeau, ayant acheté plusieurs pièces de vin à Beaugency, ne pu les amener à Châteaudun, « à raison des gens de guerre, qui étaient du parti contraire au Roy, tant en la ville d’Orléans qu’à Meung , Machenainville et la Ferté-Villeneuil, qui sont les passages ordinaires à venir de Beaugency ». –

# 24 août – Procession générale à Saint- Père, là où on a porté le fust (fût) de la Vraie Croix, la châsse de M. saint Taurin pour invoquer la clémence du ciel face à une sécheresse latente. Miracle, ledit jour la pluie a commencé à l’heure de sept heures du matin.

28 janvier 1594 – Docteur en théologie à l’Université d’Orléans, et dominicain, Robert Guellin est dit natif de Chartres. Il publie à Paris les Sept Lampes Sacrées ardentes devant le trône de Dieu, traitant de l’immortalité de l’âme raisonnable, de l’état des âmes après la mort, du purgatoire et de la résurrection des corps dédiant son livre à Philippe Hurault, évêque de Chartres. Il meurt en 1620 à Maçon où il est prieur.

# 27 février – Sacre d’Henri IV à Chartres par l’évêque Nicolas de Thou – Le roi loge à l’évêché (Musée des Beaux-Arts). Il est précédé des archers de la ville et du grand prévôt, il pénètre dans la cathédrale  » vêtu d’une chemise fendue devant et derrière, d’une camisole de satin cramoisi et d’une grande robe de toile d’argent ‘‘ Cérémonie grandiose, grosses mesures de sécurité, peu de spectateurs et d’invités, et surtout des rituels qui ont eu pour conséquence de faire traîner en longueur la cérémonie. Ceint de la couronne de Charlemagne, il reçoit le sceptre à fleur de lys des rois de France A ce propos, une légende tenace affirme qu’Henri IV serait entré à cheval et en armes dans la cathédrale, puisque l’un des sabots de ce destrier royal aurait marqué à jamais une dalle de l’allée centrale. Une telle croyance semble utopique dés lors que la pierre de Berchères avait la réputation d’être une pierre très dure. Une version plus soft aurait tendance à privilégier la présence d’un anneau que l’usure du temps a conduit les marchands d’illusion à le faire ressembler à un sabot de cheval ! Le tout nouveau roi fera son entrée triomphant à Paris, un mois plus tard.

# 29 juillet – Procession générale à Saint-Maurice, où l’on a porté le fust de la Vraie Croix et une autre relique avec le corps de Saint Piat, implorant un temps plus clément face à des pluies pénalisantes et incessantes.

1595 – Naissance à Chartres de François Hallier, professeur de théologie à la Faculté de Paris. Il accomplit de nombreux voyages en Italie, Grèce et notamment en Angleterre où il faillit perdre la vie en raison de son appartenance à l’église catholique, des protestants ayant projeté de l’assassiner. De retour en France, il décline la proposition de Richelieu de devenir son confesseur estimant qu’il n’était pas redevable d’un tel honneur. En 1645, porte-parole du clergé de France, et nommé syndic de la Faculté de théologie , il eut maille à partir avec les Jansénistes l’accusant de prendre fait et cause pour le courant jésuite. En 1656, Alexandre VII le nomme évêque de Cavaillon, mais une attaque de paralysie l’empêche de prendre cette fonction. Considéré comme l’un des hommes d’église les plus en vue de son époque. Quand il publie Hiérarchie ecclésiastique ( 1648) Hallier s’inscrit dans une querelle que l’on connaît sous le nom de ‘’ siècle des saints ‘’ entre 1550 et 1650. Les Jésuites étant alors considérés comme des illuminés vivant au sein d’un monde où l’humain est exclu dans une quête spirituelle associée à la mortification du corps comme celle de l’âme. On doit à Hallier plusieurs traités de philosophie – des sermons – des lettres. Il meurt à Paris en 1658.

7 janvier 1595 – Jean Guignard, né à Chartres, est brûlé à Paris pour crime de lèze-majesté pour avoir écrit des libelles contre Henri III et Henri IV. Auparavant, ce Jésuite et professeur de théologie aurait inspiré Jean Chatel à devenir un parricide en blessant à la bouche d’un coup de couteau Henri IV le 27 décembre 1594 , et qui sera lui aussi exécuté.

v.1596 – naissance à Châteaudun de Nicolas Chaperon, graveur et peintre à qui on doit de nombreuses œuvres au rang desquelles deux portraits jugés remarquables d’Henri IV, de même une série de planches dénommées La Bible de Raphaël réalisées au Vatican.

14 février 1597 – décès à Chartres de Jacques Régnier, père de Mathurin Régnier, le poète.

# Création à Authon-du-Perche de la communauté réformée par Jacques Couronné, ministre protestant. Il aurait rallié à sa cause bon nombre de seigneurs voisins, et notamment la famille des Robethon. Si le nombre d’adeptes fut alors important, trois ans plus tard, le nombre de pratiquants aurait diminué de façon importante.

1598 – La Ferté-Villeneuil fait figure d’exemple car dans cette période troublée des seigneurs comme des opportunistes font main basse sur la propriété d’autrui, alors que la misère est à son comble. On refuse même de payer les fermages prenant prétexte de la pauvreté du temps, comme de la guerre qui règne depuis plusieurs années. Pour se justifier, ces métayers prennent pour excuse l’impossibilité raisonnable de cultiver leurs champs en raison des ravages occasionnés par des soldats de tous bords. Heureusement, le bailli du Dunois prend des mesures coercitives qui mettent faim à ce défaut de paiement. Le calme revient, pour enfin permettre aux paysans de mettre  » la poule au pot tous les dimanches,  » selon le bon usage oeuvré par Henri IV – Cette même année, l’église réformée reçoit l’autorisation d’ouvrir un temple au hameau de Pont-Tranchefêtu. Le XXe siècle verra ce témoin tomber totalement en ruines, après avoir été fermé en 1974. Pour la petite histoire, un temple doit se situer à plus de neuf kilomètres de la cathédrale. La vallée de l’Eure révélant la présence de la plus grande part de familles protestantes, le choix de cette petite commune s’est avéré le lieu idéal Il faudra cependant attendre 1604 pour voir ce temple prendre forme, et s’ouvrir réellement au culte. Pour le petite histoire, Marsauceux (près de Dreux) sera toujours considéré comme le lieu emblématique de la présence protestante en a, et surtout son emplacement permet de contrôler les allées et venues, et prévenir l’arrivée d’intrus donc de se voir interdire le culte.

1598 – Fondation de l’hôpital de Nogent-le-Rotrou par Rotrou III

# En cette fin du XVIe siècle, certains châteaux vont perdre leur appareil de défense. Les murs sont percés de fenêtres. Les fossés se transforment en terrasse ou en viviers. Seule la tour du pigeonnier reste pour la postérité. Ces demeures prennent le nom de gentilhommières ou noblesses. Des gravures de la Topographie française révèlent les constructions de l’époque sous  » forme de maisons plates basties à la moderne  » Toutefois l’expression  » manoir seigneurial  » ou  » principal manoir  » seront d’autres appellations ponctuelles de ces constructions qui ne sont pas des châteaux (moyens de défense) au sens strict du terme, tout en restant des ouvrages protégés contre les invasions.

# Apparaît un certain Jean Vierge, sculpteur qui serait originaire de Brou. Vers 1596, il aurait réalisé plusieurs statues pour les églises Saint-Médard et Sainte-Madeleine de Châteaudun.

XVIIe siècle

Au tout début du siècle, Louis de Pontbréand, écuyer du roi, entreprend la construction du château de Saint-Lubin-des-Joncherets. –

# Naissance à Dreux de cet homme connu sous le nom d’Alexandre-le-Grand , gentilhomme d’Aigicourt (ou Augicourt), et poète. A son actif, le Triomphe de l’amour divin.

# Le marquis de Dangeau se convertit au catholicisme, mais ses soeurs restent dans le parti calviniste, et présentes à Dangeau et à Bazoches-en-Dunois. –

# Une épidémie de peste ravage la population à Châteaudun.

# Naissance à Bretonvilliers, dans la seconde moitié du XVIIe d’Etienne Lochon, docteur de la Maison de Navarre, ancien curé de son village, et surtout auteur de :Entretiens d’un homme de cour et d’un solitaire sur la conduite d’un solitaire sur la conduite des grands (1715) ainsi qu’un Traité du secret de la confession. Il meurt à Paris v.1720.

# De même, Chrétien Adam, à Dreux, avocat et poète latinisé, auteur de plus de deux mille vers, tous commençant par la lettre C, où il s’ingénie à les composer de dialogues de la contrée complétés par des anagrammes et des acrostiches. Il meurt à Dreux en 1675.

# Bathélémy Boudin à qui on attribue sa naissance à Chartres. Sculpteur, il est auteur du tombeau de Sully à Nogent-le-Rotrou, et a réalisé la statue de Rachef de Cofilet, seconde épouse de l’homme de confiance d’Henri IV.

# Ne quittons pas le XVIIe sans s’être interessé à un art culinaire né à Chartres, avec son célèbre paté éponyme, de réputation mondiale de nos jours. A l’origine, l’heureuse initiative d’un traiteur local, également fabricant de pâtés, qui eut l’idée de composer une nouvelle recette essentiellement de gibier, et pas n’importe lequel ; un oiseau migrateur, le guignard aujourd’hui disparu de nos campagnes beauceronnes. Louis XIV dégusta non sans plaisir cette préparation grâce à Molière qui l’avait réceptionné des poètes Chapelle et Bachaumont. Egalement cuisiné avec de la chair de pluvier (espèce de vanneau), puis celle de l’alouette. On imagina d’autre viande, comme la chair des perdreaux et de faisans, voire du canard sans oublier des épices indispensables, agrémenté de foies de volaille ou foie gras et truffes. Plusieurs variantes naquirent. Les pâtissiers chartrains à l’époque traiteurs également, eu égard au succès rencontré, rivalisèrent pour donner plus de  » piment  » aux préparations ce qui déboucha sur un duel célèbre un peu plus tard entre deux d’entre eux : les sieurs Philippe et Lemoine, dont les pâtés étaient jugés parmi les meilleurs ce qui eut pour conséquence une lutte sans merci pour s’approprier le titre. Deux rimeurs de talent, Nicolas Guillard et Collin d’Harleville échangèrent moult envolées au nom des deux traiteurs, ceux-ci entretenant la polémique sans qu’aucun des deux bretteurs sortent vainqueurs. Pendant ce temps, la réputation se fit rapidement au-delà de la Beauce, et dépassa les murs de Chartres au point que les Parisiens leur passaient commande. Pour tout le monde, un délice incomparable avec une chair finement préparée, désossée pour qu’elle soit appréciée dans toute sa pureté : la réputation du pâté était en jeu, et n’a pas failli, étant proposée de préférence à la saison du gibier. En 1804, Grimod de la Reynière cita la préparation dans l’Almanach des Gourmands. Plus tard, Gustave Hoyau, humoriste chartrain, croque ce duel par un dessin représentant un soldat coiffé d’un pâté de Chartres qui fit rire par l’harnachement hétéroclite dudit caporal bine pr ésent dans les émoires de l’époque.En 1849, lors de l’inauguration de la gare de Chartres, le dessinateur Chame exécuta un dessin représentant un train entrant dans un énorme pâté dont le toit était surmonté d’un…guignard( autrement dit le guignard-pluvier). En 1885, un nouveau traiteur local, Marcel Voisin, installé à quelques pas de la place des Epars, codifie la recette qui doit obéir à des ingrédients de base, à chaque traiteur de la faire évoluer mais sans déroger aux règles essentielles sans lesquelles un paté de Chartres ne peut recevoir ce label. Surnommé le  » Napoléon du pâté de Chartres  », ce nouveau traiteur reçoit la même année à Paris, la Médaille d’or de 1ère classe à titre exceptionnel. Sans oublier, la Confrérie de l’authentique pâté de Chartres, défenseur de cette spécialité culinaire dont les membres sont vêtus d’une cape de couleur marron et verte rappelant la couleur du pâté de Chartres et celle des toits de la cathédrale. La tête ornée d’un chapeau haut de forme avec une plume blanche symbolisent le sacre d’Henri IV le 27 février 1594, et tenant à la main une canne à tête de canard. De nos jours, le paté de Chartres peut subir toutes sortes de nouveautés, à la seule condition que les règles de base soient respectées. C’est à ce prix que le Paté de Chartres conserve ses lettres de noblesse dès lors qu’il est proposé à la vente.

1602 – Né en cette année, Jacques Favier fut un seigneur très puissant du Boullay-Thierry qui fit preuve de beaucoup d’attention en finançant certaines constructions dont celle du château, de même la restauration de certaines églises. Inhumé en l’église du Boullay-Thierry (1671). Un retable en l’église Saint-Lubin témoigne des armoiries de gueule à trois concombres supportées par deux lions que l’on peut distinguer en bas à gauche.

# Sa date de naissance est imprécise, peut-être un an auparavant, si l’on se réfère à sa date de baptême en 1621, à une époque où la mortalité infantile poussait les familles à faire oindre à leur naissance leurs enfants, trop souvent nés dans des conditions précaires. Est-elle née au Mans ou Nogent-le-Rotrou, plus vraisemblablement dans la cité percheronne. De petite noblesse Françoise-Marie Jacquelin, fille de barbier-chirurgien, devient l’épouse du gouverneur de l’Acadie (Canada – New Brunswick de nos jours) en la personne de Charles-Etienne de La Tour. Une guerre de succession, à la française, va engager son époux contre Charles Menou d’Aulnay parti pour aller chercher du secours chez les Anglais, ce que la France lui avait refusé. Seule avec 45 hommes de la garnison, elle doit capituler, et assister à l’exécution de ses hommes. Epargnée, elle meurt (1645) quelques jours après en raison du choc émotionnel qu’elle aurait éprouvé. Un fait d’histoire ignoré des livres d’histoire.

# 2 août – Une tempête se lève à Vitray-en-Beauce, et la foudre incendie de nombreux champs de blé.  » les bleds furent fouldrez en telle manière qu’il y eut plusieurs endroicts plus de la moitié des bleds perdus et en aucun lyeux moing, presque deux semences et en autres lyeux moing, et pour le regard de ceux de ceste paroise, il n’y avoit que envyron la moictié de sayez.  » –

# septembre – création à Chartres d’un office de médecin pour le bureau des pauvres dont Michel Bouteroue, praticien chartrain assure la première représentation. –

# 28 septembre – Servais, marquis de Meslay-le-Vidame, et Pasquier Bonniqueau de Boisvillette sont pendus pour fabrication de fausse monnaie.

10 septembre 1603Authon-du-Percheest confronté à son tour aux affres de la peste dont les effets vont se ressentir un mois au moins avant que le mal ne s’éloigne, tout en ayant occasionné la mort d’une soixantaine de personnes. Les métiers en rapport avec les animaux de ferme ne sont guère touchés car l’odeur repousserait les puces du rat. Au contraire, les métiers où l’eau est essentielle pour l’exercice de leur profession les expose à la peste, de même certains métiers de bouche. –

# Naissance à Chartres de Jacques Belly, artiste-peintre qui fut élève de Simon Vouet. Auteur d’une trentaine d’oeuvres dont des estampes, il a vécu longtemps à Rome où il est mort.

19 janvier 1605 – Exécution par pendaison à Voves de Lucas Bouillon pour  » avoir dict des paroles blasphématoires contre Nostre Seigneur Jésus-Christ et la glorieuse Vierge Marie, disant qu’elle nestoit qu’une put… » Eu égard au caractère gravissime de cet attentat à la religion, son corps fut brulé par la suite.

# 24 septembre – naissance à Dreux d’un des plus grands esprits de son temps, Antoine Godeau, prélat, académicien et poète, tenant de la rhétorique pour user de la façon à charmer son public. Monté à Paris, Godeau se fit remarquer par sa verve à l’hôtel de Rambouillet. Il tomba alors sous le charme de Catherine de Vivonne aussi belle, vertueuse, connue pour cultiver l’amour courtois en forme de préciosité. Bien que de petite taille, et fort laid, dit-on, il entretint avec art la façon de plaire ce qu’il fit avec grande finesse d’esprit, de tact et de respect de la personne auprès de Julie d’Angennes, fille de sa protectrice. Si bien qu’il fut surnommé  » le nain de Julie  ». Amoureux platonique, il devra à contre-coeur voir sa muse céder au charme d’un autre séducteur à l’origine de la fameuse Guirlande de Julie. Godeau s’en remettra et déclarera en guise de consolation  » Il faut que tous les hommes soient amoureux et que toutes les dames soient aimées  ». A partir de cette mésaventure, il abandonnera ce qui avait fait sa popularité, et se consacre à défendre les pauvres, exhortant les riches à leur devoir de charité. Il meurt le 21 avril 1672 à Vence (Alpes-Maritimes). –

# 25 octobre – Marie de Médicis se rend à Bonneval puis sur Chartres où elle loge à l’enseigne Le Cheval Blanc –

26 mars 1606 – Vitray-en-Beauce –  »Il fist ung merveilleux vent et grade tempeste, tellement qu’il tombat de la tuille des églises et autres maisons, tellement qu’il faisoit ung merveilleux tems dont il fut dit que de long-temps, selon le dire des anciens, il n’yeut ung tel temps et telle tempeste. »

1 mai 1607 – A nouveau les archives paroissiales de Vitray parlent à propos du temps et autres calamités que subit cette commune.  » Il fist ung merveilleuc temps, dont il tomba force eaulx, et sur le soir il faisoit ung grand nent et tomba aussi force neige en telle sorte et manière qu’il y eut beaucoup d’ arbres rompus, non pas en ceste paroisse, mais vers Minières, Dampnemarie et autres endroits. La peste fait aussi des ravages. » # 20 décembre toujours à Vitray-en-Beauce, l’abbé se faisant un plaisir de retranscrire ce qui convient de raconter pour la mémoire de ses fidèles  » Il commença à geller, dont un jour ou deux après commença à neiger, et dura les neiges jusqu’au dernier jour.

mars 1608. – Il s’en trouva à la court de Jacques Bourgeoys qui demeure au bout du carrefour en la dernière maison,dix pieds. Il fist ung fort grand froid si aspre et si rudde qu’il mourut beaucoup d’hommes de de femmes par les chemins, et mesme que l’on tient que vers le Pays Bas il mourut la tierce partie du monde. Mesme aussi que les eaues furent sy grandes qu’elle abattirent plusieurs maisons, en manière qu’il y eut beaucoup d’ hommes, femmes et enfants noyés. Les ponts de Jargeau, de Gien et autres ont estés rompus par les eaux. La rivière d’ Orléans desborda sept lieues de loing, dont y a de grandes pertes, environ ladicte rivière plusieurs villages tous renversés, mesme qu’on dict qu’en ung village, il n’est demouré que l’église. Je me suis trouvé en plusieurs compaignies et disans qu’ils ont ouy dire par plusieurs anciens que jamais n’ont vey ny ouy dire avoir veu un pareil temps. Commença a desgeller le vendredi 8e jour de février. » et d’ajouter  » Il y eut une grande perte sur les fruitz de la terre, dont les bleds furent grandement endommagez, et l’on tient qu’il y a la moictié presque des terres en sepmences en bled qui n’estoient que tiers à cause de la véhémence de l’hiver, qui fut sy long que au moys d’ apvril il geloit encore et faisoit un temps fort grand. Il y eut pluisieurs lboureurs qui relabouroient leur terre ou ils avoient faicts du bled. »

#  » Les registres de paroisse regorgent de tous ces faits qui ont touché la population face à la fureur des éléments.  » Il fist une telle et véhémente chaleur qu’il y eut plusieurs estant aux champs qui moururent à cause de la véhémence de la chaleur ; dont y en a eu deux en ceste paroisse. L’on tient qu’il y en a eut troys en la paroisse de Voves. Vers Chartres, il en mourut aussy –

#août – il fist une grande et véhémente chaleur approchante de celle de la veille ; touttefois que ung peu après mydi l’air se brouilla de telle façon et en telle sorte qu’il y eut de grands tonnerres et de grandes temestes en l’air, dont en issit grande abondance de gresle et eaux.Donc la gresle et tempeste apportèrent grandes pertes et dommages aux blez et aveines, non en ceste paroisse, mais bien en la paroisse de Bouville. La gresle qui porta dommage commençoit à my chemin de Lupplanté et Bouville, tirant d’ un costé vers la Petite Vallée, lieu situé entre Bouville et Génerville, de là vers le Boys Brisson, lieu situé au bout de Bouville vers la Ronce, et de là vers Angouville, et d’autre part tirant vers la Brière Guion, lieu situé entre Vitray et Bouville, et de la tirant vers ledit Angoiville. La gresle estoit de la grosseur de balle de trippot. Près de Chartres, il y eut de la perte aux vignes et aux fruitz .

# 16 septembre – Cantienne Mautainet, originaire de Saint-Georges-sur-Eure, convaincue d’infanticide, est condamnée à être pendue. Elle fait appel de son jugement. Conduite à Paris et déposée devant la prison de la Conciergerie, les juges, en raison de sa jeunesse et de sa position d’orpheline comme convaincus des arguments de la défenderesse, la condamnèrent tout de même à  » estre battue et fustigée à nud de verges par les carrefours et lieux accoustumez  ». Ramenée à Chartres, la sentence fut ensuite exécutée en sa commune de naissance devant une foule importante et rameutée pour la circonstance pour faire exemple. A chaque carrefour, la jeune fille fut battue malgré ses sanglots. Au terme de son supplice, la condamnée est remise à sa tante qui n’eut plus qu’à la panser et veiller sur elle.

1609 – Jacques Guillemeau, considéré comme l’un des plus grands chirurgiens de son temps, fait paraître un ouvrage à propos de l’heureux accouchement des femmes, saluant au passageDame Péronne, maîtresse sage-femme, née à Chartres v.1560, dont les travaux aidèrent à la réalisation de cette étude. –

# Un avocat de Melun, un nommé Rouillard, séjournant à Chartres, écrit La Parthénie ou Histoire de la Très Auguste et Très Dévote Eglise de Chartres dédiée par les vieux Druides en l’honneur de la Vierge qui enfanterait. Il s’agirait en fait d’une légende qui nous apprend que la cathédrale est la fille supposée de druides carnutes annonçant la venue de la Vierge, ceci dans le but d’asseoir la haute autorité du chapitre cathedral.-

# 23 mars – Marie de Médicis, reine de France, effectue son premier voyage à Chartres. Le lendemain, la châsse de Saint-Piat est descendue et ouverte en sa présence. –

# 21 août – naissance à Dreux d’un des grands auteurs dramatiques de son temps, Jean Rotrou, à la base de la création de la scène française. A 19 ans, il écrit sa première pièce qui sera jouée à l’Hôtel de Bourgogne à Paris. Il devient  » poète à gages  » . Richelieu lui fait grand honneur en le faisant nommer  » Gentilhomme ordinaire  » par Louis XIII. Il se prend alors d’une grande amitié pour Pierre Corneille que Rotrou appelle son maître. Une attitude de respect entre ces deux hommes que trois ans séparent, puisque le ‘’ Grand Corneille ‘’ a trois ans de plus. Tout en étant fréquemment à Paris pour la représentation à succès de ses pièces, il achète la charge de  » Lieutenant particulier, assesseur criminel au comté et au baillaige de Dreux  » En 1640, il se marie avec Marguerite Camus. Le couple aura six enfants. Une union bienvenue pour ce poète généreux et dépensier. Il mène alors une vie plus réglée, et se consacre sereinement à l’écriture. Apprenant que la peste ravage la population drouaise, il refuse les conseils de son entourage qui lui dicte de faire attention., lui suggérant d’aller habiter à Montfort l’Amaury, mais il n’en a que faire. Il se rend à Dreux. Mais le mal est là, Rotrou à son tour, est atteint de cette maladie hélas incurable, meurt le 28 juin 1650 à seulement à 41 ans, laissant un grand vide pour le théâtre français.

1610 – Henri IV vient à Anet rendre visite à Marie de Lorraine, duchesse d’Aumale.

# 31 mai – Dix-sept jours après l’assassinat du roi de France par Ravaillac, en ce lundi de Pentecôte, M.De la Frette, gouverneur de la ville de Chartres, accompagné de hauts dignitaires chartrains et d’une grande partie de la noblesse, se porte au devant du cortège qui porte le coeur de Henri IV, puis l’accompagne pour faire son entrée dans la cité beauceronne par la Porte Guillaume. –

# Naissance à Chartres d’Etienne Carneau. Abbé, il consacre le plus clair de son temps à l’écriture, poète et amateur d’anagrammes, Carneau en bon vivant, fut, avant tout, compositeur de chansons à boire, mordantes aux mots piquants. Sa plume en verve se moquera de ses contemporains, les invitant à venir partager quelques bonnes bouteilles. Durant la minorité de Louis XIV,il fut soupçonné d’être à l’origine de quelques libelles à l’encontre de Mazarin. Tétanisé par une mort prochaine qu’il redoute, il composa son épitaphe. De peur de ne point recevoir l’extrême-onction et partir l’âme tranquille, il avait suspendu au dessus de son lit un billet où on pouvait lire ces quatre vers où il exprimait sa dernière volonté, s’il était incapable de l’exprimer lui-même. Il meurt en 1671 à Paris.

Cy-gist qui, s’occupant et de vers et de prose

Asu quelque renom dans le monde acquérir.

Il aima les beaux-arts, mais, sur tout autre chose,

Il médita le plus sur l’art de bien mourir.

Avril 1611 –  » Se descouvrit plusieurs tombeaux de pierre par ung certain laboureur de Marboy près Chasteaudun, auxquels tombeaux se trouva des corps et ossements ; et furent trouvés en plein champ. Le lyeu ou les dits tombeaux ont été trouvés est bien de la grandeur de deux arpents de terre environ qui est de peu de valleur et esloingné d’une chapelle qui a esté ruinée. Ceux du pays disent qu’anciennement il y avoit une ville qui s’appeloit la Magnanne. Entre les dits tombeaux, j’en ai veu quatre qui estoient juxte les ungs et les autres et n’en vey guierre qu’un ou deux qui feussent seulz ; les autres deus et deux, trois et trois et autre nombre .  »

# 23 août – Découverte de Chartres par un visiteur se rendant en la cité beauceronne pour la première fois. Admiratif, voici ce qu’il écrit aimablement  » Je ally à Chartres, ou estant vy plusieurs hommes de travail qui travailloirnt tant à abattre la porte que murailles de ladicte ville de Chartres à l’endroit de la porte Saint Michel, qui estoit proche de l’église Saint Michel, la reculant d’environ 40 à 50 pas hors la ville, poor icelle accroistre et augmenter, y joignant tout le grand ravelin de ladite porte. Jvis aussy ung beau logis que Mr de Montescot faisoit bastir en ladicte ville, et c’est le plus beau logis de Chartres et le plus spacieux. »

# 4 septembre. Claude Nicole, conseiller du roi et poète voit le jour à Chartres. Membre du mouvement théologien  » Ces Messieurs de Port-Royal  » (ou  » Solitaires  »), Nicole se montre actif. Pour le compte des Petites Ecoles, il enseigne le latin, le grec et le français. En 1653, le pape condamne ces scissions, mais Nicole, refusant le schisme, clame ‘’ J’ai une telle haine des contestations, que parce que le partage des opinions en a quelque image, il me fait toujours peur, et je ne prends point plaisir d’y être meslé (…)Ces contestations m’ont rendu si timide, que je crains même lorsqu’il n’y a pas sujet de craindre. C’est pourquoi je compte un peu entre les avantages de la retraite d’en être délivré. ‘’ La colère de Louis XIV s’abat sur Port-Royal avec la fermeture en 1660 des Petites Ecoles. Nicole part s’exiler en Belgique, suite à une lettre adressée à deux évêques lui vaut de s’attirer les foudres du pape Innocent X. De retour en France, il est obligé de se cacher ‘’ Qui m’aurait dit, il y a six mois,, qu’il faudrait me résoudre à n’avoir ni feu ni lieu, à être à charge à tout le monde, à changer continuellement de demeure, à coucher sur la paille, avec la fièvre, dans des trous creuses sous les rochers de la Meuse ? ‘’ L’intervention de l’archevêque de Paris calme finalement les esprits. Entre la capitale et Chartres, il fera de nombreux allers retours avant qu’une attaque cérébrale ne le foudroie.(1685).-

12 septembre – Tenancier de tripot, Jacques Régnier, et échevin, avait fait bâtir un jeu de paume. Ce tripot, un des premiers établissements date de 1460, était connu sous le nom de Tripot des Halles ou Tripot Régnier. La réputation de cet endroit était telle que le samedi 12 septembre 1611,si l’on en croit l’historien beauceron Louis Merlet, Louis XIII âgé de 10 ans en visite à Chartres manifesta le souhait de jouer à la paume après dîner – déjeuner en réalité – avec la Mannie, une femme qui excellait dans ce jeu. Honorée d’être investie d’un tel honneur royal, elle accepta mais préféra perdre la partie que devoir battre sa jeune majesté.

# Comme ses prédécesseurs, le roi vient se placer sous le patronage de Notre-Dame. –

# Mercredy 21e jour de décembre , a été inhumé dans l’esglise de Miermaigne, Jehan Trepeau, lequel a esté tué, en le chemin de Brou entre Dampierre et Luigny ; par de meschantes gens, environ une heure de nuict. Signé : L Sarceau.

1612 – épidémie de peste à Châteaudun.

1 janvier 1613 – Une lecture des archives religieuses nous révèle ceci : il fist un ung merveilleux temps pour faire de grands vents, et ledit temps dura environ quinze jours, et par la force d’icelluy furent abbatus plusieurs moulins, entre les autres ung qui estoit proche du Boys de Fougières (Bois de Fougères) qui s’appelloit le moulin de Partins, ung autre auprès de la Runce ; plusieurs arbres fruitiers, plusieurs maisons furent abattues et descouvertes ; les esglises furent molestées et descouvertes mesme le plomb de la grande église Notre Dame de Chartres fut levé en plusieurs endroits ; tellement les anciens disoient que de leur vie n’avoint veu ung pareil temps. Plusieurs clochers aussy abattus.

1614Construction de l’hôtel Montescot à Chartres à la fois en baroque et classique –

# Jean Toutin, le plus en vue de cette famille orfèvre et peintre émailleur, voit le jour à Châteaudun. A l’origine du procédé de l’émaillage sur or ou cuivre, il invente également les carreaux opaques reproduisant tant les couleurs brillantes qu’ opaques comparables à celles de la peinture à l’huile. Des oeuvres sont visibles de nos jours au Musée du Louvre, à Genève, Amsterdam et à Londres –

# 7 juillet Louis XIII sur le trajet de la Loire, déjeune à Toury en l’auberge de L’Escu de France.

1615 – Cérémonie grandiose : 90 ecclésiastiques venus de Paris et de Chartres organisent une cérémonie à Brou où 4 000 communions sont célébrées.

18 avril 1615 – Naissance à Voves de François Gendron, abbé de sa commune natale, qui passe pour avoir été, neuf mois, l’un des médecins de la reine Anne d’Autriche (1664) alors qu’elle était atteinte d’un cancer du sein. Sa réputation tient au fait qu’il aurait accompli des études médicinales, pour aller ensuite aux Amériques, ramenant des traitements nouveaux. Pour autant, il persuade Louis XIV qu’il détient le traitement de cette maladie grâce à une pommade à base de belladonne et de cendres de roche de Beauce. A l’évidence, son remède ne suffira pas, loin de là puisque la reine-mère meurt quelques mois plus tard. Parti à Orléans s’occuper des pauvres, on prétend qu’il aurait administré avec bonheur, ses recettes de médecine jusqu’à la fin de sa vie (1688).

Mai 1619. Naissance à Chartres d’André Félibien, architecte et historiographe de Louis XIV. Très proche des principales académies comme de Fouquet et Colbert, il est nommé par Louis XIV garde du cabinet des Antiques (1673), position privilégiée qui le conforte comme architecte de référence. Auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation, notamment sur la peinture, abordant tant la composition que le dessin et le coloris, il sera au coeur de la fameuse querelle entre les partisans de Rubens et ceux de Poussin, à propos des coloris.

26 septembre 1619 – Louis XIII et Anne d’Autriche, accompagnés de Monseigneur de Guise, Monsieur de Luynes, et autres princes de même des grands du royaume sont arrivés de Bonneval pour se rendre à Chartres où ils vont séjourner une dizaine de jours. –

# 30 septembre – Etant arrivée la veille, en compagnie de toute une suite, ayant elle-même été transportée dans un carrosse attelé de six chevaux, Henriette Marie de France dine à Bonneval, puis retrouve son frère, le roi, à Chartres. –

# 19 novembre – la foudre tombe sur le moulin de Luplanté appartenant à Monseigneur de la Frette, et plusieurs maisons aux alentours en subissent les mêmes dommages mettant à bas les constructions.

Vers 1620 – naissance à Dreux de Jean Danican dit Philidor. Meilleurs interprète que compositeur qui ouvre la grande lignée der cette famille de musiciens et compositeurs de musique. Décès à Paris ( ?) en 1679

10 mai – Les archives paroissiales nous apprennent qu’à Bouville, une forte grêle a tout ravagé. Trois jeunes garçons effrayés par la éléments en furie s’enfuient, mes grêlons auraient été tellement énormes que l’un d’entre eux tue sur le champ l’un des garçons. A Saint-Piat, près de Maintenon, ce même jour, l’Eure déborde d’une façon intempestive, emportant huit logis se trouvant sur les bords, et bon nombre d’arbres fruitiers furent déracinés par le fort courant qui s’était répandu dans les champs alentours. Huit personnes de tout âge ont péri noyées. –

# Louis de Pontbréand, écuyer de Louis XIII, seigneur du Mesnil et de Saint-Lubin, descendant des seigneurs de Bréchamps, commune située à côté de Nogent-le-Roi entreprend la construction du château de Saint-Lubin-des Joncherets. Elevé en style des demeures de l’époque, détournant l’Avre et faisant creuser des canaux. Les douves et le parc attestent d’un ensemble séduisant et convivial.

1621-1622 – disette céréalière

1622 – Le diocèse de Chartres passe sous l’autorité de celui de Paris –

# Débuts de la construction du Château du Boullay-Thierry où naîtra Zoé Talon, favorite de Louis XVIII –

# Jacques de Montescot vend l’Hôtel de famille aux religieuses d’un couvent du Maine et Loire, appartenant à la communauté des Ursulines. Sa destination, l’éducation des jeunes filles pauvres, puis racheté par la communauté des Filles de la Providence, congrégation de droit pontifical.

1623 – Le duché de Chartres fait son retour au sein de la Couronne de France. Gaston d’Orléans, frère de Louis XII en reçoit l’apanage selon l’usage qui le rend destinataire de cette partie de domaine royal, puisqu’il est prince sans pouvoir. –

# 30 mai – naissance à Montigny-sur-Avre de François-Xavier de Montmorency-Laval-Montigny. Issu d’une haute lignée française, à 36 ans, il est nommé vicaire apostolique au diocèse de Québec au titre de l’Église catholique romaine qui gère sous forme de juridiction les pays qui ne détiennent pas encore de diocèse (évêque). En 1674, en même temps qu’il devient premier évêque en cette même ville, naissance officielle du Québec. Devenu Monseigneur Laval, il accumulera de grandes richesses en ce Nouveau Monde. Il disparaît en 1708.Les Postes Canadiennes émettront le 28 janvier 1973 un timbre à son effigie.

10 février 1624 – Chute de neige  » étrangement plus que l’on n’a jamais vu , avec un vent très grand avec pour conséquences un grand hiver et deux mois de gelée sans relâche » , pour se prolonger d’une façon plus conséquente les 8 et 9 avril. –

# Etienne d’Aligre est nommé par le roi Louis XIII Garde des Sceaux sous l’ère Richelieu.

# Sully achète le château de Nogent-le-Rotrou, ville désormais connue sous le nom de Nogent-Béthune.

1625 – nouvelle disette céréalière avec des répercussions sur les deux années suivantes, des cours des céréales en augmentation vertigineuse avec les conséquences qui s’en suivent sur la population. –

# 13 octobre – naissance à Chartres de Pierre Nicole, écrivain, théologien, controversiste et moraliste. Proche du jansénisme, ses réserves découlant de ses querelles avec Arnaud d’Andilly, sont à l’origine d’une inévitable controverse à propos des Jésuites. Nicole enseigne dans les petites Ecoles de Port-Royal. Innovant avec le latin, le grec, le français qui ne faisaient pas partie de l’enseignement d’alors. La fermeture de Port-Royal va constituer un long calvaire pour Nicole qui fait son possible pour tenter de refaire surface dans le désordre doctrinaire que suscite le souvenir de Port-Royal et ses grandes figures. Il meurt en 1695 dans une grande piété, non sans avoir reçu la visite de nombreuses personnes venues témoigner leur fidélité sur son lit de mort.

12 juillet 1626 – Chartres – Procession générale à la mémoire de Saint-André, au cours de laquelle ont été portés la sainte châsse de la Sainte Vierge, celle de Saint Piat, de Saint-Jehan, de Saint- Aignan, Saint-André, Sainte-Foy, Saint-Maurice et reliquaire de Saint-Jacques et celui de la Sainte Croix . En cause, des biens de la terre qui ne peuvent murir, gâtés par les grêles et les eaux en de nombreux endroits, provoquant la cherté du blé.

1628 – La peste ravage encore et toujours la Beauce, et plus particulièrement Chartres de même les communes limitrophes. Les maisons contaminées sont marquées d’une croix. Interdiction de toucher à la viande. Depuis la Notre-Dame de septembre 1628,  » la contagion a commencé en ceste ville et a été très forte, durant lequel temps nous n’avons rien dit ni chanté aucun service en ceste église : et a cessé vers le mois de mars, et a recommencé au commencement de juillet, qui a été bien plus funeste, et a pris toutes personnes, aussi bien les grandes que les petites, causant de nombreuses victimes au sein de la population.  »

1629 – Naissance de Jean Jouet, chanoine de Saint-Piat, maître de psallette (école de musique où l’on forme les enfants de choeur) en la cathédrale de Chartres, il a alors 23 ans. Auteur de nombreux ouvrages historiques et religieux, notamment à propos de Baruch Spinoza, philosophe hollandais (1632/1677) précisant son message de libération permettant d’accéder à la béatitude pour arriver à la connaissance de Dieu. Bayle, Bossuet et Voltaire ont salué cet ouvrage. Jean Jouet s’éteint à Chartres en 1702.

# 27 mai – Chartres – Naissance de Pierre Legros dit Legros l’Ancien qui s’illustra dans la sculpture. A 34 ans, il épouse la fille de Gaspard Marsy, figure emblématique de la sculpture en vogue à Versailles. Une jeune femme si belle qu’il l’utilisa, dit-on, comme modèle pour réaliser L’Eau à la fontaine du Point-du-Jour et la Vénus de Richelieu, au Tapis-Vert, dont les traits rappellent ceux de sa femme. Il collabora au château des Tuileries en réalisant La Vigilance, et La Prise du Luxembourg pour la Porte Saint-Martin. Il meurt à Paris en 1714. –

# Naissance sans doute à Chaudon ou environs, de Laurent Cassegrain, curé de son village, et physicien, il enseigna au collège Pocquet de Chartres,. Inventeur du foyer de télescope dit Foyer Cassegrain (1672) qui fut remis en cause par Newton. Cet dernier jugeant l’invention irréalisable et sans grand intérêt pour l’astronomie. Ce foyer comportait un primaire parabolique et un secondaire convexe hyperbolique. Avec des limites dés lors qu’il générait un coma, c’est-à-dire qu’il déformait les étoiles. Il faudra cependant attendre presque trois cents ans pour qu’un correctif important soit apporté à ce procédé. Laurent Cassegrain meurt à Chaudon en 1693.

27 maiA été fait procession générale à Notre-Dame de Josaphat, où a été porté la sainte châsse de la Vierge et toutes les plus insignes reliques et châsses de la ville tant des religions que paroisses. Ladite procession faite pour action de grâces de la délivrance de la contagion, qui, en la ville, sept mois durant, a été l’origine du décès de 2000 personnes. A cette procession étaient présents Monseigneur de Chartres, Léonor d’Estampes, de même l’ensemble du clergé, en grande dévotion.

# Vendredi 6 juilletOrgères-en-Beauce. Fait divers – Jehan Rousseau, soy revenant d’Orléans avec de la farine et sa charrette, à l’heure de dix ou onze heurs après midy, fut prins des volleurs et brigands, qui luy couppèrent la gorge, entre Cuny et Gidy, et le lièrent les mains derrière le doz et le jettèrent dans les bois, et emmenèrent ses trois chevaux qu’il avoyt et laissèrent la charrette et la farine. Signé : Rémy

# 20 septembre – disparition de Simonne Desportes, mère de Mathurin Régnier –

# Fin d’année, disette céréalière qui va s’étendre sur l’année suivante faisant monter à nouveau les cours du blé et des fourrages, un problème récurrent.

1630 – En ces périodes où la dévotion constitue un recours pour lutter contre les maladies endémiques ou remercier le ciel d’y pallier, la ville d’Issoudun, délivrée de la peste par Notre-Dame de Chartres, lui offre une croix de vermeil.

# Cette même année – Construction d’un collège à Thiron-Gardais destiné à dispenser des cours par des moines et des laïques à des enfants de 5 à 10 ans. En 1775, Louis XVI fit de cet établissement un des dix collèges royaux militaires de France. En 1778, le jeune Bonaparte aurait pu venir étudier grâce à une bourse accordée par Louis XVI à son père qui l’envoya ailleurs. En 1793, le collège fut définitivement fermé et vendu comme bien national. De nos jours appartient à une personnalité de la télévision. –

# 22 marsBénédiction de la grosse cloche de l’église d’Authon(du Perche), nommée Pierre par noble homme César de Graffard, écuyer, seigneur de Montaimboeuf et de la Graffardière, et par damoiselle Magdeleine Hason, femme et épouse de noble homme de René de Rohard, écuyer, sieur des Marais ; et par damoiselle Gabrielle Beaudoux, femme et espouse en secondes noces de noble homme Loys de Gallot,écuyer, sieur de Tilly. Signé : M.Hazon.-

# 11 novembre – Michel de Marillac, garde des Sceaux, est entraîné, sans doute contre son gré, en raison de la disgrâce de son frère,lors de la Journée des Dupes. Sur ordre de Richelieu, il est arrêté et conduit en la forteresse de Châteaudun. Ses biens sont confisqués Au bout de deux ans, le prisonnier y meurt de chagrin.

Août 1631 – La peste sévit à nouveau, décimant la population notamment à Cloyes. Un fléau récurrent qui va s’amplifier durant trois ans. Nombreuses furent les inhumations. Alors que l’appel à Le recours à Dieu est alors l’ultime appel pour bénéficier de la grâce universelle. Malheureusement, les rangs des prêtres se sont considérablement éclaircis si bien que leur ministère est remis en question. Sans prière, comment obtenir l’aide du ciel puisque les médecins se trouvent dans l’incapacité de juguler le mal. Les mesures de prévention ne sont que promesse, et les remèdes miracles prouvent rapidement leur incapacité à éviter une mort irrémédiable. –

# Cette même année – Vivant dans les bois de Lèves un ermite dont l’histoire n’a pas retenu le nom, s’inspirant d’une initiative espagnole datant de 1575 aurait rassemblé, sous prétexte de dévotion, des esprits faibles, en petite secte qui prit le nom d’Illuminés. Il fut arrêté, conduit à Paris avec ses disciples qui, pour certains, eurent tôt d’abjurer leurs erreurs. La secte disparut pour de bon sur ordre de Louis XIII, ce qui suppose que son initiateur fut exécuté.

# 26 septembre – Naissance à Chartres de Gilles Marie Blanchet qui fut fort respecté par les Chartrains pour sa dévotion envers les pauvres. L’annonce de sa mort fut un choc si bien que les habitants se cotisèrent pour lui offrir son buste placé dans l’église Saint-Saturnin où il officiait. Connu pour ne point apprécier saltimbanques et comédiens, il constate qu’une troupe est venue s’installer à quelque pas de son église. Ulcéré, il prie le directeur de démonter ses tréteaux et quitter les lieux. Il ne fut pas obéi, si bien que ce chef de troupe eut la désagréable surprise le lendemain matin de constater que son théâtre avait été démonté. Scandalisé, il se rendit immédiatement à Versailles pour se plaindre auprès de Louis XIII, roi religieux par excellence qui donna raison au bon curé chartrain.

30 au 31 août 1632 – Chartres – Plusieurs gentilshommes avec à leur tête le sieur de Villette, agressent l’échevin Vannier de Charmoy, occupé à faire sa ronde, et le laissent pour mort. Le guet averti, se met à poursuivre les agresseurs qui se réfugient à l’évêché, mais la nouvelle se répand très vite dans la cité beauceronne. De nombreux Chartrains se rendent alors sur les lieux pour assiéger le palais épiscopal. Louis de Bourbon devra intervenir pour calmer les esprits, éviter le lynchage, et chercher dans la médiation une solution satisfaisant tout le monde.

1634 – Denombreux habitants du Perche partent pour la Nouvelle-France, vice-royauté du Royaume de France, celle du Québec (De nos jours, Etat fédéré dont le nom est issu de la langue algonquine, signifiant  » Là où le fleuve rétrécit  » ) . 80 familles émigreront dans un premier temps. Quelques uns reviendront au pays, d’autres se fixeront pour toujours en ce nouveau pays si prometteur. Ce qui fait dire que nombreux sont les Québecquois qui ont une souche française dans leur arbre généalogique. On estime le chiffre à 1 500 000 d’entre eux. De nos jours, les plaques d’immatriculation québecquoise comporte la mention  » Je me souviens  » . Je me souviens de quoi ? De mes origines françaises.

1635 – La famille de Rouvroy fait l’acquisition du château de La Ferté-Vidame, ancienne forteresse médiévale. Cette commune reste fort attachée à la mémoire des Rouvroy, ducs de Saint-Simon dont Claude et Louis des mémorialistes, témoins majeurs à la Cour de France. Louis de Rouvroy y rédigera une partie de ses Mémoires, achevées en 1749-

# Philippe Leduc voit le jour sans doute en la cité beauceronner. Enfant abandonné, son père étant noble chartrain. Après des études mouvementées au célèbre collège Poquet, il est exclu pour ses escapades. Serait-il monté à Paris ? Mystère. Se consacrant à la poésie légère partant du principe qu’elle lui donne un sens à sa vie, tout en précisant à son propos ‘’ Pour moy, je ne suis pas d’humeur à me contraindre, qui n’ay rien à demander à ceux qui sont au dessus de moy, sinon à la façon de Diogène, de me laisser mon soleil libre, c’est-à-dire le peu que la naissance m’a donné pour la vie, sans troubles et sans rapines. ‘’ On situe son décès vers 1680. –

# 11 décembre – Disparition d’Etienne d’Aligre à l’âge respectable de 85 ans, à La Rivière, près de Chartres, président du Présidial de Chartres (tribunal civil et criminel). Il fut disgracié par Richelieu, le soupçonnant d’avoir comploté lors de la Journée des Dupes.

1636 – La France carrossable entame son expansion rendant nombreux chemins accessibles. On dénombre vingt sept routes, facilitant les déplacements de la Poste. –

# Naissance en 1636 (ou 1640) à Montireau (La Loupe) de Dom François Lamy ou Lami.- Philosophe et érudit. Après une courte carrière dans les armes, il entre à la Congrégation des Bénédictins de Saint-Maur. Sa conversion religieuse découla d’une circonstance particulière qui mérite d’être comptée. Une affaire d’honneur l’opposa vis-à-vis d’un officier comme il l’était lui-même. Ils décidèrent de se battre en duel et au pistolet. Par miracle, la balle qu’il aurait dû recevoir en plein coeur s’écrasa sur un petit livre qu’il portait toujours sur lui au titre de la Règle de Saint-Benoît. Profondément croyant, persuadé d’avoir été sauvé par l’intervention divine du Dieu-tout-puissant, il décide d’entrer en religion. Très érudit, il aurait pu devenir prieur de son ordre mais par deux fois Louis XIV s’y opposa, ce que semble accréditer une version, alors que d’autres sources affirment son contraire. Il a été considéré comme un écrivain de génie.

Dimanche 3 août – Cloyes –   » Jeanne Martin,  femme de François Daviot,  lavant des tripes de beux auprès du grand pont,  un mal caduque la prit,  tomba dans l’eau et se noya. Sa teste n’estoit pas toute cachée dans l’eau parce que c’estoit à la fine rive de l’eau,  ou l’eau estoit fort petite. Je diray que pour c’estoit le sainct dimanche que Dieu l’a peut estre permis de la sorte,  et qu’elle n’y devoit point aller à cause qu’il estoit le sainct dimanche et que l’accident ne fust pas arrivé. C’est un exemple aux autrez à ne pas mespriser les saincts commandements de Dieu,  de peur d’une punition divine,  et pour éviter les terribles jugemens de Dieu. Signé : Berger  » –

# Cette même année – Naissance à Chartres de Jacques Félibien, abbé et théologien, fils de Jean-Francois Félibien des Avaux. Grand spécialiste de l’Ecriture Sainte qu’il enseigne au séminaire de Chartres. Devenu chanoine dans sa ville de naissance, en 1695, il est promu à l’archidiaconat à Vendôme jusqu’à sa mort (1716 ou 1726).

# – Nouvelle disette céréalière, un problème redondant auquel il semble difficile de pallier. –

# 11 novembre – Naissance à Chartres de Jean-Baptiste Thiers, professeur de philosophie et de lettres classiques, bachelier en théologie. Avant tout, un simple curé de campagne. Auteur d’un Traité des Superstitions (1769) sur les comportements en Beauce et Perche, une vue sur les comportements villageois. Connu pour ses incartades épistolaires, ses attaques envers le culte des reliques, le chapitre de Chartres le fit arrêter. Il trompa la vigilance de ses geôliers, prit la fuite  » à leur nez et à leur barbe » en s’aventurant en plein hiver, sur un étang glacé. Les archers ne purent le suivre. Prudemment, il préféra quitter Chartres pour Le Mans devenant curé de Vibraye.

10 décembre 1637 – Naissance au château de Denonville (Arrondissement de Chartres) du marquis Jacques René de Brisay de Denonville, maréchal de camp, 11ème gouverneur de la Nouvelle France (Québec). Confronté à une période fort agitée face aux Anglais et aux Indiens, il se montre incapable de maîtriser la situation. Rappelé par Louis XIV, il reçoit un lot de consolation en devenantsous-gouverneur des Enfants de France. Il meurt en 1710 en son château de Denonville.

1638 Bouthonvilliers, château situé entre Beauce et Perche, voit la naissance d’un des grands mémorialistes du XVIIe et XVIIIe siècles en la personne de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau. Le duc de Saint-Simon dira un jour de lui, tout en lui accordant un satisfecit pour la qualité de ses Mémoires ‘’ C’était un gentilhomme de la Beauce, tout uni et huguenot dans sa jeunesse : toute la famille l’était, qui ne tenait à personne. ‘’ Il embrassa le camp des armes, s’illustrant comme brillant capitaine de cavalerie, puis aide de camp de Louis XIV. A 29 ans, devenu écrivain fort apprécié, il sera nommé membre de l’Académie Française. En 1670, il reçoit du roi ‘’ Le Brevet des Grandes Entrées ‘’, privilège très convoité. Eu égard à sa position privilégiée à la cour de France, il s’attire la sympathie des courtisans toujours à la recherche d’une distinction par personne interposée. Fin observateur de la vie de cour, il entreprend un Journal qui fourmille d’informations et bruits sur la vie auprès du roi et relatant les événements qui se passent à l’extérieur. Très proche du Roi-Soleil, il accepte de rédiger la correspondance de Louis XIV déclarant sa flamme à Louise de la Vallière et sollicité par cette dernière, il en assurait les réponses. L’abbé de Choisy brosse finement son portrait  » ‘’ Cela dura un an, jusqu’à ce que La Vallière, dans une effusion de coeur, avouât au roi qui la louait beaucoup sur son esprit, qu’elle en devait la meilleure partie à leur confident mutuel, dont ils admirèrent la discrétion. Le roi, de son côté, avoua qu’il s’était servi de la même invention.(…) Dangeau était de grande taille, fort bien fait, devenu gros avec l’âge, ayant toujours le visage agréable, mais qui promettait ce qu’il tenait, une faveur à faire vomir. Il était doux complaisant, flatteur, avait l’air, l’esprit, les manières du monde ; de prompt et excellent compte au jeu où quelques gros gains qu’il ait faits, et qui ont fait son grand bien et la base et les moyens de sa fortune, jamais il n’a été soupçonné, et sa réputation toujours entière et nette.’’. Il gagnera même les faveurs de la nouvelle favorite Madame de Montespan. Fine plume, il est la cible de personnages de cour qui envient sa position de  » favori  » du roi, tout en dénonçant cette richesse qu’il amasse. Gravement malade, confronté à des libelles, il se retire à Paris où il meurt, dit-on, de langueur en 1720, déçu sans doute d’être écarté de la cour de France et son faste.

1639 – Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, vient accomplir ses dévotion en la cathédrale de Chartres dans l’espérance d’avoir un fils. Son voeu sera exaucé puisqu’en 1640 naît Philippe de France. Selon une Ordonnance du roi concernant les arbalétriers en particulier chartrains, ces derniers se voient octroyer le titre d’arquebusiers, les archers quittant l’arbalète pour le mousqueton

21 mai 1641 – décès à l’abbaye de Nottonville (?) de Sebastian Galigaï, frère de Léonora (exécutée), épouse de Concino Concini(assassiné), deux personnages influents à la Cour de France, et comploteurs qui passaient pour avoir été fort influents sur Marie de Médicis –

# Entre 1641 et 1644, sans plus de précisions, naissance à Châteaudun de Georges Focus qui se fit remarquer par ses gravures au burin et à l’eau-forte qui n’ont jamais été si prisées quand il les réalisait lors de ses crises de dérangement mental.

# 22 décembre – Maximilien de Béthune, duc de Sully, 82 ans, rend l’âme en son château de Villebon. Le ministre d’Henri IV avait souhaité être enterré en l’Hôtel-Dieu ce qui lui fut refusé puisqu’il était protestant. Ses restes seront accueillies en l’église Notre-Dame. Le mausolée réunit Sully et sa femme Rachel de Cochefilet.

1643 – Naissance à Bouthonvilliers de Louis de Courcillon, abbé de Dangeau, frère du marquis de Dangeau. Il fut académicien, lecteur du roi et spécialiste du blason. Il se proclamait titulaire du ‘’ Portefeuille des Affaires Grammaticales ‘’ A propos des affaires politiques à la Cour de France, il déclare ‘’ Il arrivera tout ce qu’il pourra mais j’ai dans mon porte-feuille deux mille verbes bien conjugués. ‘’

# – Une nouvelle disette céréalière mine toute une population.

1645 – Année où Antoine Furetière fut prieur de la commune de Chuisnes. Par la suite, il se rendra célèbre comme lexicographe avec son Dictionnaire rédigé en 1650, venant  » marcher sur les plates-bandes  » des Académiciens ce qui a provoqué leur colère.

3 juin – Exécution à Chartres de François Langlois qui a le poing droit coupé et ensuite emmené au bûcher, pour avoir arraché l’hostie des mains d’un prêtre, et ensuite l’avoir foulée à ses pieds.

# – Vendredi 15 décembre – Cloyes – décès d’Antoine Brisset, âgé de 45 ans, le curé se faisant un plaisir à vouloir coucher sur le registre des décès relatant certaines scènes insolites, avec un plaisir délicat qui mérité d’être cité  » Il y a 12 ans ou environ,  le deffunct Brisset,  estant en sa maison avec sa femme laquelle baillant sa maison d’une main et de l’autre main tenant son chapelet qu’elle récitoit en baillant ledict défunct luy dict quelque chose que sa femme ne voulut faire,  en le priant au nomde Dieu de luy vouloir laisser achever ce qu’elle faisoit en récitant sondict chapelet. Ledict déffunct luy vint arracher son chapelet,  et puis le jeta par terre en jurant et mogriant tripa du pied sur ledict chapelet par plusieurs fois,  et incontinement tomba malade et devint perclus,  allant par l’espace de deux ou trois ans à quatre pattes comme une beste. Après ce temps –là,  voyant qu’il ne garissoit pas,  allant mendier de porte en porte sur les pieds et les deux mains. Dieu m’inspira de le disposer à venir à confesse en la chapelle du Saint Rosaire à Saint Georges, pour demander à Dieu et à sa saincte mère d’avoir méprisé son chapelet,  ce qu’il fit,  devant tout le peuple,  estant devant moy les deux genoux et les deux mains à terre,  comme une pauvre beste,  et après avoir confessé ses faultes et luy avoir faict une remontrance en mon possible,  je luy enjoignis pénitence et luy administray le sainct sacrement de l’Euracharistie. De là,  il alla à Notre Dame d’ Iron aussy par pénitence,  et y faict ses prières,  il se leva et s‘en retourna en sa maison,  et depuis se porta bien et commença d’ aller sur ses deux pieds. Signé : Berger.  »

1648 – Dès cette année, lors de sa minorité, le futur Louis XIV accompagne sa mère Anne d’Autriche, régente du royaume, persuadé qu’il doit à Notre-Dame de Chartres, sa naissance. Par la suite, monté sur le trône, il conservera cette même profession de foi à l’égard de la ville et sa cathédrale.

1649DreuxDécharge par les gageurs de Saint-Pierre de 3 chaînes d’argent pesants 86 gros et demi qui suspendaient la lampe de même métal, qui aurait été mal prise et volée en la dite église par un nommé Pierre de Metz, condamné à servir le Roi pendant 5 ans en ses galères en qualité de forçat, ensemble un chapelet composé de 5 grains d’argent avec des marques de cristal, une petite croix d’argent, une autre aussi d’argent doré en forme de chemise Nostre-Dame, et un grand Agnus Dei, que ledit de Metz avait pareillement pris et voilé en la dite église.

# Châteaudun – Hector du Plessis de Chatillon, gouverneur de la ville , demande aux échevins une somme de 1,000 livres, « pour employer à faire les fortifications nécessaires au château de Châteaudun, achat,d’armes poudres et plomb, ayant de jour à autre avis qu’il y a gens de guerre dans le pays qui menacent et se vantent d’entrer dans le château, ville et faubourgs de Châteaudun ».

1650 Dreux – La grave épidémie de peste continue ses ravages sans distinction. Jean de Rotrou en meurt. –

# Blévy – en cette même année ou dix ans plus tard (date incertaine)  » Vers l’an mil six cent cinquante ou soixante, Mrs les Cinq –Bonnets, autrement dits de Pronsac, demeuraient à Blévy dans leur maison qui était un pavillon entouré de tourelles qui y tenaient et ou ils avaient des espèces de guérites ou visières pour découvrir de loin. On les appelait Cinq -Bonnets parce qu’ils étaient cinq frères, dont deux étaient religieux, les trois autres étaient ensemble à Blévy, et on les appelait toujours Mrs de Saint Bonnet, ils étaient gentilshommes et se faisaient redouter et craindre dans tous les environs du pays, et il venait de plus de vingt lieues à la ronde d’autres gentilshommes pour mettre l’épée à la main contre eux, et ils étaient toujours victorieux. Le bois où ils prenaient ces sortes de divertissements était à la Bonde, près la Fontaine de Riolet, au dessus de Baronval. Quand il leur venait quelqu’un, ils le conduisaient en ce lieu, où ils menaient un nommé Foucault, maçon de Blévy, qui portait son violon, et se mettait à jouer pour animer les combattants et le premier qui était blessé demandait quartier, il lui était accordé et ils allaient boire ensemble .Un certain jour qu’ils étaient à se battre, un gentilhomme nommé …. ne fut pas content d’être blessé et frappé à sang, il voulut continuer, espérant renverser un des Mrs de Saint Bonnet   qui se battait avec lui, lequel lui passa son épée au travers du corps, et on le chargea sur un cheval en le mettant de travers comme un sac de blé et il perdait tout son sang, Mrs de Saint Bonnet l’aîné qui le tenait et qui s’aperçut qu’il mourait lui cria plusieurs fois à haute voix : « Dis donc, Jésus Maria, bougre, tu vas mourir comme un chien » en effet il mourut, et ils firent avertir le Curé d’enterrer aussitôt un homme de leur compagnie qui venait de mourir ; ce qui fut exécuté ledit jour, attendu que M le curé les craignait aussi. Dans ces temps là, il arriva que le fermier de la Vieille-Boulaye, paroisse de Blévy, maria son charretier avec sa servante, et fit le repas de la noce chez lui : il mena donc la mariée à l’Eglise, et en descendant les marches, pour s’en retourner à la maison, un gentilhomme, nommé Montescarpe, qui se trouva à la porte de l’Eglise avec les Mrs de Saint Bonnet, dis « Oh ! voilà une mariée ; » et fut la prendre par la main pour l’emmener, disant à celui qui la conduisait qu’il la lui rendrait le lendemain matin ; ce que voyant Me de Saint Bonnet l’aîné, il tira son épée nue et la donna au marié en lui disant « Défends ta mariée ». Le marié fut aussitôt la passer au travers du dos de ce gentilhomme qui emmenait pour de bon la mariée de force et le jeta raide mort sur la place.Aussitôt M de Saint Bonnet reprit son épée toute fumante de sang et la remis dans son fourreau et dit au marié »Va, la mariée est à toi de bon ….C’est pourquoi n’aie pas d’inquiétude, va t’en dîner et te divertir avec ta compagnie et ta mariée, je vais faite enterrer cet homme-là’ et s’en fut trouver Mr le Curé, lui disant qu’il fallait tout de suite enterrer un homme qui venait de mourir subitement proche de l’Eglise, ce qui fut exécuté le même jourComme ces Mrs de Saint Bonnet étaient des tapageurs que tout le monde craignait, et qu’ils faisaient tous les jours de nouveaux tours n il arriva qu’en l’année 1662, Mrs de Pronsac, et de la Hillière éprouvèrent la fureur des gentilshommes d’alentour. Ils étaient les deux frères ensemble, Mr de Pronsac, le Sieur de la Hillière, et Mr le chevalier de La Noé, Mrde Saint Bonnet n’y était pas. Ces Mrs étant dans la maison dudit Sieur de Pronsac, plusieurs nobles furent à Fontaine chez le Sieur Chateaudacier n de là vinrent à Blévy pour assassiner ces pauvres gentilshommes, ils étaient environ au nombre de quarante, ils vinrent par la Noë où était M de Montreuil, delà ils vinrent tous à Blévy. M de Pronsac ne se sentant pas assez fort, quoiqu’il fût assez adroit, dit à son frère « Mon frère, montons à cheval », ce qu’ils firent ; étant à cheval, ils sortent de leurs maisons assez bien montés tous les deux, au travers de leurs ennemis ; M de Pronsac fit sauter la rivière à son cheval proche le moulin des Graviers, et M de la Hillière retint la bride à son cheval, ou il ne put sauter, et tomba dans ladite rivière ; les autres qui le poursuivaient tirèrent sur lui à coups de mousquets et le massacrèrent et le tuèrent sur la place, ils se sauvèrent du côté et à travers la rivière parce qu’il y avait tous leurs ennemis du côté de la rue. M de Pronsac ayant donc passé, les autres tirèrent plusieurs coups après lui, mais ils ne purent point l’attraper ; il passa au travers la rivière, parce qu’il savait bien que tous les ennemis étaient dispersés dans toutes les rues de Blévy qui cherchaient à le surprendre, et il fit monter son cheval par le larry ou côte des Graviers (dans ce temps là il n’y avait point de murs autour du parc ) ; tout le monde s’étonnait comment il avait pu monter cette côte, car elle des plus roides. Etant donc au delà de cette côte, il se trouva surpris et demanda quartier, les autres croyaient le tenir et lui dirent« Pont de quartier ». Il tira la bride de son cheval et lui donna l’éperon, aussitôt les autres lâchèrent bien des coups après lui, mais quand il eut pris de l’avance, il se moqua d’eux, ayant un des meilleurs chevaux du pays, ils le poursuivirent jusqu’à Jaudrais, mais il y était qu’ils n’étaient encore qu’au Bouchet, de sorte qu’ils ne purent rien lui faire Mr de Saint Bonnet qui était pour lors à Maillebois, comme il fut revenu chez lui à Blévy, fut aussitôt averti par un de ses amis, et il monta promptement à cheval et son valet aussi qui s’appelait Lachapelle. Comme ils furent un peu éloignés de sa maison, ils aperçurent six cavaliers qui les poursuivaient, étant près d’entrer dans la forêt de Châteauneuf tout près de Hauterive, il dit à son valet « Faisons volte-face », ce qu’ils firent tous deux, ayant un fusil bandé et un mousqueton, de qui fit arrêter les autres qui n’osèrent point avancer, et eux gagnèrent promptement la forêt.Les autres gentilshommes qui s’étaient assemblés et qui avaient fait complot entre eux pour assassiner les Mrs de Saint Bonnet, voyant qu’ils ne pouvaient exécuter leur dessein comme ils l’espéraient, n’osèrent après cela se séparer d’ensemble, craignant que Mrs de Saint Bonnet et de Pronsac les attrapassent les uns après les autres, se tinrent toujours ensemble jusqu’à ce qu’ils eurent raison de leur affaire, parce qu’ils appréhendaient que Mrs de Saint Bonnet et de Pronsac les attrapant tous séparément n’eussent vengé la mort de leur frère qui avait été tué n passant la rivière, comme il a été dit ci-devant. Encore que huit ou quinze jours après ils quittaient le fils de M. de la Chaussée, comme il allait au Rouvray, ils lui donnèrent bien de l’épouvante, mais comme il était bien monté et qu’il avait de l’avance, il s’enfuit promptement parce que sa vie y eut fini. Pour revenir aux autres gentilshommes qui ne se séparèrent point pour suivre toujours les autres, pour les attraper,à cause qu’ils avaient trop la force, néanmoins ces messieurs de Saint Bonnet et de Pronsac, et le chevalier de la Noé prirent conseil entre eux de tenir bon dans leur maison de Blévy, ce qu’ils firent, mais ils ne savaient pas que le fils de la Noé, nommé M de Montreuil, qui était cornette dans la compagnie d’ un nommé de Marais, était allé chercher la compagnie dans Beauvais en garnison ; il les amena

donc à Blévy avec tous les autres gentilshommes d’alentour qui étaient ceux il a déjà été parlé ci-devant, et assiégèrent la maison un vendredi. Tous les gentilshommes y venaient de tous côtés, de sorte qu’ils étaient bien trois cent en tout. Voilà donc Mr de Saint Bonnet et autres assiégés, ils étaient huit, tant maîtres que valets, mais ils ne savaient pas que Saint Bonnet l’aîné fut sorti du logis environ deux heures avant le siège, ayant plus d’esprit et de conduite que les autres, savoir de la Noé et de Pronsac, Saint Bonnet étant donc sorti à Manou, proche Belhomer, se réfugier, où il espérait, sitôt que les autres seraient venus, leur faire lever le siège parce qu’il avait pour ami le Vice Bailly de Chartres, nommé Monsieur de Majenville. Comme le Vice Bailly et ledit Saint Bonnet surent donc les nouvelles du siège, ils firent amasser beaucoup de gentilshommes, de sorte, qu’ils en trouvèrent bien deux cents ; mais comme ils furent près de venir audit Blévy, il vint un ordre et défense audit Bailly d’en connaître aucune chose parce que les autres faisaient entendre qu’ils empêchaient la levée des deniers du Roi, ce qui fit tout arrêter . Les autres faisant donc le siège, M le Maréchal de Senneterre fit amener deux pièces de canon, ce qui épouvanta les assiégés ; M de Pronsac voyant cela, perdit courage ; il n’y avait plus que le chevalier de Noé qui se défendait fort bien, mais comme il vit le Sieur de Pronsac étonné, il conclut avec les autres qui étaient la –dedans avec lui de livrer Pronsac ou bien de le jeter par la fenêtre. Madame de Pronsac ayant appris ces nouvelles, dit à son mari qui était affligé « Mon mari, le chevalier de Noé conspire votre mort, rendons –nous à la justice ; le Roi nous fera miséricorde ». Ce qui fut cause que son mari sortit donc avec sa femme, sa sœur et sa belle sœur, et ses enfants, un entre ses bras ; et sitôt qu’il fut sorti il fut lié et garotté comme un criminel et fut mené chez une demoiselle nommée Mlle Fons ; lorsqu’il fut donc arrivé et entré chez elle, ils restèrent quatre à le garder, les autres continuèrent toujours à faire ce qu’ils avaient entrepris contre tous ceux qui étaient enfermés dans ladite maison. Mais auparavant que ledit Sieur de Pronsac se fût rendu, j’ai oublié à écrire que ce fut une vendition parce que les assiégeants n’avaient plus de poudre ni de boulets de canon, ce qui les obligea de dire au chevalier de la Noé qu’il donnât Pronsac et qu’on lui sauverait la vie et à tous ceux qui étaient enfermés. Comme donc Pronsac fut sorti, le chevalier de Noé parla à tous les gentilshommes et leur dit « Hé bien ! Messieurs, vous avez Pronsac, tenez –vous votre parole ».Ils lui répondirent qu’ils ne pouvaient pas, et que Boisclair était venu contre lui. Ayant entendu cela, il leur dit « Qu’il parle à moi » ce que Boisclair fit ; ledit Sieur de Noé dit « Je ne demande plus de quartier »Boisclair était la partie adverse du Sieur de Noé parce qu’il lui avait enlevé sa femme, et Boisclair avait promis au sieur de Châteaudacier, au Président de Dreux et autres la somme de trois mille livres qu’il donna pour faire tuer le sieur de Noé. Lequel était enfermé avec les autres dans la maison se mit à tirer sans cesse, et les assiégeants n’ayant plus de munitions mirent le feu dans la grange,dans la bergerie, dans l’écurie, et dans tous les logis, excepté où ils étaient enfermés ; ce qui mit les assiégeants plus à l’abri des coups d’arquebuses derrière lesdits logis.A l’égard du Sieur de Noé, il tenait fort dans la maison et était bien muni de poudre, plomb, pain, vin et viande .Les assiégeants furent contraints de chercher des pics, houes et autres instruments pour saper lesdits logis, mais il fallait auparavant cela faire une brêche à la muraille de la cour pour aller au logis. Lorsque la brêche fut faite, le sieur de Montreuil vint se présenter, les mains sur les côtés, en disant « il n’appartient qu’à moi de pousser ces gens là a bout », mais en disant ces paroles, ledit Sieur de Noé lâcha un coup de pistolet par un trou du dedans le grenier et cassa la tête audit de Montreuil, cassa le bras à un nommé le Sieur Defern, et creva l’œil à un autre , tout cela d’un seul coup, ce qui est fort étonnant Voilà donc Monsieur de Montreuil tué et deux autres bien blessés, on le fut dire au Sieur de Chateaudacier que Montreuil était mort, il devint comme un furieux. Celui qui lui dit cela ledit devant la demoiselle de Pronsac qui répondit « J’en suis bien aise ». Chateaudacier lui répondit en jurant « Ton mari, passera puisque mon neveu est mort ». Il prit un pistolet et lui en donna dans la tête, comme il était lié et garotté dans une chambre. Après un coup qui fut tiré sur Mr de Pronsac, on tira au travers d’une platterine de quoi le dit Sieur de Noé se couvrait parce qu’il n’y avait pas une tuile entière sur la maison. Il fut donc tué de cette façon là. Lorsque les assiégeants s’aperçurent que de Noé ne paraissait plus, ils furent bien plus hardis, il ouvrirent la porte, rompirent tout et mirent tout à feu et à sang ; ils tuèrent tout, excepté un nommé Vaugrain et un nommé Lejouffacqui se sauvèrent bien habilement, et les autres restèrent morts sur la place ; premièrement le sieur de Noé, un nommé Dumoulin qui se laissa tué comme un crapaud sans se défendre, deux frères qui s’appelaient les Du^prez, un nommé Lafleur qui était cuisinier de Monsieur de Manou, et un nommé Lalandre, voilà tout ce qui fut tué après le Sieur de Pronsac. On transporta après tous les morts dans une charrette à Dreux et de là à Paris où on disait qu’on en ferait justice, mais comme le Sieur de Pronsac s’était rendu sous l’obéissance du Roi, ils furent tous enterrés aux Saints Innocents . Voilà quelle a été la fin de ce fameux siège en l’année 1663. Après ce siège fait et que les gentilshommes qui y étaient venus virent que le Sieur de Saint Bonnet n’était point enfermé avec les autres, ls eurent grand peur d’être surpris par le sieur de Saint Bonnet les uns et les autres. Mais Monsieur le Maréchal de Senneterre envoya chercher le dit sieur de Saint Bonnet à Marville où M de Chateaudacier était ; il dit à Saint Bonnet :« Saint Bonnet, je suis bien fâché de votre affliction et de la mort de vos frères, mais il n’y faut plus penser, c’est une chose faite ». Saint Bonnet lui répondit :« Monseigneur, cela m’est bien sensible de voir ainsi mes frères morts en si peu de temps ». Me le Maréchal lui dit :« Ecoutez, je veux que vous ayez l’avantage sur tous ces gentilshommes –là, par cette voie et je veux qu’ils quittent la place où vous serez, et quand ils verront venir à eux de rebrousser chemin : ne songez plus à cela, vivez en repos ». Sur ces paroles, M le Maréchal fit venir Chateaudacier qui était caché dans une chambre, et les fit embrasser l’un l’autre,de sorte qu’après cela Saint Bonnet vivait en repos  »

18 août 1651Chartres : une assemblée est chargée d’élire les députés. Nobles et officiers du bailliage s’opposent vivement, si bien qu’on en vient à sortir les épées des fourreaux. On ferraille à qui mieux mieux Un homme du guet est tué. La population se mêle au pugilat, si bien que la noblesse se rendant compte de la tournure des événements qui risquent d’ensanglanter toute la cité, préfère se rendre. Au bilan, deux morts et quantité de blessés.

1653 – Fondation du collège de Nogent-le-Rotrou

# 1 MaiChartres – maires et échevins de la ville publient un arrêté selon lequel  » Celui qui abattrait l’Oiseau-Royal (se reporter à l’année 1451) serait exempté du droit pour l’entrée de 12 poinçons de vin du cru du pays. –

# 30 juin – une jeune fille est retrouvée égorgée par un  »loup » au Coudray alors qu’elle se trouvait dans les vignes. Loup ou croisement chine-loup, nul ne le sait.

# 2 août – Yèvresa esté inhumé François Lorin, qui a été tué par les gens d’armes au village de Lespinay.

# 22 octobre – François Padoue, originaire de Paris, après avoir obtenu une prébende (revenu ecclésiastique) en l’église de Chartres, il publie des Oeuvres poétiques qu’il fit détruire par qu’il les jugeait des erreurs de famille. Il obtient une lettre d’autorisation de Jacques Lescot, évêque de Chartres, pour fonder l’Ordre de la Providence pour venir en aide aux jeunes filles débauchées. Aux fins de  » retirer les pauvres filles orphelines de Chartres et des faubourgs, dés l’âge de 4 à 5 ans, jusqu’à celui de quinze ans, et pendant ce temps les instruire dans la piété, les dresser au travail, et leur apprendre différents métiers, afin qu’étant par ce moyen hors de l’oisiveté et de la mendicité, elles puissent se conserver dans la pureté et dans l’innocence.  »

11 novembre 1655 – Naissance à Chartres de Dom Jean Liron, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur et bibliothécaire, considéré comme l’un des premiers auteurs de l’histoire littéraire de la France. En 1719, auteur d’un ouvrage intitulé Bibliothèque chartraine ou Traité des auteurs et des hommes illustres de l’ancien diocèse de Chartres qui ont laissé quelques monumens à la postérité ou qui ont excellé dans les beaux-arts. Cet ouvrage qui devait former le premier volume de la Bibliothèque générale de France, entreprise par les Bénédictins, fut vivement critiqué à sa parution par Perdoux de la Perrière, gentilhomme d’Orléans, conseiller de Blois, et auteur d’une lettre assez vive envers le chanoine de Chartres. Retiré au Mans, il y meurt vers 1748

# Mise en place d’un siège d’un marquisat à Gallardon.

22 janvier 1657 – Décès à Auneau de Denis Coudray, curé de cette même ville. Fine plume, il composa des vers latins et français dont il gratifia les registres de l’état civil, commentant à sa façon les faits principaux alnélois dont il fut le témoin.

1658Nogent-le-Rotrou – Célébration de la messe pour l’inhumation des cendres de Sully, assumée par l’abbé d’Authon-du-Perche –

#1 novembre – Dreux – Décès de Vedeau de Grandmont, conseiller au Parlement dont le mausolée fut détruit à la Révolution en l’église Saint-Lubin.

17 août 1659 – Naissance à Chartres de Robert Challe, avocat et surtout écrivain du roi sur un navire de la Compagnie des Indes. Curieux parcours pour cet homme à la carrière modeste qui aurait voulu vivre de la pêche dans la Nouvelle France. Le fait d’avoir été fait prisonnier des Anglais changea l’orientation de ses ambitions personnelles. A son retour en France, il n’eut pas d’autre choix que de s’exiler dans sa ville de naissance. Il publie en 1721, un roman intitulé Les Illustres Françaises, recueil de sept histoires galantes, parfois violentes, tragiques aussi. Il meurt en sa ville de naissance en 1721.ut d

# 30 décembre – Décès à Paris à l’âge de 93 ans de Rachel de Cochefilet, épouse du ministre d’Henri IV et duchesse de Sully.

30 avril 1661Bazoches-en-Dunois, Jacques Lenfant voit le jour. Après des études à Saumur en théologie, puis à Genève, il devient chapelain de l’Électrice Douairière Palatine. Les troupes françaises envahissant le Palatinat, il s’installe à Berlin, et convoqué dans la foulée par Frédéric, électeur de Brandebourg, futur roi de Prusse, il devient son pasteur, fonction assurée pendant quarante ans, de même chapelain de Charlotte-Sophie, reine de Prusse. Lors d’un séjour en France, il épouse Emilie Gourgaud de Venours, issue d’une vieille famille poitevine. Auteur de nombreux ouvrages sur la Réforme, l’un de ses admirateurs, un certain Burnet a écrit sur lui  » Lenfant a donné avec beaucoup de soin et avec une sincérité au dessus de tout soupçon une idée si exacte de l’état de l’Eglise et de la religino dans le siècle qui a précédé la réformation, que je ne connais pas de livre dont la lecture soit plus propre à préparer à l’ Histoire de la Réformation que ce bel ouvrage. ‘’ Il meurt à Berlin, le 7 août 1728,en descendant de sa chaire, foudroyé par une paralysie.-

# – Cette même année, grave épidémie de peste dans le Thymerais.

# Originaire de Châteaudun, François Bérail a gravé une fort jolie vue de l’abbaye royale de sa ville de naissance, et d’un plan de la paroisse de Yèvres avec son environnement. Il a peint également un retable représentant l’Assomption de la Vierge (1693) Il est issu d’une famille d’artistes au rang desquels se trouve Martin Bérail, un peintre

13 juillet 1662 – Un arrêt du Parlement de Paris  » interdit à toutes personnes de la Picardie et de la Beausse de vendre à des marchands ambulants, suite à une récolte très abondante. Seuls les bleds devront proposés à la vente sur les marchés publics, et en priorité pour le menu peuple. Les marchands et boulangers ne peuvent commercer avec les Laboureurs, même en arrhant. On dénommait Arrhe, une certaine somme d’argent payée comptant et à valoir, au moment de la vente sur pied de la future récolte, et cela, en dehors de l’époque en usage, pour ces sortes de marchés. » # En fin d’année, une famine affreuse décime la population des Autels-Saint-Eloy (Perche), un grand nombre de personnes périssent.

# Antoine Furetière, homme d’église, poète, romancier et lexicographe s’est rendu célèbre pour son Dictionnaire, véritable référence en la matière, et publié en 1650. En cette année 1662, il devient prieur de la commune de Chuisnes, en parallèle avec la ville de Bourges.

# Cloyes connaît une année de disette effroyable dans une Beauce touchée de plein fouet par des récoltes désastreuses, sans oublier des gens mercantiles qui profitent de la situation pour tirer de larges profits. Quatre-vingt-dix sépultures eurent lieu durant cette période, rien que dans la paroisse de Saint-Georges, où une dizaine de personnes furent trouvées mortes de faim et de misère dans les granges ou sur les chemins. La mortalité de la paroisse Saint-Lubin égala celle de Saint-Georges. Les registres d’inhumations de Saint-Lubin, pendant une période d’au moins vingt ans, — de 1651 à 1672, — sont malheureusement perdus, sans espoir de les retrouver jamais. Il y eut de nombreux suicides parmi la paysannerie beauceronne, et des parents auraient été jusqu’à tuer leurs enfants pour les éviter de les voir mourir de faim.

1663 – La prieure du monastère des Filles-Dieu-Lès-Chartres et une soeur sont condamnées l’une à être brûlée, l’autre à jeuner pour avoir séduit des jeunes filles (!) et des hommes. Le Grand Conseil infirma cette sentence, les deux religieuses étant condamnées à recevoir le fouet et finir leur vie en prison.

# – Naissance à Louville-la-Chenard de Charles Auguste d’Allonville, marquis de Louville. Diplomate, et présumé agent secret ponctuel de Louis XIV. De nombreuses missions en Espagne lui permettent de rendre compte de ses observations à Colbert, secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Il s’est alors ingénié à gagner la confiance des personnages les plus importants de la péninsule ibérique, si bien qu’il fut chargé d’accueillir la jeune princesse de Savoie, destinée à se marier au roi d’Espagne. Mais à force de vouloir s’immiscer dans toutes les intrigues, sa crédibilité fut mise en doute, se discréditant face aux enjeux politiques. Il est rappelé en France par le roi (1703). Durant la Régence, il retourne dans la péninsule ibérique où il reprendra certaines de ses fonctions. Il est alors prié par les autorités espagnoles de repartir d’où il venait. Vexé, il se retire dans ses terres de l’Orléanais où il meurt en 1731 (Saint-Jean-deBraye). On lui doit des Mémoires publiées en 1818.

# Naissance à Vieil-Allones (Beauvilliers) de Claude Deshayes-Gendron, médecin traitant du duc d’Orléans, régent de France, et spécialiste des maladies ophtalmiques et les cancers. De grands noms de la littérature ont nourri beaucoup de respect et d’estime envers lui. Montesquieu qui le désigne comme son ami Gendron, lui dédia deux vers

Apollon, dans ces lieux prêts à nous secourir

Quitte l’art de rimer pour celui de guérir.

Il s’éteint à Paris en 1750.

1664Les Autels Saint-Eloy – Suite à l’affaire de faux monnayages et dénoncé par le curé Thomas Lair au trône de la messe paroissiale, Jean Grenet, a fait incarcérer, ce dernier. Le registre dédié à ce compte-rendu, nous rend destinataire des faitsqui se sont déroulés « le 5e jour de janvier 1664, fut inhumé en l’église de Saint Aignan de Chartres, M. Thomas Lair, prêtre, curé des Autels Saint Eloy, estant mort dans la prison dudit Chartres, ayant esté estoufé par la fumée la nuict d’entre mercredy 2 et jeudy 3 dudit mois , et ayant été emprisonné par le Sieur Grenet injustement et sans cause » –

# – En cette même année  » Arriva ne chose digne de mémoire. Le Vice Bailly de Chartres , nommé Monsieur de Majenville, fut accusé de vol et d’être un faux monnayeur : c’était un homme d’esprit, fort subtil, adroit aux armes, bon écuyer et bien hardi, aimé et chéri des princes auparavant que l’on eut découvert toutes ces choses dont il fut accusé .Un jour une servante du Vice Bailly, fut à confesse à un Prêtre nommé Mr Lair, la servante, qui savait bien tout que son maître faisait, déclara à ce prêtre que son maître faisait de la fausse monnaie, ce prêtre eut quelque peine à lui donner l’absolution. .Cette fille fut de retour au logis du Vice Bailly, ne put s’empêcher que de babiller de quelques choses contre ce prêtre, de sorte que le Vice Bailly sut par sa servante que le bonhomme de prêtre savait tout ce qu’il se passait ; il l’envoya donc prendre prisonnier sous prétexte qu’il avait porté les armes et d’avoir tirer sur des pigeons. Etant prisonnier, le Vice Bailly usa de méchanceté et donna, à ce que l’on dit, au geôlier une somme d’argent pour faire mourir à petit feu ce pauvre prêtre, de sorte que tout le monde, voyant ce bon prêtre prisonnier, commença à parler de différente façon parce que l’affaire commençait à se découvrir. Il était donc question de faire mourir ce pauvre prêtre ; quand la nuit fut venue et que chacun était retiré chez soi, on mit le feu dans le cachot où il était, et fut étouffé.Il dit avant de mourir que le Vice Bailly lui faisait perdre la vie pour avoir dit la vérité ; les prisonniers qui étaient un peu plus loin ; l’entendaient prononcer ses paroles, de sorte qu’on le trouva mort le lendemain matin, étant à genoux, son bréviaire sur les bras. Aussitôt il fut enterré honorablement, et fut accomplie la prophétie de Nostradamus qui l’avait prédit, il y avait longtemps, comme il s’ensuit : En l’an mil six cent soixante et quatre Lair sera étouffé en prisons de Chartres Après ce tragique événement, le geôlier fut arrêté et eut les fers aux pieds et quinze jours après fut rompu, après avoir confessé comme l’affaire s’était passé. Enfin donc le Vice Bailly fut découvert et que l’on voyait à tous moments des louis faux, il fut obligé de fuir au plus vite parce que le Roi en fut informé et tous les seigneurs. Le Roi envoya le Prévôt de l’hôtel avec une forte escorte, et ils furent par toutes les villes faire défense de laisser passer aucune personne sans savoir qui c’était. On attacha même dans ces pays –ci, des affiches partout, où leurs noms étaient écrits : le Sieur de Majenville, le Sieur de Saint Agnès, beau frère du Vice Bailly, et encore un de leurs beaux frères avec eux, où ils étaient tous pendus en effigie ; de sorte qu’on ne put trouver le Vice Bailly et les autres, ils s’étaient sauvés de bonne heure, et on ne les a jamais vu depuis ; mais on a bien vu de leurs louis qui étaient de trente sols chaque, on les appelait les Vice-Bailly .Auparavant tous ces bruits là, il fit un jour une plaisante histoire ; voici le fait tel qu’il est arrivé. Un jour Me le Vice Bailly,et ses complices avaient volé un convoi d’argent auprès de Lyon que l’on amenait au Roi. Après qu’ils eurent volé le diligence ou le chariot qui en était chargé, aussitôt le Vice Bailly, vint avec beaucoup de diligence à Paris ; après qu’il y fut arrivé, il arriva un courrier apprendre cette fâcheuse nouvelle que l’argent du roi avait été pris en chemin. Comme le Vice Bailly était arrivé plutôt que le courrier et qu’il était à la Cour, il entendit le discours que le courrier fit aux princes sur ce vol, et le commandement lui fut donner d’aller s’informer où s’était fait le vol de l’argent, d’en faire enquête et de poursuivre les voleurs ; et c’était lui qui avait été le chef des voleurs de cet argent. Peu de temps après fut pris et arrêté un des valets du Vice Bailly, nommé Courville, lequel fut en peu de temps prisonnier, et son procès étant fait, il fut rompu vif à Chartres. C’était un garçon fort bien fait, lequel avant de mourir, étant sur l’échafaud, qu’il n’avait assisté qu’à un seul vol. l fut pris par le nommé La Louvery qui succéda à la charge du Vice Bailly,après que le sieur de Majenville son prédécesseur eut abandonné le pays. Or le Sieur de Saint Bonnet, qui avait bien vécu depuis la mort de ses frères, les sieurs de Pronsac et de la Hallière, demeurait pour lors à la Gouffrie, paroisse de Saint Jean de Lézeau, eut le malheur d’avoir quelques difficultés avec son Curé qui fut pour lui un terrible ennemi ; lequel s’alla plaindre à M le Maréchal de la Ferté qui était alors à La Loupe en lui disant mille fourberies contre le Sieur Saint Bonnet, qui fut mandé aussi par le Maréchal qui lui écrivit ses mots « Nous, Maréchaux de France, commandons au Sieur de Saint Bonnet de nous venir trouver en nôtre château de la Loupe demain matin, Le Maréchal de la Ferté .Le Sieur de Saint Bonnet, ayant reçu cet ordre, ne manqua pas d’aller trouver M le Maréchal, et, étant devant lui, il lui parla en ces termes « Par corbleu, Saint Bonnet, vous ferez toujours le méchant, que je vous dise en quatre paroles ce qu’il en est, premièrement vous n’allez pas à la messe, secondement vous avez manqué votre curé d’un coup de carabine comme il portait le sacrement à un malade, troisièmement vous fâcher tout le monde, en quatrième lieu, vous faites les grains de tous les particuliers à vos chevaux –prenez garde, je vous mettrai quatre prévôts après les fesses, qui vous attraperons bientôt ». Lors le Sieur de Saint Bonnet répondit et dit « Monseigneur, s’il y a une de ces choses de véritable, je ne veux pas être pendu, mais je veux être rompu vif ; il est vrai que je ne vais point à la messe à mon curé, mais j’y vais à Maillebois ; secondement, Monseigneur je ne porte point de carabine,et qui plus est il n’y a point de malade dans ma paroisse ; troisièmement, il n’y a personne qui se plaigne de moi dans le pays, mais Monseigneur, faites s’il vous plaît, informer sur toutes ces choses, et vous verrez qu’il n’a pas dit une seule parole véritable » Alors M le Maréchal dit à Saint Bonnet en le quittant « Adieu Saint Bonnet, gouvernez vous bien et prenez garde à vous » M le Maréchal se retira et le Sieur de Saint Bonnet, en s’en allant, fit rencontre d’un de ses amis qui était l’aumônier de mon dit Sieur le Maréchal, qui était l’abbé de Fonteny, son intime ami, qui l’encouragea et lui dit que ce n’était rien que cela, et qu’il ferait en sorte d’apaiser M le Maréchal qui avait d’autres affaires qui le tourmentaient davantage que celle-là, et qu’il n’arriveraient rien de cela. Ainsi l’affaire étant donc passée et n’y pensant plus, le curé de Saint Martin, voyant que M le Maréchal ne faisait pas grand cas de ce qu’il lui avait été dire conte le Sieur de Saint Bonnet, prit la peine d’aller à Orléans trouver M de la Palissonnière, qui y était intendant pour lors, et lui raconta la vie de Saint Bonnet et toutes les calomnies et fourberies qu’il avait été dire, et aussitôt l’intendant envoya des ordres au Vice Bailly de Chartres d’aller prendre le Sieur de Saint Bonnet. De sorte que le Vice Bailly partit aussitôt avec une forte escorte et vint se réfugier dans les bois de Saint Vincent un vendredi 17 de juillet 1665, où il espérait prendre le Sieur de Saint Bonnet ; mais quoiqu’ils fussent au nombre de vingt deux archers, ils n’osèrent point en approcher ni le saisir, parce quil était fort bien monté, et en outre il était d’une agilité et d’une adresse sans pareilles. Enfin l’ayant trouvé à la campagne, ils n’osèrent point l’attaquer parce qu’il n’y en avait pas un seul qui n’eût peur de sa peau que ce jour-là étant passé, le Vice Bailly et ses archers vinrent la nuit se réfugier dans la grange du curé de Saint Martin, où ils passèrent le jour du samedi et la nuit aussi. Le lendemain qui était le dimanche 19 juillet 1665,le Sieur de Saint Bonnet vint entendre la messe. Lorsqu’il fut à l’église, il vint un espion qui ouvrit la porte et l’aperçut, et aussitôt il courut à la grange dudit curé et avertit le Vice Bailly et les archers que Saint Bonnet était à l’église. Au même moment, le Vice Bailly vint à l’église et y entra avec ses archers, et se saisit du Sieur de Saint Bonnet, lequel pour toute arme n’avait que son fusil et son épée, et il avait avec lui un jeune homme, nommé M de la Hillière, lesquels n’étant que deux n’osèrent pas leur remettre en revanche, et furent pris, et que c’était force de se rendre ayant vingt deux personnes à qui faire tête. Etant donc arrêté, ils prirent les cordes des cloches, et le garottèrent, et passèrent par chez lui et prirent ses chevaux et le montèrent sur un, bien lié, et le conduisirent à Chartres où il fut longtemps prisonnier ; et on fit ces quatre vers

Le dix neuvième de Juillet

Un dimanche de grand matin

Fut pris le Sr de Saint Bonnet

Dans l’église de Saint Martin

  Etant donc retenu prisonnier, les menottes aux mains, il ne se trouva personne qui se voulut porter partie contre lui, et le bruit courut qu’il ne voulut pas sortir sans être justifié. A la fin, il y eut quelques personnes qui surent qu’il était prisonnier et qui vinrent déposer contre lui ; cela fit l’éclat et l’on publia dans bien des endroits des monitoires pour en apprendre davantage, et il se trouva beaucoup de personnes qui déposèrent par devant les curés qui avaient eu ordre de publier des monitoires bien des choses contre ledit Saint Bonnet. Lorsque les dépositions furent envoyées à Chartres, l’intendant criminel d’Orléans qui était envoyé de la part de l’intendant à Chartres pour informer et s’enquérir de la personne dudit Saint Bonnet, envoya les huissiers à tous ceux qui avaient déposé contre lui, pour être reconfrontés devant lui à la Tour de Chartres, de sorte qu’il s’en trouva à la fin deux cents lesquels les uns le Chargeaient, les autres le déchargeaient, les uns avaient vu et les autres avaient qu’entendu, et on paya les journées des témoins qui avaient déposé contre lui. Cela fut fini deux jours devant Noël, et pendant que l’on disait la messe de minuit les archers vinrent prendre ledit Saint Bonnet dans la prison, le montèrentet le garottèrent sur un cheval et le conduisirent à Orléans où il fut étroitement enfermé. Comme on redoutait sa personne, son procès fut fait et parfait en peu de temps, il fut condamné à avoir la tête tranchée, et après, sa tête apportée à Chartres, plantée au bout d’une une gaule sur la porte Guillaume, ce qui fut exécuté. Il fut fait mourir le 25e jour de janvier 1666, jour de la Conversion de Saint Paul, à l’occasion de ce jour on a fait quatre vers : Le jour de la Conversion de saint Paul, Saint Bonnet présenta son col, Etant monté sur l’échafaud, Livra sa tête à trois bourreaux . On croyait que cet homme ferait quelques épreuves de vaillance, tant il était redouté partout, et l’on parlait de lui à plus de cinquante lieues à la ronde. On fit mettre la garnison de la ville d’Orléans sous les armes et fermer les portes afin de faire bonne garde, il fut amené dans une charrette, étant accompagné de deux bons pères ; en passant devant l’église Sainte Catherine il fit arrêter et se mit à genoux. Etant arrivé à la place de l’exécution, il monta sur l’échafaud et fit la révérence à l’assistance ; il y avait plus de dix mille personnes. Etant sur l’échafaud, il ne voulut point avoir la vue bandée, il se mit à genoux, le bourreau de Paris, celui d’Orléans, et celui de Chartres étaient tous trois là. Ayant donc été lié et garotté par les mains et les jambes, celui qui lui coupait les cheveux fit signe à un autre de lui donner le coutelas par derrière, en le pressant il voulut faire son devoir ;  Saint Bonnet eut peur, l’autre manqua son coup et lui la moitié du menton, et de la force qu’il avait il s’efforça pour se lever, et rompit les cordes de ses jambes. Il ne s’en fallut guère qu’il ne tombât de dessus l’échafaud par terre, si l’un des bourreaux ne l’eût pas pris promptement par une de ses jambes et le retira ; l’autre le prit ensuite par le haut de ses cheveux et le troisième lui coupa le reste du col, et enfin l’exécution finie, le bourreau de Chartres, prit la tête, la mit dans un bissac – sorte de sac fendu – et l’apporta toute la nuit à Chartres, et la mit au bout d’une gaule sur la porte Guillaume, où elle a été environ deux ans ; et après elle tomba par pourrissement dans les fossés de la ville .Voilà la fin tragique des Saint-Bonnet, lesquels étaient les plus nobles du pays, les plus estimés, les plus courageux, les plus adroits, les plus estimés leur grand père était grand écuyer de France et fut tué devant Dreux pendant lu bataille, et son effigie se voit encore a présent dans la chapelle Saint-Crépin,à Saint-Pierre de Dreux. Pour le corps dudit Saint-Bonnet, il fut honorablement enterré dans 1’église Saint-Paul à Orléans; Toutes les personnes en place de la ville et la noblesse, ainsi que beaucoup de monde assistèrent à sa sépulture. Ce gentilhomme a été bien regretté partout à cause de sa prouesse et de son adresse ; sa renommée s’étendait par toutes les provinces du royaume, et était la meilleure épée de France, ayant toujours eu l’avantage dans tous les combats qu’il avait eus, bon écuyer, adroit dans le maniement des armes, et s’était toujours battu généreusement, enfin il a eu le bonheur de mourir en bon chrétien. Requiescat in Pace. Amen.  »

21 février 1665 – Importante inondation à Dreux, l’eau détruit une partie de la cité, emportant tout sur son passage, notamment les ponts et une partie du mur d’enceinte –

# 14 septembre – Chartres – venue au monde de Dom Michel Félibien, moine bénédiction, et auteur de L’Histoire de la l’abbaye royale de Saint-Denys (1706), son ouvrage majeur dont il dit ‘’ J’ai eu recours aux originaux, la vérité n’estant plus pure que dans sa source. ‘’ Sur la demande de Bignon, prévôt des marchands de Paris, il entreprend de rédiger une Histoire de la ville de Paris . Dès 1711, à St Germain des Prés, Félibien s’attela à cette tâche durant huit années, inachevée par sa mort en 1719. Un profès, Guy Lobineau termina l’ouvrage.

# 4 décembre – De même dans toute la France, aux Beaucerons  » leur parut pour la première fois une étoile que l’on appela une comète : elle était d’une prodigieuse grandeur et jetait une terrible clarté, elle avait une longue queue, elle dura environ quinze jours, tout le monde en était épouvanté, elle paraissait grosse comme un demi minot  » (mesure de capacité des céréales soit environ 30 dm³). Si la tradition populaire la situe sur quinze jours, en réalité, elle fut visible jusqu’en février de l’année suivante, provoquant une peur populaire, chacun étant persuadé que l’étoile était annonciatrice d’épidémies, et autres malheurs s’abattant sur le royaume de France.

1667 – Henri-Jules de Bourbon-Condé descendant du Grand Condé, acquiert la forêt de Senonches et un grande partie de Brezolles. Il est à l’origine de la mise en œuvre en 1670 d’une forge à Dampierre-en-Blévy qui va devenur un important centre métallurgique, notamment pour couler les canons destinés à la Marine Royale de Louis XIV, de même les canalisations employées pour le détournement de l’Eure. –

# 5 mai Sancheville – est décédé un chirurgien de Germinonville, âgé de 40 ans environ, qui en vivant avec un nommé David Moullard, hérétique, disoient des blasfemmes contre la Sainte Vierge, mère de mon Sauveur : par punition et chastiment de Dieu, furent en mème temps tous deux saisis d’un mal de costé, dont ledit chirurgien est mort, et l’autre fort malade. Signé : J Desombre.

1669il y eut une grande dissension entre Mr de la Noue et M’ de Baronval pour les honneurs de l’église de Blévy. M’ de Baronval avait son banc dans l’église devant celui de Mr de la Noue, parce que la maison de la Noue avait été de tout temps de la religion protestante, et ce dernier s’était rendu catholique. Or dans toutes ces entrefaites, Mr de la Noue fit mettre son banc dans le chœur, et celui de Mrde Baronval était dans la nef proche l’autel de la Vierge. Mr le marquis de Maillebois, ayant appris cela, fît ôter le banc de Mr de la Noue qui était dans le chœur et le fit mettre au bas de l’église, étant ledit marquis seigneur de Blévy. M’ de la Noue voyant cela fit faire une balustrade pour enclore l’autel de la Vierge où il fit mettre son banc et fit re­culer celui de Mr de Baronval, Mr de la Noue voulait avoir l’honneur disant qu’il était écuyer du Roi; Mr de Baronval disait qu’il était le plus ancien, et que son banc était premier que celui de la Noue. Les voilà donc grands ennemis : cela dura un espace de temps, et ils vidèrent leurs différends un jour de dimanche qui était le 20ieme d’octobre 1669. Mr de Baronval ne savait pas ce qui se passait à la Noue ; Mr de la Noue avait fait assembler bien des gentilshommes de ses amis chez lui à dessein de faire ce qu’il fit; il y avait Mr des Routis, les deux Mrs de Sainl-Arnoult, les sieurs de la Ferrette, Mr le baron de Favières, Mr de Bois-Rouvray, Mr de Régusson, Mr de la Lucazière, qui arriva après l’affaire faite, et Mr de Marigny. Lorsque tous ces Messieurs qui avaient été invités pour dîner furent arrivés, Mr de la Noue lesamena à la messe,mais ce n’était pas prier Dieu, comme on va le voir. Etant donc tous arrivé à l’église, Mr de Bïaronval arriva après et entra aussi dan» I’église et ne savait pas ce qui se passait; il était avec le fis de Mr de Cauprav qui l’était venu voir le jourprécèdent, il n’avait qu’un seul valet avec lui. Quand le Sieur de Baronval fut entré dans l’église, il fut surpris devoir tant do noblesse, ensemble, et au lieu d’aller à son banc qui était proche do celui do la Noue, il fut se mettre auprès do la chaire et aussitôt il voulut sortir, mais ledit S » de la Noue n’eut pas le loisir d’attendre qu’ils fussent tous dehors, et se mit à coucher en joue le. Sr de Baronval et tira; les autres aussi de leur côté tirèrent de mémo, de sorte qu’il y eut un vacarme affreux, y en ayant beaucoup plus d’un côté que de l’autre. Enfin M. de Baronval reçut un coup de fusil ou de pistolet dans l’estomac, et tomba raide mort auprès des fonts : son valet voyant qu’il était mort, tira deux pistolets de dessous son habit et tira au travers des autres; un nommé Mathurin Allais, meunier au moulin du Pré, tira aussi au travers do ces gentilshommes. Comme le parti de la Noue était en grand nombre, ils eurent l’avantage; ils massa­crèrent le valet du Sr de Baronval, nommé la Houssaye, et lui donnèrent mille coups après sa mort, et s’ils eurent été cinq comme lui du côté du Sr de Baronval, il n’en serait guère resté des autres. Voilà donc deux de morts, Mr de Baronval et son valet; le Sr de la Noue fut blessé à la mamelle et en mourut; le Sr de Marigny fut blessé et en mourut aussi le lendemain ; Bois-Rouvray eut les parties honteuses coupées et n’en mourut pas. Et le même jour on emporta Mr de Baronval dans l’audience de Maillebois où il fut ouvert; il avait le coup dans un côté du foie; le lendemain Mr le marquis le fit enterrer dans l’église de Maillebois devant l’autel du Rosaire, Après cette terrible bataille, tous ces Messieurs ne restèrent pas chez eux, et gagnèrent au pied chacun de leur côté,de sorte qu’ils furent ajournés à comparaître en trois jours, mais ils en étaient bien loin; on envoya des archers partout chez eux; Mr Martin, intendant d’Or­léans, fut nommé commissaire et vint à Blévy trois mois après pour juger et informer de cette affaire, et lit venir plusieurs des habitants qui étaient présents à l’église pendant bataille pour recevoir leur déposition ; il amena avec lui à Blévy un des grands vicaires de Chartres pour bénir l’église qui avait été profanée par cet affreux carnage et dans laquelle on n’avait point célébré la messe depuis, mais à la chapelle Saint Claude. Après que le commissaire ci-dessus eut fait ses enquêtes et en tout ce dont il a été question, il condamna les morts pendus par les pieds et traînés auparavant sur la claie, ce qui fut fait par effigie ; et pur les autres qui étaient vivants furent une partie condamnés à une grande somme d’argent ; les autres pendus en effigie et dégradés de noblesse, excepté leurs femmes et leurs enfants. Le jugement a été gravé sur une plaque de cuivre qui a été scellée dans lu muraille de l’église dudit Blévy près la chapelle de la Vierge, que l’on y voit aujourd’hui .Le même jour que ledit intendant et commissaire vint à Blévy, chacun y venait de tous côtés pour le saluer et le voir ; il y vint aussi le chevalier d’Aunay qui était un jeune homme bien fait et rempli d’esprit, Il vint donc pour saluer Mr l’intendant qui était logé dans la grande rue a l’auberge de l’Ecu : après. qu’il eut fait son compliment, et qu’il eut l’ait son adieu, étant près de monter à cheval pour s’en retourner, il arriva par malheur pour lui un huissier de Châteauneuf nomme Barrois, que le chevalier avait battu la veille; il vint se jeter à genoux devant Mr l’intendant, en lui disant : « Monseigneur, voilà un gentilhomme qui m’a frappé : voyez ma tête comme elle est maltraitée. » Alors Monsieur l’intendant le fit arrêter et l’inter­rogea et le fit conduire en prison a Chartres. Quand M’ l’intendant y fut retourné, il lui fit son procès et le condamna à être décollé, ce qui fut exécuté a Chartres eu cette même année.I670 ; il fallait qu’il y eût quelqu’ affaire plus grave sur son compte. Ce jeune homme fit beaucoup de vers sur sou emprisonnement pendant sa détention ; ceux d’Aunay l’ont, beaucoup regretté.

Hiver 1670 – L’hiver fut un des plus rudes que l’on eût vu de longtemps. Voici ce qu’écrit le curé de la commune. On travaillait alors aux bâtiments du Bois-Ballu, à la forge de Dampierre. L’hiver fut très long ; heureusement il y avait eu une moisson abondante, un blé à grand marché qui ne valait que dix-huit à vingt sols le minotet. Pourtant on ne pouvait avoir de pain aisément. A cause que les rivières étaient gelées et que les moulins ne pouvaient point tourner. On savait quand même où aller prendre de l’eau pour son besoin , chez le fermier des Moulins. En la paroisse de Dampierre-sur-Blévy, un nommé Nicolas Hubin, amenait ses moutons dans le cloître de Maillebois et faisait tirer de l’eau au puits pour les abreuver, dans des grandes auges, qu’il y avait fait apporter. L’hiver fut tellement rude et il gela si serré que l’on ne pouvait durer dehors, et le jour des Rois, les neiges étaient si hautes qu’on ne pouvait sortir; les noyers furent gelés jusqu’au gros de l’arbre, les genêts et les landes : enfin la veille des Rois ceux qui s’étaient munis de viande et autres provisions pour se di­vertir, la plupart ne purent avoir de pain à cause que l’eau ne pouvait moudre le blé : enfin les bourgeois de Verneuil se trou­vèrent dans le même cas manquant aussi de pain, un boulanger de Nonancourt ayant su cela leur mena une charretée de pain qu’il vendait 4 sols la livre, et furent encore bien heureux d’en avoir à ce prix : il n’y avait que les moulins de dessus les grandes rivières qui pussent faire de la farine, et l’on y portait les blés de tous ces pays-ci, pour les y faire convertir en farine. 15 novembre

# Un feu atteint partiellement le clocher neuf de la cathédrale de Chartres.

14 juillet 1671 – Naissance à Louville-la-Chenard de Jacques Eugène d’Allonville, chevalier de Louville fut un savant en matière de sciences mathématiques, après avoir guerroyé tant dans la marine que l’armée de terre. Cité par ailleurs, son frère Charles fut diplomate. Vers 1708, il rend son brevet de colonel des dragons pour se consacrer à la science astronomique,. Il fit construire à Saint-Jean-de-Braye (Orléanais) un observatoire. Cela lui permit, entre autre, de démontrer la diminution lente de l’obliquité de l’équateur. En reconnaissance, il fit son entrée au sein de la prestigieuse Royal Society de Londres. Fontenelle perpétua son souvenir en ces termes. ‘’ Il avait l’air d’un parfait stoïcien, renfermé en lui-même et ne tenant à rien d’extérieur : bon ami, cependant officier, généreux, mais sans ces aimables dehors qui souvent suppléent à l’essentiel, ou du moins le font extrêmement valoir. Il était fort taciturne, même quand il était question de mathématiques, et s’il en parlait ce n’était pas pour faire parade de son savoir, mais pour le communiquer à ceux qui l’en priaient sincèrement.’’ Il meurt en 1732.

1672 – Etienne d’Aligre fils est nommé Garde des Sceaux après avoir été ambassadeur à Venise

1674 – Achat du château de Maintenon par Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon, pour la somme de 250 000 livres( environ 600 000 euros de nos jours) qui l’offrira à sa nièce vingt quatre ans plus tard en cadeau de mariage. Le château devenant alors la propriété de la famille de Noailles, non d’épouse de sa fille.

# 17 février – A été donnée la bénédiction aux 2 cloches de cette église d’Authon (du Perche), la plus importante recevant le nom de Jean, la plus petite , celui de Perrine en présence de Mr messire Jean Perrault, conseiller du Roy, président en sa Chambre ds Comptes à Paris, seigneur de Roumilly, Milly, Angerville et des baronnies d’Authon, Montmirail, la Bazoche, Saint Ulphaceet Glatigny, et par dame Anne de Vassé, femme et espouse de messire Martin de Loubes, chevallier seigneur baron du Saulce. Signé : Anne de Vassé ; Dupré. –

# 16 novembreChartres – un nouvel incendie endommage toutefois partiellement la cathédrale de Chartres. Ce sinistre serait dû à une malveillance des veilleurs chargés de la sécurité (!) –

1675 – Décès à Dreux de Chrétien Adam né au début du XVIIe, , avocat au Parlement de Paris, orateur de talent, et poète à ses heures, tout en composant des vers latins. Il excellait également dans l’écriture de dialogues des paysans de la contrée avec des anagrammes, des acrostiches. Voici ce que l’on écrivait à son propos : «  Adam, dit Dom Lyron, avait un corps très mal formé, mais il avait toutes les belles qualités du cœur que l’on pouvait désirer et qui le faisaient estimer, aimer et révérer de tous ceux qui le connaissaient.».

1677 – Fut bâti un pillier en maçonnerie, autrement dit un éperon, au milieu de la rivière à Blévy, pour y placer un pont de bois, attendu que les grandes eaux avaient emporté l’autre : les eaux étaient aussi grandes qu’en l’année 1671, elles entraient à l’Écu par dessus le seuil de la porte qu’il y avait alors et venaient recouvrir les premières marches de l’église.

1678Se fist trois processions considérables, l’une desquelles fut celle de Montfort-l’Amory composée de 7,000 personnes, et l’autre fut celle de Nogent-le-Roy et des environs, où il y avoit 5,000 personnes, tant hommes que femmes, lesquelles vindrent visiter l’église Sainct-Pierre de Dreux, revestus d’une robbe blanche, ayant en main une croix de boys blanc, et partye nuds piedzpour marque de pénitence ; et fut trouvé à la queste de celle de Montfort 17 livres. La troisième desdites processions fut celle de Dreux, qui alla visiter le temple de Nostre-Dame de Chartres, où il y avoit un nombre de 20,000 personnes, revestues et armez comme dessus, portant le Très-Sainct-Sacrement de l’hostel soubz le days, chantant et psalmodiant par le chemin ; et estant arrivez à Chartres, Mgr l’évesque et MM. de la justice de la ville vindrent au devant les recepvoir pour les congratuller et leur tesmoingner la part qu’ils prenoient au subject de leur dévotion, qui n’estoit autre que pour rendre grasse à Dieu de la signallée victoire remportée par les Druides sur les héréticques en la bataille qui fut donnée entre Blainville et Maumousset prés Marville, où nous eusmes tout le succés qui se peult souhaitter, et les héréticques demeurérentconfus et furent contraints d’abandonner ; depuis lequel temps la ville de Dreux n’a pu souffrir dans son enclos aucune personne hérétique. Et la procession revenant de Chartres s’arresta au milieu du camp où la bataille fut donnée, où là fut fait des prières à Dieu pour le repos des âmes des catholiques romains qui avoient combattu et perdu la vie pour le maintien de nostre religion. Dimanche 16 septembreYèvres – Mme Benard, espouse de Me Bénard de Rezay, conseiller ordinaire du Roy en tous ses conseils d’Estat et des finances, seigneur de La Bouèche, a donné à cette église le corps de saint Constance, martyr, pour être vénéré lorsque madicte dame aura donné la châsse dans la quelle les reliques dudit saint devront être mises, lequel corps j’ai reçeu de madicte dame Bénard à l’entrée de nostre église, et j’ay enfermé dans une ormoire fermante à trois serrures qui est dans la sacristie dans ladicte église. Signé : C Desmonts ; Jourdin ; Belamy ; H Chartrain ; N Ronce ; Renaudin .

30 août 1679 – Le corps de Marie Leroy, 15 ans, fille d’agriculteur aux environs de Chartres, est retrouvé , la jeune fille ayant été étranglée par un loup qui l’aurait ensuite mangée en partie. Canidé ou chien errant, nul ne le saura. L’hypothèse loup est la plus facile à retenir, eu égard à sa présence dans la contrée.

# 26 décembreVénérable et discrette personne maistre Antoine Courtoron, en son vivant prestre, curé d’ Authon, âgé de 60 ans et tant d’années, a été inhumé dans le cœur de céans, et le lendemain, les habitans d’ Authon l’ont exumé de force et de violence et l’ont emporté dans leur église ou il a été inhumé : de quoy il a esté informé par devant les juges des lieux et donné avis par Mgr de Chartres et à son official, lesquels ont excusés ladicte violence er attribué à l’affection et à l’estime qu’ils faisoient à la probité du deffunct. Signé : M Richer ; P Maupou ; R Nion.

1680 Les Autels Saint-Eloy – De grands fléaux de diverses origines viennent s’abattre sur la population et enlever des familles toutes entières, entre autres celle de Marin Galois, médecin. La commune en deux semaines perd son chef et trois enfants. –

# Meslay-le-VidameL’hyver commença dès la saint André, et dura la gelée sans discontinuer quatre mois entiers, puis il vint tanr d’eaux qu’on ne pouvoit labourer, et ensuite une sécheresse de quatre moys : ce qui obligea, après un jeune de 3 jours, de faire une procession générale à Chartres, de l’église cathédrale à Notre Dame de Josaphat, qui dura sept heures, ou on porta la sainte chasse de la sainte Vierge et toutes les reliques de la ville et paroisses circonvoisines, le 18 juin 1681, c’étoit merveille de voir bel ordre de cette procession et la dévotion de tout le monde. Toutes les rues étoient tendues comme à la feste Dieu. Signé : G le Bassac.

# 29 juin – Du côté d’Ecrosnes, une jeune fille de 18 printemps, Mathurine Lochereau meurt des suites de blessures à la gorge et aux membres inférieurs, occasionnées par une bête carnassière, peut-être un loup. Animal non clairement identifié ou supposé sauvage.

1681 – (Curiosité médicale…) La femme d’un nommé Philippe Chesnay de Blévy accoucha d’une fille un mardi 5ième de mai, et le mercredi 20ième dudit mois ensuite d’un garçon : chose que l’on n’avait jamais entendu parler, ni vu de semblable. 16 maiJ’ay inhumé Michel Lefebvre, âgé de 12 à 13 ans, dans l’église de Vitray ; lequel allant porter le disner au fagotteur de son père dans les bois de Bauvoir, avec son petit frère, furent attaquez par une beste fauve façon de loup dans ledit bois, qui le dévora et luy mangea la teste jusque aux espaules et blessa son petit frère et leur fagotteur outrageusement : et la dite beste fut tuée par les habitans de Beauvoir, qui revint à la charge comme on apportoit le corps dudit deffunct et se jecta sur un nommé Claude Garnier et le terrassa, et fut tuée par les nommez Toiussainct Ragon et Jacques Lemelle, à coups de brocq et de serpe. Signé : Lemercier.

# Flûtiste comme son père André Danican, dit Philidor l’Ainé. Drouais également. Interprète et compositeur, Anne Danican dit Philidor a fondé en 1725 le célèbre Concert spirituel des Tuileries, sous forme de concerts publics qui vont perdurer jusqu’à la Révolution. Quelques pastorales, des motets, un Te-Deum jalonnent son œuvre.Il meurt à Paris en 1728 à l’âge de 47 ans.

# 18 juin – On fist à Chartres une procession généralle pour implorer l’assistance de Dieu pour une grande sécheresse qui dura trois mois sans cheoir presque d’eau ; où assistèrent tous les relligieux de ladicte ville de Chartres, avecque tout le clergé de toutes les paroisses de la ville qui se joignirent avec que MM. du clergé de l’église de Notre-Dame de Chartres ; et aussi assistèrent 32 processions de tous les villages d’alentour de Chartres. On fit la procession depuis l’église Nostre-Dame jusques à l’église de l’abbaye de Jossaphat, où l’on porta toutes les sainctes châsses. De quoy ensuitte Dieu donna sainte bénédiction sur tous les biens de la terre. Egalement présente la Compagnie du Vidame de Chartres avec ses 60 hommes sous le commandement du capitaine Bréant.

19 octobre – Pierre Berthault, originaire de Sens, meurt à Chartres. Eminent oratorien,et professeur de rhétorique, on le retrouve grand vicaire de Ferdinand de Neuville, évêque de Chartres. Il doit sa notoriété à deux traités classiques qui connurent un succès considérable, avec de nombreuses éditions. Florus Fransicus, sive Rerum a Francis bello gestarum Epitome (8 éditions entre 1630 et 1678) – Florus Gallicus, sive Rerum a veteribus Gallis bello Gestarum Epitome (6 éditions entre 1632 et 1671)

1682 Madame de Saint-Marclou, qui était sœur de Mr de la Lucazière, étant chez son frère à la Lucazière, paroisse de Mainterne, quoique se portant assez passablement, eut envie de se purger : elle envoya donc un domestique à Brezolles chercher des drogues pour faire une médecine chez Madame Boutroux, et lui fit demander du cristal minéral, avec d’autres drogues. Par méprise on lui envoya au lieu de cristal minéral du sublimé; elle fit faire sa médecine et la prit : la voilà on peu de temps malade à la mort, ce qui fit que l’on eut quelques soupçons, aussitôt o, envoya chercher promptement des médecins ou chirurgiens pour la venir voir et tâcher de lui donner du soulagement, on leur montra la drogue et ils dirent que c’était du poison ; on envoya encore chercher chez la –même, elle envoya encore du pareil. Cela fut cause que Madame Boutroux fut prise et fut mise en prison, il lui en coûta beaucoup d’argent pour se justifier parce que l’on croyait qu’elle l’eut fait à dessein, et c’était une tromperie d’avoir envoyé et pris une drogue pour l’autre. Néanmoins malgré tous les secours que l’on donna à la dite dame de Saint Marclou, elle mourut le lendemain, il n’y eut pas de remèdes qui purent lui donner du soulagement ; la science et l’art des médecins furent épuisés et ne servirent à rien

# .Mercredi 10 juinChâteaudun – à deux heures de après midi, il tomba tant de gresle et si grosse que les vitres de Saint Vallerien et du Champdé furent toutes brisées et ont été refaictes des aumônes des fidèles ; les vignes et les bleds de toute la paroisse furent perdues entièrement. Les échevins, éleus et justice ordinaire, accompagnés de personnes à ce cognoissans, ont visité la perte sur les lieux .

# 25 & 26 juin – Dreux – A esté fait une procession généralle pour la nécessité du temps, à cause de l’abondance de la pluie. MM. De Chapitre sont descendus dans l’église Saint-Pierre, pour aller processionnellement à Saint-Gilles ; à Saint-Denys et à Saint-Léonard, où l’on a chanté les antiennes – refrains liturgiques – des Saints et récité les sept pseaumes.

# 24 septembre – Accompagné de la Reine, de même sa cour, le roi Louis XIV passe au Bois de Feugères et y dine dans son carrosse , avant de se rendre à Chambord.

1683 – Né dans le Perche, comme jurisconsulte, Claude Duplessis fut souvent consulté par Colbert sur les affaires liées au roi et à l’Etat. Sa naissance en terre eurélienne semble être la plus plausible, bien que la notion Perche s’étende au delà de l’Eure et Loir.

15 avril 1683Châteaudun Sur les deux heures après midi, il tomba tant de gresle et grosse comme des œufs de pigeon quarrés que on ne pouvoit marcher dans les rues sans danger de tomber. Les vitres du bas de nostre église sur les fonts furent cassées, quelques vignes greslées dans la paroisse et les bleds ailleurs.

# 3 juin – Dreux –  » Dame Catherine Clouet, femme de Mr Louis Brochand, procureur du Roy de l’élection, revenant de Chartres, où elle étoit allée par dévotion pour demander à Dieu le rétablissement de la santé de son mari, montée sur un asne, impatiente d’arriver chez elle à Dreux, se hasarda de passer la ravine qui traverse le chemin de Chartres à Dreux vis-à-vis Le Boulé-Thierry, quoyque cette ravine fut extrêmement enflée et rapide à cause de la grosse pluye qui étoit tombée peu d’heures auparavant. Marie Lejay, sa servante, montée aussi sur une bourique, entra comme elle dans la ravine, et un petit garson, qui les conduisoit à pied, s’estant mis en croupe derrière la servante, du moins on le jugea ainsi . Tous trois croyoient passer ; mais ils furent tous emportez par le torrent et se noyèrent. La maîtresse et la servante furent trouvées le soir du mesme jour arrestées à la grille du parc du Boulé, et le petit garson, quelques heures après, dans un arbre du parc, au dessus duquel l’eau avoit passé.  » 9 octobre – Louis XIV épouse Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon. Epouse morganatique, selon son rang inférieur.

1684 – Naissance à Chartres de Nicolas Jouin, pamphlétaire et écrivain. Favorable au jansénisme, il publia en 1721 des pamphlets et satires d’un ton grivois contre les Jésuites. Auteur également de pièces satiriques en patois appelées les Sarcellades qui le menèrent à la Bastille (1754). Il meurt trois ans plus tard à Paris.

1684/1690 – Mise en chantier du canal Louis XIV avec aqueduc royal de Pontgouin à Versailles dit de Maintenon. Pas moins de cinq kilomètres de maçonnerie. 60 000 hommes y travailleront, pour une grande partie des militaires venant seconder les ouvriers des bâtiments. Le roi s’inspirant du Pont du Gard en construisant son double pour franchir l’Eure. Aux commandes La Hire, mathématicien et Vauban, ingénieur et architecte militaire. Le roi décide de faire détourner le cours de l’Eure pour alimenter Versailles en eau dont le site est exigent en consommation dés que les spectacles qui s’y déroulent font appel une grande quantité d’eau. Les travaux débutèrent à Pontgouin où l’on peut encore admirer de nos jours l’excellence et l’importance du travail accompli. Notamment des écluses. Hélas, les guerres demandant beaucoup d’argent dés 1688, les travaux seront abandonnés définitivement. – Dans le même temps, le Roi-Soleil nourrissait de très grandes ambitions pour Chartres en voulant le doter d’un port de commerce avec des chemins de halage. Quelques premières constructions laissèrent apparaître des portes à bateaux depuis la cité beauceronne jusqu’à Nogent-leRoi. Des travaux abandonnés pour les raisons que nous connaissons.

# Dans ces années de fin de siècle, on note dans les chroniques paroissiales de nombreuses abjurations de l’hérésie de Calvin notamment à Authon-du-Perche. Un serment accepté dès l’âge de 15 ans.

1685 – Louis Josse, originaire de Chartres, successivement clerc, diacre, licencié de la Sorbonne, et chanoine en la cathédrale de Chartres (1706). Opposé à la Bulle Ugenitus, il est exclu en 1729. Meurt dans sa ville de naissance en 1749. –

# 10 février, venue de Vauban à Maintenon afin d’étudier le plan du détournement de l’Eure pour alimenter Versailles. Les travaux avaient déjà été entammés. Ouvriers, paysans,et soldats, soit 30000 hommes vont travailler sur ce chantier pharaonique. Douze millions de briques ont été commandées à Lille et à la Briqueterie Royale d’Abondant. Quatre fours à chaux ont été construits sur le tracé du canal. Quant au plomb et au charbon, ils proviennent d’Angleterre. L’abbaye de Coulombs sera réquisitionnée pour accueillir les nombreux blessés à la suite de travaux périlleux et très durs à la fois. De même les épidémies qui se répandent très rapidement chez les ouvriers.

# Septembre – Louis XIV désireux de visiter un moulin, se rend à celui du Bois de Feugères, connu de nos jours sous le nom de moulin Pelard, appartenant à la famille du même nom de 1876 à 1941 avant d’être cédé à la commune, et restauré à partir de 1976. De type pivot, le moulin est amovible pour le tourner face au vent. La tradition voulait que lorsqu’il y avait un mort dans le village, on laisse les ailes en croix. –

# L’Edit de Nantes du 17 octobre 1685 mène à des destructions de temples protestants comme celui de Pont-Tranchefêtu à côté de Chartres. Pas une pierre ne doit rester debout, tels sont les ordres royaux. Le fait de voir les terres désertées par les protestants qui fuient à l’étranger inquiète la population qui craint une augmentation de l’impôt.

1686 – 12 au 15 juillet – visites de Louis XIV pour se rendre compte des travaux du détournement de l’Eure à Maintenon et alentours. Un canal à écluses est alors creusé rejoignant l’Eure à Coulombs –

# 2 septembre – Trois ambassadeurs du Siam – surnommés les Siamois par Louis XIV – se rendent sur le chantier de l’aqueduc à Maintenon. –

# 6 septembre – Lully fait représenter pour la première fois au château d’Anet sa pastorale Acis et Galatée, en présence du Grand Dauphin.

19 avril 1687 – Louis XIV vient passer en revue les militaires employés aux travaux de l’aqueduc.-

# 13 juillet – Louis XIV achète la seigneurie de Grogneul (Saint-Piat) pour la marquise de Maintenon en dédommagement du préjudice subi suite au stationnement des troupes à Maintenon dans le cadre de la construction de l’aqueduc.

V.1688 (ou 1689) – Décès de Charles Rouscouët, sculpteur breton, qui s’était installé à Alluyes après son mariage avec une jeune fille de la commune. Il travaillera désormais en Eure et Loir.

# 25 mai – Dernière visite de Louis XIV sur le chantier de l’aqueduc, commentant de cette façon son passage  » Je suis à Maintenon depuis quelques jours, étant venu vérifier le chantier de la rivière d’Eure  »

1689 – Quand un fermier n’a pas acquitté les gâteaux de louage, autrement dits les arrhes, le bail est annulé. –

# 7 juin – décès à Arrou ( commune contestée, sans doute fruit d’une confusion…) de Madame de Beauvais dont la notoriété repose sur la mission qui lui fut donnée par Anne d’Autriche de déniaiser le jeune Louis XIV. Elle fut largement récompensée par une pension de 2000 livres et un château.

1690 – Histoire risible de la monture du curé de Saint-Maurice: Saint-Maurice, aujourd’hui hameau de Bonneval, fut paroisse jusqu’au XVIIe siècle. Vers 1690, le curé Sémillard y officiait. Sur la fin de ses jours, il avait autant de peine à marcher qu’il avait marché légèrement dans sa jeunesse. Il aimait à voyager et, ne pouvant plus le faire à pied, il acheta un âne qu’il fit bien équiper. Se doutant que quand il paraîtrait dans les rues sur cette monture les enfants se moqueraient de lui, il prit la résolution de les accoutumer tout d’un coup à ce spectacle nouveau. Il monta sur son Grison — il avait donné ce nom héroïque à son âne — il y monta avec des bottes fortes, vint se promener dans toutes nos rues dans ce superbe équipage. Les enfants l’y accompagnèrent en lui faisant des huées qu’ils ne répétèrent point quand ils le revinrent Quelques temps après, il alla à Cormainville avec son Grison qui fut matière à conversation de tous les confrères du curé de Saint-Maurice qui ne se fâcha point de toutes leurs railleries. Il vanta beaucoup la perfection de sa monture et défia tous les convives de faire à leurs chevaux ce qu’il faisait faire à son Grison. Il le fait amener dans la salle où l’on mangeait, lui verse du vin dans un plat. Grison était prêt à boire, lorsque son maître l’avertit de saluer la compagnie. Il se met à braire de tout son cœur et avale de suite le vin qu’on lui avait versé. « Faites en faire autant à vos chevaux? » dit le curé à ses confrères. On rit beaucoup et on en resta là. Cette plaisanterie fut portée à Monseigneur l’Évêque bien différemment de ce qu’elle était. II en écrivit aux curés de canton auxquels il reprochait d’avoir ce jour fait boire du vin à leurs chevaux, lorsqu’eux-mêmes ne pouvaient plus en faire usage. On éclaircit Sa Grandeur de la vérité du fait et elle n’en fit que rire.

# Jean Espitalier originaire du Var, passe pour avoir été aussi bien curé de la Folie Herbault (Fains-la-Folie) que poète beauceron. Il connut une mésaventure qui aurait très bien pu mal tourner. Pour avoir désobéi à une charte, il fut confronté à bien des problèmes. En effet, une ordonnance synodale interdisait à tout ecclésiastique d’avoir une servante âgée de moins de quarante ans, et pour cause. Mais le jeune curé ne l’entendait pas de cet oreille, et contourna l’interdiction en employant à son service une certaine Jeanne Normand âgée de 23 ans. Bien que des témoins dignes de foi aient attesté que la jeune servante rentrait chaque soir chez son père, Jean Espitalier fut jugé par ses pairs, condamné à vingt jours de séminaire et 10 livres d’amende. Il eut bon se démener pour justifier de sa bonne foi (à double sens), rien n’y fit. La sentence étant tombée, il se devait d’y obéir, et se séparer de la jeune fille. Celle-ci rejoignit sa famille à Orléans et tomba enceinte un an après. Les quolibets repartirent de plus belle pour accuser le curé d’en être l’auteur. Bien qu’il n’ait pas rencontré la jeune fille, prouvant qu’il ne pouvait être l’auteur de cette grossesse, il fut arrêté, molesté, et conduit dans les prisons du présidial de Chartres (1690). Il prouva néanmoins son innocence. Son affaire remonta à la cour de Louis XIV. On dit qu’il devint le confesseu de la Maison de Savoie dont il maria plusieurs membres en son église de la Ferté-Herbault. Il meurt en cette commune en 1720 à l’âge de 81 ans.

# 12 octobreChartres – Un violent orage endommage et ébranle le clocher neuf qui doit être démoli. On s’aperçoit que cette construction composée de pièces de fer, étaient recouvertes d’une épaisse couche de rouille. La corrosion a entrainé une grande fragilité la structure. L’année suivante, il sera reconstruit en pierre de Vernon par un artisan lyonnais, Claude Auger (ou Augé) qui mit un an pour accomplir son œuvre.

1691 – Spécialement pour la Maison de Saint-Cyr pour les pensionnaires de cette institution, Jean Racine écrit Athalie, pièce à caractère biblique sur demande de Madame de Maintenon qui l’invite en son château de Maintenon. L’auteur dramatique y restera le temps d’accomplir cette œuvre et jouée seulement en 1699, après la mort de son auteur lequel aura son nom attaché au château, grâce à Lenôtre qui baptisera ainsi l’une des allées du château. – .

# La campagne beauceronne se désertifie. Les paysans chassés par les famines successives recherchent d’autres horizons pour survivre. Une autre raison les pousse à éviter la maréchaussée royale chargée de prélever de l’argent pour les guerres. Des recruteurs sont envoyés également pour les enrôler dans les régiments du Roi, non sans rudoyer les récalcitrants notamment à Brou et Châteaudun. Comme les gens de la terre ont connaissance que ces représentants royaux vont sur les marchés, on s’en écarte autant faire ce que peut. Des fermes sont abandonnées. La disette pèse sur des centaines de familles.-

# 15 aoûtDes valets de quelques officiers de l’arrière-ban de Champagne mirent par inadvertance le feu dans un grenier de l’hôtellerie de La Harpe, au faubourg Saint-Valérien à Châteaudun. L’incendie se communiqua à l’hôtellerie des Trois-Rois, et de là à toutes les maisons « depuis ladite Harpe jusqu’au Sépulcre et au Pavillon, à droite et à gauche, sans en rester aucune, sauf les maisons et granges de derrière, ce qui monte à une perte considérable ». Le roi, informé de ce malheur, déchargea ceux qui en avaient souffert de toutes impositions pendant neuf années et leur fit distribuer des secours en argent. On se mit aussitôt à reconstruire les bâtiments incendiés, mais on n’employa encore que du bois pour cette reconstruction : cela devait amener un nouveau désastre. – Les autorités de la ville vont alors demander à la généralité d’Orléans une diminution de la taille. Ils obtiennent pour partie l’aide, à condition de reconstruire les maisons détruites. Hélas, une partie de la population mal indemnisée, devra mendier. – En fin d’année, sérieux coup de vent à Chartres qui fait pencher de près de quatre mètres le clocher neuf de la cathédrale au dessous de la croix. Heureusement, la construction tient bon malgré la dangerosité.

1692 – apparaît la charge de maire. – Augmentation considérable des prix du blé en Beauce comme dans les environs de Chartres.

169312 mai – révolte des habitants de Châteaudun contre ce mal récurrent qui affectent les Beaucerons. Pillages et violences s’en suivent. Les fauteurs sont réprimés, de même ceux qui sont arrêtés pour les mêmes faits à Maintenon. A son tour Chartres subit les effets d’une récolte désastreuse. La révolte gronde face aux accapareurs qui font monter le prix des céréales. –

# 4 aoûtLa foudre sévit à plusieurs reprises en plusieurs endroits.Marin Rochet, moissonneur à Yèvres, assommé d’un coup de foudre auprès du village du Grand Espînay, a esté inhumé le 5 au cimetière de céans. Signé : Havard et Mathurine Loyseau, pauvre femme glaneuse, tuée d’un coup de foudre auprès du village du Grand Espinay, a esté inhumée le 5 au cimetière de céans. Signé : Havard . –

# Septembre – La maréchaussée, antichambre d’une future gendarmerie, est confrontée à tous ces aspects d’incertitude sécuritaire ayant différents origines. Des voleurs de grand chemin profitent des circonstances pour peser sur la population. Comme une bande de malfrats, composée d’une cinquantaine d’hommes, sous la conduite de Journet et Ledus, qui sévit douloureusement. La population se révolte contre le manque d’autorité pour faire face à une situation criminelle inquiétante. Bien entendu, des arrestations s’en suivent, de même des exécutions, pourtant sans arriver à une complète éradication. S’en suit aucune sécurité sur les routes de l’Orléanais. Un climat qui profite aux marginaux qu’ils soient mendiants ou malfrats. La nature même des condamnations, notamment les galères à perpétuité, décrétés par des arrêts royaux, ne découragent en rien une criminalité de circonstances. S’ajoute également la présence de plus en plus forte des loups (ou des chiens en divagation) qui s’attaquent aux troupeaux, accessoirement à celleset ceux qui les gardent. Au point qu’une telle présence incite des familles à quitter là où ils vivent, tellement la peur s’installe. Les histoires les plus folles sont colportées, l’appréhension grossit, à l’origine d’une panique. On raconte même que des gens sont dévorés. Les représentants du Roi sont incapables de conjurer ce mauvais sort.

1694 – En Beauce, Thymerais et Perche une grave crise économique, touchant le royaume, provoque une grave misère en raison de mauvaises récoltes. Famine générale en France par la cherté du bled, le pain de 9 livres  jaunet valant à Chartres 40 sols et le septier de bled 45 livres et mesme 50, et à Paris 70 livres ; le pain de genesse valant la livre, au mois de mai et de juin, 10 sols. Cette cherté dura huit mois et demy, et dans son plus fort les mois d’ avril, mai et juin ; mais la récolte des bleds et autres grains furent très abondante, si bien que le septier de bled ne valoit plus après l’aout que 3 livres et le pain 5 sols. Cette famine fut suivie le mesme esté d’une branche de peste, de maladies contagieuses de poupre, épidémie par toute la France ; ce qui emporta un nombre considérable de personnes en l’autre monde en peu de temps, et dura jusqu’à la Toussaint 1694. A fame, peste et clade libera nos, Domine.De même, la dysenterie, la variole et fièvres diverses font leurs ravages. –

# Le diocèse de Chartres se voit retirer celui de Blois où Louis XIV crée un évêché –

#. Naissance à Courville de Jean-François Pannard, connu pour avoir été un poète bachique, amateur de bonne chère, de vin dont il usa jusqu’à plus soif. Il passa une partie de son enfance à Nogent-le-Roi auprès d’un parent qui lui fit découvrir l’art poétique ce qui le fit naître, par erreur, dans la cité nogentaise Il va suivre son tuteur jusqu’à Paris. S’n suit, la révélation de ses dons étonnants pour composer des chansons satiriques, ce qui ne le consacre pas pour autant. alors l’immensité et la qualité de son écriture constitue un trait pas toujours apprécié à sa valeur. Auteur de 86 pièces dont treize opéras comiques écrits en collaboration, cinq comédies, un œuvre au final très dense. Sans oublier de multiples vaudevilles à couplets où il parodie les œuvres de certains contemporains. Le succès qu’il espère, le fuyant, il fréquente femmes et tavernes, s’adonnant à la bouteille, et versifiant à loisir sur les filles de ses fréquentations, le plus souvent sur un ton piquant, d’un style ambigüe créant le doute chez ses lecteurs. En constante révolte contre ceux-là qui ne lui accordent point la reconnaissance qui lui est due, il change alors de style. Notamment dans l’art d’écrire des vers sous la forme d’un verre, d’une bouteille, s’octroyant un beau succès dans les cabarets et le milieu populaire. Néanmoins il reviendra un moment sur le quotidien royal, en saluant le roi Louis XV, de même les filles du monarque. Des vers flatteurs nourrissant beaucoup de respect envers la royauté. Si bien que l’on affirme qu’il serait à l’origine de surnom de Bien-Aimé donné à Louis XV. Affaibli par ses excès de table, il meurt à Paris presque impotent le 13 juin 1765.

1695 (juin et juillet)Le Perche ayant subi un désastre majeur avec la grêle dont la violence va tuer de nombreux bestiaux, Louis XIV accorde une subvention pour pallier la mortalité du bétail.- Deux ans plus tard, la situation se renouvelle. La taille, cet impôt direct bien qu’il ait évolué (à la charge des seigneurs) a été transférée au Roi, permettant à la population d’être protégée d’une façon militaire. Très impopulaire, la fonction de répartition et de recouvrement était à la charge d’assesseurs-collecteurs. Six choisis dans les paroisses de la ville, nommés sur un arrêt du Conseil, notamment pour la région de Châteaudun. Un bémol dans cette organisation dans la mesure où ces collecteurs se taxaient à des sommes dérisoireset son contraire là où ils devaient prélever, des abus qui seront très vite réprimés.

# Disparition de Philibert Gassaud, seigneur du Croisy, 65 ans,dont on dit qu’il était gentilhomme de Beauce. A la tête d’une troupe de théâtre, il entra dans celle de Molière, se spécilisant dans le rôle de Tartuffe. A l’inverse de nombreux de ses contemporains, acteurs comme lui, il mourut en odeur de sainteté alors que les comédiens ne sont pas bien vus par l’église.

# 15 décembre – Décès à Nogent-le-Roi de Laurent Boucher qui aurait pu rester dans un anonymat complet. Curé, il s’est ‘’ révélé ‘’ dans le domaine poétique au sein des registres paroissiaux en commentant à sa façon, l’actualité notamment de la commune de Nogent-Le-Roi, ceci à propos de l’inhumation d’un enfant de 5 ans.

Par une soudaine retraite

Qu’autrement nous appellons mort

Piffray, cette innocente allouette

Vers le ciel a pris son essort.

# – Commentaire à propos d’une inhumation ‘’ Le samedi le samedi 27 septembre 1688 a esté enterré dans le cimetière de céans, non un des trois Horace ou des trois Curiaces mais un des trois enfants femelles qu’a eus d’une ventrée Marguerite Gautier, femme de Louis Asselin ‘’.

1696 –Louis Chauvet, abbé de Levesville-la-Chenard, est à l’origine de la Congrégation de vie apostolique des sœurs de Saint-Paul en cette même commune, au début de sa fondation, qui est, de nos jours, l’un des plus anciens ordres missionnaires. A l’origine, ce fut quatre jeunes filles qui furent rassemblées par ce curé de campagne pour former cette communauté pour soulager la misère spirituelle, morale et matérielle des paroissiens. Malade, l’abbé quittera ses fonctions en 1708 pour les transmettre à l’évêque de Chartres.

1697 – Alors que la tradition voulait que les ruraux puissent se consacrer à différentes fêtes religieuses, interdisant de travailler, tout en se consacrant à la prière du matin jusqu’au soir, Monsieur Paul-Godet des Marais, évêque de Chartres, décide de son plein gré, d’en supprimer un certain nombre. Les récoltes à venir ou à couper sont concernées, mais le manque notoire de main d’oeuvre hypothèque de saines moissons et autres missions liées à la terre. Certes une telle décision se se fit pas sans heurt, mais la raisonl’emportera.

août 1698 – de très fortes chaleurs en Beauce occasionnent de nombreuses mortalités d’ouvriers aux champs dues aux effets du soleil. –

# Suite à l’échec du canal de l’Eure, Vauban est chargé de rechercher les voies navigables potentielles. L’Eure et Le Loir sont retenus dans ce schéma. Un sujet souvent évoqué sans suite notable. – Madame de Maintenon fait cadeau de son château de Maintenon à Françoise Amable d’Aubigné, année du mariage de cette dernière.

Fin XVIIe – naissance à Chartres (sans date précise) de l’écrivain Nicolas Pintard, auteur d’une Oraison funèbre pour l’enterrementde Louis XIV. Sans avoir pu achever une Histoire chronologique de la ville de Chartres, il meurt milieu , l’ouvrage restant en l’état de manuscrit.

1699Neuvy-en-Dunois – le dimanche dans l’octave de l’Ascencion, sur les quatre heures du soir, il parut un nuage affreux avec un tonnerre si épouvantable que le peuple effrayé courut à l’église comme dans un azyle ou il croioit que Dieu fut obligé de les préserver de tout accident et d’empècher l’effet des causes secondes. Le tonnerre tomba sur le clocher, le dépouilla entièrement de toutes les ardoises sanz en laisser une seule ; il descendit ensuite dan l’église, emporta un éclat du pilier du clocher qui est le plus près de la seconde forme des vitres a nef du coté de l’autel Sainte Barbe, brisa l’armoire de la bannière qui étoit alors ou est présentement la chaire : de l’un des batans de l’armoire blessa à l’épaule François Perrineau, fermier alors de la terre de Neivy, déchira entièrement la bannière sans cependant endommager les deux images de la sainte Vierge et de saint Martin. Après cela, il sembla se jouer du peuple qui étoit renversé parterre comme autant de morts : à l’un il brula la peau depuis l’épaule gauche jusqu’au talon du pied droit, comme une bande large de quatre doigts, celui là se nomme Anthoine Vassort ; aux uns il brula les semelles des souliers sans endommager les bas, aux autres, il brula les bats sans endommager la peau. Le premier qui se remit de son évanouissement et qui vit tous les autres renversés, sortit en courant et crioit par les rues que tout étoit mort à l’église et que luy seul étoit sauvé : il en sortit après un second qui disoit la même chose, il est aisé de juger quelle allarme cela jetta dans l’esprit de de ceux qui étoient demeurés à la maison : ils coururent aussitôt à l’église, mais ils virent que le mal n’étoit pas à beaucoup près si grand qu’on le faisoit ; chacun se relevoit ; il n’y en eut que deux ou trois qui eurent besoin de secours pour se relever. Anthoine Vassort un étoit un. Une vieille femme qu’on nommoit Séverine étoit l’autre ; elle enfut incommodée jusqu’ à samort qui arriva deux ou trois ans après. Belhomme étoit le troisième :il fur longtemps incommodé d’une brulure qu’il eut dans le bas ventre. Depuis ce temps là, personne ne vient à l’église quand il tonne. On m’a dit que, six ans auparavant, le tonnerre estoit déjà tombé sur le clocher, qu’il avoit aussi dépouillé de toutes ses ardoises.

XVIIIe.

Début du siècle – naissance à Chartres de Pierre Hardy, professeur au collège Mazarin à Paris auteur d’un livre fort curieux consacré à un Essai physique sur l’heure des marées dans la mer Rouge, comparé avec l’heure du passage des Hébreux. Il mourut curé à La Loupe. –

# La famille Le Guée se rend célèbre dans les poteries, faïences et terres vernissées produites à Brou, Bonnétable et Beaumont-les-Autels, renommée qui va se pérenniser jusqu’aux années 1900 –

# La famille Laugoubault se rend très célèbre à Anet où la corporation des maîtres-verriers est très en pointe à cette époque.

# Prestrière était le nom donné par le Chapitre de Chartres à diverses portions de ses immeubles de son domaine, bénéficiant souvent des droits seigneuriaux. Ces biens étaient adjugés par bail et aux enchères à un des chanoines, lequel pouvait en jouir, sa vie durant, en ayant soin de remplir les charges portées à son bail.-

# La tradition paysanne, issue des années passées, voulait que de nombreuses familles des environs de Chartres soient affublées de sobriquets connus sous le nom de une grade. Ce sobriquet était transmis ipso facto de père en fils, usage qui s’est perdu au début du XIXe siècle. –

# Le droit de havage s’exerçe à Chartres, sous forme d’un privilège sur les grains amenés au marché, à raison d’une cuillerée (13 décilitres) pour chaque septier ou setier de grains (156 litres) exposés en vente, par les vendeurs non résidents à Chartres ou dans la banlieue de cette ville.  » le havage de chascun sestier de ble vendue en la ville de Chartres hors franchise, se cil qui le veut, l’a acheté, il doit un Havagiau ; se il a cru en sa terre, ou son gaaignage, il doit dou sestier demy Havagiau et de tout grain autressi, fors que d’avoine, et l »avoine paie au double  ». A Dreux, Nonancourt, Vernon, et autres lieux de Normandie, le havage se substitue au Minage, Mesurage et Estalage. On mange du pain jaunet fabriqué de deux 2/3 de froment et d’1/3 de seigle, la miche, du pain broyé, de très bonne qualité, pain bis de moindre qualité. Le prix du pain est fixé suivant le bled nouveau le jour du marché qui suit la moisson. Pour ceux qui ont un four à pain très présent un peu partout, la possibilité de faire son pain est alors un avantage que compense la cherté du bled (blé) –

# Au début de ce siècle, Chartres compte 16000 h environ , Nogent le Rotrou (- de 7000), Châteaudun (+ de 5000) et Dreux ( – de 5000) –

# Au XIXe, Charles Robbe de profession tapissier et marchand de meubles à Chartres, passe pour être un fin rimeur beauceron, doué d’un esprit satirique. Il fait alors le bonheur de la famille des imagiers Allabre* lorsqu’il s’agit de commenter l’image allégorique notamment dans Le Diable dArgent. Satisfait, Allabre lui commande un cantique associé à un miracle. Hélas, son esprit caustique l’emporte. Se maîtrisant difficilement, il ne trouve rien de mieux  d’exprimer ce miracle à son façon qui n’eut pas l’heur de plaire à celui qui l’avait commandé. Voici les quatre derniers vers sur l’air de Damou et Henriette :

Avec du bon bouillon

Et faisant sa neuvaine

Il trouva guérison

La chose est bien certaine.

# A une époque où la connaissance médicale en matière d’accouchements condamnait beaucoup de naissances à une mort certaine, la parturiente payant également de sa vie, une sage-femme-jurée, Madame de Lunel vivant à Chartres au milieu de ce siècle, se signala par la prudence avec laquelle elle exerçait sa profession. Elle se permit également de rédiger des observations sur l’extraction des placentas enkystés.

1700 – Naissance à Chartres de Léonor-Jean-Christine Soulas d’Allainval, abbé et poète comique. S’étant installé à Paris, il y mène une vie misérable, au point d’être réduit à passer ses nuits dans les chaises à porteurs qui sont stationnées devant les demeures des nobles. A son actif, un grand nombre de pièces de théâtre comme l’Embarras des richesses – l’Ecole des Bourgeois – La Fée Marotte, etc. A 53 ans, il s’éteint dans la capitale.

1700/1710 – période pendant laquelle il y eut d’innombrables cas de rage. Le curé de Bonneval nous raconte l’histoire suivante.  » La femme de Louis le Secq, tourneur en bois (à Bonneval) eut le malheur d’être mordue par son chien qui était enragé. Elle négligea si fort cette morsure qu’elle ne fit aucun remède et fut peu de temps après attaquée de ce même mal. La maladie étant sans remède, ses parents prirent le parti de l’étouffer dans son lit, et l’y étouffèrent effectivement en la couvrant de plusieurs lits de plumes après l’avoir tellement garrotée dans son lit qu’elle ne put se délivrer de ce poids mortel. Les officiers de la justice restèrent tranquilles sur cette mort qui est un crime selon moi. La rage est une maladie mortelle dont on ne guérit jamais;ainsi fallait-il prendre toutes les précautions nécessaires pour mettre cette pauvre femme hors d’état de faire du mal à qui que ce soit et ne pas précipiter sa destruction qui devant Dieu et devant les hommes n’en excuse pas les auteurs de parricide et d’homicide. D’ailleurs cette barbare action est un mauvais exemple dans la société civile, les enfants ennuyés de la vie de leurs pères et mères ne pourraient-ils pas aussi,pour s’en défaire, leur imputer ce mal. »

Nuit du mardy 20 et mercredy 21juillet 1700 – Fontaine-Simon l’orage a faict du tort sur les grains et fruits en cette paroisse.

1701 – Claude Estienne, chanoine de la cathédrale de Chartres doit sa célébrité en faisant mettre en place, un clou enfoncé dans une dalle grise disposée en biais par rapport à un verre incolore laissant passer un trait de lumière à partir de l’angle formé par le transept sud avec le bas côté de la nef. En fait, un dispositif mis en place pour vérifier la marche des horloges de la cathédrale. Depuis, une sorte de foi intense semble animer curieux et religieux chaque 24 juin du moins lorsque le soleil est présent pour aller darder le point précis quelques minutes avant 14 heures en cette fête de la saint Jean-Baptiste. La foi, la croyance permettent à tous ces témoins de faire passer leur ferveur dans cette sorte de miracle qui appartient plus à la technique qu’à une forme de manifestation divine. A chacun ses croyances, l’insolite l’emporte sur la raison.

1702 Apparition à Chartres de la corporation des maîtres-cartiers qui se rendra célèbre jusqu’à la Révolution, date de sa disparition progressive dans la cité beauceronne. Depuis le XVIe siècle, le valet de trèfle porte dans un écusson le nom du cartier, revêtu du paraphe du lieutenant de police, et sur la marge de l’épreuve un sceau en cire rouge. Les cartes à jouer s’impriment au fronton comme les images, et leur fabrication, tout en restant pour l’État un monopole. Ce commerce bénéficie alors à l’industrie privée. Guillaume Chesneau, papetier et cartier, figure parmi ces artisans. Etienne Rouilly (décès 8 juin 1741 à 41 ans) est un autre maître-cartier et papetier, proche de la famille Mocquet* par son mariage avec Marguerite Mocquet (décès 1739). Un autre maître-cartier se distingue en la personne de Pierre Hoyau, puis Jean Chaponnet (1730/1808).

1702 Villevillon – L’église fait l’objet d’un sacrilège « La nuit du mardy au mercredi 8 aout, des brigands sont entrés dans l’église par le vitrage au dessus de l’escalier de la chaire, ont forcé le tabernacle, la porte de la sacristie et les armoires, et ont volé le ciboire, le soleil, le calice, la patène et une petite custode, le tout étoit d’argent du prix de 500 L » Testu, curé

1703– Démolition de l’église Saint-Nicolas à Chartres connue à sa construction au IVe siècle sous le nom de Saint-Serge et Saint-Bacche. Bâtie dans la cour de l’évêché, elle était jusqu’àlors considérée comme l’une des plus anciennes églises de France, construite en 375 sous le règne de Valentinien 1er

1704 – Naissance à Anet de Pierre Lenfant, artiste-peintre. Elève de Charles Parrocel, graveur et peintre de batailles, il est reçu à l’Académie en 1745. Spécialiste des scènes de batailles et de paysages présentés par ses soins à plusieurs salons en 1741 et 1771. Quatre de ses tableaux sont visibles au musée de Versailles : Prise de Menin – Siège de Fribourg – Siège de Tournai et Siège de Mons. Un tableau peint au dessus du maître-autel de l’église de Dreux représentant saint Pierre dans sa prison lui est attribué. Il meurt à Paris le 23 juin 1787.

18 juin 1706Neuvy-en-DunoisA quatre heures du matin, on eut ici une facheuse alarme. On saisit et fit prisonniers Pierre Delatouche, propriétaire de la ferme située à Neuvy, dont les murs de la cloture de la vigne règnent le long de la ruelle qui conduit à Jonville, André Dolléans, notaire et sergent, qu’on nommoit Chicane, et Mathurin Girard, boucher. On les emmena bien chargé de fers dans les prisons de Bonneval. On les accusoit d’ avoir assassiné Alexandre Prieur, laboureur, à Augonville, qui fut trouvé mort dans les fossés ‘ancien château de Bonneval. On les soupçonna de ce crime parce qu’il avoient passé la soirée avec ledit Prieur à boire dans un cabaret de Bonneval, pour faire le marché d’une mine de terre que Latouche vouloit avoir de luy pour des champs carrés. Il étoit près de minuit quand ils se séparérent : Prieur qui étoit ivre ne put s’en retourner chez luy,et vraisemblablement il se jetta luy même dans l’endroit ou on le trouva mort.. L’ignorance des chirurgiens donna lieu aux poursuites qu’on fit contre les quatre habitants de ma paroisse : Jacques Dolléans, propriétaire de la terre de Morsans, étoit le quatrième ; il eut l’adresse de ne pas se laisser prendre parce qu’il fut averti à Temps. Il st certain qu’on ne voyoit aucune blessure mortelle sur le cadavre et qu’il y avoit nulle apparence d’assassinat : cet homme étoit tombé dans l’eau, ou il a périsans qu’on est contribué à sa mort. Cependant, ces pauvres gens furent long temps en prison : ils obtinrent un arrest de deffense et injonction au greffier de porter les charges et informations au Parlement, après quoy on les transféra dans les prisons de Chartres ou ils restèrent deux mois. La Tournelle ordonna un plus amplement informé pendant six mois avec élargissement des prisonniers sous leur caution jutoire. Ils n’ont plus été inquiétés depuis. Il est certain qu’ils n’étoient pas coupable.

8 août 1706Chartres – Naissance de Jacques Etienne Gueau de Reverseaux qui, au lieu de succéder à son père comme conseiller au présidial et de lieutenant civil et criminel au bailliage de Chartres, préfère embrasser la carrière d’avocat au Parlement de Paris. Il se taille une solide réputation d’orateur et de pourfendeur des causes perdues dont il triomphe avec habileté et doigté . A son actif, de nombreux écrits comme Mémoire pour les curés et marguilliers de la paroisse de Saint-Germain-l’Auxerrois ( 1741), véritable réquisitoire contre les abus. – Mémoire pour le marquis de la Ferté contre Mademoiselle Ch.Virginie de Sainte-Maixance ( 1747) où l’auteur explique l’origine des registres publics des naissances et décès. – La famille Gueau de Reverseaux a été possesseur des fiefs de Sainville et de Fontenay, entre autres. Ses armes : Ecartelé aux 1 et 4 d’azur, à la croix de Jérusalem or ; au chef cousu de gueules, chargé d’un gland feuillé du second, la tige en haut ; aux 2 et 3 d’azur au chevron d’or accompagné de trois croissants d’argent.

1707 – Bien que le vin ne soit pas de grande qualité, il n’en demeure pas moins que des vignes sont exploitées un peu partout dans la région. Antérieurement, afin de tourner en dérision les rapports plus que tendus entre l’église et les vignerons, une chanson satirique circula, comparant la robe du vin clairet au rouge de la nouvelle robe des chanoines de Notre-Dame-de-Chartres. Le vin à Saint Germain proche Saint Maurice, à 3 sols(0,93 euro environ) la pinte, et la mesure spécifique à La Loupe, à 4 sols 8 deniers. (1,40 euros environ) –

# 11 janvier – naissance à Chartres de Michel-Philippe Bouvart, médecin et professeur de médecine, menant une vie simple de praticien alors installé à Paris. Une anecdote le singularise et mérite qu’elle soit contée. Appelé , un jour, auprès d’un banquier qui souffrait d’une maladie à l’origine inexplicable, il devine que l’affection dont souffre son client n’est guère d’ordre médical, sinon qu’il s’agit d’un désordre moral ayant pour origine des ennuis financiers. Un billet de 30.000 f. déposé à la tête du lit fut sa seule ordonnance avec ce petit mot en guise d’accompagnement ‘’ Cette fois, je suis sûr d’avoir trouvé le remède ‘’ . –

# 17 avril Civry– Le tonnerre est tombé sur le clocher, à une heure après midy, l’incendie dura trois heures entières ; le clocher a esté diminué de 18 pieds .

#13, 14 et 15 juillet Neuvy-en-DunoisEt particulièrement, le 13 juillet, la chaleur étoit si excessive et si violente, presque dans toutes les paroisses des environs, on trouvoit dans la campagne des moissonneurs qui n’avoient pas pu supporter la violence du soleil. André Dolléans, sergent et notaire, qui s’estoit loué chez Claude Fillon, pour ammasser la disme dont ce dernier estoit fermier, parloit en goutant avec les autres domestiques, de la mort de M.Poirier, curé de Bullainville, âgé de 28 ans, qu’on attribuoit à la véhémence de la chaleur, et leur disoit que deux ou trois verres de vin lui donneroient assez de force pour surmonter toutte l’ardeur du soleil. Il les but et alla ensuite avec son petit harnois recueillir la disme. Il s’en revenoit chargé, et estoit entre Neuvy et Ligaudry, auprès de la pierre qu’on appelle la Croix Rouge, lorsqu’on aperçoit qu’il chanceloit ; il fut mort aussistot.

# mardy 19 juillet Fontaine-SimonChaleur excessive, en sorte que plusieurs ont été malades, et un faucheur proche Nogent le Rotrou estouffa ; plusieurs chevaux en route étouffez ; 4 paniers de beurre fondus, 4 veaux étouffez dans la charrette allant à Paris à Pierre Boutry, et six paniers d’œufs perdus qui furent jettez en la rivière.

1708 – Naissance à Toury de Mithouflet dit Thomin. Etudes à Paris puis au petit séminaire d’Orléans. Devenu professeur, il part enseigner les lettres classiques en grec et latin au collège de Meaux. La découverte de la science optique va conditionner son avenir. Il étudie une grande partie des traités d’optique, entretenant de nombreux échanges avec les savants. Il rencontre un Anglais aussi féru que lui en la matière et décidèrent d’unir leurs connaissances dans l’optique, si bien que sa réputation atteint la cour. Remarqué et protégé de Henri François d’Aguesseau, chancelier de Louis XV, cette reconnaissance lui procure alors la clientèle de l’Académie royale des Sciences. En découle la consécration. Reçu ingénieur d’optique de la Société des Arts, il publie un Traité d’optique mécanique qu’il dédie au chancelier Aguesseau qui reçut cet hommage avec déférence. La reine Marie Leczinska dont la vue est faible, le convoque pour un examen, alors même qu’il a reçu la lettre suivante du premier médecin de la reine. Un insigne honneur pour cet homme, humble et savant à la fois ‘’ La reine me donne ordre de vous mander qu’elle vous a choisi pour faire tous les instruments d’optique dont Sa Majesté aura besoin et qu’elle vous permet, en conséquence, de prendre le titre de son ingénieur en optiques ’’. Alors que sa faveur allait crescendo à la cour, une maladie maligne l’emporte en quelques mois, laissant un grand vide.(1753).

Mai 1708Neuvy-en-DunoisLe feu prit dans la grange de la métairie qu’on appelle Monguérin, scituée à Jonville, par l’imprudence d’une femme qui jetta dans la cour des cendres de chaume, ou autrement comme ils disent : « des ouves », qui enbrasèrent d’abord la paille qui étoit répandue dans la cour, ensuite la grange et les autres batilens, excepté la maison. La principale maison de Jonville qui appartient à présent à M.Beauhaire et qui joint Monguérin, fut aussi entièrement embrasée ; heureusement il n’y avoit point de bled dans les granges.

# En cette même année, le bleds(blé) meteil ne valoit que 40 sols le septier, et le poinçon de vin de Varennes à Châteaudun ne valoit que 7 ou 8 livres. La misère étoit grande à la campagne ; les laboureurs ne pouvoient payer la taille qui étoit forte. La laine et autres denrées étoient à si vil prix qu’on pouvoit faire d’ argent.

1709 – Une grande année de famine et de disettes (notamment dans le Perche) – la température avoisine les -30° – le pain et le vin voient leur prix augmenter d’une façon vertigineuse. La misère est tellement épouvantable que des gens meurt par centaines. – A Chapelle-Royale, les bleds et vignes ont gelé. Le blé vaut à Brou, 80 livres (environ 138€) le septier au mois de Juillet. L’orge, au temps des semences : 40 livres (environ 69€) le septier. Le vin, 100 (environ 175€) livres le poinçon . Le cidre, 30 livres (environ 52€) –

# Miermagnele grand hyver commença la nuit du 5 au 6 janvier. Le bled fut universellement gelé y en avoit icy environ 12 douzaines de dime, ce qui étoit bien éloigné de 200 douzaines de l’an d’auparavant. La plus grande partie des arbres fruitiers furent gelés et moururent presque tous. Ceux qui ne moururent pas fleurirent pendant deux ou trois ans,ils n’apportoient presque point de fruits et ces fruits étoient tous véreux : les noiers (noyers) moururent presque tous, et furent encore plus accablez que les autres. On entendoit les chènes se fendre ; on trouvoit les oiseaux gelés ; on ne voioit presque plus de merles en ce pais (pays). A la façon suivante des bleds, le semence de bled nouveau valoit jusqu’à 80 livres le septier à Illiers ; à la façon suivante deés mars, l’orge valoit jusqu’à 50 livres (environ 87€) le septier, encore n’en pouvoit-on avoir. Il survint des arrêts du Parlement pour rendre les marchés libres, que la populace troubloit, voulant empescher l’enlévement du bled et orge. Cet hyver causa trois ou quatre années chères. A la récolte de 1709, l’orge fut en abondance, de sorte qu’on disoit que quand on l’auroit semée sur les chemins qu’elle seroit venue comme dans la meilleure terre . – # A la dévastation s’ajoute le recouvrement de la capitation, nouvel impôt pour subvenir aux besoins qu’engendre la guerre d’Espagne. La population chartraine se montre réticente face à cette charge alors qu’elle crie famine. Aussi l’intendant des finances mandaté à cet effet, se réclamant, entre autres, de la généralité d’Orléans, se voit contraint en haut-lieu d’envoyer un détachement de dragons pour obtenir par la force ce qu’il ne peut imposer. Les chroniqueurs précisent que le représentant du Roi aurait souhaité une autre forme de recouvrement que ce recours à l’armée. Il est certain qu’à cette époque les différentes taxes accablent la Beauce comme le Perche, comme ailleurs au demeurant. Des moments très difficilement vécus eu égard à une certaine forme d’anarchie dès lors que certains arrivent à se soustraire à l’impôt. Notamment celle du sel où les abus des revendeurs notamment ceux que l’on dénomme des regrattiers (vendeurs de comestibles) se remplissent les poches à loisir. De fait, ces accapareurs vont voir leur exercice supprimé.

1709 – L’hiver qui suit, fut si rude, la gelée si forte et les faux dégels si fréquents que les bleds, les vignes, les arbres furent gelés jusqu‘à la racine et perdus entièrement. Cette désolation générale précipite une cherté excessive du pain et du vin, la livre de pain valant à Paris 6 sols et le septier de blé froment 70 livres. Ce climat économique malsain cause une misère épouvantable et une famine générale suivie, l’année suivante, de maladies contagieuses qui vont emporter beaucoup de personnes et  » donnèrent trop d’exercice aux curés  ». Il mourut au Gault en Beauce 30 grandes personnes, sans compter les enfants et les pauvres étrangers. Les trois quarts de la paroisse furent malades de maladies contagieuses. Pré-Saint-Evroulton a vu tout à la fois dans ce royaume de France particulièrement en ce pais, la disette dans l’abondance et l’abondance dans la disette ; pendant l’hiver une si rude et si longue gelée qu’aiant abondamment de quoi vivre des années précédentes, il n’y avoit pas moien d’avoir des farines, tous les moulins estant arrestés ; laquelle gelée a gasté entièrement la semance des bleds et gelé de toutes parts les arbres. Pendant l’automne, dans l’extrème famine, on a recueilli par une bénédiction toute particulière et extraordinaire de la divine Providence (miracle?), si grande abondance d’orge que, dans un septier de terre, pour une mine de grain, on a veu rapporter jusqu’à deux muids et davantage Jugez quelles furent les peines et les exercices du curé, alors seul et sans vicaire. Romilly-sur-AigreLes bleds gelairent entièrement avec tous les noiers et quantités d’autres arbres dans tout le pays de la Beause. Le bled valut jusqu’à 40 livre(70€) le septier, mesure de Chasteaudun, l’orge 25 livres(44€) le septier, à laditte mesure ; mais les orges furent en si grande abondance qu’elles suffirent au défaut du bled. Il y eut des personnes qui récoltèrent jusqu’à 30 septiers d’orge par septier de terre ; l’on peut dire que ce fut un miracle. Nota : dans les textes d’époque, le mot franc remplace parfois la dénomination livre. On pense que la nostalgie du franc reste ancrée dans les esprits.-

# Cette même année meurt à Chartres, Paul Godet des Marais, né à Talcy près de Blois en 1648, confesseur et directeur spirituel de Madame de Maintenon à la Maison de Saint-Cyr qui dépend alors du diocèse de Chartres dont il est évêque nommé par le roi Louis XIV en 1694. Cette même année, il initie la fondation du petit séminaire de Chartres dans une maison offerte par un chanoine de la cathédrale. Adversaire du quiétisme, il signe la célèbre  » Declaratio  » avec Bossuet. En 1698, il publie plusieurs lettres pastorales contre les théories pseudo-mystiques de Fénelon et de Madame Guyon., épouse de Jeanne-Marie Bouvier de la Motte-Guyon, un mystique Son zèle comme son orthodoxie seront l’objet d’une oraison funèbre de son successeur Monstiers de Mérinville, évêque de Chartres. –

# 13 décembre 1709, décès de Louis de Verjus, comte de Crécy, originaire de Paris où il vit le jour en 1709. Homme politique et diplomate, membre de l’Académie française (1679), ministre plénipotentiaire de Louis XIV au congrès de Ryswick, et à la Diète de Ratisbonne (1695) en raison de ses connaissances germaniques. Il est inhumé dans le chœur de l’église de Crécy-Couvé. Il semblerait que ce soit son fils Louis-Alexandre qui ait hérité du domaine familial de Crécy-Couvé, qu’il vendit à Madame de Pompadour.

Entre 1709 et 1790, Chartres voit sa population se régresser passant de 15712 habitants à 13121. Certaines professions ont cessé leur activité, notamment celle de la serge comme du gros drap, la préférence allant pour des tissus plus fins. Heureusement, la cathédrale sauve la mise, et les pèlerins restent nombreux, d’autant que les fréquentes allées et venues royales sont particulièrement prisées. Autant de motivations pour véhiculer de nombreux visiteurs, surtout en raison de la position du roi de droit divin, et assurer certains commerces chartrains qui profitent de l’aubaine pour assurer leurs ventes.

28 juillet 1709 – Tempête épouvantable sur l’ensemble de la Beauce qui anéantit la moitié de la récolte à venir alors que les grains sont pratiquement mûrs.

Printemps 1710 ChâteaudunLes bleds gelèrent au printemps. On fist de orges ou es bleds avoient manqué. On en recueillit en si grande abondance que cela empescha la continuation de la cherté. On ne recueillit poit de vin, car on fut obligé de coupper les vignes au pied. La mortalité suivit : comme la disette estoit généralle, la mortalité le fut aussi. Signé : Dalbert, desservant .

# 26 avril – Décès à Aunay-sous-Crécy de Charles de la Rivière. Chevalier, sieur de Milouet et de Silly, capitaine au régiment de la Marine. Venu s’installer en Eure et Loir, il y meurt et sera inhumé en l’église.

# 28 juilletNeuvy-en-DunoisIl s’éleva un vent si violent que les bleds qui étoient meurs furent égrenés considérablement. Depuis plusieurs années on n’avoit pas espéré une plus abondante récolte, mais cet accident la diminu beaucoup : la terre étoit toute recouverte de bled, particulièrement dans les champs qui avoient été ensemencés de bled nouveau. Cependant cette perte n’empècha pas que le grain ne diminuat beaucoup le prix quoiqu’il fut fort cher avant la récolte par la gelée de l’année précédente. La quantité d’ orge qu’on avoit semé faute de bled contribua beaucoup à la diminution du prix du bled. On désigne cette année par l’année des bleds foudrés : elle fut facheuse par les maladies pourpreuses qui régnèrent pendant tout l’été et qui fit mourir beaucoup de monde. La perception des impôts est mal venue, d’autant que le prix du blé été multiplié par 12.Graces au Seigneur.

# 11 septembre – Montboissiera été enterré dans l’église du Houssay messire Claude Mallier, seigneur patron et fondateur de cette paroisse, âgé d’environ 50 ans, mort sur les dix heures du soir et enterré le même jour environ à minuit, à cause de la mauvaise odeur qu’il avoit après sa mort et du mauvais air qui causa cette année quantité de maladis contagieuses.Signé: J Ruork,O’Bryen, Bourgarel, curé du Houssay.

21 juin 1711 environs de ChartresJeanne Gervaise, épouse de Gilles Buisson, dit Panier, est retrouvée morte après avoir mangé une soupe blanche, dite soupe à l’œuf. Convaincu d’être l’assassin, le mari fut condamné à mort, et son exécution par pendaison eut lieu le 31 décembre de la même année. Dés que son corps fut dépendu pour être ensuite brûlé, la tradition populaire voulait que l’on récupère quelques fragments de la corde qui avait servi à l’exécuter, sous prétexte que sa renommée passait pour donner chance à son possesseur

# 10 décembreGault-en-Beauce (Gault-Saint-Denis) – S’éleva une si furieuse tempête, foudre et orage, depuis huit heures du matin jusqu’à trois heures après midy, que les maisons, les granges, les clochers, les cheminées et les personnes qui marchoient tombèrent par terre et furent renversés, avec une perte considérable et danger de vie. On s’imaginoit que c’étoit la fin du monde, tant la terreur étoit grande. A fulgure et tempestate libera nos, Domine.

1712 – Ouverture de la sainte chasse contenant la  » Chemise de la Vierge  », en réalité une pièce d’étoffe de soie écrue ,enveloppée dans une écharpe, unie, large entre les deux, lisières de 0,46 cm, et longue de 5,35 m. La chasse est toujours considérée comme miraculeuse, protégeant contre le mauvais sort.

10 mai 1714– Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Jean-François Dreux du Radier, avocat, historien et poète. Il adopta parfois le pseudonyme de Thémizéray. Son œuvre est aussi importante que diversifiée, le plus souvent sur le plan historique, comme Mémoires historiques, critiques, anecdotiques des reines et régentes de France ( 1763). Il meurt à Trou Saint-Eliph (La Loupe) en 1780. –

# 12 juillet – Mort à Garnay, de Louis de Sanlecque, originaire de Paris (1649). très proche du Père Lachaise, confesseur de Louis XIV, il reçut le prieuré-cure de Garnay. Il aurait pu prétendre à une chaire plus importante s’il n’avait cru versifier à l’endroit de ses supérieurs alors qu’il postulait pour l’évêché de Bethléem. Son œuvre principale, Les Poésies héroïques, morales et satiriques révèle un poète de grand talent. Sa disparition fut unanimement regrettée par ses fidèles.

# Cette même année, première fête de juillet à Châteaudun qui prend le nom de Fête de Juillet soit le premier jeudi du mois pour une durée de huit jours. On y vend alors plusieurs tonnes de toisons de laine. En raison d’une mauvaise qualité des tontes venant de Beauce, pénalisées également par les maladies des bêtes, la fête pourtant très prisée, subit le contrecoup, entraînant sa suppression. Cette fête sera reprise en 1995, et dénommée Foire aux Laines. –

# Achèvement du chœur de la cathédrale en pierres ciselées par des centaines de tailleurs et sculpteurs de la pierre –

# Décès à Garnay de Jacques de Losme de Monchesnay, surnommé  » le poète de Chartres  », et considéré comme l’un des grands dramaturges de son époque. Il est auteur de satires.

1715 Il y a eu en cette paroisse 510 communians, savoir 140 à Neuvy, 110 à Morsans, 57 à Ligaudry, 28 à Allonville en 10 ménages ; il n’y a 3 ménages à Touville. Mgr de Pré, gentilhomme de Saint Evroul ; a laissé périr les batimens de la petite ferme qui étoit vis à vis la proincipale ferme de Touville : les terres quie n dépendoient sont présentement cultivées par le fermier de Reimbert. Il n’y a que 9 communians dans ce petit hameau, 75 à Melleville, 38 à Jonville, et le reste dans les métairies détachées et dans les trois moulins. Morsans et Allonville sont tout à fait délabrés ; on n’y voit que des masures. Le premier, suivant la tradition, étoit le meilleur de cette paroisse ; il est présentement le plus pauvre. Ce qui donne lieu à sa ruine, c’est que ses habitans étoient autrefois presque tous propriétaires des maisons et des terres qui en dépendoient. Il a fallu dans la suite partager entre plusieurs ce qui n’étoit possédé par un seul ; les terres se sont vendues peu à peu aux gens de Villars et de Bessay. Les vignes qui faisoient la plus grande richesse de ce hameau ont été arrachées ; il en est si peu resté que, dans les meilleures années, la disme de vin ne m’a produit que 2 poinçons et quelques pintes au delà ; on dit qu’autrefois elle produisoit jusqu’à 15 à 16 pièces de vin. Messire Jean Regnault, curé, a tiré de sa disme jusqu ‘ à 24 poinçons ; cela est diminué si considérablement que, dans la plus grand abondance du vin, je n’en ai recueilli que 5 pièces. Neuvy est présentement le mieux planté en vigne et produit autant de vin que le reste de la paroisse ; personne n’y mendie son pain ; quoiqu’il ait beaucoup de ce que l’on appelle petits ménages. Mélesville, Ligaudry et Jonville se soutiennent fort bien ; on n’y voit pas de maisons délabrées.  »- Naissance à Chartres de Pierre Jean Mahon. Médecin, il publia de très nombreux ouvrages, dont certains traitent du magnétisme animal. (mort en 1799).

1716 – Naissance en Pays chartrain d’Henri Roland de Turpin de Crissé et Sanzay. Marquis et général français. Inspecteur général de la cavalerie et des dragons en 1759, maréchal de camp en 1761, lieutenant général en 1780, il émigre en 1792. Auteur de Essai sur l’art de la guerre ( 2 vol. 1754 ) – Commentaires sur les Mémoires de Montecuccoli ( 3 vol.1769) – les ‘’ Commentaires de César ‘’ ( 3 vol. 1785). Il meurt en Allemagne v.1795. –

# Comme tant d’années la précédant, une année mal vécue par la population en raison d’une sécheresse très présente, ayant pour conséquence une mauvaise récolte de foin comme de grains, de même un manque notoire de fruits.

5 août 1717 – Jean-François Janvier de Flainville voit le jour à Chartres. Une brève carrière d’avocat, suivie d’ue nomination d’inspecteur à l’Ecole Royale militaire. Il devra quitter ses fonctions en raison d’un caractère irascible, et jugé trop sévère. Il fut le second maire de Chartres après 1788. Auteur de nombreux ouvrages dont une Histoire ecclésiastique, civile, naturelle et littéraire des villes et duché de Chartres, Beauce et pays chartrain avec des plans et figures en taille douce et pièces justificatives. ( 1755). Il meurt dans sa ville natale en 1791. –

10 septembre 1719 – Décès à Chartres de Louis Barbier de la Rivière qui fut confronté à de nombreux épisodes de la Fronde, alors même qu’il était secrétaire de Gaston de France, duc d’Orléans. Mais lorsque le vent tourne, il choisit de se rapprocher de Mazarin à qui révèle les intrigues du trop faible Gaston. De fait, il profite des largesses de son bienfaiteur initial, pour devenir un important propriétaire terrien, immobilier également dont plusieurs abbayes, comme celle de Saint-Père-en-Vallée. Il sera par la suite élevé au rang d’évêque de Langres, du même coup duc et pair ce qui déplut à l’opinion publique, notamment à Boileau qui versifia à son propos : ….Le sort burlesque, en ce siècle de fer

D’un pédant, quand il veut, sait faire un duc et pair.

Tout laisse penser qu’il se retira à Chartres, publiant dans la cité beauceronne plusieurs ouvrages religieux.

1720Chartres : le château des comtes devient un abattoir et par la suite, transformé en prison avant de tomber en ruines.

Lundi 10 février 1721A Soizé nous consigne dans ses registres paroissiaux le père Henri Gillot, prêtre, parut une lumière entre le soleil couchant et le soleil levant, semblable au jour naissant, accompagnée de rayons lumineux et parallèles ; lesdits rayons cessèrent à 9 heures du soir, et la lumière dura depuis 7 heures du soir jusqu’au matin du mardy suivant. La nuit du samedi au dimanche entre le 2 et le 3 mars, il parut la même lumière, bien plus en feu, et fit lever à l’effroy quantité de monde. Le curé de Saint Lubin fut à l’église faire des prières pour fléchir la colère de Dieu. – Le phénomène inexpliqué se renouvela mais sans les rayons en mars 1723, toujours au nord jusqu’à trois fois de suite. Trois ans plus tard, le 20 octobre 1726, parut la même lumière, depuis le Sauce jusqu’aux Chateigners, en tournant par le nord, avec un brouillard épais lequel paraissoit prendre feu en forme de tourbillon dont le centre était sur ma cour : la consternation fut grande, de même le 4 décembre 1728, une même lumière à l’église et au nord.

31 mai 1721 – naissance à Chartres de Louis Jacques Triboullet du Gord, dernier magistrat municipal de Chartres avant l’élection du maire Jean-François Janvier de Flainville. –

# Septembre – Le Journal de Paris nous apprend que l’abbé de Prunelay, diacre et chanoine de Chartres, descendant d’une famille noble chartraine, a enlevé d’un couvent de la cité beauceronne, mademoiselle de Laigle, passant pour être belle comme le jour. Les autorités ecclésiastiques comme la maréchaussée mène une enquête sans pour autant découvrir la façon dont s’est déroulé l’enlèvement. L’effet de surprise a été total. Les deux tourtereaux sont partis rejoindre Calais,. Ils passent en Angleterre , changent de religion et se marient publiquement dans une église de Londres. L’ex-abbé Prunelay est devenu pasteur. Pour assurer l’intendance du couple, il parvient à être nommé maître d’école quelques mois. Le couple a la nostalgie du pays, et revient en France, s’installant à Paris. Une autre version prétend que la jeune mariée n’est guère heureuse mais reste mariée, et parvient à devenir dame d’honneur de la duchesse de Bourbon. Quant à l’abbé en raison du geste qu’il l’a conduit à enlever une femme de rang, il se trouve dans une situation précaire car il ne peut plus prétendre à quoique ce soit découlant de sa situation antérieure. Il embrasse la carrière théâtrale du côté du quartier du Luxembourg, cherchant un moyen de s’en sortir. Là s’arrête leur histoire.

1722 –Naissance à Anet de l’ingénieur des parcs et jardins, Nicolas Michaux, à l’origine de l’aménagement de nombreux châteaux en France, notamment celui de Valençay où il meurt en 1790.

# Fils d’une modeste famille d’agriculteurs beaucerons, Benoit de Martange voit le jour quelque part en Beauce, sans plus de précisions. Des études brillantes vont le mener à une chaire de philosophie à la Sorbonne. Ecouté par Lowendahl, maréchal de France, présent à un colloque, ce dernier lui lance  » ‘’ En vérité, monsieur, un uniforme vous irait mieux que la robe et le bonnet carré.’’ Au grand désespoir de parents qui le voyaient entreprendre une carrière prestigieuse à Paris, il s’engage dans l’armée royale, accomplit plusieurs campagnes, sous les ordres notamment du maréchal de Saxe. La suite de sa carrière ne sera qu’une suite d’anicroches, mais habile manouvrier dans les couloirs du pouvoir royal, son dévouement envers la royauté le sauvent de situations où sa cause sème le doute. L’exécution de Louis XVI et Marie-Antoinette l’ayant mortifié, il se fixe en Angleterre où il meurt en 1806.-

# Depuis 700 ans, première ouverture solennelle à Chartres de la chasse contenant  » La Chemise de la Vierge  » offerte par le roi Charles le Chauve. 16 août.

# La municpalité de Chartres interdit de tenir des jeux, de même certaines manifestations champêtres où la population a l’habitude d’exprimer sa joie à l’aide de balladoires (danses)

# Brou, inhumation de François Fauquet, âgé d’environ 30ans, décédé de la morsure d’un loup(ou chien) enragé –

# 1 septembreFretignyMaistre Pierre Chalopin, cy-devant curé de cette paroisse, après avoir régi ladite paroisse environ 35 ans et avoir manifesté son zèle et sa charité par de fréquentes exortations qu’il a faites, comme l’ordonne saint Paul à temps et à contretemps, en public et en particulier, sans rougir devant les grands de la terre et sans rechercher l’estime du monde . Après avoir aidé les pauvres dans tous leurs besoins et nécessitez, en donnant à boire à ceux qui avoient soif, à manger à ceux qui avoient faim, et des habits à ceux qui etoient nuds ; enfin après avoir protégé tous ceux que le seigneur lui avoit confiez, comme la poule fait ses poussins, les avoir instruits par ses parolles plus douces que du miel et par ses exemples plus purs que l’or et le topase, comme un véritable père fait ses enfans, les avoir éclairés comme un flambeau sur le chandelier de l’église et leur avoir toujours inspiré de voler vers le Ciel, comme l’aigle fait à ses petits, fut inhumé dans le choeur de cette église. Signé : Debray ; G. Guillotin. –

# 9 août – Naissance à Chartres de Paul Berny de Nogent connu sous le nom de chevalier de Berny. D’abord militaire avec plusieurs campagnes à son actif, il change radicalement de métier, et devient maitre-écrivain se spécialisant dans la calligraphie. Il doit sa notoriété à de nombreux portraits à la plume, et obtint la protection de Benjamin Franklin. Entre ces deux carrières, le flou restera entretenu. Il meurt à Strasbourg en 1799.

20 au 22 juin 1723 – Incendie de Châteaudun, détruit aux 3/4, dû à l’imprudence d’enfants qui ont allumé un feu. La ville entière sera à reconstruire, soit 1022 habitations. De nombreux résidents viendront se réfugier dans les grottes du Foulon. L’incendie détruisit complètement l’Hôtel-de-Ville et la plus grande partie des titres qui y étaient conservées Et ce n’est pas là une simple hypothèse : la preuve se trouve dans un certificat «les maires et échevins donné en 1750 et constatant que la plupart des papiers et des titres ont été anéantis lors de l’incendie de 1723 L’architecte Hardouin (aide royale) reconstruit la ville en 1724. Cet épisode a valu à la ville une devise  »Extincta revivisco  » Je renais de mes cendres  » –

# Ce même 20 juinChartresA une heure après midi , le feu prit chez un vigneron de la rue de l’Eguillerie , et se communiqua à toutes les maisons de la même rue , gaigna celles du Chandé d’un costé brusla l’église de Saint Valérien et toutes les maisons du Marché au Bestail , et de l’autre toutes celles de la Porte Chartraine , et enfin toutes les maisons du faubourg , brusla l’Hostel de Ville , l’église de Saint André , l’Election , l’église de Saint Pierre ,les Prisons , le Grenier à Sel , toutes les maisons de la paroisse de Saint Pierre , excepté sept , et toutes les maisons de celle de La Magdelaine excepté une vingtaine ou environ , excepté le Château et les galeries. La seule paroisse de Saint Lubin dans la ville n’a point été endommagée par le feu .Misericordia Domini quia non sumus consumpti .Signé : Hasteau , curé de Saint Lubin .

1724 Chartres – La Compagnie des Arbalétriers (voir 1437) prend le nom d’Oiseau royal, se composant d’un capitaine, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant, d’un enseigne, d’un guidon, de deux sergents et de chevaliers ayant pour le moins 21 ans.

1725 – Gault-en-Beauce (Gault-Saint-Denis) – il y eut de si furieux vens et orages que les moulins à vent furent renversés en beaucoup d’endroits, et surtout de Plancheville.dimanche 18 novembre – Cloyesmourut messire Jean Eléonord de Baudry, escuyer, sieur de La Galloire, et le lendemain, quand le corps arriva à l’église, les parents firent déposer le corps dans une fosse faite par leurs ordres à la porte de l’église qu’ils disoient estre un cimetière, ce que je n’ay jamais connu, ledict petit lieu prétendu cimetière étant abandonné ou interdit ou pollué depuis longtemps, joint que ledict lieu n’est clos de tous cotés, mais seulement par un portail ouvert et un petit reste de muraille ; pour quoy l’ayant fait enterrer eux mèmes, avons fait le procès verbal de la manière scandaleuse avec laquelle les sieurs de La Blandinière et de La Dornière, qui sont les plus proches se sont conduits : les curés qui étoient présents se sont retirés et ont refusé à ladicte inhumation. Mais, à cause du tumulte, en voyant que les personnes interessées par les parens du deffunct suscitoient une sédition et prèts à mettre main basse sur nous, et nous menassant et disant que nous ne serions pas en seurté et qu’on alloit rompre nos vitres, avons prié M M les curés de Fontaine Raoul, de Saint Georges  de Cloye et Me Gorteau, notre vicaire, d’aller faire les prières sur la fosse. Signé : Oger.

1725/1726 – disette céréalière

1726 – Gaspard Tascher de la Pagerie, 21 ans, quitte son domaine du Romphaye (Châteauneuf-en-Thymerais) pour aller rejoindre la Martinique où il s’installe définitivement. Sa descendance donnera naissance à Joséphine future Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon I. –

# Naissance à Chartres d’Etienne-François d’Aligre, qui fut président à mortier (1768), à savoir l’une des plus hautes charges de la justice française. En 1788, en désaccord avec Necker, directeur général des finances, il renonce à ses fonctions lors de la convocation des Etats Généraux, et part se réfugier à l’étranger. Il reviendra quelque temps après, mais déclaré suspect à la Révolution française, il émigre pour l’Allemagne. Meurt à Brunswick en 1798.

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27 septembre – Naissance à Dreux de François-André Danican dit Philidor, appartenant à cette grande famille de musiciens, aussi grand compositeur qu’il fut l’un des plus grands joueurs d’échecs en Europe. Diderot écrira à son propos  » Paris est l’endroit du monde et le Café de la Régence est l’endroit à Paris où l’on joue le mieux à ce jeu ( échecs). C’est chez Rey que font assaut Legal le profond, Philidot le subtil, le solide Mayot…  ». Il se révéle également comme un maître à jouer la flûte, , et à cet égard se voit gratifié d’une pension par Louis XV. Parcourant toutes les cours d’Europe, il confirme ses divers talents, et donna son nom au jeu d’échecs  » La défense Philidor », comme il publia en 1748 une Analyse du jeu d’échecs, une référence en la matière. Le 4 mars 1790, les yeux bandés, il a raison de trois adversaires jouant contre lui en simultané. Le jeu étant un plaisir, il lui faut composer pour assurer ses finances ce qu’il fit à brio. A son actif de nombreux opéra-comique, se faisant remarquer par la qualité de son orchestration. Emigré à la Révolution tout en se montrant favorable aux idées révolutionnaires, il meurt à Londres en 1795. De nos jours, ses différentes compositions restent une référence. Le musée de Dreux l’honore d’une exposition permanente.

27 novembre 1727 – Naissance à Chartres de Marie-Prudence Plisson, femmes de lettres et auteur de nombreux ouvrages de poésie et de morale comme : – Odes sur la vie champêtre qu’elle composa très jeune qui lui permit de gagner l’anémone aux jeux floraux de 1751. – Stances à propos de la naissance des ducs de Bourgogne et d’Aquitaine.Odes à l’occasion de pluies survenues l’année dernière – 1754 – Projet d’une société pour soulager les pauvres de la campagne ( 1758) .

1728 – Plus d’1 million d’hectolitres de blé récoltés dans le seul pays chartrain.

# Naissance à Chartres de Pierre-Augustin Salmon fut un potier détain très en vogue dans sa cité, auteur d’un ouvrage ‘’ L’Art du potier d’étain (1788). Profession qui s’éteint au tout début du XXe siècle. Le dernier nom figurant au Registre de la Corporation des Potiers d’étain à Chartres, serait celui d’Abraham Auberquerry.

# 28 décembre – Petit neveu de Pierre Nicole, naît à Chartres Jean Dussaulx. Après une brève carrière d’avocat, puis de commissaire des guerres, sa rencontre avec Stanislas 1er Leczcynki, beau-père de Louis XV va être déterminante. Après avoir été secrétaire du duc d’Orléans, il s’oriente vers la carrière de poète. Versificateur de qualité, son esprit, ses connaissances lui permettent de côtoyer des philosophes comme Jean-Jacques Rousseau, et Voltaire. Député, il vote l’emprisonnement de Louis XVI, ce qui déplut au Comité de Salut Public. L’intervention de Marat le sauve de la guillotine, le dépeignant comme un vieux fou. Lors d’un dîner, Jean-Jacques Rousseau qui l’avait invité, parut agacé par une remarque de Dussaulx, et qu’il estima désobligeante à son endroit  » Ne soyez point fâché de ce que je ne vous ai point invité à dîner avec moi. Je suis si odieux au public que, si par hasard vous vous fussiez trouvé mal à table, on n’eût pas manqué de dire : Rousseau est un empoisonneur !.  » Dussaulx meurt en 1799 à Paris.

10 janvier 1729 – Naissance au Boullay-Thierry de Guillaume Doyen, avocat et arpenteur (ancêtre du géomètre), passionné d’histoire, et spécialiste des lois féodales. Auteur d’Histoire de Chartres, du pays chartrain et de la Beauce (1786 – 2 vol), une référence dans le domaine régional.

8 février 1729 – Naissance à Saint-Léger-des-Aubées de Louis Maitz de Gompy, médecin et astronome. Il est l’un des fondateurs de la Faculté de Marine. –

# Décès à Chartres à l’âge de 70 ans où Grégoire de Chasles avait été exilé pour avoir publié des écrits satiriques envers la Cour de France. Ecrivain de marine, on lui doit de nombreuses publications ayant trait à ses nombreux voyages aux Indes, en Turquie et au Canada, entre autres.

1730 – Naissance à Châteaudun de Jean-René Guillou, curé des Essarts-le-Roi. Le 27 février 1776, il prononce l’oraison funèbre, composée par ses soins, lors des funérailles de Louis de France, fils ainé de Louis XV, mort de tuberculose.

# 3 octobre 1730 – Décès à Châteaudun de Jacques Costé, bailli et gouverneur de Châteaudun. Il a laissé un journal manuscrit des faits principaux s’étant déroulés au dix-septième siècle à Châeaudun, et publié en 1867 sous le titre, Notes pour servir l’histoire de Châteaudun.

# Décès à Dreux dans le courant de l’année d’André Danican, dut Philidor l’Ainé compositeur d’opéras-ballets, et instrumentiste de la Grande ecurie, de la Chapelle et la Chambre du roi Louis XIV. On lui doit également des mascarades de cour faisant jouer des personnages masqués ou divisés, très prisés. Le roi lui confia la mission de rassembler des pièces instrumentales anciennes, devenue Collection Philidor.

23 décembre 1731 – Naissance à Anet de Robert Périer, second maire de sa ville . En 1790, il est commandant de la Garde Nationale, et président de la Société des Amis de la Liberté et de l’Égalité.

27 mai 1732 – Marie Leczinska, reine de France, épouse de Louis XV, connue pour sa grande piété, vient faire des offrandes à Notre-Dame. –

# Chartres – Chanoine de l’église Saint-André, professeur de rhétorique au collège de Chartres, dont le talent d’orateur fut unanimement apprécié. Guy Leboucq publie, en 1767, quatre discours sur la préférence à donner ces quatre biens : les talents, les richesses, la santé, un mari, et plus tard plusieurs panégyriques et oraisons funèbres. Sous son professorat, il eut comme élève Brissot de Warville. Il meurt dans sa ville natale en 1799. –

# Chartres, naissance de Joseph Tasset, flûtiste de grand talent qui quitta très jeune sa ville natale. Très doué dès son plus jeune âge, à 6 ans, il donne des cours de flûte, à 11 ans, et déjà célèbre. Il séjourne quelque temps temps en Angleterre et fait la connaissance d’Haendel qui voulait l’entendre. Outre ses talents de musicien, il est inventeur d’une flûte à dix-huit clefs, d’une autre à 3,4 et 5 clefs où il put exprimer tous les tons possibles. De retour en France, en pleine tourmente révolutionnaire, il se réfugie à Nantes jusqu’à sa mort en 1801.

# Vers cette présente année, naissance d’André Danican, dut Philidor l’Ainé compositeur d’opéras-ballets, et instrumentiste de la Grande ecurie, de la Chapelle et la Chambre du roi Louis XIV. On lui doit également des mascarades de cour faisant jouer des personnages masqués ou divisés, très prisés

29 avril – naissance à Vauventrier (Champhol) de Gérard Dudoyer de Gastel, dramaturge, auteur de deux comédies Laurette Adélaïde ou l’Antipathie par amour et un drame : le Vindicatif. Il décède Paris en 1798.

# 20 juin – Dreux – naissance à Dreux de Alexandre-François Hureau de Senarmont, général de division. Mis à la retraite en 1793, il meurt à Morancez le 25 septembre 1805. Il s’était illustré pendant la Guerre de Sept ans. Amaigri par une fièvre contractée lors d’une expédition aux Indes, il rentre en sa ville de naissance. En juillet 1789, il obtient une concession de grains, et put faire face à la disette dont était victime la population drouaise. Par la suite, il reprendra du service, et sera grièvement blessé à Valmy, et élevé au grade général de division.-

# 12 octobre – Janville – naissance de Charles-Pierre Colardeau – Magistrat à contre-coeur, et se pliant à contre-coeur à l’autorité parentale , une seule idée en tête : composer.  Il écrit pour le théâtre à ses heures perdus, notamment Astarbé qu’il présente à la Comédie française. C’est le succès. Tout va s’enchaîner avec des hauts et des bas. Il opte finalement pour la tragédie. Il écrira plus tard ‘’ La critique me fait tant de mal que je n’aurai jamais la cruauté de l’exercer contre personne.’’ Heureusement sa famille a enfin compris, et l’encourage. Auteur d’épîtres comme celle intitulée Epitre à M.Duhamel de Denainvilliers qui a été comparée aux meilleures épîtres de Nicolas Boileau( 1636/1711) . Toutes les beautés de sa campagne natale et d’adoption sont finement reproduites où mélancolie, enchantement, repos, calme de l’âme, dégagent une qualité poétique remarquable. Hélas un état de santé précaire l’oblige à quitter Paris, et rejoindre sa famille désormais installée à Pithiviers (Loiret). Quelques jours avant sa mort survenue le 7 avril 1776, il est enfin reçu à l’Académie française, malgré les polémiques de La Harpe qui espérait prendre sa place.

15 juillet 1733 – Romilly-sur-Aigresur les quatre heures après midi, il fit à Romilly une pluye très forte et très abondante, en sorte que la ravine qui passe dans le parc déborda extrèmement, et l’eau courant toujours vers sa pente naturelle de porta avec impétuosité contre le mur des fossés du Jonchet et le renversa ; ce qui fut cause que tous les fossés de touttes parts furent remplis, de sorte que l’eau passoit sur tous les parapets, et pour trouver une issue plus aisée elle abattit aussi le parapet du fossé du coté du jardin proche la bonde : ce qui fit que, s’étant étendue au large, elle se précipita avec force dans le jardin qui répond devant la demeure ordinaire des jardiniers, et gata extrèmement de pierres tous les endroits ou cette abondance d’eau passa. Il yeut près de 35 toises de murs entièrement ruinés autour de ces fossés du coté du midi, et du coté du jardin aux murs desdits fossés 20 toises environ du parapet et autant du mur du jardin. Tout cela fut fait en moins d’un quart d’heure. Comme les fossés furent tous remplis, cela fit que tous les bas du château furent aussi remplis, en sorte que cela jetta une grande consternation et une grande frayeur dans toute la maison de Monsieur et Madame, qui furent témois oculaires de touttes choses. Leur jardinier pensa périr dans les eaux en allant couper les cordes de ses vaches, qui étoient attachées dans une petite écurie (sic )qui est en dessous de la maison ordinaire des jardiniers. Il n’eut pas le temps de coupper la corde d’une troisième vache qui nourrissoit un veau depuis trois ou quatre jours. Cette vache et ce veau périrent. Les eaux baissèrent en quart d’heure environ. – samedy au dimanche # 13e jour de septembre Romilly-sur-Aigrel’église de cette paroisse fut vollée. Les volleurs entrèrent par le panneau du bas de la troisième croisée du cœur, du coté de du collombier. Ils otèrent le panneau tout entier, qu’ils jettèrent à bas en dehors. Au lieu d’échelle, ils se servirent d‘un ratelier qu’ils prirent dans la cour de la maison ou demeure Louis Collin, dans le bourg. Ils passèrent ce ratelier en dedans de l’église par l’ouverture faitte. Entrés dans l’église, ils forcèrent avec un coutre de charrue la serrure du tronc et deux autres au banc de Maurelle, et prirent la monnoye qu’ils y trouvèrent, qui peut bien monter à une vingtaine de livres. Ils prirent une nappe de toille de Hollande qui couvroit l’autel de la sainte Vierge, et ils ne touchèrent pas à autre chose.

1734 – Naissance à Dreux de Louis-Guillaume Leveillard, ecuyer et doyen des gentilshommes de la chambre du roi Louis XVI. Il se lie intimement avec Benjamin Franklin qui vint à Versailles négocier l’alliance française qui devint effective en 1778. En 1772, le prince de Condé lui avait accordé la concession de la source sulfureuse des eaux d’Enghien, alors qu’il était déjà exploitant des eaux de Passy. En 1781, il fait édifier un nouveau bassin en pierre, puis initie une sorte de prêt ou location de voitures à trente sols(soit environ 12€ de nos jours) par place pour ceux qui ne disposent pas de carrosses. Tout ceci augmente un fort volume de clientèle pour Enghien qui n’est, à l’époque, qu’un petit hameau rassemblant quelques chaumières. Il est connu également pour avoir été le premier maire de Passy (1790) Jugé suspect en raison de ses relations avec le parti des Hébertistes et avoir servi Capet, il fut arrêté, condamné à mort et guillotiné (1794). On lui doit plusieurs ouvrages dont : – un Eloge historique de Franklin – plusieurs Mémoires de chimie .

V.1735 – Rouvray-Saint-Florentin, naissance de Philippe Isaac Gueau de Reverseaux. Marquis en 1771 et comte de Miermaigne en 1775. Puissant personnage, président du grand Conseil, intendant du Bourbonnais, puis d’Aunis et de Saintonge. Le roi lui confia une mission très délicate : convaincre les Etats de Bretagne, qui se refusaient à voter les subsides. Après le 10 aout 1792, sentant venir l’orage, il mit d’abord sa femme et ses enfants en sûreté ; mandé lui même à Chartres pour répondre pour une fausse accusation fausse, il se disculpe complètement se croyant alors à l’abri de tout danger. Il n’en était rien : suite à une dénonciation, il fut arrêté le 9 août 1793, à Chartres puis transféré à Paris le 28 janvier suivant. Défendu par Chauveau-Lagarde, il crut à un acquittement ; mais l’arrêt était rendu à l’avance . Condamné à mort, il fut livré à l’échafaud le13 février 1794. –

# Octobre 1735 – Châteaudun – Venue au monde de Jean-Nicolas-Marcelin Guerineau de Saint-Peravy. Poète. Issu d’une famille noble, détentrice de la charge de secrétaire du roi. Son père rêvant pour lui d’une carrière dans la magistrature, l’envoie à Paris, mais ilsèche les cours, préférant fréquenter les lieux littéraires, avec une préférence pour l’art poétique. Une indolence irréductible, la nostalgie de sa campagne natale le conduisent dans de nombreuses bibliothèques où il se penche sur la flore ainsi que l’économie rurale. En 1763, il publie un conte facétieux – l’Optique ou le Chinois à Memphis. Alors qu’il en attendait un succès personnel, la malchance voulut que l’on attribue ce conte à Voltaire et il eût beaucoup de mal à justifier qu’il soit de sa main. En 1764, parution d’un Traité de la culture de différentes fleurs . et , d’autre part quelques petites pièces fugitives régalant un public toujours à la recherche de ces courtes pièces fustigeant les amours ou ridiculisant un mari trompé. En 1778, une sombre affaire d’honneur dont l’enjeu semble être une femme, le force à éviter la police qui le recherche activement. Il quitte la France pour ne plus y revenir, et s’installe à Liège. Il vivra très modestement avec la rente accordée, regrettant la France et sa reconnaissance littéraire même si elle fut modeste à son égard. Il meurt à Liège en 1789

3 mai 1736- Romilly-sur-Aigre – sur les dix heures et demie du soir, le feu fut mis malicieusement à la maison de Burette, ou demeuroit François Gassot,garde chasse de Me de Pleurre La nuit du jeudy au vendredy 18 may, furent pris en leur maison à Bouchedègre Georges Dufoix et sa femme, et furent conduits aux prisons de Châteaudun, comme soupçonnés d’ètre en partie les auteurs de l’incendie de Burette. Depuis cette capture, le nommé Jean Moreau, jardinier du sieur David, a délogé sans trompette et a pris la fuite ; ce qui démontre clairement qu’il ne se sent pas net sur l’article de ce même incendie.

# 5 juillet – Audollent figure comme l’un des présidents de la Bazoche du bailliage de Chartres. Lors de la réception de M.d’Armenonville comme gouverneur de cette ville, il prononce une harangue qui restera fameuse dans les annales chartraines. La Bazoche était une corporation importante regroupant les clercs du palais instituée par Philippe le Bel. Les bazochiens avaient leurs armoiries, leur bannière, et occupaient une place d’honneur dans toutes les cérémonies.. Chaque année, ils élisaient leur président qui était chargé de porter la parole en leur nom, prenant le nom de roi de la bazoche, portant comme insigne de sa fonction, une toque royale. Ce dernier tenait ses audiences au Palais, et présidait à une procession générale de ses membres dans les premiers jours de mai. La bazoche fut interdite par Henri III, mais elle survécut, en réalité, jusqu’à la Révolution. Par prudence, les bazochiens s’étaient faits certes plus discrets mais néanmoins présents dans des fêtes, voire des saturnales, avec le prince des sots.

# Châteaudun, naissance de Louis-Nicolas Barbereau, avocat au bailliage de Courtalain où il s’était installé avec son épouse puis procureur-fiscal de la chatellerie. La mort de sa femme le 29 juillet 1789, l’horreur que lui inspirait les idées révolutionnaires l’incitèrent à devenir ecclésiastique dés 1794 jusqu’à sa mort. On lui doit un manuscrit intitulé Henriette et Louis ou les Époux amants, sous une forme de lettres mi-prose, mi-vers où il raconte le bonheur qu’il éprouve avec sa femme, le malheur de l’avoir perdue, et sa conversion vers Dieu. La première lettre est datée du 15 juin 1767, la dernière du 1 mars 1793.

1737/1740. Période de grande disette céréalière qui se poursuivra jusqu’en 1741.L’année 1739 peut être mise au nombre des années les plus malheureuses et les plus difficiles à supporter. Le blé, est plus haut prix, a été à 30 livres (environ 90 euros) le septier, mesure de Brou, l’orge 24 livres (environ 72 euros). Depuis que le monde est monde, les charités n’ont jamais été plus abondantes, les seigneurs du Royaume, surtout ceux de la Cour de France, se sont signalés par leurs abondantes aumônes qu’ils ont répandues dans le sein des pauvres, surtout en faveur du Perche, province de la. France la plus affligée et la plus accablée de misère. Il a été distribué du riz avec abondance. Monseigneur le duc d’Orléans a fait des largesses surprenantes en tout l’Orléanais. Charles de Monstiers de Mérinville, évêque de Chartres, a vendu tous ses effets mobiliers, sauf sa bibliothèque, pour la subsistance des pauvres personnes. Au point d’altérer considérablement ses revenus jugés considérables pour les secourir. Luy même a parcouru la plus grande partie du Perche, à cheval, accompagné de son valet de chambre, pour porter des secours aux misérables. Me l’abbé de Bouville, l’un de ses grands vicaires, a aussi beaucoup travaillé par l’ordre de sa Grandeur. (…) Quoique cette année ait été malheureuse, il n’y a pas eu cependant de voleurs, ni étrangers, ni domiciliés. Peu de personnes en cette paroisse ont souffert de faim ; les personnes les plus à leur aise ont abondamment fait l’aumône, joint que les pauvres ont eu du secours de l’Evèché, du supérieur du séminaire de Saint Charles de Chartres, deMM les curés de Versailles et du Roy.Il n’y avait cette année aucune légumes dans les jardins .Le recouvrement des impots a été retardés de six mois par ordre de S.M.,à cause de la misère presque universelle dans tout le Royaume. Le Roy a fourni des orges pour ensemencer les terres qui seraient restées en friche

janvier 1739Saint-EliphIl survint un vent si violent qu’il abattit la pointe du clocher de cette église et la croix neuve que j’y avais fait mettre il y a 10 ou 12 ans, arracha les tuiles et ardoises. Il a fallu faire couvrir à neuf autour de la nef : c’est la seconde latte qu’on met sur l’église, la première étoit en chataîgner. On a rogné la pointe du clocher, remit la croix, et dans l’église ou les pluyes avoient pourry un tirant au dessus du clocher, on en a remis un neuf.  : Signé Pintart, curé. –

# Naissance à Châteaudun de Pierre Toufaire, un nom prédestiné pour celui qui embrassait la carrière d’architecte. On lui doit l’Hôtel de Ville de Châteaudun, et bien d’autres réalisations en France.

# 25 juin La culture de la vigne à Dreux est presque ravagée en raison des conditions météorologiques de cette journée néfaste à bien des égards. Champs, vergers et vignobles sont gravement endommagés par la grêle au point qu’on dut réduire au minimum les réjouissances publiques prévues le dimanche suivant. Elles avaient été prévues pour célébrer la paix qui venait de mettre fin à la guerre de succession de Pologne. Pour le corps municipal, il ne paraissait pas sage de « vouloir exciter à la joie des peuples qui étaient dans la plus grande tristesse », ni d’exiger d’eux une dépense inutile « dans la misère où sont réduits les habitants tant par la cherté du pain pendant cette année que par les pertes qu’ils ont faites par l’orage ».

1739 a été stérile, en sorte que la misère a obligé plusieurs habitants à quitter la paroisse, et plusieurs morceaux de terre sont restés en friche. Le blé valoit 30 livres le septier. Une année remplie de misère. La récolte de l’aoust 1738, surtout pour les bleds, ne fut presque que de de moitié des années ordinaires, car les bleds ayant été faits par un temps et incommode à cause des pluyes fréquentes et que les guérests étoient par conséquent remplis de friches, qui n’étoient point péris à cause des pluyes continuelles pendant la façon des bleds, qui faisoient racines audits friches, à la récolte de 1738. On recueillit peu de gerbes, et le peu de gerbes rendoit si peu au minot que les laboureurs, après avoir leurs semences, n’avoient pas de quoi vivre. Les maitres restèrent à payer ; on ne faisoit point travailler : la populace fut réduite à une si grande misère qu’on ne trouvoit que très peu de fermiers qui pussent faire l’aumône. Le Roy fut obligé de faire distribuer en France, par les diocèses, quantité de ris avec de modiques sommes d’argent ; lequel ris on faisoit cuire dans des grands chaudrons pour donner et soulager la faim des pauvres. Le Roy aussy fit faire des travaux sur les chemins aux environs de Chateaudun et en plusieurs autres pais, ou tout le monde étoit receu, les hiommes, femmes et les enfans, et chacun étoit payé à proportion de son travail.. Mgr l’évesque de Chartres envoya mes mandemens par toutes les paroisses ; par les quels il otoit toutes les festes depuis le 1er may, jusqu’à la Toussaint exclusivement, afin qu’on put travailler ces jours là, mesmeexcepté les festees de Vierge et du Saint Sacrement, pour cette année seulement. Le bled valloit près de 29 livres le septier, mesure de Chateaudun, l’orge 14 livres 10 sols le septier, en sorte que le peuple et les laboureurs eurent bien de la peine à gagner l’aoust, et s’il n’estoit pas venu à Orléans sur le port de l’avoine des pais étrangers, les fermiers n’auroientpu faire labourer leurs terres. Ils en empruntèrent et payèrent après la récolte de l’aoust 1739, parce que cette récolte-làfut bonne en bled, et le bled se vendoit encore assez bien l’année suivante, à scavoir 19 livres le septier après la récolte et 8 à 9 livres dans le courant de l’année : ce qui fit que les fermiers payèrent leurs arrérages de l’année précédente et l’avoine qu’ils avoient empruntés des marchands d’ Orléans.. On disoit même que dans plusieurs pais les pauvres mangoient de l’herbe des prairies, surtout dans le Perche.

5 mai 1739 – naissance à Chartres d’Alexandre-Claude Bellier-Duchesnay. La famille Bellier, originaire d’Illiers, se divisa en deux branches, l’une se fixa à Châteaudun, l’autre à Chartres. Lieutenant des maréchaux de France, greffier du point d’honneur, censeur royal, et maire de la ville de Chartres (1780/1784). Député à l’assemblée législative, il figure au rang des fondateurs de la bibliothèque de Chartres, tout en collaborant avec Dussieux, son gendre à la Bibliothèque des Dames. Il conçut le premier l’idée de la Collection des Mémoires particuliers relatifs à l’Histoire de France, ayant publié 66 premiers volumes. Comme censeur royal, il prit part à une grande controverse qui, pendant plusieurs années, occupa les esprits à Chartres. Il dénonça au corps municipal de Chartres les Institutions Philosophiae ad usum seminarii Tullensis (1789 -5v.in-12°) alors adoptées par le collège de Chartres, Bellier du Chesnay l’accusant de favoriser l’athéisme, le déisme et l’immortalité. Comme chanoine de la cathédrale, auteur d’hymnes pour l’office de la Saint-André qui furent chantés régulièrement dans cette collégiale jusqu’à la Révolution. Il s’éteint à Chartres le 24 octobre 1810.

1740 – La bande de Breton le Mignon sème la terreur en Beauce, forte de cinquante cinq membres, hommes et femmes, complétés de mercenaires, qui va sévir jusqu’au début de la Révolution avant d’être éradiquée.

# Décès à Chartres de Jacques Côme de Monchesnay à l’âge de 74 ans, avocat qui a publié des vers, épitres, satires et épigrammes – ami de Boileau. Oeuvre majeure : La Boleana. –

#Mauvaise récolte à cause des eauxet gelées qui avoient tellement endommâgé les terres que les bleds étoient fort clairsemés ; ce qui fit que la terre produisit quantité d’herbes appelée « achées », et qu’après la récolte les laboureurs, surtout dans la Beauce, faisoient couper avec des faux et des bèches lesdites achées pour servir de fourrage parce que les empaillemens étoient fort rares et fort chers. Un peu avant la récolte, il se répandit encore une rouille presque universel sur les bleds, qui empescha que le bled ne devint en sa maturité, et comme ils n’étoient venus qu’à force, à cause de la longueur de l’hivert, la récolte ne commença qu’ a la mi-aoust et ne finit qu’a la fin de septembre. Comme les fermiers à bled n’auroient pu vivre en payant leurs fermages à bled et sur le pied de leurs baux, attendu que le bled valloit 20 livres le septier et le vieil jusqu’à 25 livres, le Roy rendit une déclaration que les fermiers à bled ne payeroient pas toutes leurs fermes à bled, mais qu’il seroit payé à proportion de la quantité de bled qui avoit été recueuilly en chaque pais, lesquels pais étoient réglés par chaque présidial oe siège royal, en sorte que par le règlement qui fait en Parlement, sur les avis des officiers royaux de chaque sénéchaussée royalle, dans la juridiction de Blois, on payoit moitié à bled et moitié en argent, sur l’estimation que le bled valloit au premier marché de janvier 1740 : dans l’étendue de la juridiction de Blois, dans le Perche, on payoit tout en argent sur le mesme pied, attendu que la récolte avait été plus mauvaise ; dans la juridiction de Chartres et d’Orléans on payoit un tiers en nature et deux tiers en argent sur mesure estimation que dessus, et ainsy des sénéchaussées à proportion et eu égard aux récoltes. Arrou, La Fontenelle, Unverre, Le Poislé,Chatillon et autres, toute laBeauce fut inondée de mendians qui contraignoient de donner ; ce qui fit que le Parlement rendit un arrest pour contraindre chaque pauvre de se retirer dans sa paroisse, sous peine d’emprisonnement et de galères pour récidive, et du fouet et de carcan pour les femmes et enfans, et ordre aux paroisses de faire un roole ou on imposoit les habitans et propriétaires pour fournir chaque semaine telle quantité de pain ou argent qu’il étoit néccessaire pour les pauvres de chaque paroisse.Grace à Dieu dans cette paroisse de Villampuy, il n’y avoit pas beaucoup de mendians, ce qui fit qu’on en étoit quitte pour environ une vingtaine de pains par semaine.

# Les loups ou assimilés font parler d’eux tout début janvier dans les environs de Mainvilliers puisqu’ils sont soupçonnés d’avoir attaqué trois personnes qui ont été gravement blessés.

# 8 janvier – le  »loup de Gasville  » tue trois personnes en cette paroisse. Une affaire qui marqua des espritsqui finirent par suspecter les causes réelles.

# 6 octobre – Mgr l’évêque de Chartres décide qu’il sera payé à l’avenir 6 livres pour l’ouverture des fosses des grandes personnes et 3 livres pour l’ouverture des fosses des enfants, et qu’elles seront réparées aux frais de la fabrique.

1741 – Une ordonnance défend d’affaucheter (couper) et d’enlever les avoines avant qu’elles aient été suffisamment ondainnées.( mot difficile à déterminer quant à sa signification que l’on pourrait associer à une mesure d’assèchement de cette céréale avant qu’elle ne soit rentrée).

29 janvier 1741 – Naissance à Cintray (près de Chartres) de Louis Moisset, ingénieur-géographique, qui très jeune, part étudier à Orléans, puis durant quatorze ans travaille aux cartes de Cassini. Par la suite sous-ingénieur des Ponts et Chaussées dans les Hautes-Pyrénées où il achève sa carrière. Décès : 1827. –

# 18 juin – suppression du jeu de l’Oiseau ou papegay ou papegai, papegaut également en Eure et Loir par décision de M.d’Argenson, intendant. Organisé par des confréries ou des compagnies de tir sous le nom de fête des corps, avec des prix à la clé ce qui en faisait des jeux très prisés, de même par a population Ce terme de jeu militaire fut utilisé pour désigner une cible faite d’un oiseau de bois, placé en haut d’une perche qu’il s’agit de faire tomber par des arbalétriers ou des archers, plus rarement par tir à l’arquebuse. Le vainqueur recevait le titre de Roy ou plus souvent d’Empereur. Une lettre patente royale (XVe siècle) régentait cette pratique, disparue pour de bon avec l’Ancien Régime. Ce dispositif était également associé au Prix de l’Arquebuse destiné à rechercher des tireurs capables d’intégrer les unités d’élites qui constituaient les hommes d’armes dans les villes. Des jeux militaires très prisés. De nombreux ouvrages sont parus sur ce sujet, notamment Histoire Urbaine en 2002 nous permettant de découvrir toutes ces compétitions séculaires et populaires.

1742 – naissance à Bonneval de Jean-Rémy de Tarragon, qui comme officier, a combattu lors de la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Suspecté d’avoir des attaches royalistes, un soldat qu’il a eu sous ses ordres, faisant partie du Comité de salut public à Châteaudun le sauve miraculeusement du couperet. Il meurt dans la cité dunoise en 1804. –

# 2 janvier – Naissance à Chartres de Nicolas Jean René Texier, chapelain de la reine Marie Leczinka, chanoine de Notre-Dame de Chartres. Lors de l’Assemblée nationale de 1789, il représente le clergé au titre du bailliage de Châteauneuf-en-Thymerais. –

# 26 avril – Naissance à Brou de Pierre-Louis Jolly-Deshayes, conseiller au Présidial, et royaliste dans l’âme. Il fut également pour un an maire de Chartres(1792), et arrêté(1794) sous la Révolution avec Vincent Chevard, et relâché faute de preuves. Retiré à Chartres, il s’éteint le 6 mai 1810.

1744 – Naissance à Chartres d’Antoine Desrues, empoisonneur, exécuté en 1777 à Paris. Installé comme honorable épicier, un homme se présente à lui en vue d’association, celui-ci étant fortuné, et cherchant à bien placer son argent. Le futur associé disparaît sans laisser de traces. Personne ne saurait suspecter ce commerçant allant à la messe tous les dimanches. En vue de l’acquisition d’une propriété, il décide de s’en prendre à toute la famille du vendeur, pour s’arroger le bien sans bourse déliée. Il est finalement arrêté, jugé et roué en place de Grève. Madame Desrues serait convaincue d’être complice, fouettée, marquée au fer rouge, et condamnée à être internée à perpétuité. En 1792, elle est assassinée par les révolutionnaires. –

# 15 mai – naissance à Chartres de Marin Allabre, célèbre imagier chartrain de même ses deux frères Guillaume et Louis. Huitième d’une famille de neuf enfants, il entre jeune en atelier d’imagerie (Barc) comme garçon-dominotier à une époque où imagiers, dominotiers et papetiers sont actifs depuis le XVIe siècle. Ces images sont aussi bien des images pieuses, des cartes à jouer, des complaintes populaires, des calendriers (comme Le Bon Jardinier dont l’origine remonte vers 1750) voire des papiers de tenture lesquels datent seulement de 1780. Sans oublier les papiers peints dits papier indienne prévus pour couvrir des boites, des brochures, des cahiers de chansons, etc.. Marié en 1774, il est veuf deux ans plus tard, et se remarie en 1778. La dot apportée par cette seconde femme, Marie-Jeanne-Charlotte Leporc, motive ses ambitions pour devenir patron dans ce métier florissant particulièrement populaire à Chartres. A la fin de 1782, il s’installe comme artisan à l’angle de la rue de la Fromagerie (rue de l’Hôtel de Ville) et du marché au blé avec l’aide de ses deux frères Guillaume (décédé le 25 mai 1807 à 61 ans) et Louis. Un autre frère, François, part s’installer à Paris comme ouvrier typographe . Une maison chartraine rapidement célèbre, sombre à l’intérieur en raison de sa conception bas de plafond, avec la présence de nombreuses marchandises qui masquent la lumière extérieure. Rendez-vous de tous les amateurs d’imagerie, les gravures du maître font le bonheur de nombreux collectionneurs à la recherche de : La Règle et Manière du Jeu de l’Oye – Le Juif errant – La Bête d’Orléans,et tant d’autres. Marin Allabre se fit un spécialiste de l’imagerie religieuse : Christs, Vierges en renom pour les pèlerinages, scènes empruntées à l’Ancien et le Nouveau Testament, Saints et Saintes les plus célèbres. Sans oublier l’imagerie royale reproduisant Louis XVI et Marie-Antoinette, ainsi que Princes et Princesses. Il ajoute à son catalogue de nombreuses images de tradition populaire où l’humour et des scènes plus sérieuses se côtoyaient, et étaient fort recherchées par sa clientèle. Avec la Révolution, alors que ce métier constitue un gagne-pain qui lui permet de gagner sa vie aisément, il lui faut rechercher de nouveaux débouchés en raison des troubles et des incertitudes qui pèsent sur le quotidien. Heureusement, en 1792, le Conseil général de la commune de Chartres décide d’émettre des bons patriotiques, et alloue à Marin Allabre 100 livres pour les réaliser. 8 000 feuilles sont prévues à cet effet. Une commande bienvenue dés lors que tout ce qui pouvait reproduire images religieuses et royales était interdit. Heureusement, bien vu dans la cité, et en raison de sa démarche prouvant sa bonne volonté face à l’enjeu politique de l’époque, les administrateurs chartrains pris de sentiments de commisération, compensèrent sa perte de commerce en le nommant portier de la Porte Guillaume. A moindre mal, en acceptant, il sauve sa famille de la misère. En échange, il doit détruire les planches gravées ce qu’il fit en partie. L’agitation révolutionnaire occupée à d’autres obligations ne se préoccupa guère de cet engagement ce qui permit de sauver une grande partie du matériel et des gravures. Enfoui dans quelque cave, tout ce commerce va ressurgir, comme par enchantement après les événements, et Allabre reprend son commerce

Après le décès de Marin (1805), la famille, sous le nom commercial de Garnier-Allabrecontinue l’œuvre entreprise sous la férule de Jacques Pierre Garnier ( Versailles – 8 août 1782/Chartres – 7 juillet 1834) ), qui adosse son nom à celui de Marin Allabre, ayant épousé la fille de ce dernier, Désirée. Au moment de cette union, il est commis chez un M.Basset, marchand d’estampes à Paris. Pourquoi vient-il à Chartres, c’est le mystère, peut-être l’amour ou tout simplement a-t-il voulu se mêler à l’imagerie chartraine attiré par le prestige de cet artisanat. Il y a réussira avec bonheur.

Ainsi Garnier-Allabre prend la suite de son beau-père et gère l’entreprise familiale pendant plus de vingt ans. La période napoléonienne est l’occasion de nouvelles réalisations fort prisées, comme celles consacrées au sacre de l’Empereur et de Joséphine. L’imagerie chartraine s’en donne à cœur joie pour reproduire les vêtements du sacre du 2 décembre 1804. Les batailles, les exploits des grognards furent autant d’occasions pour satisfaire un public toujours preneur. Puis, la demande s’amenuisant, le commerçant envisage d’autres débouchés en devenant un petit débit de papeterie, puis de papiers peints, ensuite de librairie, enfin photographie, reléguant l’artisan-imagier au rang de personnage de moindre importance, l’image étant moins recherchée, même si elle avait ses curieux comme ses acheteurs inconditionnels. La photographie suscite de plus en plus de curiosité, effaçant du même coup et d’une façon presque définitive une page économique particulière de la cité beauceronne. Pourtant, dans les premiers mois de l’Empire, fut gravée l’une des images les plus célèbres de cet artisan  » La Bête féroce qui ravage les alentours d’Orléans  », et copiée par un autre imagier d’Orléans, à moins que cela ne soit le contraire. La propriété artistique n’existait pas encore. Il est vrai que la cité orléanaise est en concurrence sérieuse avec celle de Chartres, se prétendant plus ancienne que celle de sa rivale chartraine, à l’instar d’un des imagiers majeurs comme Feuillâtre, voire Sevestre et bien d’autres. Un succès énorme, chaque acheteur étant persuadé que l’imagier avait identifié la bête. Puis la tension retomba, et chacun vécut ce moment d’intense émotion à sa façon, la montagne ayant certainement accouché d’une souris, malgré la terreur que suscita cette bête mi-loup, mi-homme ou mi-canard pour certains, à moins d’être une hyène comme la Bête du Gevaudan. Une femme fut néanmoins tuée, sinon dévorée un soir de Noël sans que l’on susse qui en état l’auteur. Ce fut du pain béni pour l’imagier qui tira plusieurs centaines reproductions de cette image. Mais en fait l’imagerie puise dans le quotidien.. Témoin ce crime du 13 janvier 1811, lorsqu’une jeune femme de 23 ans a tué son père, sa mère, et ses deux sœurs dans une ferme de l’Allier. Preuve s’il en est, ce crime comme l’exécution de la meurtrière captèrent l’attention des Beaucerons qui se jetèrent sur cette série d’images, avides d’un fait divers qui capta l’attention des Français et des Chartrains en particulier. A noter que l’imagerie d’Epinal, représentée par la célèbre maison Pellerin & Cie supplanta Chartres.

Dans la seconde partie du XIXe siècle, la librairie qui avait pris définitivement la place de l’imagier se fondit avec la maison voisine pour devenir une maison d’habitation. D’Allabre, Garnier, il n’y eut plus que des descendants qui, à leur façon, vont relayer le flambeau familial, délaissant quelque peu ce qui en fit la fierté : l’imagerie.

L’année 1745, a été malheureuse en ce qu la récolte de l’aoust fut si maltraitée des pluyes que les bleds furent presque pourris sur terre. Les pluyes commencèrent le 16 aoust et continuèrent tous les jours : les aoutrons ne laissoient pas de coupper toujours, et les bleds restoient en javelles sans les pouvoir lier. S’il venoit une heure de moins mauvais temps, on tournoit les javelles et on atteloit les chevaux : on commençoit à engerber et la pluye abondante survenoit : on emmenoit quelque demi chartée toute mouillée et dégoutante d’eau ; une pariie germoit dans les tas et tout dans les chamaps, de sorte que les bleds de cette année furent de très mauvaise qualité. Les maitres ne vouloient point de ces bleds là ; les fermiers restoient en arrérages, et on sema beaucoup de ces mauvais bleds qui levoient fort clairs, on étoit forcé de surcharger de semence les terres. Il n’y eut que les bleds qui furent couppés avant la mi-aoust qui ne fuent point mouillés, mais on n’avoit commencé à coupper que huit jours devant la mi-aoust, encore on n’avoit couppé les moindres, réservant toujours sur la fin pour faire des semences, ce qui trompe tous les fermiers. La populace pour une partie avoit presque enlevé leurs bleds avant la pluie, n’en ayant guère à coupper. Les maitres les plus raisonnables recevoient moitié mouillé et moitié point mouillé : ces bleds mouillés ne valoient que 3 livres le septier de Chateaudun, et les autres 10 sols le septier. Ces pluyes durèrent bien six semaines : les tailles étoient considérables ; le dixième denier qu’on payoit, les miliciens qu’on fournissoit tous les ans à cause de la guerre contre la reine de Hongrie, tout cela répandit une grande misère.. Plusieurs fermiers ruinés et obérés virent leurs ventes faire l’année suivante ; les maistres eux mesmes se trouvèrent fort embarrassés ; leurs fermes leur restèrent sur les bras, quelques uns obligés de les faire valoir eux mesmes, exposés aux tailles ; ce qui occasionna encore des procès pour lesdites tailles, parce que quelques uns se prétendoient exempts ; les autres empruntoient ou prestoient des noms supposés pour faire valoir : il n’y avoit que les sergens et les huissiers qui faisoient leurs affaires. Le vin qui l’année de suite ne fut pas en abondance eut par sa cherté un effet plus puyssant en lui même que tous les plus beaux et les plus éloquents sermons, pour éloigner de luy les gens des campagnes : l’ivrognerie cessa, et les cabaretiers des bouchons eurent le temps de planter des choux ou d’ètre aux abois,débitans quelque poinçon par cy par là, qu’ils devoient aux marchands.

21 mai1 1746 – achat par Madame de Pompadour du domaine de Crécy-Couvé, grâce à la manne financière (650 000 livres tournois soit environ 877 500 euros) consentie par Louis XV. L’année suivante, elle acquiert le manoir d’Aunay et le moulin de la Bellassière (140 000 livres tournois, soit 189 000 euros). Cette faveur royale ne doit pas faire oublier le rôle essentiel de Charles Collin, son intendant, et bien en vue à la Cour de France. Elle veut faire de son  » cher petit Crécy  » un petit Versailles, avec pour objectif d’en faire l’une des plus belles propriétés du royaume. Le moulin à blé cachant la vue, l’architecte Lassurance trouve le moyen de cacher ce bâtiment en l’habillant d’un mur en trompe-l’oeil. L’exploitation du blé s’arrêtera et la favorite en fera sa buanderie. Quand Louis XV vient rendre visite à son amante, plus de 300 personnes accompagnent le roi. En maîtresse de maison, elle se fait un point d’honneur à tout organiser pour l’accueil et le séjour. Crécy-Coucé ne connaîtra pas l’existence d’une propriété de rêve, n’étant qu’un caprice. Madame de Pompadour aura séjourné très ponctuellement. De nos jours, le château a disparu, seul témoin : le moulin, et quelques menus vestiges. –

# La récolte de la présente année n’a pas été très abondante en bled à cause de la grande quantité de chardon et que les gerbes ne rendoient pas au minot. Les ventes des fermiers ont continué de se faire, et plusieurs métairies abandonnées.

1747 – nouvelle disette céréalière. On n’en finit plus de ses répercussions climatiques qui ravagent la Beauce, hypothèquent les récoltes, trop souvent à l’origine de profits outranciers. La population de base en souffre, meurt aussi, survit tant bien que mal. Les autorités avouent leur impuissance à endiguer ceux qui profitent pour ‘’ se remplir les poches ‘’, trop souvent en toute impunité.

12 septembre 1747 – naissance à Montigny-le-Grand ( Montigny-le-Gannelon) de Pierre Silly, général de brigade sous la Révolution qui perdit une jambe lors de la campagne d’Egypte aux côtés de Bonaparte. Il meurt à Cloyes en 1809.

3 février 1748 – naissance au Boullay-Thierry de Vincent Chevard qui sera maire de Chartres entre 1800 et 1802. Dans les débuts de la Révolution, fondateur avec ses amis chartrains Pétion et Brissot de la Société des Amis de la Convention. –

# 16 décembre – naissance à Chartres de dj, ferblantier, et député du Tiers-Etat. Il meurt dans sa ville de naissance le 15 novembre 1808. –

# Durant sa mandature, l’évêque de Chartres, Bernardin de Rosset fit reconstruire le palais épiscopal. Connu pour avoir été un évêque fort mondain, ses relations pour le moins équivoques, en firent un personnage religieux remarqué au sein de la société beauceronne. Lors d’un voyage à Paris, il meurt le 13 janvier 1780 au palais des Tuileries.

1749 – Naissance à Chartres de Bernard-Marie Lesage. D’abord avocat dans sa ville natale, il rejoint Paris. Son éloquence le fit remarquer de ses pairs sous le nom Lesage d’Eure et Loir . Au moment de la Révolution française, ses convictions politiques l’amènent à être élu à la Convention nationale, et il vote la mort avec sursis du roi Louis XVI. Proche tour à tour des Girondins et des Montagnards, suspecté, il est décrété d’arrestationsurordre de Robespierre. S’étant caché jusqu’à la chute de l’Incorruptible, triomphant, il marque son retour à la Convention. En 1795, sous le Directoire, il devient membre du conseil des Cinq-Cents, corps législatif avec le Conseil des Anciens jusqu’en 1799.

# 27 janvier – naissance à Chartres de Nicolas Delacroix-Frainville, jurisconsulte et législateur, et spécialiste de la législation particulière des provinces de France. – L’ordonnance pour la paix avec la Grande Bretagne et l’Impératrice fut solennellement publiée à Châteaudun , le jeudy 20 février 1749 , sur les deux heures après midy , en pleine place , dans la cour du château et dans les carrefours de la ville et faubourgs , par M M les maire , échevins , et autres officiers de la Maison de Ville , tous en robbes et à cheval , précédez des tambours , trompette , héros d’armes , partie des hoctons ouvrant , et autre partie fermant la marche. A l’occasion de la paix , il fut chanté solennellement u Te Deum général dans l’église de La Magdeleine le dimanche 2 mars , et il en fut chanté ensuite dans chacune des paroisses de la ville .Nous chantâmes le nôtre le 14 mars , jour et fête ed Saint Lubin notre patron , immédiatement après le panégyriques du saint .Nos habitans y assistèrent sous les armes .A l’issue de quoy , nous allâmes , croix levée et tout le clergé en chappe , allumer et bénir un feu de bois qu’ils avoient préparé au milieu du carrefour Châtry .On revint à l’église , dans le même ordre que l’on en étoit sorti , terminer la cérémonie par le salut et la bénédiction du Saint Sacrement .Je fis porter deux flambeaux au feu de bois qui fut allumé par le prêtre célébrant et par le capitaine de la troupe en armes .Signé : Boisganier .

# 24 mars – naissance à Chartres de Bernard Jumentier, compositeur et maître de chapelle. –

# 14 mai – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jacques Charles Giroust, avocat, puis député en 1792, puis président du tribunal civil de sa commune. Auteur remarqué de livres de droit et de jurisprudence, ainsi que quelques papiers politiques.Il meurt dans sa ville natale en 1836. –

#17 juin – visite de Louis XV au château d’Anet pour y rencontrer sa tante la duchesse du Maine –

# 16 décembre – naissance à Bessay, commune de Villeau, de François Pierre Huet, général de division sous la Révolution puis aux côtés de Bonaparte. Retiré dans sa ville de naissance, il y meurt le 21 novembre 1810.

Milieu XVIIIe siècle – naissance à Châteaudun de Jean-René Nesle ou Neslé. Ferronier d’art, il se spécialise sur les grilles de choeur d’église notamment à Ymonville (1762), en la chapelle de Châteaudun, dans l’ancienne abbaye bénédictine de Beaumont-les-Tours, transférée en 1806 dans les bâtiments de la Préfecture pour en fermer la cour sur ordre du préfet de Pommereul. D’où une querelle avec l’archevêque de Tours qui souhaitait cette grille pour fermer le chœur de la cathédrale.

1750 – 29 mars – Nogent-le-Rotrou, naissance de Pierre-Pascal Vasseur, maréchal-des logis dans la gendarmerie. il s’illustra une première fois avec l’arrestation d’une bande dans la forêt de Senonches. Ayant eu connaissance de ses capacités en matière d’investigation criminelle, le juge de paix Fougeron, appartenant au district d’Orgères, lui confère les moyens pour procéder à l’arrestation de bandits de grand chemin, ce qui deviendra la célèbre affaire de la bande d’Orgères. En moins de huit mois en 1798, grâce à sa perspicacité, et sa chance également, il va procéder à l’arrestation de la presque totalité de la bande. Ce succès lui vaudra d’être promu lieutenant.

# 18 juin – Lettre de l’Intendant de la généralité d’Orléans pour recommander de faciliter le travail de Monsieur de Cassini, chargé de faire une carte générale de la France –.

27 octobre – naissance à Chartres (??) d’Alexandre Bénard ou Bernard dit Fleury qui pourrait être, en réalité, originaire de Lunéville (Vosges). Acteur, il a été considéré comme l’un des grands interprètes de Marivaux.

# L’année 1750 a été très abondante en bled et mars, les méchantes terres ont rapporté presque autant que les bonnes. Les bleds ne faisoient à la vérité que la mine du nombre, mais il y en avait en si grande quantité que l’année a valu presque deuxLes premiers mois de l’année, il y a eu ordre de la Cour pour prendre les mendians, en sorte que les brigades d’archers se promenoient par les campagnes et saisissoient les gueusans, les emmenoient dans les prisons pour les emmener dans les isles.

1751/1752 – disette céréalière. Preuve que les années se suivent quand il s’agit de mauvaise récolte, et plus espacées lorsque les blés produisent abondamment, ce qui entre dans la logique céréalière. –

# L’année 1751 a été remarquable par un vent et une foudre violente arrivée dans la nuit du 14 au 15 mars. La force la plus terrible fut environ les six heures du matin. Plusieurs moulins à vent furent renversés celuy de Tournoisy, celuy de Saulmery et plusieurs autres ; beaucoup de maisons, granges furent emportées, surtout des couvertures ; peu de cheminées restèrent entières et intactes. Cet ouragan fut universel, et on entendit parler de ses effets partout : une montagne proche de la ville de Tarbes en Gascongne fut renversée et combla sa vallée ; plusieurs personnes y périrent. Sur mer, plusieurs vaisseaux périrent aussy, avec une grande quantité de personnes, surtout dans les pays du Nord. L’ann’e fut presque sans gelée : il ne vint qu’une continuation d’eaux froides. Il ne gela presque trois ou quatre jours encore ce ne fut qu’au mois de mars, en sorte que ces trainées de pluyes froides empeschèrent les bleds d’vancer, ce qui les rendit petits et jaunes. Il y eut une très mauvaise récolte pour les bleds ; les bonnes terres ne produisirent pas davantage que les méchantes ; à l’arrest elles ne dépouilloient que 4 à 5 nombres au septier. Quand les laboureurs eurent semé, il ne leur restoit que peu de bled, point d’empaillemens : on fut fort embarassé des bestiaux, surtout des moutons et des brebis. Cette disette de bled étoit universelle ; dans tout le pais la récolte étoir presqu’égalle, surtout en France, ce qui causa bien de la misère. Presque tout le monde cherchoit sa vie ; beaucoup voloient, perçoient les maisons et demandoient du pain la nuit n’osant en demander au jour : le bled cependant n’étoit pas encoire à un prix excessifny le pain ; il ne valut que 14 à 15 francs le septier de Chateaudun, parceqi’il y avoit beaucoup de bled vieil de l’année précédente qui avoit été abondante ; d’ailleurs il arriva beaucoup de bled par batteau sur La Loire, qui venoit d’ Auvergne, qui étoit presque la seule province de France qui fut bonne en bled.. Ce qui faisoit tant de pauvres c’est qu’il n’y avoit point de travaux, point à battre, les plus laborieux étoient obligés de mandier, et peu de fermiers étoient en état de donner surtout en ce pais. On rematqua que, le carnaval suivant, jamais ne s’étoit fait autant de mariages, ce qui ne diminuat pas le nombre de mendians.

23 janvier 1751 – Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Jean-François Loiseau, aubergiste et maître de poste qui favorable aux idées de la Révolution, monta à Paris. Porté comme juré au tribunal révolutionnaire, il ne montra aucune indulgence. Il vote la mort de Louis XVI sans appel (au peuple) ni sursis.

30 juillet – naissance à Chartres de François Doublet de Boisthibault, médecin, et devenu par la suite inspecteur général des hôpitaux de France .

# 9 octobre – naissance à Chartres d’Antoine-François Sergent plus connu sous le nom de Sergent-Marceau, beau-frère du général Marceau. Il est le sauveur de la cathédrale de la pioche face aux démolisseurs révolutionnaires.

L’année 1752 a été des plus extraordinaires. Les mars furent faits par une sécheresse qui prit sans pluye jusqu’à la Saint Jean Baptiste, en sorte qu’il n’y avoit les premiers mars qui levèrent ; tous les autres qui étoient en bleu plus grande quantité n’étoient point levés qu’à la Saint Pierre, temps ou on désespéroit d’avoir de mars pour cette année. Il y avoit même dans les premiers quantité de chardons, qui auroient sans doute étouffé tous ces mars sans un coup du Ciel. Il tomba comme une nuée de papillons rouges qui engendrèrent une si grande quantité de chenilles noires que ces chenilles se répandirent sur toute la terre, mangèrent tous les plantes de chardons, ne laisant que des croutons secs, après quoy, ces chenilles couvrirent toute la surface de la terre, remplissoient les chemins de manière qu’on ne pouvoit en mettre les pieds sans marcher dessus. Ensuite il survint une abondance de pluyes qui fit mourir toutes ces chenilles, lever les mars : à la vérité que ces mars ne levèrent que les uns après les autres,et par conséquent, dans une pièce de terre, un coin, une rive, un autre endroit était meur, l’autre verd ; il falloit faucher les champs à plusieurs reprises, et assez tard, ce qui fit traisner la récolte jusqu’à la Saint Rémy. Les avoines vinrent hautes et échaudées, ne rendoient pas au minot. La récolte de bled fut médiocreet rendoit bien : les bleds ensuite ne levèrent qu’à Noel ; quantité de mottes que l’on cassoit à la journée. –

16 janvier 1752 – naissance à Chartres de Nicolas François Guillard, poète dramatique et lyrique. Remarqué dans les salons littéraires parisiens, Voltaire le surnomma  »Son cher ami Greluchon  ». et ami proche de Collin d’Harleville, de Brissot de Warville également. Ses tragédies, comédies sont fort nombreuses. # 6 avril – Naissance à Chartres de Paul Auguste Olivier Mahon dit Houssaye. Médecin. Il collabore à l’Encyclopédie et publie de nombreux ouvrages :- Histoire de la médecine clinique depuis son origine jusqu’à nos jours. ( 1 vol) – Médecine légale et police médicale ( ouvrage posthume – 3 vol). A Paris, membre de la société de médecine, et médecin chef de l’hôpital des vénériens. Polyglotte, il a traduit les Observations de Black sur la petite vérole.

1753 – naissance à Chartres de Pierre Nicolas Tabourier, curé et historien (décès en 1806)

# Naissance à Auneau de Jean-Baptiste Dossonville. Espion pour le compte de Louis XVI, on le retrouve par la suite inspecteur général de la police Agitateur, condamné au bagne (1797)il en revient pour devenir espion pour le compte de Bonaparte, puis commissaire de police sous Louis XVIII. Personnage très ambigu. # Chartres – naissance de Michel Chasles. Pas très en odeur de sainteté dans le milieu chartrain pour avoir attaqué Rousseau et Voltaire, il s’exile à Tours. A la Révolution, il revient, et fonde avec son frère, curé à Chartres, le journal le Correspondant d’Eure et Loir, avec des idées monarchiques. Par la suite, changeant quelque peu de  » casquette  » il devient maire de Nogent-le-Rotrou, tout en démontrant son admiration pour Robespierre. Au procès de Louis XVI, il vote la mort de Capet. Investi par la Convention pour organiser la levée en masse en Eure et Loir, il échoue partiellement. Malgré son engagement dans les rangs des Montagnards, il passe le 9-Thermidor sans encombre. Amnistié, une pension militaire confortable lui est allouée, en raison de sa position de commissaire des Armées du Nord, et blessé.-

# lundy 20 juin – entre cinq et six heures du soir, il fit un orage violent. Le tonnerre tomba sur le clocher de Saint Avit-les-Guespières qui étoit la plus belle flèche, et la dépouilla totallement. Le couvreur travailloit pour lors à réparer l’ardoise dont il étoit couvert ; il y avoit peut être demie heure qu’il en étoit descendu. Le feu étoit sur le plat de forme de la tour ; on envoya chercher les seaux et les crochets à Illiers. Pendant ce tems, les habitants vinrent à bout de l’éteindre : plusieurs personnes montèrent juqu’au coq pour voir si il n’y avait point encore de feu ; elles ne virent plus rien. Un quart d’heure après cet accident, un second coup de tonnerre aussi violent que le premier se fit entendre : on apperçut pour lors de la fumée qui sortoit du bout de la flèche ; le feu parut ensuite. Je conseillai d’abattre dix ou quinze pieds du clocher, afin de sauver le reste et les cloches et de couper chemin au feu ; on ne voulut pas me croire ; le feu augmenta, gaigna peu à peu le gros de la flèche, mais ils s’y prirent trop tard ; le feu et le plomp fondu tomboit sur eux ; Ils se firent peur, descendirent promptement et abandonnèrent le tout aux flammes, qui fondirent les deux cloches, réduisirent tout le clocher en cendre dans l’espace de douse heures. Le feu avoit déjà gagné les lambris de l’église et se communiquoit dans plusieurs endroits ; on enfonça les croisées afin de pouvoir y entrer ; on y porta de l’eau, et à force de secours on fut assez heureux pour l’éteindre, de sorte qu’on sauva, contre toute espérance, l’église et le presbytère des flammes.

15 juin 1753/ 21 novembre 1754 – réfection du clocher vieux de la cathédrale –

# Quarante huit piles de l’aqueduc de Maintenon sont en partie détruites, et vont servir à agrandir le château de Crécy.

1754 – naissance à Chartres de Marie Marceau, soeur du général, qui prendra le prénom d’Emira (anagramme).Elle se marie en 1796 avec Antoine-François Sergent, dit Sergent-Marceau, dessinateur et graveur. De leur rencontre naquit une passion qualifiée de platonique. La rumeur affirmait qu’ Emira ne pouvait satisfaire son mari en raison d’une malformation physiologique. Antoine-François aurait confirmé la véracité de ces propos. Eu égard au respect qu’il avait pour son beau-frère, il accole à son nom, celui de son épouse. Lors de l’attentat de du 24 décembre 1800 rue Saint-Nicaise à Paris contre Napoléon-Bonaparte, le couple fut soupçonné de complicité, et dut partir en Suisse, ne revenant que beaucoup plus tard en France pour s’installer à Nice. Auparavant en 1797, Emira avait été rendue destinataire d’une partie des cendres de son frère. Elle fut enterrée aux côtés de celles-ci. En 1889 un député chartrain obtint d’extraire les cendres du général pour les faire transférer au Panthéon.

1754 – naissance à Bonneval d’Anne-Claude de Tarragon, officier royaliste qui partit combattre avec son frère Jean-Rémy, aux côtés de Lafayette durant la guerre d’indépendance aux Etats-Unis. Lors de la Révolution, suspecté d’avoir comploté avec des proches du roi, il sera guillotiné à Paris en 1793.-

# Naissance à Chartres de Jacques Pierre Brissot de Warville, grand adversaire de Robespierre, une rivalité qui se termina par l’exécution du chef des Brissotins au sein des Girondins en octobre 1793. Anglophile et journaliste, son principal handicap, son manque d’envergure pour se comporter en véritable tribun pour s’opposer aux Montagnards. A l’origine du journal Le Patriote Français, a été considéré comme le meilleur journal de la Révolution, à l’origine du journalisme moderne avec l’aide précieuse de celui qui fut son rédacteur-en-chef, en la personne de Girey-Dupré.. Américanophile, il visita la Nouvelle Amérique. Hélas pour lui, il ne sut pas négocier sa propre vision de l’avenir du pouvoir royal. Il pensait à une monarchie constitutionnelle. Ses opposants ne lui laissèrent guère le temps. Il fût arrêté avec ses complices, jugé et exécuté (voir plus loin). –

# 20 mai Saint-Lubin de la Haye – naissance de Louis Pelletier. Engagé dans l’armée en 1771, il gravit tous les échelons pour arriver au grade de général de brigade. Couvert de gloire, il a été considéré comme un fin stratège aussi. Décès à Montpellier en 1843. –

# 9 aoûtAnet – Naissance de Pierre-Charles L’Enfant, ingénieur militaire. Parti avec Lafayette aux Etats-Unis, il y resta définitivement, s’installant comme architecte. Il conçoit moult projets notamment au sein de la ville de New-York. Hélas pour lui, son caractère irascible va lui causer de nombreux problèmes. Il perd alors la confiance que lui témoignaient ses commanditaires. Une telle attitude négative vis-à-vis de ces travaux le rend fou de rage. Comble de malchance, le Congrès ne le rémunère pascomme il l’espère. Il tente par tous les moyens d’obtenir gain de cause, en vain. En compensation, un poste de professeur en université lui est proposé, il le refuse, et meurt dans la pauvreté en 1825. – 14 août Châteaudunsur les 5 heures du matin , on s’apperceut que notre église avoit été volée .Le tronc du côté de l’Epitre se trouva ouvert et les ferrures de dessus cassée , les riveures des clous cassez de même , la fenêtre ( l’armoire )du banc d’œuvre ouverte de même , la serrure forcée , ôtée et redressée dans ladite armoire .Tout l’argent qui s’est trouvé dans ces deux endroits a été enlevé , à l’exception de 5 livres qu’on a laissées dans le tronc cy dessus .La perte va , selon les apparences , à 7 ou 8 livres , sans y comprendre le raccommodage des choses cassées et forcées .

1755 – Naissance à Germignonville de Simon Lavo, chirurgien major au sein de l’expédition Lapérouse.

# Naissance à Dreux d’Amédée Hureau de Senarmont, frère du général, maire de Broué et président du Conseil Général. Mort en 1852.

#30 mai – naissance à Mévoisins (Maintenon) de Jean-François Collin d’Harleville, auteur dramatique, auteur, entre autres, de l’Inconstant, de Châteaux en Espagne, de poésies fugitives. Un succès mitigé pour certaines de ses œuvres pourtant nombreuses mais de qualité inégale, du moins dans un premier temps. Perclus de dettes, l’aide familiale, notamment une parente, va lui permettre de vivre décemment après la vente de ses propres biens. Il sera son locataire. Une rencontre avec Madame Campan, proche de la reine Marie-Antoinette, l’aide enfin à accéder à la reconnaissance de son oeuvre. Il meurt à Paris le 24 février 1806.

1756 – naissance à Chartres de Chauveau-Lagarde, avocat. Il se rendit célèbre en défendant des causes perdues d’avance comme celle Charlotte Corday, de Marie-Antoinette. Il clamait  » Rien ne saurait égaler l’apparente gravité de l’accusation, si ce n’est peut-être la ridicule nullité des preuves.  » Sitôt la sentence de mort prononcée envers la Reine, il fut immédiatement arrêté à la fin de l’audience , le président Herman le soupçonnant de détenir des secrets confiés par Marie-Antoinette  lors de son procès. Placé en prison, il est relâché faute d’éléments, surtout qu’être avocat n’est pas une sinécure. Aucune reconnaissanse envers les défenseurs qui sont contraints de se taire. Retiré à Chartres , il est arrêté à nouveau en 1794 et rendu à la liberté après le 9-Thermidor. Chauveau-Lagarde reprendra son métier d’avocat à Paris. La chute de Robespierre le sauva du couperet fatal. Royaliste, il le restera. – # Cette même année, venue au monde à Chartres de Jérôme Pétion de Villeneuve. D’abord député au baillage de Chartres, il se fait connaître par son talent d’orateur. Il fut proche de Brissot de Warville, malgré quelques divergences. Pétion devient maire de Paris pour une petite année, suspendu en juillet 1792. Député à la Convention, il soutint l’action des Girondins que Robespierre avait combattu. Partisan d’une monarchie constitutionnelle, il ne put arriver à ses fins. Il subit le sort de ces derniers, décrété d’arrestation, il s’enfuit rejoignant Bordeaux, ayant été déclaré traître à la Patrie, et finit par se suicider à Saint-Emilion le 18 juin 1793 –

# 18 juin – Après le coucher de soleil, une violente averse de grêle s’abat aux abords de la Beauce, dans le Thymerais saccageant de nombreux bâtiments, de même les récoltes à venir, provoquant un grand désordre. –

# 19 Juin Marie-Prudence Plisson* compose une chanson sur l’air de Lisette est faite pour Colin pour la venue Louis de France, considéré alors comme dauphin et sa mère, Marie Leszcynska en la ville de Chartres.

Muse, puisque de nouveaux Dieux,

Viennent sur ce rivage

Cherche des sons mélodieux

Pour offrir ton hommage ;

Ou plutôt, grand Dieu de Déslos,

Prends toi-même ta lyre

Pour chanter de jeunes Héros,

# 12 juillet- Naissance à Chartres de Jean-Baptiste Connard, ancien concierge de la société populaire chartraine,aborda bien des métiers, notamment celui d’éditeur de gazettes de son département. Une anecdote le concernant mérite d’être citée. Mariée à une jolie femme, ses désirs intimes incessants le poussent à vouloir la rejoindre toujours et encore dans n’importe quelle pièce de leur logis. Un jour de 1812, il voulut forcer la porte de la chambre de son épouse entrain de s’habiller, et essaya de la distinguer à travers une vitre de la porte. Celle-ci, fort coléreuse, et pour punir son mari de sa curiosité, lui envoya de rage une paire de ciseaux qui brisa la vitre, pour se planter dans l’oeil gauche dont il perdit la vue.Si cette agression pesa sur les relations du couple, néanmoins l’oreiller les fit se réconcilier pour procréer de nouveaux enfants. Jean-Baptiste reprend son métier de libraire ce qui lui occasionne une seconde mésaventure. Le sachant, orgueilleux et vaniteux, certains Chartrains eurent l’idée de lui dresser son portrait qui eut l’heur de l’humilier alors qu’il croyait pouvoir tirer un bénéfice en le vendant. Une silhouette vêtue d’accessoires et attributs révolutionnaires devenant la risée de la population chartraine, un ridicule qui l’acheva pour de bon. Ce dernier demanda au libraire Garnier-Allabre d’occulter par deux bandes noires le côté affligeant de son personnage, si bien que ce tirage connut un succès dépassant ses espérances. Au bout du compte, l’image devint très rare du fait d’une édition limitée. Affaibli tant par la maladie que par une certaine pauvreté, il mourut misérablement à l’hôpital de Lèves en 1832.

1757, année à la fois malheureuse et heureuse : malheureuse par les brigandages et meutres qui s’y sont excercés, surtout pendant les mois d’ avril et may. Des fripons s’attroupoient, perçoient les maisons de nuit, surtout chez les personnes qui avoient la réputation pécunieuse, faisoient griller les personnes à petit feu pour leur faire déclarer leur argent : ils en vouloient plus aux curés qu’aux autres. Monsieur le curé de Chapelle Guillaume au Perche fut roti auprès d’un grand feu et réduit en tel état qu’il mourut deux jours après. Plusieurs particuliers en différentes paroisses, essuyèrent le mesme sort, comme aux villages des Raffaux, de La Chevardière, en la paroisse encore d’ Ozoir le Marché, un marchand et sa femme furent traités de mesme. Dans cette paroisse mesme de Villampuy, on avertissoit par ls villages que plusieurs bandits étoient logés en mesme nuit, sçavoir 4 à Pareau, 5 à Beauverger, autant à Lislebou : ce qui faisoit qu’on passoit la nuict sous les armes. Ses mesmes brigands restèrent quelques jours et nuits dans les bois de Villevesque. On veillot de mesme dans les paroissesde Tournoizy, La Chapelle Onzerain, Vileneuve sur Conie, etc…On prétendoit que ces brigandages étoient excercés par des déserteurs d’un régiment qui avoit été fprmé par un appelé Fichers de tous les scélérats qu’il avoit pu ramasser.  Ils étoient, disoit-on, engarnison de Tours et désertoent les uns après les autres et pilloient les campagnes. Quoique les brigades de maréchaussée se mirent en campagne, elles voient peine à les saisir : cela fut jusqu’aux oreilles de la Cour. A la fin pourtant cela se disippa, mais on avoit peine à se rassurer. Cette année fut aussy heureuse en ce que la récolte fut abbondante, en sorte que les bleds rendoient beaucoup à la gerbe et au minot, et le bled se vendoit assz bien, c’est à dire 9 livres ou environ le septier de Chateaudun, ce qui remit un peu l’abbondance. Les mars ne rendoient pas si bien au minot, ce qui faisoit que l’avoine rouloit sur le pied de 5 livres le septier de Chateaudun. – Les vitraux du haut choeur de la cathédrale de Chartres étant considérés comme occultants la lumière à l’intérieur de l’édifice, on fait sauter les bordures pour apporter plus de lumière dans le choeur. – Louis de Bourbon, duc de Penthièvre achète Crécy à Madame de Pompadour, château qu’il va conserver dix-huit ans. Il était également propriétaire de la Ferté-Vidame et Anet.

# Naissance à Chartres de Jean-Baptiste Maury qui participa au sein de la marine à plusieurs expéditions. Il eut cette particularité de déposer une pétition réclamant sa part de prise soit 600 livres (à peu près 7000 euros) à l’occasion de l’arraisonnement de douze navires marchands anglais. Aurait-il connu une réponse favorable. Nul ne le sait. Il fut mis en congé militaire en 1783.

1758 – Né à Chartres, Jacques Girouard, en pleine Révolution, est alors imprimeur de la Gazette de Paris, organe des royalistes. Suspecté de faire circuler des documents traduisant sans aucune ambiguïté son opposition aux idées de l’époque, il sait qu’il risque sa tête.Une dame Feuchère, travaillant pour son compte est alors traduite le 8 janvier 1794 devant devant le Tribunal révolutionnaire, comme étant la personne chargée au sein de cette gazette de recevoir les abonnements. Girouard appelé à l’audience, est arrêté sur le champ, et mis en jugement sur l’acte d’accusation conjointement avec d’autres personnes supposées ses complices. A l’évidence, ses accusateurs connaissaient à l’avance ce dont ils allaient l’accuser, puisqu’il lui était reproché d’avoir imprimé des ouvrages contre-révolutionnaires, et des ouvrages d’aristocratie manifeste. Il s’en défendit en pure perte, reconnaissant tout de même d’avoir imprimé un livre de Sade : Justine ou les malheurs de la vertu, et travaillant sur l’impression d’Aline et Valcour ou le Roman philosophique du même auteur. On alla durant l’audience saisir de nombreux ouvrages sans grande conséquence sur la ligne révolutionnaire, mais ses juges n’en furent pas moins des accusateurs vilipendant un accusé bien au dessus des contingences des idées de l’époque. On lui reproche également d’avoir contribué à un portrait du roi Louis XVI, imprimé par ses soins toujours pour le compte de Durosoi, journaliste et home de lettres, exécuté deux ans auparavant, comportant cette inscription : Ô Louis, Ô mon roi.  » Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage  ». Il fut condamné à mort sans pouvoir se défendre, et formuler un recours puisque cet appel était interdit. Il est exécuté le 8 janvier 1794 –

# Né à Chartres, Michel-Louis Brulard, fut un prêtre et carme déchaussé, prieur de l’église Saint-Eman de sa ville. Ayant refusé de prêter serment, il est conduit au bagne de Rochefort, puis à l’île d’Aix qu’il ne rejoindra pas, étant mort en mer le 25 juillet 1794.

# Naissance à Châteaudun de Gabriel-Nicolas Boisguyon, adjudant-général, qui fut guillotiné fin 1793 à Paris en raison de son appartenance à la Société des Jacobins.

# 26 mai – Chartres – Un gigantesque incendie se déclare aux alentours de 8 heures du soir rue du Grand Faubourg dans une maison située à Nicochet. Près de 60 maisons seront ainsi détruites. Un chant  » Le chant des incendiés  » fut composé à cette occasion ainsi que  » Couplets des Pélerines à Monseigneur  ». L’évêque de l’époque Pierre de Rosset de Fleury intervint pour que des aumônes soient distribuées aux sinistrés. En remerciement, le 27 août de la même année, Philippe, le célèbre pâtissier près des Cordeliers, fut chargé de réaliser une pâtisserie composée de sucreries représentant avant et après la partie incendiée, ce qui produisit le plus grand effet, étant donné la précision de cette oeuvre. Elle représentait les pompes, les seaux, l’évêque et les hommes chargés de combattre l’incendie, alors que l’autre partie montre les gens du bâtiment entrain de reconstruire les maisons détruites.–

# Fondation à Chartres de la manufacture royale des bonnets de Tunis qui apprête et teint les bonnets d’un très grand nombre de femmes dans le pays chartrain.

1759 – mise en chantier de la route de Châteaudun à Chartres.

1760 Chartres – agrandissement de l’évêché datant du XIIe siècle par Monseigneur de Fleury –

# 10 février – naissance à Auneau de Louis Gastineau ou Gatineau

, capitaine, accomplit plusieurs campagnes lors de la Révolution. Présent à Austerlitz , il est gravement blessé à la tête par un coup de lance. Mis en congé de l’armée deux mois après. Il meurt en septembre 1840 à Dôle (Jura). –

Entre le 27 et 28 février Saint-Cloud-en-Dunois – le tonnerre tombe à minuit sur le clocher de 60 pieds de flèche provoquant un incendie important. Les cloches sont tombées par morceaux. De nombreux bâtiments endommagés également. –

# 20 avril 1760 – Naissance à Chartres de Jean-Alexandre Léger-Boutroue. Engagé comme simple soldat dans les armées de la Révolution, on le retrouve comme lieutenant aux côtés de Napoléon et affecté au 33ème régiment d’infanterie. Après de nombreuses campagnes,le voilà en Italie. Il est alors colonel. Bien que deux versions s’opposent à propos de son décès, il semblerait qu’il ait perdu une jambe le jour de la bataille de Coldiers dite de Vérone (18 octobre), et meurt des suites de sa blessure le 5 décembre 1805.

# 2 août – arrestation à Chartres de l’imprimeur Michel Hammerville, accusé d’avoir imprimé le livre licencieux  » La Pucelle » dont l’auteur est supposé être Voltaire

1761 – Dénombrement des habitants de la paroisse de Vitray en Beauce  : garçons de 10 ans et au dessous, 19 à Vitray et 10 à Beauvoir ; depuis 10 ans jusqu’au mariage, 26 à Vitray et 11 à Beauvoir ; hommes mariés, 27 à Vitray et 15 à Beauvoir ; hommes veufs 7 à Vitray et 1 à Beauvoir ; filles de 10 ans et au dessous, 26 à Vitray et 12 à Beauvoir ; depuis 10 ans jusqu’au mariage 28 à Vitray et 11 à Beauvoir ; femmes mariées 28 à Vitray et 15 à Beauvoir ; femmes veuves 9 à Vitray et 3 à Beauvoir : total :240 habitants –

# 1 juilletChartres – naissance du marquis César de Courtavel, page de Marie-Antoinette, et émigré. A son retour en France, élevé au rang de colonel par Louis XVIII, commandant des gardes nationales à Châteaudun. Député d’Eure et Loir (1816) . Décès en 1849.

1762 – naissance à Vieuvicq de François Gabriel Forestier, agronome, garde général des forêts, rédacteur du code des Eaux et Forêts, et d’ouvrages de vulgarisation sur le forêt. Il meurt à Chartres en 1832 où il s’était retiré.-

# 7 février – Décès vraisemblement à Maillebois de Jean-Baptiste Des Marest, maréchal de France, et pacificateur de la Corse.

# Dimanche 23 mars Il fit un orage violent et une pluye si forte et si longue que , de mémoire d’homme , dans Châteaudun , il ne s’en étoit vu une telle .Cette pluye dura aussi violente depuis quatre heures du soir jusqu’à sept heures , sans compter son commencement et sa fin qui furent modérez .L’orage ne fit pas grand mal dans la ville ; mais la pluye renversa le mur qui servoit de clôture du jardin des Scholars du côté des jardins des fossez de la ville et un cabinet qui y étoit élevé –

#23 maiLa grêle tombe sur Bazoches-en-Dunois – et ravage toute la paroisse : il y eut 1,250 livres de diminution sur les tailles.

# Juillet – Un médecin jugeur d’urines exerçait à Bonneval au mois de juillet 1762. Voici comment l’abbé de la paroisse de l’époque nous le décrit. Vient s’établir dans ma paroisse un homme qui de tisserand était devenu médecin consultant les urines; Je ne sait pas si sa science était aussi réelle que sa réputation. Tout ce que je puis dire, c’est qu’on venait chez lui en foule de tous les côtés et de sa prétendue science à juger les urines il se faisait un gros revenu quoique cette science dont certains se flattent est très incertaine. Il rencontrait parfois la vérité, je m’en vais vous en citer deux exemples. Ce charlatan étant devenu veuf dans ma paroisse voulut épouser sa domestique qui avait une conduite suspecte. Lorsqu’il me parla de ce mariage, je fis tous mes efforts pour l’en détourner. Il me dit naïvement qu’il savait bien tout ce que je lui disait et qu’il était obligé de l’épouser quoiqu’il sût bien par le moyen de ses urines qu’il avait jugées le matin qu’il n’avait pas un mois à vivre. Il mourut vingt jours après m’avoir fait cet aveu. Un laboureur de la paroisse de Saint-Martin du Péan qui s’était ruiné le tempérament à boire, se trouvant fort près de mal, envoya de ses urines à ce savant docteur. A leur inspection seulement, il s’écria « le pauvre B. a fait comme moi, il a trop bu, il n’y a plus de remède pour lui et nous nous suivrons de près au tombeau! » La chose arriva comme il l’avait annoncée. En rapportant ces deux faits, je ne veux pas – dit en l’occurrence l’homme d’église – pour cela préconiser son art auquel les gens sensés ne se fient pas et auquel personne ne devrait mettre sa confiance.-

# 15 juilletnaissance à Châteaudun d’Henri Denis Macé, capitaine au sein de l’armée napoléonienne. Il accomplit les campagnes du Nord, du Haut-Rhin, de Hollande, d’Italie, d’Autriche, de Prusse, de Pologne, d’Espagne et du Portugal Par la suite, il participe au sein de la Grande Armée à la campagne de Russie, combat à la bataille de Mojaïsk où il est blessé. Il servit 32 ans dans le même régiment, décoré de la Légion d’honneur par l’Empereur. Il s’éteint à Orléans en 1834.

# 26 octobre – naissance à Chartres de Charles-Claude Hérisson, biographe et bibliographe, sauveur de nombreux documents que les révolutionnaires allaient détruire. Il décède dans sa ville natale le 27 juillet 1840 –

# Novembre. – Dès la Saint-Martin, un rude hiver s’abat sur la Beauce et alentours, et ce pendant quatre mois mal vécu par la population.

1763 – Destruction du jubé de la cathédrale qui, selon les textes de l’époque, tombait en ruines,ainsi que  huit statues d’apôtres adossées aux colonnes de la nef. Par sécurité, le choeur fut alors fermé de grilles.-

# Dans la nuit du 19 février , la communauté de Vernouillet est sens dessus dessous par un vol d’importance qui s’est déroulé en l’ église St-Sulpice de Vernouillet. Les voleurs ont crevé le toist de la sacristie et son plafond et sont entrés dedans ; ils ont voulu forcer la serrure de la porte de laditte sacristie, et comme ils n’ont pu le faire, ils sont sortis par les mêmes trous qu’ils avoient fait, emportant avec eux toutes les ceintures et les aubes des clers, avec lesquelles ils ont fait une espèce d’échelle qu’ils ont attachée à une barre de fer de la fenestre de la chapelle de la Vierge du côté de l’autel ; ils ont ensuite enfoncé un panneau de laditte vitre et sont descendus dans laditte chapelle, et de là, sans toucher à rien, il paroît qu’ils ont été au banc-d’œuvre des marguillers ; ils en ont renversé le dessus et ont pris l’argent qu’il y avoit dans le tiroir dudit banc-d’œuvre. Il pouvoit y avoir, en liards et pièces de deux sols, environ 19 livres. Ils ont cassé le haut de la croix dudit banc-d’œuvre et forcé un des chandeliers : après quoy, ils ont levé la serrure de la grande parte, par où ils sont sortis. »

# 28 juinCivry – le tonnerre est tombé à la Sigogne sur les dix heures du matin ; l’incendie a duré jusqu’à huit heures du soir, et a consumé tous les batiments, à la réserve des granges. – Pendant les mois de juin et de juillet jusqu’au 7 aoust , les pluies ont été continuelles et journalières. A Chartres, on a exposé la châsse de Saint Piat, et à Dreux celle de sainte Eve. De mémoire d’hommes on n’a point vu d’année où les orages et la gresle ayent tant causé de dommages qu’en cette année. » La moisson de 1763 a été abondante en toutes sortes de grains : les foins et les premiers grains ont été engrangez humidement. La canicule n’a commencé à se faire sentir que le 16 aoust, et la chaleur est devenue excessive.  L’ouverture de la vendange s’est faite le mardi 4 octobre 1763. Les 8 premiers jours ont été pluvieux. L’arpent de vigne a produit communément 8 poinçons. A la saint Martin, le vin nouveau , quoique sans qualité, a été vendu 20 écus la queue, et le vieux 40 écus ; le pain blanc 11 sols et 6 deniers ; le plus beau blé nouveau 14 livres 10 sols, et l’avoine 22 sols. » –

# 5 juillet – Naissance à Châteaudun de Valère Clément, baron d’Empire et maréchal-de-camp, qui accomplit de nombreuses campagnes napoléoniennes jusqu’en 1807. Mis à la retraite en raison de nombreuses blessures. Retiré à Montargis, il y meurt en 1839. –

# 19 septembre – naissance à Chartres de Jérôme Guillard dit Guillard-Maisons. Beau-frère de Marceau, il avait épousé Joséphine, sœur de ce dernier. Il occupa des postes dans l’administration municipale, puis nommé accusateur public au Tribunal criminel, ensuite député des Cinq-Cents. A la mort du général, il connut un grave différend avec Emira la sœur de ce dernier, plaidant l’un contre l’autre. Il finit sa carrière comme procureur impérial. Décès à Chartres en 1808. –

# 21 juin – Jean-Joseph de Laborde (1724/1794), négociant et banquier, devient propriétaire du château de la Ferté-Vidame, qui appartenait aux Saint-Simon et le revendra vingt ans plus tard. Il va engloutir 14 millions de livres pour le rénover et l’agrandir le portant à 167 pièces –

# 5 juilletsurvient brusquement des bois de Moléans un loup enragé qui, pendant plusieurs jours mordit dix à douze personnes qui peu de temps après enragèrent. Malgré les remèdes qu’elles firent il n’y eu que deux qui guérirent. –

# 30 juilletDreux – : « à 11 heures ¾, il est tombé tout à coup une prodigieuse quantité de grêle dont les grains étaient gros comme des noix et qui a ravagé totalement les grains et les vignes, cassé et brisé les vitres dans la ville, et les arbres… ». Et le même document ajoute : « les vignerons sont d’autant plus à plaindre qu’avant cette grêle ils avaient l’espérance de faire une assez belle récolte de petites fèves qui, après les vignes, sont leur plus grande richesse et qu’ils s’en voient encore dépouillés… quant au blé, nous croyons qu’ils sont aux trois quart et demie perdus…les épis sont encore droits et qui nous paraissaient avoir été conservés, ne le sont qu’en apparence; ils sont entièrement vidés et égrenés, ayant été battus de la grêle et du vent beaucoup mieux qu’ils ne l’auraient été dans la grange… »Le même jour, à 6 heures du soir, il a encore paru un orage meslé d’affreux coups de tonnerre et d’éclairs et de gresle, qui a encore fait plus de ravage depuis Crécy jusqu’à Saint-Denis et Paris

# 30 aoûtToujours à Dreux , les eaux ont été grosses plus que l’on ne les avoit vues depuis bien des années, et ont ravagé les prairies et les riens (regains autrement dit les herbes). –

# 7 septembre – Naissance à Montigny-le-Gannelon d’Isaac-Benedict Prevost – à qui on doit l’invention du panorama en peinture. On lui doit nombreuses perspectives de villes européennes. Il meurt à Paris en 1823- .

# Mercredi 26 décembre , – DreuxIl est tombé, comme le raconte un chroniqueur, un verglas qui a duré jusqu’au 31, tel qu’on n’en a point vu de mémoire d’hommes et qu’on ne pouvoit aller ni à pied, ni à cheval, ni en voiture.

30 septembre 1765 – naissance à Bonneval de Jean-François Pouillon-Desgranges, qui travaillera durant trente ans sur une grammaire sanskrite de plus de 1000 pages. Auteur des recherches sur les us et coutumes de sa ville de naissance notammentà proposdu langage populaire.

1765/1770 – disette céréalière. –

# La petite vérole (variole) s’est installée en 1766 comme en 1748 à Dreux et alentours. La mortalité est grande, et face à cette pandémie, les moyens de l’époque sont dérisoires pour lutter avec efficacité. –

# lundi 13 octobre Dreux – le pain blanc a été taxé à 16 sols 6 deniers les 8 livres. Disette de blé en Angleterre, Pologne, à Naples, Rome, Malte entre autres lieux.  –

# 4 novembre – Naissance à Chartres de Nicolas Billard. Maire de Chartres pendant trente ans. Il siégea à la chambre introuvable (expression de Louis XVIII se satisfaisant de la composition des élus) en 1815. Après 1830, il renonça aux emplois publics, et retiré à Paris, y meurt le 30 octobre 1731. –

#7 décembre – A Châteaudun que Casimir Girard voit le jour. Engagé comme simple volontaire à l’armée, Il participa à de fort nombreuses campagnes napoléoniennes, blessé de nombreuses fois .Elevé au rang de colonel d’état-major, il estdécoré de l’une des toutes premières Légions d’honneur (1808). Au terme de trente années d’armée, il se retire à Toulon dont il deviendra le maire, et reconduit à quatre reprises.

1766 – Maître-menuisier et sculpteur, Jean Riollet, originaire de la Ferté-Vidame, se taille une belle réputation dès lors qu’il est commandité par le marquis de Laborde pour embellir le châeau sis dans la même commune et dont il a fait l’acquisition. On disait de ce maître d’œuvre qu’il savait ‘’ pétrir la chair ‘’ en faisant vivre l’argile, et lui donner grâce et expression.

1767 – naissance à Tillay-le-Péneux d’Armand François Fougeron, juge de paix (l’ancêtre du juge d’instruction) d’Orgères-en-Beauce qui a procédé à l’interrogatoire en son château de Villeprevost des membres de la bande d’Orgères.

1767 – Le pont de la Courtille (le pont-qui-tremble) à Chartres est remplacé par un pont de pierre.

# 2 avril (ou un an plus tard), naissance d’Ange Pitou à Valainville près de Châteaudun. Comme journaliste, il a couvert de nombreux procès, notamment celui de Marie-Antoinette. Bravant le danger exercé par les partisans de la Terreur, il clame ses chansons satiriques en attaquant la Révolution, n’hésitant en rien à proclamer son attachement à la monarchie. Arrêté, déporté en Guyane, et relâché, il rejoint les Etats-Unis, et gracié définitivement en 1803 à sonretour en France. Alexandre Dumas lui a consacré un roman éponyme.

# Durant cet Hiver 1767 – fortes gelées dans le Thymerais.

9 janvier 1768 – décès à Châteaudun de Pierre-Alexandre d’Alès du Corbet, 53 ans, officier de marine puis lieutenant des maréchaux de France. –

# Durant ce mois, distribution de pain en raison du gel qui paralyse le cours de l’Eure empêchant les moulins de tourner.

# Interdiction est prononcée à Chartres de pratiquer le charivari, pratique qui consiste à se manifester bruyamment en bande ou non.

# 6 mai – jour auquel Mézières, Charpont, Le Boullai-Tierri et autres paroisses ont esté greslées, il a oragé, tonné et plu presque tous les jours jusqu’au lundi 26 septembre.

# samedy 14 may Dreuxnous avons fait la bénédiction, sous l’invocation de Saint-Louis, roy de France, d’une chapelle nouvellement construite dans la maison de renfermement des pauvres mandiants, située rue d’Horisson, ladite chapelle située au dessus d’un portail de ladite maison qui donne sur un endroit qu’on nomme la Bonde 

#25 novembre – naissance à Lamblore de Louis Plaideux, général de brigade des guerres napoléoniennes. Il meurt après 1819.

# 1 décembre – naissance à Corancez de Jean-Louis Bouvard, général de brigade sous Napoléon Bonaparte.

1769 – naissance à Chartres Marie de Saint-Ursin PJ, premier médecin de l’armée du Nord, inspecteur général du service de santé dans les armées, médecin de l’Hôtel-Dieu de Chartres –

# 1 mars – naissance à Chartres, du général François Séverin Marceau, personnage emblématique de l’Eure et Loir. Il combat lors des guerres de Vendée, puis dans les armées de la nouvelle République. Il se couvre de gloire. Marceau appartient de la race des chevaliers devenus guerriers par la nécessité de leur métier. Tout en respectant les principes humanitaires, même dans un climat d’éradication. Emue par une jeune Vendéenne de 16 ans, il aurait voulu la sauver. Elle sera fusillée ce qui le conduira à être soupçonné de collusion, accusation dont il sera lavé, eu égard à sa loyauté. Sa mort (1796), tué par un sniper (tireur d’élite) est celle de ses grands chefs dont l’abnégation est synonyme d’engagement.

# Dreux – grosses eaux avec débordement dans les maisons et les jardins. –

# Samedi 27 mai – à six heures du soir, il est tombé un orage furieux meslé de gresle, qui a endommagé Le Luat, Blainville, Bois-le-Roi et autres contrées. –

# 24 novembre – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jean Marin Dubuard surnommé Marin-Mitraille qui se distingua comme colonel de la Garde impériale de Napoléon. Il doit son surnom en raison de sa spécialisation dans l’artillerie comme maître canonnier. L’abdication de Napoléon le privera du grade de général. Une carrière pourtant exemplaire pour ce fidèle à l’Empereur qui acquit ses grades au prix de sa bravoure. Il meurt à La Fère en janvier 1837.

1770 – Des charretiers sont condamnés à une amende de 6 livres « pour avoir troublé le repos public en faisant claquer leur fouet avec délectation dans les rues de Beaumont le Chartif ».

# Vernouilleton n’a presque point recueilli de vin, et les deux poinsons ont vallu 200 livres, à cause que les trois années précédentes on avoit encore recueilli peu de vin

# 7 janvier – Colonel du 1er Empire, Claude Cabart nait à Chartres. Engagé comme simple soldat, il grimpe tous les échelons, s’illustrant aux côtés de Bonaparte. Sa gloire, il la doit à son abnégation face au danger, n’hésitant pas à charger à la baïonnette à la tête de ses troupes. Il reçoit des mains de Napoléon la Légion d’honneur. Retiré à Paris, il meurt en 1841.

# Dans la nuit du 6 au 7 février – la fonte du restant des neiges a causé à Blévy une inondation des plus terribles qui a tout ravagé- Tous les ponts en général ont été emportés, un bou­t des murs du parc près la porte fut renversé. Le meunier des Graviers a eu sept vaches de noyées,le fermier de la Noé quatre-vingts moulons ont subi le même sort. Beaucoup d’autres particuliers ont tout perdu. La perte au total a été a été évaluée à plus de quatre mille livres (environ 200 000 euros). Les eaux venaient au niveau de le seconde marche de l’église, il y avait des maisons où il y avait trois pieds et demi d’eau ; tout le monde était dans une grande consternation, heureusement personne n’a péri.

# 6 août – naissance à Mattanvilliers (Brezolles) de Denis-Pierre Genty, poète des maréchaux-ferrants en patois percheron. Il meurt en 1821 à Armentières (Eure). –

# samedi 13 octobre – Drouais – ouverture de la vendange. Les meilleurs arpents de vigne ont à peine produit un poinçon (ancienne mesure qui correspondait à une contenance pouvant varier entre 200 et 700 litres) – Cherté générale de pain et de vin dans tout le Royaume depuis 1767. Le cidre de Normandie est venu au secours, un palliatif plutôt bon marché. Le bon cidre pommé vaut 34 livres le poinçon(sorte de tonneau), tout nud à savoir en fournissant le vaisseau(mesure vinaire) et sans comprendre l’entrée.

# lundi 12 novembre Dreux – on a commencé à démolir la porte Chartraine et quelques maisons pour construire le nouveau pont de pierres –

# En cette même ville, le vin vieux qui valait 40 écus (4800 euros environ) le poinçon avant les vendanges est diminué à la fin de décembre à 80 livres(3200 euros) ; le nouveau à défaut de qualité se négocie entre 20 à 22 écus le poinçon(2400 euros). De là vient le proverbe : Cherté foisonne. Les vignerons jeûnent auprès de leur vin, sans que personne le leur demande : le coût des vivres et l’abondance du cidre en sont la cause.

1771 – Achèvement de la construction du château de la Ferté Vidame qui subit de profondes modifications pour en faire une résidence avec des travaux achevés en moins de trois ans, une performance eu égard à l’ampleur du chantier. Château dont Louis XVI fer, par la suute, l’acquisition. Lors de la Révolution, déserté, la bâtisse connaîtra les vicissitudes de ce moment d’histoire, les pillards profitant de la situation pour s’en prendre à tout ce qui pouvait être vendu. Des pertes et dommages irréversibles Il ne restera plus que les murs, un château néanmoins classé de nos jours. –

# Nuit du mardi 9 juillet – Drouais – Gel important ce qui a pour conséquence de constater de nombreux dégâts définitifs sur les feuilles et les grappes dans plusieurs vignobles. –

# 13 juillet – le nouveau Parlement a enregistré l’édit du Roy de novembre 1770, portant suppression du bailliage et siège royal de cette ville de Dreux. Les cas royaux, ensemble des casde justice relevant directement de la juridiction du roi de France, sont transférés à Montfort-l’Amauri .

1772 – Naissance à Chartres de Luc Barré de Jallais, commissaire des guerres du Premier Consul. Habile négociateur lors des guerres de Vendée, il obtint une trêve, et nommé, en récompense de ses bons et loyaux services, préfet du département. Lorsque Napoléon fut exilé à l’ile d’Elbe., Louis XVIII ne lui tint pas rigueur de sa fidélité à l’Empereur, et le nomma secrétaire général du département d’Eure et Loir. Durant les Cent-Jours, il revint vers Napoléon, puis on perd sa trace. –

# Construction du château de Montboissier (Bonneval) par Nicolas-Marie Potain, architecte du roi Louis XV. En 1817, Châteaubriand y séjourne, et écrit une partie de ses Mémoires d’Outre-Tombe (1848). Le château appartenait alors à la comtesse de Colbert-Montboissier, une demeure qui a subi les conséquences de la Révolution puisqu’une partie des bâtiments fut détruite, et lorsque l’écrivain y séjourna, il ne restait plus que deux pavillons. L’auteur évoque son passage, la grave maladie dont est atteinte son hotesse (Livre III- Chapitre I). ‘’ Je suis maintenant à Montboissier, sur les confins de la Beauce et du Perche Le château de cette terre, appartenant à Madame la comtesse de Colbert-Montboissier, a été vendu et démoli pendant la Révolution ; il ne reste que deux pavillons séparés par une grille et formant autrefois le logement du concierge. Le parc, maintenant à l’anglaise, conserve des traces de son ancienne régularité française : des allées droites, des taillis encadrés dans des charmilles, lui donnent un air sérieux ; il plait comme une ruine. Hier soir, je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d’automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d’un fourré, je m’arrêtai pour regarder le soleil ; il s’enfonçait dans les nuages au-dessus de la tour d’Alluye d’où Gabrielle avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cent ans. Que sont devenus Henriet Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiées. Je fus tiré de mes réflexions par la gazouillement d’une grive, perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. A l’instant ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel ; j’oubliais les catastrophes dont je venais d’être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la grive  »

# Construction du château de Herces à Berchères-sur-Vesgre par Charles Boutin de la Coulomière. Il était itendant des finances sous Louis XV.

# mercredi 26 février et toute la nuit du 26 au 27 – Dreux -, les grosses eaux semblables à celles de Noël 1740. –

# 20 et 21 avril – Drouais – il a gelé à glace ; la terre étoit gelée de 3 pouces : les vignes blanches seulement ont été endommagées ; le vin n’a point renchéri, il vaut 20 à 22 écus le poinçon. –

# 16 août 1772la moisson a été finie de Dreux à Chartres. La récolte de bled a été abondante, et celle d’avoine modique, à cause de la longue sécheresse qui a commencé dés le mois de mai. # 15 septembre – naissance à Courville de Anne Nicolas Alexandre Texier, député de bailliage de Châteauneuf à l’Assemblée constituante. Il meurt à Chartres en 1846. – 20 septembre – C’est à Chartres que Charles Joseph Lefroit voit le jour. Il fut inspecteur général des mines. Mort à Paris en 1842- mercredi 30 septembre – Drouais – l’ouverture de la vendange a été faite. L’arpent de vigne a produit 8 poinçons de vin. Les arbres ont manqué dans toute la Normandie et les autres provinces du Royaume. Le vin nouveau vaut 40 livres le poinçon.

V.1773 – Une anecdote alimentaire mérite notre attention alors qu’elle se déroule à proximité de Maintenon. Monseigneur Joseph de Lubersac, évêque de Chartres, avait fait l’acquisition du château de Bouglainval, demeure datant du XIIIe siècle. Aurait-il été influencé par l’évêque de la région de Léon en la personne de Monseigneur de La Marche surnommé  » l’évêque des patates  », ou plus vraisemblablement par Antoine Parmentier, dont le nom reste attaché à la pomme de terre, et à une réalisation culinaire traditionnelle. Non sans fierté, et acquis à ce légume, l’évêque de Chartres voulut montrer cet étrange tubercule à ses voisins qui, méfiants, crurent bon décliner l’offre. Nullement découragé par ce manque d’enthousiasme des Valbourgeois de son village, il en fit planter dans un champ. La pousse de ces tubercules intrigua la population. Le moment de récolte venu, les Valbourgeois vinrent les arracher durant une nuit, de sorte que le champ fut totalement dévasté. De Lubersac, que l’on aurait pu croire contrarié sinon en colère contre les auteurs, en fut ravi. L’usage et la commercialisation de ces pommes de terre se répandit dans la commune puis dans le département. –

# 26 octobre 1– naissance à Brezolles de Jean-Baptiste de Baudre, brillant ingénieur hydraulique, considéré comme l’un des grands spécialistes de l’aménagement des ports, des canaux et des fleuves en France. Son plus grand chantier, mise en œuvre d’un canal latéral à la Garonne dès 1832 dont il ne verra jamais la fin. Mis d’office à la retraite,et fort contrarié, il meurt très amer en 1850.

# 28 octobre – naissance à Moutiers en Beauce de Jean-Baptiste Peigné, chef de bataillon, qui participa à la majorité des batailles de l’épopée napoléonienne. Ses faits d’armes ne se comptent plus. Blessé à plusieurs reprises, il se distingua lors de la campagne de Russie, et à nouveau blessé au passage de la Bérézina le 29 novembre 1812. En retraite en 1823 (décès en 1847).

1774La Ferté-Villeneuil – Procédure contre les braconniers.Après avoir réduit â merci le clergé de sa châtellenie, le comte de Sourches entreprit à la même époque une œuvre d’un autre genre, mais plus difficile: tenter de réprimer le braconnage. Il rédigea dans cette intention une supplique au commandant de la maréchaussée d’Orléans. Celle-ci fut approuvée et lignée par tous les seigneurs, de même par plusieurs curés du voisinage. Par contre, présentée également aux curés de la Ferté, ceux-ci refusèrent de la signer. Les individus visés dans cette demande n’étaient pourtant pas des modèles d’honnêteté. Il ne convenait point à des prêtres de se faire les accusateurs de leurs paroissiens, tant que ceux-ci ne s’attaquaient pas à leurs personnes. Ce refus de signer exaspéra le comte de Sourches, et il reprocha aux curés de soulever leurs paroissiens contre lui ! Voici le texte de la supplique: « Le Seigneur de la Ferté-Villeneuil, généralité d’Orléans, et tous les Seigneurs des environs implorent l’autorité de Mr le duc de la Vrillière, pour garantir leurs biens, leur vie, et celle de leurs domestiques, de leurs fermiers et de tous les habitants du canton contre les attaques perpétuelles que leur livre jour et nuit à main armée une troupe de vagabonds qui s’occupent et ne vivent que de braconnage et du poisson qu’ils volent dans la rivière d’Aigre, province de Dunois, malgré les propriétaires, malgré leurs gardes, qu’ils menacent de battre, de noyer, de tuer à coups de fusil. Lesquels résident pour la plupart du tems dans le bois de la Motroie, qu’ils ravagent, où ils allument des feux qui en font craindre l’incendie totale et dont tous les voisins tremblent. « L’un de ces malheureux est leur chef, se nomme Le Roy Saussay, qui n’a ni feu ni lieu, qui était un camarade de Verminier, roué à Chartres l’année dernière pour assassinat, et qui n’est échappé au même tourment que parce que Verminier n’a révélé aucun de ses complices.« Deux autres sont Michel Cierge, dit la Plume, et son frère, bannis à perpétuité de Nogent-le-rotrou pour avoir tiré des coups de fusil sur le précepteur de» enfants de M. de Fontenay« A ces trois hommes déjà flétris se joignent les nommés Blangoint, Michel Castafiol, les deux frères Bonnetteau, Platanne et Gauthier.• Tous se réunissent encore à d’autres que l’un ne connaît point, tous s’attroupent et aussi redoutables tant parleur nombre, que par les fusils dont ils sont armés, ils commettent impunément les excès dont on vient de parler. « Si l’on ne purge le pays de cette bande de vagabonds et de braconniers déterminés, il est à craindre, outre les maux qu’on en souffre déjà, que ce camarade de Verminier, et toute cette affreuse troupe ne fassent revivre à tous égards ce malheureux assassin.« Mais les suppliants espèrent au moins que Mr le duc de la Vrillière, comme ils l’en prient très humblement, voudra bien donner l’ordre au prévôt de maréchaussée d’Orléans de se transporter avec ses cavaliers au lieu de la Ferté-Villeneuil à deux lieux de Châteaudun, où se retirent ordinairement tous ces perturbateurs de la tranquillité publique, pour leur enlever tous les fusils et autres armes offensives qui pourront se trouver chez eux.« Les suppliants espèrent tout de la justice et de la bonté de monsieur le duc de la Vrillière. Signatures: « Le marquis de Courtarvel, seigneur de Verdes et de Liervillc, près la Ferté-Villeneuil.« Le marquis de Laage, lieutenant de nos Seigneurs les maréchaux de Franceau département de Blois, seigneur de Charray, près la Ferté-Villeneuil. Le Cte de Meaussé de la Rainville, Lt de MM. les MMaux de France, seigneur de la Mottroie, près la Ferté-Villeneuil. « Bourdonneau, curé de Romilly, près la Ferté-Villeneuil. « Bellande, capitaine au Rgt de Navarre, Sgr de la Frédonnière, demeurant a Villebeton, près la Ferté-Villeneuil .Michelet, curé du Mée, près la Ferté-Villeneuil .Leseneschal, procureur au Parlement, seigneur de Champromain, près la Ferté-Villeneuil.De Bouchet, Cte de Sourches, seigneur de la ville et châtellenie de la Ferté-Villeneuil » –

# 7 mars – Naissance à Oinville-sous-Auneau de Jean-Louis Bagno dit Baignol qui accomplit la majeure partie de sa carrière militaire au sein des troupes napoléoniennes . De 1792 jusqu’en 1822, gravissant tous les grades militaires pour finir général. A cette différence, il redescendit au grade de colonel. Il. S’éteint en 1843 à Rennes.

# nuit du mercredi 18 au jeudi 19 may Drouais la gelée endommagea les vignes, les unes à moitié, les autres aux deux tiers, d’autres aux trois quarts de même le 22 novembre a commencé un hyver rude – La gelée, la neige, le verglas ont duré jusqu’au 8 décembre. Dans tous les autres Royaumes, il s’étoit fait sentir dés le commencement de novembre, et dans le Nord il a été aussi rude qu’en 1709.  

# 19 août – naissance de François Cheneau au Favril (Illiers-Combray) qui fut élevé membre de la Légion d’honneur, en accomplissant plusieurs campagnes napoléoniennes au sein du 2ème Corps de la Grande Armée en 1806 et 1807, et réformé l’année suivante.

1771/1775 – disette céréalière suite aux intempéries qui se sont abattues à tout moment de culture et de récolte.

1775 – surprise : le roi fait distribuer du riz ce qui déconcerte quelque peu les habitants du pays chartrain qui découvrent une céréale alors inconnue, ignorant à l’évidence la façon de le cuisiner. Un simple rappel : le riz inconnu dans l’assiette française de l’époque, avait déjà été cité au XIVe dans l’ouvrage Le Ménagier.-

# Chartres – suppression des fossés de la Butte qui sont comblées pour en faire un accès plus conforme à l’évolution de la ville, partie qui deviendra, par la suite, la rue de la Couronne. –

# 24 mars – naissance à Dreux de Jean-Louis Deslonchamps, médecin et botaniste spécialiste de la flore en France. Connu pour avoir mené des recherches sur les applications à la thérapeutique des plantes indigènes. Il meurt à Paris en 1840. 

# 10 avril – Naissance à Chartres de Louis Damoiseau, médecin vétérinaire, qui s’est fait un nom comme l’un des tout meilleurs écrivains de la science hippiacrite.

# Le mardi 18 avril – révolte à Digeon à l’occasion de la cherté du pain. Le samedi 29 avril, révolte à Pontoise ; le mardi 2 mai, révolte à Versailles, où toutes les farines ont été pillées, et le même jour à Saint-Germain-en-Laye. Le mercredi 3 mai, révolte aussi à Paris, où le pain a été pillé chez les boulangers et dans les marchés ; les halles ont été fermées et par ce moyen les farines préservées. Les mousquetaires gris et noirs, les dragons et les gardes-françoises, les suisses et le guet à pied et à cheval n’ont pu contenir la populace. Le même mercredi, révolte à Houdanc et à Mante, où les sacs de bled ont été percez et dipersez Chartres se retrouvé confronté au même problème, si bien que l’on fait travailler les pauvres pour ensuite leur donner du paiun. –

# mai-juin – guerre des farines à cause de la cherté du prix du blé – toutes les régions sont touchées, y compris la Beauce – la population s’attaque surtout aux transports de blé, surtout par voie d’eau. Cinq mois seront nécessaires aux autorités royales pour ramener le calme.-

# 6 mai – naissance à Pierres de Gustave-Daniel Dupont, plus connu sous le nom de capitaine Dupont qui s’est rendu célèbre, à son insu, pour avoir été l’un des naufragés rescapés du radeau de la Méduse. Il posera pour le fameux tableau de Gericault dont on voit une reproduction en la mairie de Maintenon. Il meurt en cette ville le 6 juillet 1850 .-

# 11 juin – naissance à Aunay-sous-Auneau de Victor Lubin Sédillot de Beaulieu qui vint en aide aux gens précarisés leur offrant de partager avec eux sa fortune. Il meurt à Chartres le 13 avril 1843.- La moisson qui a été finie le 19 et au plus tard le 15 aoust , a été fort modique : les mars ( ?) ont totalement manqué ; le fourrage rare et d’un prix exorbitant ; le bled aussi cher que les années passées .-

# 24 novembre Arrèts du Conseil d’Etat du Roi : autorisant les gens de main morte à placer en rentes constituées sur le Clergé et les Diocèses particulières les deniers qu’ils recevront pour l’acquit des fondations sans ètre sujets à l’amortissement ; réduisant au au double droit de contrôle tous ceux dus pour les années antérieures par les bénéficiers et autre gens de main morte qui n’auront pas fait faire les publications prescrites par l’arrèt du 2 septembre 1760 ; concernant la perception des droits de contrôle, ds baux des biens et revenus des bénéficiers et autres gens de main morte, en date du 2 septembre 1760.

mercredi 10 au 11 janvier 1776Drouais la terre a été couverte de neige ; le froid a été excessif. Le dimanche 28, à la première communion des enfans, plusieurs se trouvèrent mal au point de perdre connoissance à cause de la rigueur excessive du froid. Le vendredi 2 février, a commencé le dégel qui a duré plusieurs jours.  –

# 29 janvier – Donnemain – le froid est si grand que l’encre gèle à ma plume, que je suis obligé de faire chauffer  à chaque ligne. La Conie est prise en entier, ce que de mémoire d’homme on n’avoit point vu. Le thermomètre est à 16 degrés et demi  au dessous du point de congélation –

# lundi 5 février – Chartres – les grosses eaux n’ont causé aucun dommage.

# Le mercredi 7, elles ont recommencé, égalé et même surpassé celles de 1711. Elles ont passé par la rue des Poulets jusqu’à la Belle-Croix et dans la rue des Changes jusqu’à l’hôtel-de-ville. A la Porte Neuve elles sont venues jusque vis-à-vis le portail de Plomb : le Vieux-Pré et les faubourgs de Saint-Martin, de Saint-Denis, de La Folie et de Saint-Jean n’étoient qu’une mer. Des maisons tombées à moitié, d’autres étayées, d’autres dégradées en partie par les fondemens, des planchers écroulez, de pauvres gens forcez d’abandonner leurs foyers à travers les eaux pour se réfugier dans la ville avec leurs enfans dans leurs bras et sur les épaules, d’autres surpris et obligez de monter dans leurs greniers, n’attendant que le triste moment de se voir enveloppez sous les décombres de leurs habitations sans pouvoir être secourus, les bestiaux noyez, les meubles emportez par le torrent des eaux sans avoir été retrouvez, les murs des cours et jardins culbuttez, plusieurs particuliers ne pouvant plus rentrer dans leurs maisons pleins de terre, pierres et ravines, les ponts des Ambuches et de la Commune prés la porte Chartraine enlevez et entraînez ( il y avoit partout 5 à 6 pieds* d’eau et même d’avantage dans certains endroits ) : tel est le tableau abrégé du désastre, sans qu’il ait pris personne.  –

# Un événement d’un caractère grave et symptomatique se produit à la Ferté-Villeneuil vers la fin de l’année 1776. Plus de la moitié des habitants refusèrent de continuer à donner leur grain à moudre au moulin banal. Le comte de Sourches dont on connaissait le caractère autoritaire n’était pas homme à tolérer cette velléité d’indépendance, entend poursuivre ceux qu’il considérait comme des révoltés. Mais à cette époque la Cour et le gouvernement étaient animés d’idées libérales. Aussi, avant de commencer les poursuites,le seigneur de la Ferté crut-il prudent de faire rédiger plusieurs mémoires sur ce cas intéressant par Me Estienne, avocat au Parlement de Paris. Celui-ci, après avoir examiné scrupuleusement les titres de M. de Sourches, rédigea une consultation dont les conclusions étaient diamétralement opposées au désir du seigneur de la Ferté :«… M. le comte de Sourches n’est point dans le cas de prétendre au droit de banalité de moulin sur la communauté de la Ferté-Villeneuil, mais seulement sur ceux des habitant de cette communauté, qui se sont assujettis à la banalité par les déclarations et reconnaissances qu’ils ont passées chacun en particulier.« Cet avis est fondé sur ce que la banalité de moulin, comme celle de four et le droit de corvée, étant une servitude personnelle, elle ne saurait recevoir d’extension, Toute servitude doit être fondée en titre spécial. Ainsi, pour prétendre au droit de servitude contre une communauté,il faut un titre passé avec la communauté en corps, consenti par clic dans une assemblée convoquée à cet effet, à l’unanimité des suffrages, ou du moins à la très grande pluralité, comme des deux tiers ou des trois quarts. Ce n’est pas encore assez. Il faut qu’il apparaisse que la banalité reconnue par la communauté lui est utile et avantageuse, en ce que le seigneur lui a fait des dons et des libéralités qui sont encore de plus grande valeur. La soumission à un droit de banalité, dont on ne connaîtrait pas l’origine, serait une obligation sans cause et conséquemment nulle... »Devant les tendances libérales dont cette consultation était le reflet, le comte de Sourches se décida à ne pas inquiéter les récalcitrants, n’ayant pu obtenir gain de cause en haut-lieu. Il se contenta d’exercer les droits de banalité sur les habitants qui, par devant notaire, avaient reconnu être soumis à ces droits –

# Mise en place en la cathédrale de Chartres du groupe colossal l’Assomption de la Vierge, réalisé par le sculpteur parisien Charles-Antoine Bridan.

1777 – assassinat à Chartres dans sa maison du cloître du chanoine de Loup-Thomas Petey, grand pénitencier de la Sainte Église romaine , âgé de 63 ans, ainsi que sa servante, crime perpétré dans d’horribles conditions. –

# naissance à Dreux de Louis Guersant, professeur de botanique et surtout médecin. Il mena des recherches sur les maladies infantiles, notamment de la coqueluche et la dipthérie.-

# 20 février – naissance à Dreux d’Alexandre-Louis Marquis, botaniste. Bien que jeune à la Révolution, il crut bon modifier son état civil en se faisant appeler Jacques Lalot pour lui éviter tout ennui. Auteur d’un tableau caractéristique représentant des plantes avec l’indication des propriétés générales de chaque famille, et des principaux médicaments qu’elle fournit (1820). Il meurt dans sa ville natale le 17 septembre 1828. –

# Dimanche 20 avril et le mardi 13 mai – Drouais les vignes ont été totalement gelées, également que tous les petits fruits. Les mois de mai, juin et juillet ont été très pluvieux : les foins et les seigles ont été engrangez très humidement. Le dimanche 3 aoust, le beau tems s’est déclaré, suivi d’une chaleur bouillante et excessive : le sécheresse a persévéré jusqu’au mardi 14 octobre, jour où il est tombé de l’eau

#12 juillet – naissance à Dreux de Louis Doguereau, général, et baron d’Empire (1808). Il participe dans la l’artillerie à la majorité des batailles. Après avoir été élevé pair de France, en 1837, est élu député, et réélu deux ans plus tard. Pour ses états de service, élevé Grand Croix dans l’Ordre de la Légion d’honneur. Retiré dans le Loir et Cher (Château de Moulins à Landes), il s’éteint en 1856.

1778CloyesOn fit les ouvrages du grand cimetière, il avoit été résolu qu’on feroit établissement de fossés et de hayes vives et un grand mur  sur le chemin conduisant à la rue des Chartains ; ce qui fut exécuté. Ce cimetière très étendu étoit dans l’état le plus déplorable : sa restauration engagea plusieurs habitants des deux paroisses à demander la suppression d’un petit cimetière proche de l’église de Saint Georges, qui appartenoit et auquel avoit droit d’ètre enterrés indistinctement les habitants des deux paroisses. Il étoit interdit depuis plus de 20 ans ; on obtint sa destruction entière. Cette suppression donna lieu à quelques divisions et contestations au sujet des marchés que la moitié au moins de la ville craignoit qu’on établit au lieu et place de ce petit cimetière détruit. Ces divisions ne finirent qu’après que les habitants proche du Marché de la Volaille, depuis le milieu de la ville et au-delà du pont, se réunirent ensemble et firent acte d’une cotisation montante à environ 5 à 600 livres pour agrandir le marché en question ; afin de perpétuer à jamais sa fixation.  –

# Lundi 27 avril – La vente de tous les matériaux du vieux château de Dreux a été faite par adjudication, moyennant 3,500 livres. Après avoir été pratiquement rasé, le terrain est vendu sous forme de cens. –

# Drouais – Les chaleurs ont été excessives et bouillantes (??) pendant les mois de mai, juin, juillet, aoust et presque septembre . La moisson néanmoins a été abondante en toutes sortes de grains.

1780 – Simon Richaut, l’un des grands éditeurs de musique de son époque, voit le jour à Chartres. Installé à Paris, il publie des œuvres de Mozart, Beethoven, et contribuera à favoriser Berlioz détectant la valeur musicale très rapidement.

# lundi 25 septembre – a été faite l’ouverture de la vendange. A Dreux, les arpends de vignes n’ont produit que 4 à 5 ou 6 poinçons de vin. Les vins de 1779 ont tourné casaque dans presque tous les vignobles du Royaume. La campagne a été plus abondante que notre vignoble. Après la Saint-Martin, le vin nouveau a été vendu communément 36 livres le poinçon, et le vieux 45 livres plus ou moins.

1781 – création à Chartres du premier corps de sapeur-pompier – # La récolte a été abondante(Drouais) en bleds et encore plus en avoines : il y a eu moins de gerbes de bled que l’an passé, mais autant de bled ; la paille d’avoine a été tout-à-fait abondante. Abondance de toutes sortes de fruits ; le cidre ne vaudra pas ses frais et n’aura point de qualité, attendu que toutes les pommes et poires sont tombées toutes véreuses et presque pourries.- Drouais – la vendange a été ouverte : la première semaine a été commode et belle, la seconde a été pluvieuse. De mémoire d’homme, on n’a point vu dans tout le Royaume une année aussi abondante en vins.-

# 25 août Janville – naissance de César Lair, artiste-peintre, élève de David. En 1808, il expose une Jeanne d’Arc qui fut fort appréciée. On lui doit de nombreux tableaux qui décorèrent les cathédrales de Paris, Metz, Auton, pour ne citer que les plus représentatives. Décès en 1828.

# 14 décembre Dreux – bureau à l’Hôtel-Dieu pour anéantir les cimetières de la ville et les transporter dans le terrein adjacent à la chapelle de Saint-Gilles et n’en former qu’un seul cimetière pour les deux paroisses de Dreux. Le vendredi 9 mai 1783, Mgr de Lubersac, évêque de Chartres, a décidé que le cimetière de Saint-Pierre restera où il est de tems immémorial. » Coudreceau (Nogent-le-Rotrou)–

#Avec l’hiver, il tomba tant de neiges que, dans certains endroits, il y avoit au moins plus de 5 pieds de haut : les chemins étoient tous fermés, et cette neige dura sur la terre plus dix semaines : les voitures ne pouvoient pas aller, et on a trouvé plusieurs personnes mortes.

1782 – Les Chartrains se plaignent de la mauvaise qualité du pain, et s’en prennent au commerce des farines reprochant que les meilleures alimentent Versailles (la cour) et Paris.

#24 septembre – naissance à Margon du peintre panoramiste Jean-René Meilland. Il meurt le 27 février 1831 des suites accidentelles d’un incendie dans sa ville natale. Il est auteur , entre autres, d’un panorama de Nogent-le-Rotrou qu’il peignit du haut d’un clocher.

1783 – naissance à Gallardon de Martin de Gallardon dit Le Petit homme bleu, visionnaire qui affirma à Louis XVIII qui le reçut en audience, que l’archange Gabriel lui aurait affirmé que Louis XVII n’était pas mort, reconnaissant Naundorff comme fils de Louis XVI. Il meurt à Chartres en 1834. –

# nuit du jeudi 12 au vendredi 13 juinDreuxDes voleurs ont fait un trou dans la vitre de la chapelle de Saint-Nicolas de l’église Saint-Pierre, par lequel ils ont passé : ils sont entrez dans le chœur par la petite porte collatérale vis-à-vis celle de Notre-Dame-de-Pitié qu’ils ont trouée ; ont volé deux belles lampes d’argent, sans avoir pu détacher les chênetes et les plaques aussi d’argent, soutenues par des codes neuves ; ont fait aussi tomber une lampe de cuivre qu’ils ont laissée voyant qu’elle n’étoit point d’argent ; ont forcé les serrures des tablettes du banc-d’œuvre sans y avoir trouvé de l’argent, ont seulement emporté deux chandeliers fourrez ; n’ont point touché au tabernacle ; n’ont pu forcer la porte de la sacristie ; ont fait sauter les serrures des armoires où sont enfermés les ornements sans les endommager, excepté une étole dont ils ont enlevé le bord et les galons qu’ils croyoient d’or. Il a aussi été fait d’autres vols dans plusieurs autres églises sans que l’on ait pu découvrir et arrêter les auteurs

juin 1783 – L’éruption d’un volcan islandais sème la mort en France, provoquant un brouillard toxique. Le curé de Broué témoigne de cette façon  » Pendant cette obscurité du soleil, on n’entendait que maladie et morts très innombrables.  » De même le curé de Landelles qui relate dans son registre  » Les brouillards ont été suivis de grands orages et de maladies qui ont mis au tombeau le tiers des hommes dans plusieurs paroisses.  » Cinquante trois communes de l’ouest de la France ont été touchées. Un autre chroniqueur, un obscur philosophe hollandais, Antonius Brugmans, nous précise que  » plusieurs personnes ont éprouvé le 24 après-midi 1783 à l’air libre une pression incommode, un mal de tête, une difficulté à respirer exactement semblable à celle que l’on éprouve quand on hume l’air imprégné de soufre  ». L’éruption de ce volcan connu sous le nom de Laki a duré plus de huit mois entre le 8 juin 1783 et le 7 février 1784. Les décès en Eure et Loir ont augmenté de 25 % par rapport à une année normale. A l’évidence le dioxyde de soufre a fait des ravages dans la population. Les iles britanniques ont été les plus touchées. Voici ce que nous raconte le curé de LandellesIl y a eu au mois de juillet et une partie du mois d’aoust un brouillard sec qui a obscurci le soleil pendant six semaines, pendant 7 à 8 heures par jour, le soleil paraissoit éclipsé. Ces brouillards ont été suivis de grandes orages et les maladies qui ont mis au tombeau le tiers des hommes dans plusieurs paroisses.

# Fin d’annéeEn la même année, la neige a commencé le 28 décembre, qui a monté jusquà trois pieds sur la surface de la terre : le gibier et presque tous les oiseaux ont péri de faim. Ces grandes neiges ont duré deux mois. Ces tems fâcheux ont été suivis d’une grande cherté, tant pour le bled que pour les autres denrées nécessaires à la vie des hommes.

# Dès le mercredi 10 décembre dans le DrouaisL’hyver et la gelée ont commencé à se faire sentir et ont continué. Les samedi 27, dimanche 28 et lundi 29 du même mois, il est tombé nuit et jour de la neige en abondance ; le mardi 30 elle a fondu en partie, et les eaux sont devenues grosses sans causer aucun dommage ; la gelée a toujours continué. Le samedi 24 janvier 1784, il est encore tombé de la neige en abondance, presque tous les jours et toutes les nuits jusqu’au samedi 21 février , aux dimanche et lundi 22 et 23, jours auxquels sont arrivez le dégel et la fonte des neiges. Le lundi 23, sur les dix heures du soir, est arrivé tout-à-coup le débordement des eaux, qui a excédé le pont de la porte Neuve de 6 pouces : la rivière, la nouvelle promenade, le grand fossé et l’ancienne promenade ne formoient qu’un étang…….et sans la prévoyance et la diligence des magistrats de la police qui ont fait déglacer les rues et transporter les neiges dans la rivière, la ville auroit été submergée, et les eaux seroient entrées dans l’église Saint-Pierre jusqu’à la chapelle de la Sainte-Vierge comme en 1711. Comme l’hyver a été long, rude et neigeux, les pauvres périssoient de faim et de froid. Les riches et aisez de la ville ont fait des efforts prodigieux pour soulager les misérables qui fourmilloient dans les rues et qui alloient de maisons en maisons procession-nellement : les administrateurs de l’Hôtel-Dieu ont fait des données publiques deux fois par semaine et ont dépensé pour plus de 2,000 livres d’argent à cet effet..

1784La neige a régné sur la terre depuis la mi-janvier à 3 ou 4 pieds en ret et à 15 ou 18 pieds dans les endroits où elle a grillé. Le dégel a commencé le 21 de février.

# Le curé de Montboissier (arrondissement de Châteaudun) prend sa plus belle plume pour nous commenter cette période difficile : a été remarquable par l’abondance, la durée et l’épaisseur de la neige, tant au commencement qu’à la fin. Il en tomboit presque tousles jours dans le courant de janvier ; elle étoit ordinairement annoncée par un épais brouillard d’un jour ou deux. Elle a commencé à tomber le 2 janvier et est restée sur la terre jusqu’au 16 février. Il y en avoit 2 pieds d’épaisseur sut toute la terre et jusqu’à 9 piedsdans les fonds. Le froid a été très vif pendant toute sa durée, mais non pas excessif. La glace avoit de 15 à 18 pouces d’épaisseur. Le gibier et les oiseaux, les moineaux et les corneilles exceptés, ont été presque entièrement détruits et sont morts de faim. La fonte des neiges et la débâcle des glaces ont occasionné des débordements de rivières et des regorts funestes aux lieux bas et situés sur le bord des rivières. Une grande quantité de ponts ont été enlevés dans toute la France et l’Allemagne. Le bourg d’ Alluyes, qui n’a eu que 5 maisons ou l’eau ne soit pas entré ; a beaucoup souffert de la débacle ; quantité de batiments ont été renversés par les glaces et emportés par le torrent. Le printemps et l’été ont été d’une sécheresse dont on n’avoit pas d’exemple de mémoire d’homme. Les bleds, déchaussés pendant l’hiver par la fonte des neiges, n’avoient sur chaque pied, que 2 ou 3 tuyaux, qui n’ont pu monter plus haut à l’arrêt que de 15 à 18 pouces, mais l’épi étoit bon, le grain bien nourri, et il ne falloit communément que 24 gerbes pour avoir un septier de bled, mesure de Bonneval, pesant 200. On auroit eu beaucoup de bled si on avoit beaucoup de gerbes, mais les granges étoient au trois quart vuides. On a été encore plus à plaindre pour l’avoine, ou qui n’a pas levé, ou qui a été brulée par la sécheresse. Le peu qu’on a pu faucher a été presque perdu dans les champs, parce qu’avant de la ramasser on a voulu attendre de la pluye pour la gonfler ; il en est venu de chaude pendant 8 jours de suite, qui l’a fait germer sur la terre. Les pois, les vesces, les haricots et même les prairies hautes n’ont pas mieux réussi que les avoines, de façon que la paille et les fourrages ont été d’une rareté et d’une chèreté inouies, qui ont contraint les laboureurs à se défaire, sinon de la totalité, au moins d’une grande partie de leurs bètes à laine et de leurs vaches. La vendange, qui promettoit beaucoup au printems et jusqu’au mois d’aoust, a été très médiocre, mais le vin étoit bon. L’été, quoique sec, n’a pas été très chaud, excepté 7 à 8 jours. L’automne a été superbe, et les semences parfaitement faites. Les trois dernières semaines de l’année ont été marquées par 6 à 7 jours de neige sur toute la terre, avec de la gelée qui a duré autant que la neige. la fonte de celle cy, qui s’est faite doucement, n’a causé aucun débordement ni malheur. – Bichon, curé de Vitray (aujourd’hui Vitray-en-Beauce – arrdt de Châteaudun) ajoute : L’hiver a été des plus rudes. La première neige qui a commencé à la Conception 1783a toujours été sur terre, et à la seconde, sans que la première se soit fondue, apris le 17 janvier et n’a fini que le samedi 21 février par un dégel considérable ; ce qui occasionné des eaux considérables qui ont causé bien des troubles dans le pays. – Autre commentaire au titre d’Orgères, notamment le 6 février : Sur les cinq heures du soir, par le vent de galerne le plus terrible qui ayt peut estre soufflé de mémoire d’homme, accompagné d’un givre les plus piquants, au point de faire perdre la respiration à l’homme le plus rigoureux et le mieux constitué, Jean Suret, homme de peine, étant sorti de La Frileuse, c’étoit assez son usage dans les froids les plus rigoureux en vertu d’un sang bouillant qui l’avoit rendu invulnérable aux froids les plus cuisants, perdit la respiration et l’usage de la vie entre Mongny et La Frileuse. Il étoit âgé de 56 ans. On a eu toutes les peines inimaginables d’enlever le corps, sans exposer à périr et les hommes et les chevaux. Signé : Pierre Gerbault ; Louis Denize ; Joseph Pottie ; Peyre, curé prieur d’Orgères, qui ajoutent vers les trois heures et demy ou quatre heures du soir, nu en chemise, comme c’étoit assez son usage dans les froids les plus rigoureux en vertu d’un sang bouillant qui l’avoit rendu invulnérable aux froids les plus cuisants, perdit la respiration et l’usage de la vie entre Mongny et La Frileuse. Il étoit âgé de 56 ans. On a eu toutes les peines inimaginables d’enlever le corps, sans exposer à périr et les hommes et les chevaux. Signé : Pierre Gerbault ; Louis Denize ; Joseph Pottie ; Peyre, curé prieur d’Orgères. De même le 23 février sur Alluyes, toujours dans le secteur de Châteaudun – Après une chute de neiges considérables , une fonte subite et abondante , les eaux ont grossi tout à coup , et ont inondés presque toutes les maisons d’Alluyes .L’eau est entrée dans la salle du presbytère à un demi pied de hauteur . – L’hiver a été des plus rigoureux à Douy et alentours. Les anciens ne se souviennent pas d’avoir vu tant de neiges : on a parlé de plusieurs accidents qu’elles ont occasionnés. Elle a commencé à tomber le 17 janvier au soir, et a continué toute la nuit abondamment. Celle-cy n’éyant pas encore fondue. Il en est tomber encore une quantité la nuit du 27 au 28, et le 28 toute la journée pour ainsi dire, le 29 longtemps dans la matinée. Alors, elles ont monté à une hauteur considérable : la cavée du bourg à Frileuse était comble et plusieurs autres. Il s’est passé peu de jours qu’il n’en soit tombé encore ; on croit pouvoir affirmer q’elle avoit en plaine environ un pied et demi de hauteur communément. Les voyageurs rapportent qu’elle étoit plus haute partout ailleurs que dans ce pays-ci, surtout du coté de Chartres et de Paris. Il est péri plusieurs personnes. Le bois est devenu tout à fait rare, les riches ayant consommé leurs provisions, les pauvres ne pouvant en chercher. De tous cotés ceux qui avoient le moyen se sont prêtés à secourir le malheureux :il s’est fait des distributions de charité. Enfin la neige ayant été sur la terre dans sa grande hauteur cinq semaines moins un jour, il s’est levé, le 21 février matin, un brouillard qui a commencé à la fondre ; le 22 au soir, il a tombé une petite pluye pendant une heure et demie environ, qui a annoncé les grandes eaux ; en effet la rivière a commencé à s’enfler le 23 vers midi ; alors les habitants du moulin et des rues ont délogé, les uns se sont retirés dans le bourg, les autres dans les hauts pàtis, plusieurs dans la grange à maitre Thiercelin dans le plus haut des rues. Le 24, au soir, l’eau étoit à un point si haut qu’elle a monté environ 6 pouces dans la chambre du moulin de Douy, le chalan passoit dans la grange du prieuré ; elle couloit environ d’un pied sur le pont de Saint Sauveur. Le 25 ayant baissé un peu, le 26, par une nouvelle fonte de neige, elle s’est enflée à peu près à son premier point, et enfin a commencé à diminuer le 27 au matin. Depuis la fonte, les communications étant ouvertes, on a su que plusieurs personnes en différents pays étoient péri par le neige. Le 13 mars, malgré les pluyes et brouillards, j’ai encore vu de la neige dans les fossés de la vigne d’Ancize. Depuis cette fonte jusqu’à la récolte de bled, on n’a point eu pour ainsi dire d’eau ; tout a péri par la sécheresse, les fruits, les bleds, l’avoine et les prés. La récolte des foins a été moitié moindre que l’ordinaire, celle des bleds très mauvaise, tant par le défaut de paille que par le noir dont la majeur partie des froments ont été gatés ; celle d’avoine plus mauvaise puisque dans bien des champs le laboureur n’en a pas eu pour le décimateur. Plusieurs ont fait arracher leur bled, plsieurs utres ont laissé l’avoine. Quant au reguin, les pluyes qui sont tombées trois ou quatre fois seulement vers la fin du mois d’aoust lui ont fait du bien ; on a recueilli plus que l’on espéroit. Le foin a valu 10 livres, mais communément 80 livres le cent de bottes pesantes chacune 10 livres.

# Lundi 23 février – A Blévy une inondation des plus fortes, causée par les neiges qui étaient tombées en diffé­rentes fois, depuis le 27 décembre 1783, jusqu’à ce jour que le dégel qui avait commencé la veille 22 a occasionné un déluge d’eau dont le fort est arrivé sur les 10 heures du matin, avec une telle rapidité que le mur du parc depuis le moulin des Graviers à Blévy jusqu’à la grande porte du parc a été renversé du haut en bas, ainsi que le pillier du trou à la Foucaude. Le grand pont qui avait été raccommodé un peu par les soins de deux ou trois habitants a été totalement emporté, et l’éperon en maçonnerie qui était dans le milieu de la rivière, sur lequel était appuyé le pont, a aussi été démoli et renversé par les eaux, qui sont montées jusqu’au niveau de la première marche de l’église. Il y a eu plusieurs maisons où il y a eu deux ou trois pieds d’eau, heureusement personne n’a péri ni bestiaux, mais les fumiers et jardins ont été emportés et ravinés.En l’année 1784, par l’ordre de Mr l’Intendant d’Alençon, le grand pont de dessus la rivière à Blévy a été reconstruit tout à neuf en bois de charpente et maçonnerie aux deux bouts, ainsi que le petit pont, et ont coûté mille neuf cent quatre vingt dix livres, aux dépens des biens tenants de ladite paroisse, et ont été les entrepreneurs desdits ponts, Pierre Thierrée, maître –charpentier, et François Gouget, maître maçon, tous deux de Blévy.

1785MontboissierPendant tout le mois de janvier et une partie de février 1785, la terre a été couverte de neige, mais son épaisseur n’a pas été considérable. La fonte, qui s’est faite doucement, n’a occasionné, icy ni dans toute la France, aucune crue d’eau ni débordement dommageables. Le froid de l’hiver n’a pas été trop vif, mais après la fonte des neiges, il est venu, pendant 15 jours ou 3 semaines, de fortes gelées blanches qu’un soleil brillant et très chaud fondoit pendant le jour, qui ont fait beaucoup de tort aux bleds des terres qui n’ont pas de consistance. La gelée et le dégel, alternatifs dans 24 heures, pendant tout ce tems, ont fait couler ces terres, et la racine du bled s’est trouvée à découvert, ce qui en a fait périr une partie, et l’autre est mal venu. Il semble qu’il soit dans la nature qu’un hyver abondant en neiges soit suivi d’un printemps d’une sécheresse désastreuse : celui de cette année a été au moins aussy sec que le précédent. La plupart des avoines mal ou point du tout levées,le sol des prairies absolument brulé, les bleds languissants et sans verdure offroient l’affreuse perspective d’une famine générale. L’avoine, depuis et compris les semences de mars jusqu’à la récolte, valoit 14 livres 10 sols le septier, mesure de Bonneval ; le foin 120 livres le cent, ce qui rendoit la livre 10 deniers plus chère que celle du pain : aussi tous les bestiaux mouroient, même ceux des propriétaires et fermiers aisés, parce que tous les fourages étoient d’une rareté telle qu’on trouvoit pas pour de l’argent. Partout, dans la capitale même on faisoit des prières publiques et des processions pour avoir de la pluye. Enfin le ciel, favorable à nos vœux, nous en a accordéassez abondamment à la mi may, dans le courant de juin et à la mi-juillet, qui a fait lever les avoines dont on a eu assez abondante récolte, mais tardive, ranimé les bleds qui ont repris de la vigueur, mais dont un sixième dans toute la France, étoit carié ou noir, ce qui a fait un tort considérable à la rente (au rendement ) et à la qualité. D’ailleurs ils n’étoient fort hauts de tuyau ; ils n’avoient pas plus de deux pieds à l’arrèt, de manière que la récolte de bled, tant en grain qu’en paille, ne peut ètre regardée que comme une bonne demi-année, trois quart d’année en avoine et autres grains de mars, et quart tout au plus en foin, dont le prix n’a pas diminué : il y a eu une bonne récolte de regain. La physique et la chimie, qui ont cherché un moyen prompt et efficace d’éclaicir le bled moucheté ou noirci par la carie, ont travaillé sans succès jusqu’à ce jour

# lundi 2 mai Dreuxà trois heures après-midi, Eloi Maîtrejean, fagotteur, garçon des Vieilles-Ventes, hameau d’Abondant, a été rompu vif sur un échaffaut dans le grand carrefour vis-à-vis l’auberge du Paradis et en face de la rue Parisis, pour avoir assassiné et volé le 12 mars Philippe Dorge, garde-vente d’Anet, dans la grande route ou grand chemin de Dreux audit Anet. Il s’est trouvé ce jour-là à ce triste spectacle plus de 10000 personnes, tant de cette ville que des villes voisines et de la campagne

# ChâteaudunLe nombre des décès surpassa celuy des naissances de 41. Cette supériorité a été occasionnée par la petite vérole, qui a duré ici une année entière et a moissonné près de cets enfants et plusieurs grandes personnes. On pense que l’inoculation pouroit obvier à cette mortalité, mais pour moy je croy que tous ses événements sont dans l’ordre de la Providence à la quelle nous devons nous soumettre .

# JuilletDrouais – la moisson a été plus longue qu’on ne s’attendoit, à cause qu’il a plu pendant toute la lune d’aoust. Il y a des pays où les bleds ont été crochetez comme les pois, d’autres pays où ils ont été fauchez comme les avoines, afin d’avoir plus de grosses pailles. Les bleds en général ont été très mêlés, ce qui en diminue le prix : la récolte n’a guère été plus abondante que celle de la précédente année. » –

# Chute sur une grange à Frazé d’une des toutes premières montgolfières.

#25 août – naissance de Zoe Talon au château du Boullay-Thierry qui, en devenant la maitresse de Louis XVIII fut élevée au rang de comtesse du Cayla. Surnommée La Tabatière du Roi, elle fut plutôt une maîtresse pour la façade. S’étant retirée au château de Saint-Ouen (région parisienne), elle se spécialisa dans l’élevage du mouton obtenantt plusieurs récompenses. –

# Mardi 6 septembre Drouais – Sur les dix heures du matin, il s’est élevé un vent terrible qui a duré presque toute la journée et qui a fait tomber presque toutes les pommes et poires qui étoient déjà en petite quantité, et le dimanche 25 du même mois, un pareil vent a fait tomber le reste : le cidre est devenu rare et fort cher en Normandie et ailleurs. Il faut ajouter que tout le cidre de l’année précédente qui étoit en abondance a aigri et est devenu noir et impotable

Début d’année 1786MontboissierIl y a ey beaucoup de neige pendant l’hiver sur la terre mais un peu moins et moins mongtemps que le précédent ; un printems très sec, et les bleds à la fin avril, promettoient une abondante moisson, se son dedits tout à coup et n’ont donné qu’une récolte très chétive et plus de noir que l’an passé : à peine sont-ils épiés dans les bonnes terres les médiocres et les mauvaises ont été celles qui ont le plus produit.Le froment ayant manqué dans tous les méteils, ils n’étoient pour ainsy dire que du seigle. Les vendanges ont été très bonnes, mais moins abondantes et de meilleure qualité que l’année dernière. Plus de foin, mais les bestiaux de toute espèce très rare et d’une chèreté exhorbitante. Les fermiers ruinés par les trois dernières mauvaises récoltes, le prix excessif des baux, la chèreté des bestiaux et la baisse du prix du bled ont, pour une grande partie, quitté leurs fermes, dont beaucoup sont restées en friche.-

# 2 juillet – Un curieux arrêt du Parlement de Paris interdit aux céréaliers notamment Beaucerons d’utiliser la faux – sans doute question de relation avec la Mort appelée La Grande Faucheuse- seule la faucille étant autorisée, sous peine d’une amende de deux cents livres, doublée en cas de récidive. L’usage de la faux reprit en 1800.

# EtéDambron – A été remarquable par une sécheresse considérable qui a commencé avec la moisson et a duré six mois, avec une telle aridité que les « couvrailles »de bleds ont été très difficultueuses et même impossible dans plusieurs endroits. – La  » bienfaisance et la sagesse du Roi  » à l’égard de son peuple débouche sur ordonnance  » d’accorder à la partie malheureuse du peuple  » des secours en nature… –

# Chartres – ouverture du cimetière dénommé Sainte-Foy et Saint-Martin jusqu’en 1790, puis cimetière Notre-Dame jusqu’en 1819, et situé à l’emplacement de l’actuelle préfecture d’Eure et Loir, puis transféré à Saint-Chéron en 1891.

1787 – Ont été crées les administrations provinciales, divisées en assemblées provinciales, assemblées de département et assemblées municipales dans chaque paroisse. Entre l’époque des assemblées, il y a en chaque province, une commission intermédiaire formée par l’assemblée de province, qui communique à un bureau intermédiaire en chaque département, formé par l’assemblée dudit département, et ce bureau communique à la municipalité des paroisses. Le but de ces administrations est de faire connaitre les besoins des provinces, d’asseoir les impôts, etc … –

# Emmanuel Siéyès (1748/1836) est vicaire à Chartres. Un homme d’église, un essayiste et homme politique disposant d’un rayonnement qui marqua profondément la cité beauceronne. – Cette même année, la pièce L’Inconstant de Collin d’Harleville est joué trois fois à Chartres devant de nombreux spectateurs.

# décès à Dreux de Simon Simon, 52 ans, compositrir et clavenisye qui fut maître de clavecin de Marie-Antoinette, et les Enfants de France

# 10 mars – décès de Louis-René Marceau dit Houdouanne, demi-frère du général Marceau. Il connut une vie tumultueuse allant de clerc de procureur à moins franciscain pour s’installer finalement à Beaumont-le-Chartif aujourd’hui Beaumont-les-Autels. Criblé de dettes, il est emprisonné à Bellême et y meurt à l’âge de 35 ans.

#13 juilletA trois heurs après midi , une grêle terrible et funeste a détruit en moins d’un quart d’heure la plus belle apparence de récolte dans les paroisses de Saumeray , Bouville , Vitray ,Andeville , etc … Dans toute cette longueur et même au delà , la nuée ne portait qu’environ qu’unquart de lieue de largeur .On a remarqué beaucoup de grains de la grosseur du poing , les moindres gros comme des oeufs de pigeon , de manière dans cette étendue de terrain , les moissons étaient broyées , déchiquetées et comme la filasse sous la brise . De nombreux morts. En 1787, abondance de grains de toute espèce : belle ,sèche et superbe récolte ; le bled considérablement diminué et à un prix extrèmement bas ; la plus méchante récolte possible en vin. Le lendemain –

#Montboissier grèle épouvantable, le dimanche à 7 heures du matin, qui a détruit toutes les récoltes dans cette paroisse et autres voisines, dans un rayon ou étendue de plus de 50 lieues de pays. – Mais par ailleurs la moisson de 1787 a été abondante, mais il y avoit beaucoup de noir. Elle a commencé vers le 4 ou 5 aoust et fini le 22 ou 23. Il a fait une chaleur très grande : l’avoine a été ramassée très sèche. Abondance de grains de toute espèce : belle ,sèche et superbe récolte ; le bled considérablement diminué et à un prix extrêmement bas ; la plus méchante récolte possible en vin.

#Grande crue la nuit du25 décembre à Alluyes et dans les environs.

1788 – – A Bonneval et le canton, le jour de Pâques grande et considérable crue d’eau jusqu’à dans les cours et maisons de plusieurs habitants . Une année considérée comme une des plus malheureuses par les pluies continuelles depuis le mois d’octobre précédent jusqu’à la veille de Pâques, ou elles ont fini par un orage des plus furieux qu’on ait jamais vu à pareille saison du 22 mars ; par la sécheresse et les chaleurs excessives de l’été, qui ont occasionné, le 13 juillet, un orage avec une grêle énorme, qui ont fait le plus grand ravage et réduit la moisson des bleds et mars à rien, en sorte que le bled, depuis la Toussaint 1788 jusqu’en 1789, a valu 35 livres au moins le sac, mesure de Patay, et le pain 27 à 28 sols. 70 paroisses sont touchées sévèrement. –

# Les mauvaises récoltes qui se succèdent au XVIIIe siècle ruinent les paysans. Elles appauvrissent toutes les couches de la population en provoquant une hausse considérable du prix du pain constituant la base de la nourriture des Français. La misère grandissante pèse dans les provinces, menant à des troubles qui seront interprétés par la suite comme annonciateurs de la Grande Révolution. –

# 29 mai – vers cinq heures et demi du soir, la paroisse de Douy a été grèlée presqu’à moitié ; ce sont les seigles et méteils qui ont le plus souffert. La grèle étoient communément comme des balles ; on en voyoit encore le lendemain matin. Ce jour là, 30 mai, il vint un seconde nuée à midi, qui ne dura qu’un instant heureusement. La grèle étoit communément plate comme des pièces de 6 à 12 souls.

# 23 juin – un témoin relate la célébration de la fête de la Saint-Jean à Chartres, accomplie chaque année autant dans la cité beauceronne que dans les autres diocèses. Selon la tradition, on ornait de rubans, un arbre, le faisant reposer sur un gros tas de broussailles. Le curé, à la tête d’une procession, venait mettre le feu tout en bénissant l’assistance comme les flammes. Le feu éteint, il était de tradition que chaque participant soit en mesure d’emporter un débris du bûcher utilisé à des fins de se préserver de la foudre. –

# dimanche 12 juilletDambron A 8 heures et demi du matin, a éclaté un ouragan terrible et inoui, meslé d’éclairs, de tonnerres affreux, qui a, presque en même temps et dans l’espace d’ un quart d’heure, ravâgé, détruit, abysmé moissons, luzernes, fruits, légumes, arbres fruitiers, et cela dans l’étendue des deux tiers de la Beauce, du Perche, du Chartrain. Soit 64 paroisses sur 200 touchées, et de nombreux morts.A Auneau, Sours, Gallardon, Bellegarde et autres plusieurs endroits les plus écrasés, on a vu des glaçons de gresle pesants jusqu’à sept livres. Les toits des maisons emportés, les charpentes brisées, les édifices, même les églises, découverts, écroulés. Les autres endroits, sauf le Gastinois, et la Sologne qui n’ont souffert presqu’aucun dommage les moins malheureux ont encore perdu les deux tiers de leur récolte tant de bleds que d’avoine. Ces environs-cy un peu moins attaqués n’ont recueilli que pour les frais. 13 juillet – Un gros ouragan occasionne de gros dégâts : moulins renversés, clochers, récoltes détruites. Nous avons eu une grêle qui a ravâgé un tiers de notre royaume. Le diocèse de Chartres a perdu au moins par cette grêle 12 millions. La grêle ravage plusieurs régions du royaume y compris, la Beauce. Il est difficile de se peindre la désolation et le malheur des pauvres grèlés , surtout ceux de nos paroisses voisines , Saumeray , Bouville , Vitray , Montemain , qui éprouvaient pour la seconde fois de suite cette affreuse calamité .Il s’st trouvé des grains de grèle d’une grosseur incroyable , du poids de plusieurs livres du coté de Rambouillet , Ce n’a été d’abord que plints et mémoires présentés de tous les cantons au Roy et aux premiers ministres ; mais le mal était fait trop grand pour esperer des secours efficaces De nombreuses églises sont détruites (vétusté également), ,et le diocèse de Chartres subit une contre-partie importante grévant son budget à la suite de ce véritables ouragan. Le Gouvernement a commencé a donner une faible portion de secours aux plus pauvres cultivateurs pour encourager les prochaines semences .La paroisse a reçu au total la quantité de 30 septiers de bled mesure de Chateaudun ; puis une somme de 500 livres dans le fort de l’hiver pour les plus nécessiteux cultivateurs ou non , pour les gros fermiers sont toujours à attendre les secours ; il paraît qu’on se repose sur les propriétaires qui sont dans l’impossibilité de subvenir à tout ce mal.-

# Ce même jour Gault-Sain-Denis – La grêle a ravâgé une étendue de 80 lieues. La perte de cette paroisse a été estimée à 80.000 livres. L’hiver a commencé à se faire sentir dès la Toussaint jusqu’à la veille de Noël pour reprendre dès le lendemain avec encore plus de violence. Le thermomètre n’a jamais été aussi bas que le dernier jour de l’année. Cette rigueur de temps a duré jusqu’au 12 janvier. Les trois quarts des bleds n’étoient pas levé.  – la paroisse de Bouville et une infinité d’autres ont essuyé une grêle de nature la plus destructive, qui a occasionné une perte très considérable : celle de cette paroisse a été évaluée à cent quarante et tant de mille livres.-

# Toujours ce 13 juillet qui a fait un malheurDouy – A six heures et demie du matin, il s’éleva un horrible ouragan qui fit des ravages terribles : bâtiments renversés, bestiaux tués ou blessés, hommes et femmes blessés.Ce n’étoit pas dans plusieurs endroits de la grèle, c’étoient des glaçons qui bondissoient sur terre et qui portoient quatre ou cinq coups meurtriers à ce qu’ils rencontroient. On a pesé à Chambourcy qui se sont trouvés du poids de 10 livres ; une forèt de chataigniers a été ruinée. Icy, toute la plaine du haut Douy a été perdue, il n’y restoit pas un boisseau d’avoine : dans plusieurs champs, le fourrage même a été enterré, les méteils de même, les froments couchés ou égrainés aux trois quarts, quoique la grèle ne fut pas plus grosse que celle du 29 mai. La rose du pignon de l’église a été brisée. L’autre partie de la paroisse n’a pas été si maltraitée. On a évalué la perte d’ici à 10.117 livres. Les gazettes annoncent que Chartres, Rambouillet, Saint Germain, Marly, Clermont en Beauvaisis ont eu le même ouragan ; le bruit est qu’il a été jusqu’à Douay en Flandre. On a assuré que mon prédécesseur, qui a été icy 40 ans, tenoit de Me Ledevin, son oncle, curé d’icy pendant plus de 20 ans, que de mémoire d’homme cette paroisse n’avoit été grèlée. Il y a une lotterie à Paris dont le fond de 30.000.000 livres en faveur des grèlés. Le Gouvernement a fait distribuer du bled au plus pauvres cultivateurs pour ensemencer : cette paroisse en a eu un muid et 120 livres d’argent. Dans le mois de janvier 1789, on reçut encore 100 livres,qui furent distribués en pain aux pauvres : le pain valoit, pesant neuf livres, 22 souls. Dans lemois de mars, on reçut 27 septiers d’avoine, qui furent distribués pour la semence : les terres de La Mainferme, Jargué et Frileuse, comme plus grêlées, en eurent chacun 3 septiers. Dans le mois de mai, on reçut 30 livres, qui furent distribués en pain. –

# 8 août – décision de convocation des États Généraux par Louis XVI en raison du marasme financier et de la dégradation économique. –

# 17 septembre – Plusieurs convois de blé convergent vers la capitale et Versailles avec point de départ de Chartres. –

# 5 octobre – Le comité de surveillance et de subsistance décrète la constitution de réserves de grains en cas de nécessité. –

# 18 novembreDambronA commencé un hiver de sept semaines, qui a fini au dégel, qui s’est déclaré le 11 janvier. Cet hiver a été si terrible que pendant les sept semaines qu’il a duré le froid a toujours été en augmentant au point que l’histoire ne fournit pas d’exemple d’un pareil : il a eu 3 degrés de plus qu’en 1709 et a été plus long ; 8 degrés de plus qu’en 1740 et aussi long ; 2 de degrés de plus qu’en 1776, qui a été un hiver si terrible, mais qui n’a duré que 24 jours. Il a gelé d’un poulce d’épaisseur dans les cuisines échauffées ; jusque dans les caves ordinaires la congélation s’est fait sentir. On a trouvé beaucoup de personnes mortes de froid, soit dans les pauvres maisons ; les bestiaux même dans leurs étables ont été malades du froid. La congélation a faict périr jusqu’à une quantité de verminiers, qu’elle a ete chercher dans leur retraite. La vigne en bois a gelé au moins pour les deux tiers. Tous les fleuves de l’ Europe, même le Rosne, ont gelé en leur entier, mais surtout la Seine et la Loire, qui ont été gelées à 5 à 6 pieds d’épaisseur. Une cherté des grains allarmante est venue à la suite de ce mortel hiver, le bled ayant valu, depuis la moisson jusqu’à ce jour,10 février 1789, jusqu’ à 42 livres le sac d’ Arthenay en élite. – a commencé fin novembre un des plus rigoureux hivers qu’on ait vus .Il dure aujourd’hui 3 janvier 1789, Il ajoute au malheur et persévérant et toujours persistant de la grêle .Depuis 4 semaines , la terre est couverte en plusieurs reprises de neige : le thermomètre est descendu jusqu’à 18 degrés et demi au dessous de zéro .La cherté est considérable , point de travaux ni de la part du seigneur ni du laboureur . ; la misère est à son comble . Il y a eu de la neige sur la terre l’espace de six grandes semaines, et le froid a été rigoureux depuis la veille de la Toussaint 1788 jusqu’13 janvier 1789, ou le dégel a pris entièrement. Les bleds n’étoient pas à moitié levés. Le gibier, les animaux de ferme meurent un peu partout. Une période, dont on dit, qu’elle aurait favorisé les débuts de la Révolution. –

# La grèle, qui avoit commencé le 24 novembre , a rompu le 13 janvier 1789 ; elle a été des plus violentes. La neige, qui avoit commencé le 5 décembre, a été très haute. Les 19, 31 décembre et 7 janvier ont été très froids. Le sort des pauvres, qui pendant sept semaines n’ont pu travailler, le pain de neuf livres valant 21 ou 22 sous et les laboureurs ruinés par la grèle ne pouvant donner, a été on ne peut plus triste.

# Les charités de Châteaudun ont été prodigieuses ; tout s’y est prèté jusqu’au régiment de dragons Colonel Général qui y étoit en garnison. Plusieurs ont été, un jour, deux jours sans pain. Dans plusieurs endroits, les moulins ne pouvant tourner, on a fait bouillir le bled. Le thermomètre étoit le 31 décembre, à 19 degrés trois quart sous le zéro. Le dégel a été très doux icy ; les glaçons ont cassé quelques poupées au moulin : mais il a été si terrible sur La Loire ; la chaussée ayant crevé, les dégats ont été très grands, ponts fracassés, maisons renversées, vignes et terres labourables ruinées, plusieurs personnes noyées, bateaux submrgés. Au printemps, on a vu beaucoup de bois gelé, les vignes, les noyers, plusieurs pommiers. Le pain étant toujours très cher, valant tantot 23 sous, tantot 25 sous un liard, il s’est fait une infinité de révoltes dans toutes les provinces, surtout à Orléans, Vendôme, Rambouillet, Paris, etc… Le feu a été mis chez un marchand de bled à Châteaudun, ce qui a occasionné la bourgeoisie de faire la patrouille toutes les nuits : on a été nocturnément chez plusieurs laboureurs demander du pain. Vers la Saint Jean, le pain a valu 28 sous. La populace s’étant mutinée, on a taxé le bled ; on a visité les greniers, et alors, le prix du pain a baissé en plusieurs endroits, à Vendome, à Mondoubleau, etc…, on a mangé de l’avoine..La police de Châteaudun avoit si bien pris ses précautions pour les marchés en obligeant ceux qui avoient du grain d’en exposer tous les jeudis une certaine quantité et en déffendant souvent de le sortir hors la ville, qu’on n’y a pas été aussi malheureux qu’en bien d’autres endroits.

# 30 décembre – Villebon – A sept heures du soir, le thermomètre de Réaumur exposé au nord est descendu à 20 degrés au dessous de la glace, c’est à dire 3 degrés plus bas qu’en 1776 ; il n’y avoit plus du tout d’esprit de vin dans le tube. Le grand froid a commencé le 25 novembre et a continué sans interruption jusqu’ au 12 janvier 1789. L’eau, la farine, le bois ont été on peut plus rares

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1789 – suppression de la dîme, impôt de l’Église sur les agriculteurs, sous forme d’1/100ème de leur élevage et de leurs terres. – Charles Philippe Simon, baron de Montboissier-Beaufort-Canillac (1750/1802) maréchal de campest élu député représentant de la noblesse pour les Etats Généraux – Evêque de Chartres, Jean-Baptiste-Joseph de Luberac fut l’un des 4 députés du bailliage de Chartres aux États Généraux, il refusa d’adhérer à la constitution civile du clergé .-

# Le château de Nogent-le-Rotrou est transformé en prison, ceci jusqu’en 1801. –

# La levée des bleds a été si extra-ordinairement tardive qu’on les croyait gelés pour la plupart ; mais heureusement ils commencent à percer depuis les premiers jours de février, et les dangers de la famine s’évanouirent peu à peu. Il paroist que c’est la grande sécheresse de la terre et environ 6 poulces de neige qui étoit mastiquée par la grande congélation et qui a été sur la terre pendant tous les grands froids qui les ont conservé. Si la terre eut été humide, quoique couverte d’un demi pied de neige, il y a apparence que ce terrible froid les auroit fait mourir ; car il y a eu, malgré la sécheresse et les neiges, de gelés dans plusieurs endroits. –

# Janvier à avril – émeutes et troubles à cause de la cherté du pain engendrant la disette. La colère gronde. Le blé est devenu rare et a doublé de prix. La mendicité se retrouve partout, de même la criminalitéaugmente. – Rédaction des cahiers de doléances accessibles aux hommes de plus de 25 ans, payant des impôts où chacun peut consigner ces préoccupations. – Au début de la présente année , paraît une brochure  » Qu’est-ce que le tiers-état ? Tout. Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. Que demande-t-il ? A devenir quelque chose. Son auteur Joseph Sieyès qui serait, pour partie, à l’origine de l’ascension de Bonaparte. –

# 26 février – L’assemblée du Tiers-Etat de Chartres désigne 7 commissaires chargés de rédiger le cahier de doléances, parmi lesquels se trouvent Pétion de Villeneuve, avocat, et Bouvier-Jourdan, grand juge –

# Nuit du 5 au 6 mars – Il y a eu à Blévy une inondation causée par la neige qui était tombée le 5 et qui a été fondue dans la nuit, par une pluie très forte. Le» eaux n’ont point été si fortes qu’en 1776 et sont venues à environ six pieds des marches de l’église ; le grand pont a été emporté à moitié parles fIlots ainsi que plusieurs autres petits ponts dudit lieu ; il y avait dans plusieurs maisons deux pieds d’eau. –

# Emeute à Chartres et pillage de la maison du directeur de la Régie générale –

# 6 avril – Ordonnance d’Asselin, lieutenant général du Bailliage de Chartres réglementant la vente des céréales sur la place des Halles et création d’un comité de surveillance et de subsistance. –

# 1 mai – États Généraux qui s’ouvrent officiellement le 5 mai. Les députés sont 1139. Des voix de l’extérieur se firent entendre afin que les pauvres journaliers du peuple soient représentés. Un grand chambardement gouvernemental s’en suit, et une scission s’effectue. La Salle du Jeu de Paume est choisie pour réunir les élus dans le but de donner une constitution à la France (renvoi de Necker en juillet). Le tiers-état (les représentants de la France à l’exception du clergé et de la noblesse) se déclare assemblée nationale. Au long de cette session importante au long de l’année 1789, la circonscription 28 a eu comme représentant au titre du clergé (Lubersac), au titre de la noblesse (Montboissier démissionnaire remplacé par Talon), et au titre du Tiers-Etat (Pétion de Villeneuve et Bouvet-Jourdan) soit 4 députés. Par le règlement préparatoire aux Etats Généraux , le peuple ou Tiers Etat y a été admis en nombre égal à celui du clergé et des nobles réunis , tous ensemble environ 1.200 députés .Lorsque les états furent rassemblés , le premier point de discussion à régler , savoir le vote par ordre ou par tète , occasionna de grands débats et une scission entre les ordres .Le tiers état , auquel se réunit la minorité du clergé , fit enfin admettre le vote par tète .Les autres se réunirent peu à peu à eux , moitié de gré , moitié par crainte , et ily eut une apparence de- réunion générale , mais le feu couvait sous le cendre . Des marginaux, des nobles comme du clergé de haut rang , excitent en sous main les fauteurs de troubles en faisant accaparer les blés , avec pour objectif, créer la disette du pain avec pour but d’inviter le peuple à se lever l’assemblée des Etats devant ne lus exister. –

# 7 mai – Pour prévenir, le corps de ville de Chartres met en place une Garde nationale pour prévenir d’éventuels troubles découlant des problèmes liés aux subsistances. –

# 8 mai A été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Pierre Desmier , journalier , détenu depuis environ un mois dans la Tour du château d’Alluyes pour cause de braconnage ; lequel Desmier, après avoir fait une large ouverture près de la lunette de la chambre haute de ladite tour , s’est précipité sans corde , ni cordage de la hauteur d’environ de 45 pieds , et a été trouvé aux pied de la Tour , les cotes enfoncées et le corps rompu .Signé : Oury ; Moissard , curé de Saint Germain 9 mai

# Le duc d’Orléans maintient en place le Corps de ville de Chartres, dirigé par Triballet du Gord, avec prolongement durant l’année 1789. –

#11 mai Le poteau qui avoit été placé par les ordres de Mgr le duc de Lhuisne pour constater sa haute justice dans le comté de Dunois, au coin du cimetière de cette paroise, a été arraché par Gilles Canu, journalier de cette paroisse, après avoir reçu l’ordre par un quidam inconnu portant l’habit d’ordonnance nationale. Ledit poteau, comme noble de naissance, a eu la tète tranchée avec une scie qui appartenoit au charron de ladite paroisse, et son corps fut trainé ignominieusement dans la boue, ensuite transporté chez son exécuteur qui l’a disséqué à son aise.

# La foire qui se tenait au milieu des champs autour de la chapelle Saint Gilles stuée entre Chartres et Bonneval a commencé à tenir dans la ville de Bonneval

# 21 Mai – décès au Château de Bois-Josse (Boissy-lès-Perche) de Louis André de Beaussier de Châteauvert, officier de marine et aristocrate, chef des escadres des armées navales de Louis XVI. Président de la noblesse pour l’arrondissement de Senonches. – # Juillet – le setier de froment est vendu à Chartres au prix de 15 livres . Un setier égale 156 litres au prix en euro 2007 de 157,5 €, puis le setier de froment marchand passe à 30 livres, soit le double. –

# 23 juillet – émeute à Chartres sévèrement réprimée par la Garde nationale, en raison de la hausse du prix du blé. 6 morts sont dénombrés. Ils seront plus de 200, après avoir sonné le tocsin, à se transporter sur la place des Epars. Plusieurs bâtiments sont endommagés, un pillage en règle a pour conséquence d’envoyer au feu papiers commerciaux et archives. Les dragons comme la milice bourgeoise doivent ouvrir le feu, une maison risquant d’être la proie des flammes.

# 4 aout – abolition des privilèges – Suppression à Chartres de la cérémonie de la consécration des saintes huiles et du saint chrême qui se tenait le Jeudi Saint, et célébrée par six archidiacres ou prêtres et l’Evêque. –

# Logron – depuis le 6 aoust jusqu’au 18 octobre – A été faite presque à neuf la reconstruction du clocher de cette église, qui a été diminué de 16 pieds, et qui cy devant, suivant une tradition, l’avoit été de 6.Depuis longtemps, il menaçoit d’une ruine prochaine. Le terrible ouragan du 13 juillet, dont pareil ne fut vu en notre continent, et plaise à la providence de ne plus accabler d’un pareil fléau notre Roiaume, dont plusieurs provinces furent ravagées, cet ouragan, dis-je, qui avoit renversé des églises, nous fit craindre le même sort pour la notre. Occupé que nous étions pendant la tempête à considérer le clocher, nous croions à chaque instant voir l’église écrasée par sa chute, qui seroit indubitablement arrivée, si cette tempête eut été aussi violente ici qu’en beaucoup d’autres endroits. Son état ne pouvoit qu’augmenter notre frayeur ; les pièces principales, et en grand nombre, étoient pourries. En descendant une poutre, elle tomba en trois parties ; une seconde n’étoit pas meilleure, et ainsi du reste de la charpente.

# 26 août – vote de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen – Rétablissement de la libre circulation des grains –

# 22 septembre – A Mévoisins, à proximité de Maintenon, comme bien d’autres communes, furent plantés de nombreux Arbres de la Liberté qui ont dépéri rapidement. Celui de cette commune est un tilleul, symbole de la Révolution, et authentifié de nos jours comme étant un des rares sujets témoignant de cette célébration. –

# 2 novembre – Selon décret de l’Assemblée Constituante, les biens du clergé sont mis à la disposition du peuple, y compris le domaine de la Couronne. Deux décrets des 19 & 21 décembre suivants les mettent en vente, toutefois avec la possibilité de conserver des forêts et résidences royales qui seront inscrites sur la liste civile. –

# 14 décembre – Parution du décret de l’Assemblée nationale organisant les élections devant remplacer les anciens corps de ville. Pour être électeur, il faut être citoyen actif, Français ou devenu comme tel, être âgé de 25 ans accomplis, domicilié dans le lieu depuis au moins un an, déclarant payer une contribution directe de valeur locale de trois journées de travail, sans être en état de domesticité. –

# 22 décembre – Naissance du département de l’Eure et Loir dont la reconnaissance officielle date du 26 février 1790 (83 départements). Loi promulguée par ordonnance royale du 4 mars 1790. L’Assemblée ne faisait que reprendre l’idée d’Antoine René de Voyer, marquis Paulmy d’Argenson, diplomate français (1722/1787) qui avait suggéré, en 1765, la division du royaume en plusieurs départements, le mot signifiant répartition fiscale. L’Eure et Loir est composé alors d’anciennes provinces de l’Orléannais (Beauce), du Maine (Perche), de l’Ile-de-France (Thimerais, Drouais, vallée de l’Avre, Hurepoix). Le département est divisé en six districts (Nogent-le-Roi devient Nogent-Roulebois).

1790 – Naissance à la Bazoche-Gouet de Roger Duval qui perdit la parole suite à un voyage en Afrique. Alors peintre en bâtiment, gardant la nostalgie d’un pays dont il s’est sorti mutilé, il se consacre à reproduire de mémoire guerriers, êtes sauvages et paysages africains. Comme il va peindre une scène évangélique – La samaritaine et Jésus au puits Jacob sur les murs du café du commerce de sa ville où il décédera en 1839 – .

# Le dernier abbé quitte l’abbaye de Coulombs avant que celle-ci soit bradée comme bien national. –

# L’hiver a été particulièrement doux et modéré , sans gelée ,sans neige , un véritable printemps , la récolte en bled et avoine fort bonne , en vin très médiocre . –

# Une ordonnance du bailliage de Toury interdit d’acheter aucun grain en vert. –

# Au titre des Vainqueurs de la Bastille, une liste fort controversée de ceux-là même qui prirent la Bastille le 14 juillet 1789 pour lesquels en 1790, il sera décidé d’octroyer une récompense ou à leurs veuves. Indépendamment d’une médaille commémorative, de quelque argent pour certains, ils conserveront l’habit qui fut le leur, de même un fusil ainsi qu’un sabre portant le nom du vainqueur. Lors des fêtes qui suivirent cet événement marquant de la Révolution française, ils arboraient sur leur poitrine une médaille en cuivre dont ils tiraient une certaine fierté., mais au fil de toutes ces cérémonies, à force de se gausser de cet événement, ils furent l’objet de quolibets, si bien qu’ils durent rentrer dans le rang. A ce titre un certain nombre d’Euréliens furent présents sur les lieux, liste tirée des Archives nationales, donc théoriquement ne souffrant pas de contestation, même si les renseignements sur ces vainqueurs peuvent apparaître sybillins.

François AGUILLÉ – né à Authon-du-Perche – a reçu deux pièces (valeur?) alors qu’il voulait 500 francs.

Pierre CHRÉTIEN – né le 29 novembre 1775 à Beauche – aubergiste

Louis FEUILLU – né le 16 décembre 1767 à Illiers – demeurant à Patay – ouvrier en laine – appartenant à la Garde française – a reçu une médaille

Jacques HOUARD – né le 28 mars 1755 à Jouy – militaire – au moment des faits appartenait à la Garde nationale – a reçu une médaille

Pierre LANGLOIS – né le 26 janvier 1763 à Villiers-le-Morhier – au moment des faits appartenait à la Garde nationale – a reçu une médaille.

Pierre LECOMTE – né le 11 mars 1767 à Dreux demeurant à Dreux – ferblantier – appartenait à la Garde Nationale.

Louis LECOQ né le 7 août 1765 à Authon-du-Perche – domicilié dans la même ville – cordonnier – appartenait à la Garde nationale.

Toussaint PANTHON – né le 25 avril 1764 à Chartres – domicilié à Paris – appartenant à la Garde française – a reçu une médaille.

# 15 janvierle département d’Eure et Loir a pour chef-lieu : Chartres. – 3 février – 1 057 électeurs chartrains pour élire un maire au suffrage direct et à la majorité absolue. C’est Jean-Louis Asselin, lieutenant général du bailliage et Siège présidial qui est élu d’une façon très large. Il dirige ainsi la première municipalité révolutionnaire –

# L’Assemblée nationale a continué avec vigueur et courage ses grands et immortels travaux sur la nouvelle constitution du Royaume .

# Au mois de février, les grilles et barrières des cloitres ont été brisées , la liberté rendue à tous les individus de l’un et de l’autre sexe qui voudraient rentrer dans le monde , en fixant des pensions et traitements tant à ceux qui sortiraient du cloitre qu’à ceux qui persévèreraient d’y demeurer Enfin le décret .porte qu’à l’avenir il ne sera jamais formé pareils établissements en France , jamais émis de vœux absolus et solennels , reconnus et protégés par la loi # L’établissement des gardes nationales a pris faveur dans tous le Royaume .Le génie de la patrie , l’enthousiasme du patriotisme a créé des fédérations militaires dans presque tous les départements , ou les citoyens armés réunis par députation de différents pays ont juré le maintien de la constitution , de l’ordre , la sureté des propriétés , l’union , la fraternité entre tous les Français en présence et sur l’autel du Dieu de la patrie , élevé dans des camps dits camps de la fédération . Les aristocrates , c’est ainsi qu’on appelle tous ceux qui regrettent l’ancien régime n’ont vu avec peine cette réunion ,qu’était la fête de la fédération , ou le roi réunit avec son peuple , le jour du 14 juillet 1790 , avait prêté serment à la nouvelle Constitution .-

# 1 mai – suppression des octrois – Les troupes nationales du Mans, Cloie, Bonnevalle et autres lieux, le dimanche et le lundi 2 et 3 mai, se sont transportées à Châteaudun où elles ont été fètées, et le mardy 4, elles se sont dirigées sur Orléans pour y faire un pacte de confédération anti-aristocratique, ce qui fût fait le dimanche 9 du même :mois dans un camp dressé à cet effet à deux lieues d’ Orléans.

# 14 mai – décret fixant les modalités de vente des biens nationaux aux particuliers à partir d’enchères organisées dans les districts. – # # Courant juin – A commencé à ètre présenté à l’Assemblées nationale le travail de son comité ecclésiastique sur la nouvelle constitution du Clergé .L’ Assemblée a cherche à rappeler à son état primitif le clergé de France honteusement dégradé , déshonoré , diffamé par le luxe effréné et barbare de ses chefs engraissés dans l’abondance et la mollesse la plus efféminée , vivant à coté des pasteurs inférieurs , des pasteurs utiles et pauvres des villes et des campagnes qu’ils tourmentaient et méprisaient indignement .D’abord , les noms d’archevêques ont été supprimés , les immenses revenus des évêques diminués et fixés à 12.000 livres ; les inutiles abbés autant que riches ; prieurs , chapelains , tous gens sans fonctions dans l’Eglise qu’ils déshonoraient , ont été réduits dans leurs revenus , et nul portera ce nom après eux . La postérité apprendra avec étonnement qu’il y avait dans ces temps –ci des prètre réunis qu’on appelait, chanoines , dans tous les évêchés et lème les petites villes de France , occupés à faire chanter par des chantres gagés un office à trois différentes séances par jour , travail qui les dispensait de tour autre et leur donnait le droit de jouer , se divertir , courir les cercles et mépriser des prêtres , des ministres utiles qui valaient beaucoup mieux qu’eux , mais qu’on estimait moins parce qu’ils étaient moins riches ? Tous ces titres , dignités réunis dans les églises diocésaine qu’on appelait cathédrales , ont disparu de dessus de la terre , et on connaitra plus que les noms sacramentaires de évêque, prêtre , curé, vicaire . La France était cy-devant divisée en provinces , gouvernements , etc ..un ordre admirable , une circonscription simple et bien arrondie la place de cette division informe .83 divisions forment le territoire de la France , avec chacune un évêché au lieu de 120 évêchés qui subsistaient naguère. Chaque département de la France est divisée en districts , chaque district en cantons qui sont eux mêmes divisés en municipalités –

# 9 juin – Chartres – Fête de la Fédération de la Garde Nationale au cours de laquelle fut prêté le serment général de la nation, en présence de tous les représentants de toutes les couches de la société, et un apparaît grandiose dans une ferveur qui ne l’était pas moins. Plus de 2 000 délégués des gardes nationales venant de tous les coins d’Eure et Loir se joignent à cette manifestation. où les municipalités du département sont largement représentées. –

# 20 juin – Le procureur du district de Chartres donne l’ordre de faire l’inventaire des biens du Chapitre cathédral –

# Les Chartrains (Brissot/Pétion)  » entraînent  » les Chartrains sous la coupe de la Gironde, adversaires des Montagnards, ceux-là même qui prennent place dans les bancs les plus hauts de l’Assemblée nationale (Robespierre et ses acolytes qui seront 300 députés en 1793). C’est là qu’intervient la remise en cause des biens de l’Eglise, une église riche d’un immense parc immobilier, agricole, avec des revenus considérables qui ne peuvent plus avoir cours. Ainsi le chapitre de Chartres est en pointe de mire d’une Révolution qui entend abolir les privilèges (une parfaite utopie si l’on en juge les privilèges actuels souvent souterrains). La vente des biens du clergé intervient sans que l’Eglise ne se manifeste d’autant que la Constitution civile du clergé est acceptée suite aux décrets de l’Assemblée nationale.(bourgeois de Paris et d’Orléans, gros laboureurs en sont les acheteurs). Cette situation entraîne quelques désordres dés lors que les impôts ne sont plus payés, notamment le champart, et l’agitation rurale mène à se soustraire à tout prélèvement. La chasse faite aux  » aristocrates  » dénomination qui désigne la noblesse, visant en réalité tous les adversaires de la Révolution –

# Abolition de ces cours souveraines , nommés Parlements , repaire affreux d’avides gens de justice appelés avocats , procureurs , conseillers , etc..ou le pauvre plaideur arraché à ses affaires domestiques , allait en cent lieues de son pays acheter une justice longue , incertaine , et souvent la moitié de sa fortune dans un procès , allait porter et perdre l’autre dans ce bois rempli de voleurs et de scélérats . Le barbare régime de la féodalité , monstre dont on n’avait pu abattre toutes les tètes , existait encore avec beaucoup de tyrannie. Mille petits seigneurs régnaient en vrais des potes dans leurs terres sur leurs vassaux . La liberté est le premier des biens ,l’égalité est le second .Dans un État libre , il ne devait pas subsister de distinctions déshonorantes pour la société .Toute espèce de privilège a été abolie jusqu’au titres et aux noms même de prince , duc , marquis , comte , baron , seigneur et monseigneur , que portaient des évêques qui , il y a six mois , étaient monseigneurisés comme des dieux . C’est ainsi que les lumières ont ramené les vrais principes , et que la raison écoutée a étendu son empire bienfaisant , propre à adoucir la condition des plus malheureux mortels ,en leur apprenant qu’ils sont tous égaux , et qu’il ne doit y avoir de distinction que celle qui nait nécessairement de la différence des talents , du mérite et des vertus .Signé ; Chautard , curé d’Alluyes .

# 10 juillet – les récoltes sont abondantes en seigle et blé, à un degré oindre orge et avoine.

# 12 juillet – Un décret supprime les chapitres dans tout le royaume. 

# 15 août – nouveau décret pour accélérer la vente des biens nationaux

# 8 septembre – Naissance à Bazoches-les-Hautes de Pierre-Aimable Biot qui accomplit une grande partie de sa carrière dans l’armée durant une trentaine d’années pour se retrouver un temps garde-inspecteur du Château des Tuileries, une sorte de fonction dépendant des Eaux et Forêts. Par la suite, il embrasse la carrière d’imprimeur-lithographe à Beaune en Côte d’Or, s’étant lancé dans la photo avec pour objectif la satiner au développement.

# 16 octobre – Naissance à Chartres du Vicomte de Cacqueray de Saint-Quentin. Sous-lieutenant, il accomplit trois campagnes de 1810 à 1812. Lors de la campagne de Russie, il fut gelé aux extrémités. Laissé pour mort à Wilna (Vilnius), il est fait prisonnier, et ne reviendra en France qu’en 1814. Mis à la retraite en raison de ses blessures, et se retire à Eu (76)

# NovembreL’Assemblée nationale constituante avait décréte que tous les fonctionnaires publics ecclésiastiques seraient tenus de faire le serment solennel d’être fidèles à la Nation, à la Loi, à l’Assemblée et acceptée par le Roi .Cette loi juste par elle même et nécessaire pour avoir une garantie de la fidélité et de la soumission aux lois de toutes les personnes exerçant au nom de la loi des fonctions publiques et un emploi salarié de la Nation , cette loi a rempli de troubles et de désordres toute la France pendant toute l’année 1791.Tous les évêques de France coalisés , à l’exception de quatre seulement : Sens , Autun , Orléans , Viviers ,se sont refusés à ce : ils ont essayé serment civique : ils ont essayé et réussi par toutes sortes de moyens , de manœuvres secrètes et publiques à détourner de ce serment un grand nombre de curés de leurs diocèse respectifs , serment qu’il présente comme odieux , abominable sacrilège et apostat. Les uns et les autres , réunis encore aux gros bénéficiers dépouillés ou réduits , aux chanoines et autres prêtres mécontents , dévots et fanatiques , sont parvenus , contre toute raison , à entrainer dans leur parti un grand nombre de catholiques de toutes les classes et de toutes les conditions à qui il faisait que la nouvelle constitution du clergé était hors de la compétence de l’Assemblée nationale , qu ‘elle entreprenait sur la puissance de l’église et détruisant tous ses droits , qu’elle anéantissait et renversait la foi catholique et la religion en France et à Alluyes. Au mois de novembre 1790, l’Assemblée nationale constituante avait décréte que tous les fonctionnaires publics écclésiastiques seraient tenus de faire le serment solennel d’être fidèles à la Nation , à la Loi, et au Roi , et de maintenir de tout leur pouvoir la constitution décrétée par l’Assemblée et acceptée par le Roi .Cette loi juste par elle même et nécessaire pour avoir une garantie de la fidélité et de la soumission aux lois de toutes les personnes exerçant au nom de la loi des fonctions publiques et un emploi salarié de la Nation , cette loi a rempli de troubles et de désordres toute la France pendant toute l’année 1791.Tous les évèques de France coalisés , à l’exception de quatre seulement : Sens , Autun , Orléans , Viviers ,se sont refusés à ce : ils ont essayé serment civique : ils ont essayé et réussi par toutes sortes de moyens , de manœuvres secrètes et publiques à détourner de ce serment un grand nombre de curés de leurs diocèse respectifs , serment qu’il présente comme odieux , abominable sacrilège et apostat. Les uns et les autres , réunis encore aux gros bénéficiers dépouillés ou réduits , aux chanoines et autres prètres mécontents , devots et fanatiques , sont parvenus , contre toute raison , à entrainer dans leur parti un grand nombre de catholiques de toutes les classes et de toutes les conditions à qui il faisait que la nouvelle constitution du clergé était hors de la compétence de l’Assemblée nationale , qu ‘elle entreprenait sur la puissance de l’église et détruisat tous ses droits , qu’elle anéantissait et renversait la foi catholique et la religion en France. Signé : le curé d’ Alluyes. –

#27 décembre – René-François Judel, originaire de la Sarthe, futur maire de Chartres(29 novembre 1792), est admis au sein de la Société chartraine des Amis de la Constitution.

1791 – L’Assemblée Nationale autorise les habitants des départements y compris l’Eure et Loir de venir en aide aux plus défavorisés. A savoir la mise en œuvre d’un atelier de charité, l’entretien des voies de communication. Chaque intervenant se verra gratifier de 150 livres. –

# Fils du receveur du district de Dreux, Nicolas Millard se prononce en faveur de la révolution dès son amorce. Ilfut l’un des fondateurs de la société populaire de Dreux en 1791. Puis en 1795, lors de l’insurrection des sections de Paris contre la convention, il fit adopter, par son influence, l’opinion des Parisiens dans la population drouaise, prenant fait et cause pour la monarchie contre la République. Le Directoire le fit arrêter avec plusieurs de ses compatriotes drouais, et emprisonné au temple. Son épouse fut tellement touchée qu’elle en mourut avant même que son mari ne soit enfin libéré. Il ne reviendra plus à Dreux –

# 2 marsChartres – revenant de son village natal de Brûlon (Sarthe), Claude Chappe montre son idée de télégraphe dans la cité beauceronne ayant appris que Philippe, célèbre artisan du fameux pâté de Chartres, passait pour être très proche des idées révolutionnaires. Ce dernier se campant dans le quartier de Chavannes, démontra à son visiteur qu’il pouvait observer la route de Paris avec l’arrivée des courriers, agitant les bras pour annoncer l’arrivée des diligences. Chappe impressionné par l’idée qui ne faisait que renforcer la sienne, une invention mécanique, et la présentera l’année suivante devant l’Assemblée Constituante.

3 avril – Etonnant comportement des Chartrains qui acclament Nicolas Bonnet venant d’être élu évêque constitutionnel aux cris de ‘’ Vive l’évêque de basse-ville ‘’. Né à Tréon en 1721, il fut nommé vingt-six ans plus tard curé de Saint-Michel, un ministère qu’il assuma plus de quarante années. Il meurt à Chartres le 10 ou 12 novembre 1793

# De 1791 à septembre 1793, Jérôme Pétion, fils d’avocat, est maire de Paris.

17 Février – élection de l’évêque constitutionnel au titre du département en la personne de Nicolas Bonnet qui, après sa mort survenue deux ans plus tard, ne sera jamais remplacé. Curé depuis 40 ans de la paroisse Saint Michel de Chartres , âgé de 70 ans , il a été choisi à la place du sieur de Lubersac , député à l’Assemblée constituante .On a remplacé à Chartres les curés de Sainte Foy , Saint André , Saint Saturnin et Saint Aignan , et toutes ces paroisses , avec les autres , ont été ridiculement réduites et refondues en une seule et trop grande paroisse , celle de la Cathédrale –

# Jean-François Delacroix dit  » Lacroix d’Eure et Loir  »est réélu une deuxième fois comme député. Premier maire d’Anet, il prend le parti de la Montagne. Affairiste, on l’accusa sans preuves réelles de manœuvres financières pour le moins louches. L’affaire se tassa. A force d’agiter, il se retrouva sur le banc des accusés, et fut guillotiné le 5 avril 1794 avec Danton, Camille Desmoulins, et consorts.-

# On joue à Chartres deux pièces de Collin d’Harleville, citoyen de Chartres : L’Optimiste ou l’Homme content, puis le Pessimiste ou l’Homme mécontent de tout. –

# Grande période de disette portant sur mes années 1791 et 1792 avec des récoltes locales mauvaises, en quantité et en qualité, qui entraînent l’augmentation du prix du grain donc du pain. Il y a aussi la spéculation des céréaliers qui profitent de la circonstance pour s’enrichir, et appauvrir la demande en grain. L’agitation enfle, la révolte gronde, on demande une baisse des prix, de la taxation. Robespierre impose la fourniture de blé aux marchés régionaux.A titre d’exemple, Vacheresses-les-Basses, doit remettre 17 quintaux – quintal de 45 à 50kg selon qu’il soit court ou long – au marché de Nogent-Roulebois chaque semaine. –

#Vente des biens du clergé comme bien national. La cathédrale de Chartres est sauvée de la pioche des démolisseurs sur intervention de Sergent-Marceau, beau-frère du général Marceau. # Nuit du 23 au 24 mai , un couple de viticulteurs proches de Chartres est attaqué par des membres qui seront identifiés ultérieurement comme étant membres de la bande d’Orgères. L’homme et la femme ont été sauvagemment assassinés tous les deux.

# 27 juin – Le futur général Marceau est le premier à inscrire son nom sur le registre des volontaires pour la constitution d’un bataillon d’Eure et Loir

# Septembre – malgré le beau temps d’arrière saison les récoltes de grains et de raisins s’avèrent médiocres. –

# ChâteaudunLa chapelle du Champdé, dépouillée de ses décorations et de ses ornements, a été convertie en un magasin à l’usage des troupes mises de temps en temps en cette ville. Mes recherches sur la fondation de ce bel édifice et mes questions faites à des personnes de près de cent ans à ce sujet ne m’ont procuré que des connoissances vagues et incertaines. La tradition presque générale est qu’un voyageur passant au bas de la Croix Rousseau, le ruisseau enflé par la pluie d’un grand orage, s’y vit au moment de périr et fit à ce sujet le vœu, s’il évitoit le danger, d ‘élever à la Vierge une chapelle qui attesteroit sa protection et la reconnoissance du fondateur. D’après explication, il est aisé de voir que cette dénomination Champdé n’est que la traduction de ces mots latins Campus Dei, quoiqu’il y ait auprès de Verneuil la famille des Dé qui attribue à ses ancêtres cet établissement et dise qu’il en porte le nom. Les fondations attachées à cette chapelle étoient considérables : on disoit une grande messe toutes les fêtes de la Vierge, même l’office paroissial avec exposition du Saint Sacrement, et procession, à laquelle assistoit le Corps de la Ville, le jour du Rosaire ; il n’y a pas vingt ans qu’on y enterroit. On ignore absoluement l’époque de sa construction ; un ancien mortuologue attestoit qu’elle existoit en 1628, ou se trouve brûlée une partie de sa couverture. . Signé : Percheron, curé de Saint Valérien.

# 6 octobre – création de la fonction de garde-champêtre (plusieurs lois affineront cette fonction) qui est chargé de faire la recherche de tous les délits qui portent atteintes aux propriétés rurales, mission de prévention et de protection qui n’a pas varié ou presque. De nos jours le garde-champêtre appartient à la fonction publique territoriale.

# 8 Octobre – Venue à Chartres de Robespierre, accompagné de Pétion et de l’abbé Grégoire –

# 1 novembre – formation d’un bataillon de 600 hommes d’Eure et Loir devant partir au premier appel avec à leur tête Marceau. –

# 2 & 17 novembre – nouveau décret concernant les biens nationaux afin qu’ils soient vendus en domaines entiers.

1792 – Fondation à Saint-Rémy-sur-Avre d’une des premières filatures de coton établies en France par Henry Sykes

# – Jacques-Henri Joliet devient officier public en la commune de Lanneray, aprè avoir été prieur-curé. Il fut très proche de Brissot de Warville qu’il reçut pour un séjour de trois mois avec Félicité, épouse du conventionnel, et leur fils Anarchasis. Par la suite, Joliet deviendra maire, et enseigna la Marseillaise à ses administrés.

# 30 mars – La notion de bien national est étendue aux biens des émigrés et des suspects qui sont confisqués, puis vendus après le décret du 27 juillet de la même année.

# 4 avril – naissance à Illiers d’Albert Fresnaye, agriculteur, maire d’Illiers, conseiller général, et fort connu pour sa compassion envers les petites gens. On voulut le décorer de la Légion d’honneur en raison de ses bienfaits, il la refusa. Il meurt à Illiers en 1846. –

# 20 juinChartres – Devant un parterre de personnalités et en présence de l’évêque constitutionnel, mise en place d’un Arbre de la Liberté place des Epars. –

# juillet – Prussiens et Autrichiens unis se mettent à envahir la France.

#11 juillet, l’Assemblée législative décrète la patrie en danger. – # Août – Les sœurs de la congrégation des Carmélites à Chartres doivent se résoudre à abandonner leur monastère sur réquisition et dissolution de l’ordre. Ce lieu sera affecté, ultérieurement en maison de réclusion pour les personnes touchées par la loi des suspects (1798) puis en prison ordinaire. La Cour d’assises sera installée dans l’ancienne chapelle des Carmélites, notamment pour le procès fleuve de la bande d’Orgères. –

# 25 août – Nomination de Frain comme concierge des prisons de Chartres, un ancien militaire avec 27 ans de service et quatre enfants. –

# Le vieux pont de bois qui franchit l’Eure et connu sous le nom de  » Pont qui tremble  » est remplacé par un pont plus solide qui devient pont de la Courtille. –

# Naissance du certificat de civisme sous forme d’un document délivré par le Conseil Général de la commune aux personnes occupant des fonctions publiques.

# Septembre – En raison de l’insuffisance des grains, de la disette, des troubles, une surveillance stricte est mise en œuvre.

# 12 septembre – En conformité d’un décret de l’Assemblée Nationale, l’argenterie des églises de Châteaudun a été enlevée pour servir aux frais de la guerre ; les vases sacrés exceptés, celle de cette paroisse est de 32 marcs ; jointe à celle des six autres paroisses et des chapitres et des communautés supprimés, le total s’est trouvé de 280 marcs.

# 22 novembre – Révolte rurale notamment en Beauce, ainsi que les départements riverains, les paysans réclamant la taxation des grains.

# Emeute à Courville.

# 23 novembreL’exagération des idées de liberté, d’une part, et la misère de l’autre, allaient apprendre qu’il est dangereux et criminel à ôter au peuple le respect de l’autorité. le Perche, pauvre à cette époque, souffre plus qu’une autre contrée, de la cherté du pain. Poussés à bout par la détresse, les paysans de la contrée de Brou, d’Unverre et autres communes arrivent à Illiers au nombre d’environ 4000. Méréglise, Frazé, Happonvilliers, Combres, La Croix du Perche, Chassant, Luigny, Miermaigne, Nonvilliers, Grand Houx, et Vieuvicq fournissent leur contingent. De gré ou de force, les maires, les procureurs et officiers municipaux marchent avec la troupe. Leur but est alors d’imposer et de fixer par la violence le prix des denrées Le froment est taxé à 18 livres ; le méteil à 15 ; le seigle à 12 ; l’avoine de 6 à 7 ; l’orge à 10 ; le beurre à 10 sols ; les œufs à 6 sols, les auribus à 4 sols. Ces conditions sont dictées au conseil municipal d’Illiers fort effrayé. Celui-ci répond qu’il n’est pas en son pouvoir de déférer à ce vœu. Il va en référer au District. Les paysans ne tiennent aucun compte des raisons alléguées. Ils forcent les laboureurs venus au marché, de vendre au prix fixé par eux. La troupe des émeutiers contraint des habitants d’Illiers de les suivre. Ils s’emparent du maire et de ses collègues, et les entraînent, la nuit, dans leur marche, vers Chartres, en vue d’exercer la même pression, sur les marchands de cette ville

# 30 novembre – naissance à Aunay-sous-Auneau de François Isambert, avocat et homme politique. Une carrière dans les prétoires où il prit la défense de nombreux hommes politiques et notamment le journaliste Armand Carrel. De même des hommes de couleur. Profondément attaché au libéralisme, on doit le considérer comme l’un des hommes en vue combattant pour l’abolition de l’esclavage. Il meurt à Paris en 1857. –

# Ce même jour, le maire de Chartres Vincent Chevard obtient l’arrêt de la révolte aux portes de Chartres sans doute provoquée par des éléments royalistes étrangers au département qui avaient déjà causé les plus graves désordres dans la région de Courville. L’ouverture vers un libéralisme économique entend calmer les esprits échauffés. La Révolution est de toutes façons en marche d’une façon inexorable, car trop de faits déclenchent son essor. – # 16 décembre – naissance à Janville de Pierre-Alexandre Gratet-Duplessis, linguiste passionné par les langues orientales et le régionalisme. Ses ouvrages sont considérés comme des témoins de référence.

1793 – Décès du duc de Penthièvre, dernier seigneur d’Anet

# Chartres : le palais épiscopal est fermé par les révolutionnaires. Il ne reprendra sa destination première qu’en 1821. –

# Pierre-Louis Bentabole est chargé par le Comité de Salut Public, d’aller épurer l’administration, notamment dans le Thymerais. Il connaît l’Eure et Loirpuisqu’il est propriétaire à la Bazoche-Gouet. Heureusement, sa femme tempère ses ardeurs mais il aura du mal à accepter ce renoncement. –

# L’ancienne salle seigneuriale du château de Châteaudun devient Tribunal Révolutionnaire. –

# Chartres – la  » Chemise de la Vierge  » est morcelée et dispersée. On put en récupérer un morceau de 2m qui fut enfermé dans une nouvelle châsse. La Vierge Noire (Virgo Pariturae) est brisée par les révolutionnaires. Connue également sous le nom de Notre Dame du Pilier, elle a été taillée dans du poirier qui a noirci au fil du temps et de l’oxydation ce qui lui vaut le nom de vierge noire. Elle fut peinte à l’origine, et sa présence dans la chapelle est une copie.- Sergent-Marceau après avoir sauvé la cathédrale de la destruction par les révolutionnaires, celle-ci devient Temple de la Raison et de la Vérité. Les cérémonies religieuses sont alors remplacées par des fêtes philosophiques et mondaines en l’honneur de l’Être suprême. L’une des ces fêtes particulièresa lieu le 29 novembre. Honoré Fleury, commissaire permanent du département d’Eure et Loir est chargé de fixer le prix des denrées et marchandises de première nécessité. Une décision qui fait suite aux mesures drastiques avaient été prises, il y un an, en raison de la disette, menant à une répartition stricte du blé au sein de la population. Les bergers sont soumis à des règles pour faire paître leurs troupeaux. Le transport des denrées et graines est strictement contrôlé. La population (eurélienne) est désormais tenue de veiller à l’entretien des chemins en assurant la coupe des haies afin de faciliter le charroi des grains. Un dicton circula en Beauce  » Bonnes terres et mauvais chemins  » –

# 21 janvier – Exécution de Louis XVI

# 9 février – Naissance à Montigny-le-Gannelon de Mathieu Cochereau, artiste-peintre connu sous le sobriquet de Léon. Fort connu pour ses reproductions d’intérieur, notament l’atelier de son professeur, le célèbre David. Mort à 24 ans d’une dysenterie qui interrompit une carrière prometteuse. Le Musée du Louvre expose plusieurs de ses œuvres.

# 21 février – La Convention décrète la levée en masse en raison de la menace de révolte en Vendée : tous les citoyens entre 18 et 40 ans sont réquisitionnés. L’Eure et Loir n’échappe pas à cette conscription. –

# marsChartres – le conventionnel Chasles, un montagnard acquis au parti de Robespierre est nommé à la tête d’une mission pour sauver la Révolution. Son action va s’avérer salutaire pour contrôler la cherté du grain, lutter contre la spéculation, instituant le recrutement de soldats pour assurer l’autorité, et le passage des grains. –

# Tambour-major au sein du bataillon des volontaires d’Eure et Loir, et originaire de Saint-Luperce, le 7 mars 1793, le citoyen Besnard part marcher volontairement contre les rebelles de Vendée. Le 23 avril , il montre un courage à toute épreuve en défendant, au mépris de sa vie, une pièce d’artillerie dont les Vendéens voulaient s’emparer à la sortie du bourg de Beaupréau. Dans la mêlée qui s’en suivit, il tombe et la pièce d’artillerie lui passe sur le corps. Blessé, il est fait prisonnier par les assaillants. Le 13 octobre 1796, il est placé en congé de réforme absolu par le Département de la guerre. Il se retire dans son village natal.

# 23 avril – Beaupréau (Maine et Loire) – Le 2ème bataillon des volontaires d’Eure et Loir est confronté à l’armée royaliste de Cathelinau. Malgré les canons de l’armée républicaine, les Vendéens submergent celle-ci, se moquant des baïonnettes dressées contre eux. Les Bleus subissent alors une véritable déroute et fuient à l’exception des servants euréliens des canons qui ne veulent rien céder à l’ennemi, et préfèrent se faire tuer sur place. –

# 24 avril – Décret interdisant la coalition d’acheteurs de biens nationaux qui permettait à des paysans peu fortunés d’acquérir un bien pour se le partager par la suite. –

# A partir de directives territoriales, Robespierre impose la fourniture de blés aux marchés régionaux. Le transport des grains et denrées est strictement réglementé. –

# L’hôtelMontescot devient l’Hôtel de Villes de Chartres. –

# Sur idée de l’ingénieur Clavaux, la Convention Nationale adopte l’idée du creusement d’un canal Loire/Eure aboutissant à Thivars. Des débuts de travaux sont entrepris à proximité de Bonneval en reprenant certains ouvrages de Louis XIV.

# Nogent-le-Rotrou devient Nogent-le-Républicain. Son château est érigé en prison. –

# 18 mai – Pénurie dans les denrées alimentaires pour Chartres et alentours. La municipalité adopte la loi du maximum. Cette décision découle de la loi du même mois instituant le maximum décroissant du prix des grains. La loi du maximum spécifie que tout cultivateur doit déclarer la quantité de grains qu’il possède . Les ventes ne peuvent avoir lieu qu’au marché. Les officiers municipaux détiennent le pouvoir de réquisitions chez les détenteurs de grains. Le prix moyen de janvier à mai doit d’abord servir de maximum, et ce maximum abaissé par des réductions successives d’environ 1/4. –

# 30 maiFontaine-la-Guyon – naissance de Joseph-Adrien Rogron, juriste et bibliothécaire. Auteur d’un Code civil expliqué (1824). Il meurt à Taillade (Var) en 1871. –

# juin – Proche de Brissot, ayant été membre avec lui de la Commune provisoire, Alexandre Goussard, avocat, originaire de Dreux, tentera vainement de soustraire son ami en proie aux sbires lancés à ses trousses par Robespierre.

# 6 juillet – Chartres – Livraisons de farine et de blé venant d’Eure et Loir et Beauce pour le département de Seine & Oise. – Ce même jour, Chevard et plusieurs notables de la ville de Chartres déclarés favorables aux Girondins, en particulier de Brissot, sont suspendus. –

# 26 juillet – Une loi sur l’accaparement est votée contre les accapareurs (spéculateurs) accusés d’entasser les produits de consommation, et les conserver pour réaliser des profits importants par suite de la raréfaction des denrées favorisant la hausse des prix. Loi confirmée par décret du 28 juillet de la même année. Celle-ci punit de mort le stockage clandestin de denrées alimentaires, et exige que les commerçants mettent en vente leurs marchandises à des prix fixés par les pouvoirs publics. Les municipalités ont la possibilité de nommer des commissaires aux accaparements pour vérifier les déclarations et confisquer les marchandises dissimulées, dont une partie revient aux éventuels dénonciateurs. Naturellement les paysans beaucerons sont visés en priorité.

#10 aoûtChartres – organisation d’une Fête Nationale, en rappel à la commémoration de celle du 10 août 1792

HYMNE à la Montagne

Air des Marfeillois

Vivre la Montagne facrée

Dont l’aspect fait pâlir les rois :

En vain leur troupeconjurée

Veut renverfer nos faintes loix: (bis)

Sur fon sommet la foudre gronde

Contre les brigands couronnés ;

Partout les fceptres font brifés

Plus de Defpotes, pour le monde.

Jurons la liberté, jurons haine aux tyrans

La mort (bis) pour tout Français qui romprait les fermens. – # 23 août – Pour faire suite au vote de la Convention du 23 février 1793 qui avait décidé la levée de trois cent mille hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 45 ans, Pierre-Louis Jolly-Deshayes, maire de Chartres, décide de conduire une levée en masse d’hommes de 25 à 30 ans, conscription décrétée suite au rapport Barère sur la menace guerrière qui menace. Beaucoup de volontaires se présenteront décidés à venir combattre pour sauver les frontières menacées. –

# 13 Septembre – L’ ancien couvent des Carmélites à Chartres devient maison de réclusion. – Ce même mois les biens chartrains de Piéton sont confisqués. –

# 2 septembre – Chevard est rétabli dans ses fonctions de notaire par la Convention –

# 8 septembre – Didier Thirion, 30 ans, député, arrive à Chartres. Après avoir repris en mains la Mayenne et la Sarthe, il est chargé d’épurer certains esprits malfaisants faisant du tort aux idées de la République. Pour la petite histoire, cet  »épurateur  » ordonna de brûler le coeur d’Henri IV déposé dans l’église de La Flèche, et celui de Marie de Médicis pour démontrer l’importance de son pouvoir. Il sera par la suite l’un des grands adversaires de Robespierre. –

# 19 septembre – Le Conseil Général de la Commune de Chartres adresse ses remerciements à Marceau en ces termes  » Le Conseil Général considérant que c’est à ce jeune Républicain, né dans ses murs, et commandant les armées de l’Ouest et de Brest que le département d’Eure et Loir doit son salut, que sa valleur (sic) et son courage n’ont pas contribué à préserver son territoire de l’invasion des brigands fanatisés qui seraient venus piller les substances qu’il renferme, et ravager ses campagnes. Arrête unanimement que mention honorable du courage et du zèle républicain Marceau sera faitte (sic) à son procès-verbal. –

# 24 septembre – Louise-Angélique Ricard, belle-mère de Pétion de Villeneuve, domiciliée à Chartres, est traduite devant le tribunal révolutionnaire de Paris, condamnée à mort et guillotinée ce même jour. Accusée d’avoir applaudi à l’évasion de l’ex-ministre de la guerre Pierre Lebrun-Tondu, proche des Girondins, et clamant son appui aux Brissotins et Girondins les estimant de bons républicains. Que peut-être, pour le bonheur du Peuple, il faudrait un roi.

# 29 septembre – La viande est taxée au titre d’objet de première nécessitéde même d’autres aliments –

# 31 octobre – Exécution à Paris de Jacques Brissot-de-Warville et de ses compagnons brissotins et girondins.

# Novembre – Un décret ordonne de brûler les titres de propriété sur l’autel de la patrie dont un grand nombre d’origine féodale. Les sans-culottes, personnages emblématiques de la Révolution française, issus la plupart du temps des classes modestes, en profitent pour incendier également des titres de créances dont ils étaient redevables, de même des papiers suspects pouvant les concerner, eux et leurs complices. Ainsi ces hommes et femmes, habillés simplement en opposition aux aristocrates ( mêlant à la fois nobles et ceux opposés à la révolution) exercèrent leurs coupables actions en Eure et Loir notamment à la Ferté-les-Bois (La Ferté-Vidame), débouchant sur une regrettable affaire qui va faire de nombreuses victimes. René-Léopold de Slabeurach, surnommé l’Ainé, pour le distinguer de son frère , et le Grand Léopold en raison de sa grande taille, voulurent s’opposer à la destruction de ces papiers de famille, ce qui fut rapporté en haut lieu. Aussitôt le comité révolutionnaire parisien délégua des épurateurs qui vinrent agir au nom de la République, avec à leur tête un certain Gerbet qui, le 21 mars 1794, était chargé d’un mandat d’arrêt contre les  » fauteurs de troubles  ». Dix personnes furent arrêtées. Notamment les deux frères Slabeurach, l’ainé étant accusé d’être l’agent de Capet (Louis XVI) et de son comité autrichien, et de s’être sauvé chez la Veuve Petit en juin 1793 domiciliée à Châteauneuf(Puits-la-Montagne). Tous les prétextes furent bons pour les traduire devant le tribunal révolutionnaire de Paris. Il y eut également Beaufils, Garnier, un certain Gouaux-Devaux (non identifié) tous de la Ferté-les-Bois, et une autre charrette constituée à Puits-la-Montagne, avec un frère Slabeurach, Le Pelletier de la Bidouderie, Phortier d’Epinay, Vallée et un certain Herbault (non identifiés). En juin 1794, ils furent incarcérés puis transférés à Paris et condamnés à mort comme conspirateurs le 21 prairial an 2 (9 juin 1794), avec autant d’accusations non prouvées mais dont le comité de salut ublic n’avait que faire. Il faut noter que ce dernier avait, depuis belle lurette, limité le rôle des défenseurs qui s’évertuaient à vouloir sauvegarder les accusés, n’étant nullement écoutés, et lus si d’aventure, des documents étaient produits. Deux autres accusés les rejoindront dans la mort, Hébert le 14 juin, et un certain Fourmestreau (non identifié réellement) le 17 juillet. Cette affaire sera connue sous le nom de  » jugement inique de Léopold l’Ainé  ». Les biens des guillotinés furent confisqués au profit de la Nation, et rendus aux familles après la Terreur. Le mal était fait. –

# La commune de Chartres fait débaptiser certaines rues et places de la ville, les calvaires et les croix sont remplacés par des arbres de la liberté. De même les principales portes de la ville le sont à leur tour : la Porte Drouaise devient porte l’Egalité (démolie en 1816), celle des Epars Porte de la Liberté(détruite entre 1806 et 1808), Porte Saint-Michel change de nom pour Porte de la Réunion(démolie en 1832), la Porte Châtelet devient Porte de la République(détruite en 1834), la Porte Saint-Jean ou Poterne Saint Jean celui de la Porte de la Révolution (démolie en 1837), et la Porte Morard désormais s’appelle Porte de la Fraternité. (détruite en 1847) –

# 15 novembre – naissance à Epernon du mathématicien Michel Chasles. Ses Mémoires ont fait autorité notamment sur les questions géométriques. . Il doit également sa célébrité d’avoir été victime d’un escroc, un Dunois en l’occurence, qui lui soutira de l’argent en échange de lettres inventées de toutes pièces de Pascal, Newton, César, ce qui le ridiculisa. Il meurt à Paris en 1880. –

# Ce même jour – La Cathédrale est convertie en Temple de la Raison et de la Vérité (proposition du procureur Guillard, qui sera inauguré le 29 novembre suivant (9 frimaire an 2) .Une nouvelle religion censée remplacer le christianisme: le culte de l’Être suprême. Ce Temple se trouve érigé devant la cathédrale, sur une montagne de 27 pieds(plus de huit mètres), une salve d’artillerie est tirée en son honneur. Une statue et posée représentant la Raison appuyée contre un chêne. La plus haute branche est surmontée d’un coq tenant en son bec un ruban tricolore symbolisant la Raison victorieuse du Fanatisme. Située au centre d’une enceinte sacrée précédées de statues, elle comporte à sa gauche la représentation de de l’Humanité et la Force, et à droite, celle de la Liberté et de l’Egalité. La « religion » centrée sur le culte de la Raison est censée rassembler tous les peuples sous la devise de la liberté et de l’égalité afin de revenir aux principes fondamentaux de la république romaine, ce qui signifiait explicitement la fin de toutes les monarchies. Le principal instigateur du culte de la Raison fut Robespierre. La statue de Bridan fut recouverte d’un bonnet phrygien, et vénérée comme une déesse de la Raison.

Ode

Par les prêtres, les rois, les nobles

Le français étoit opprimé,

Sous ces tyrans les plus ignobles

Le génie étoit réprimé ;

De la liberté l’influence

A son essor, son affluence

Ouvre les sciences, les arts

Mars Apollon, Minerve, Astrée

sont nos plus généreux Césars

# 23 novembre – Gabriel-Nicolas Beauguyon, originaire de Châteaudun est guillotiné. Adjudant-général (officier supérieur de l’administration des armées). Ses convictions l’amenèrent à adhérer aux idées jacobines de Robespierre, s’opposant à celles des partisans de Brissot et des Girondins. Hélas pour lui, pris dans la tourmente révolutionnaire qui exacerbe les convoitises, il sera victime de ses pairs qui pour des raisons ambitieuses, se sont épurés eux-mêmes.

# 29 novembreInauguration officielle du nouveau temple au cours d’une cérémonie civique.  » Les marbres de choeur furent recouverts d’écriteaux contenant des maximes républicaines ; au milieu du sanctuaire, s’élevait une maison de 27 pieds de hauteur au sommet de laquelle se trouvait la statue de la Raison, appuyée contre le chêne sur la plus haute branche duquel perchait un coq tenant dans son bec un ruban multicolore. Après le discours d’apparat prononcé par un administrateur de la commune, on joua un drame mêlé de musique, intitulé la Raison victorieuse du Fanatisme ; les personnages étaient la Surveillance, en robe blanche parsemée d’yeux, le Fanatisme, recouvert d’habits sacerdotaux, Voltaire et Rousseau, acolytes de la Surveillance. Le dialogue engagé par les acteurs ne tarda pas à devenir animé : la Philosophie réduisit bientôt à néant les arguments du Fanatisme qui, se voyant vaincu, se précipita, l’injure à la bouche, sur la Surveillance. Mais le cri aux armes se fit entendre, la République, sous la forme d’une femme vêtue d’une robe tricolore, sortit d’une caverne, et terrassa le Fanatisme, le perça d’un dard, brisa les autels, foula les croix aux pieds. Puis un mécanisme en forme de nuage remonta la République au haut de la Montagne, près de la statue de la Raison. Un discours du conventionnel Thirion, termina la séance.  » (Histoire de Chartres – Lépinois) –

# 15 décembre – Rapport de Sergent-Marceau qui a  »sauvé  » la cathédrale Il justifie son intervention salutaire alors que les communards voulaient la détruire, et vendre les pierres une à une. Le député conventionnel leur demanda comment ils allaient évacuer cet important tas de pierres, leur faisant imaginer opportunément le coût immense ce qu’il consigna dans son son rapport. Le chef d’œuvre de pierres était sauvé.

# Soupçonné d’être un agitateur contre-révolutionnaire, Louis Gilles Fayel, juge de paix à Dreux sa ville de naissance, est guillotiné à Paris ce même jour. Il avait 35 ans.

# 20 décembre – L’une des deux statues de la Vierge, celle en bois, et considérée comme la plus ancienne, datant des premières années de la cathédrale, est brûlée par les émeutiers. Profanation de la crypte. –

# Courant décembre – La société populaire des Sans-Culottes proteste contre l’envoi à Paris de pâtés de Chartres. Le  » siège social  » de cette organisation révolutionnaire se situait en l’église Saint-Hilaire dont le concierge était Pierre-Augustin Connard, vendeur de journaux, et tenant cabinet de lecture.

1794Janvier-Février & Mars – Un hiver fort pluvieux a débuté en fin décembre pour se prolonger dans les premiers jours de 1794, entraînant son lot de désolation. A Douy, les eaux de la rivière ont souvent haussé et baissé successivement ; mais le 4 de mars ayant haussé elles se sont tenues hautes jusqu’au 5, et dans la nuit du 5 au 6, s’étant levé une tempête considérable, le 6, la rivière s’est tellement enflée que dans la nuit du 6 au 7, l’eau passait par dessus le pont de la mare, touchoit au pont de Saint Sauveur, passoit en abondance dans les deux maisons qui sont de ce coté cy au bout du petit pont, et dans la grange qui est entre ces deux maisons. L’eau a commencé a baisser presqu’aussitôt, sans cependant que ceux des rues ayant pu passer un peu facilement à sec que le 9 au soir. On croit que la rivière n’avoit pas été si grande depuis 30 ans. – De nombreuses arrestations ont lieu partout en Eure et Loir, et En ce climat de Terreur qui sévit sur la France, sur l’Eure et Loir en particulier, les suspects deviennent rapidement des coupables ou non. La méthode la plus expéditive conduit plus de soixante-dix Euréliens à être exécutés, à savoir passés par les armes ou guillotinés. Trois ans plus tard, l’épuration continuera dans ce climat délétère. Emprisonnements, quelques exécutions, des déportations également pèsent sur nos institutions dans ce climat de suspicion où chacun cherche dans le regard ou l’activité de l’autre des éléments de nature à sévir.. La répression ne cessera en rien depuis la chute de Robespierre.

Du 11 mars 1794 au 10 février 1795 – La Convention Nationale décida la suppression des anciens noms communaux si bien que la ville de Châteaudun devient Dun-sur-le-Loir. Cette modification transitoire sauva la vie de 22 personnes emprisonnées dans la cité dunoise, en attente d’être transférées à Paris pour y être jugées et sans doute guillotinées. En effet, l’ordre de transfert parvint, par erreur, à la municipalité de Dun-sur-Auron (Cher), et le temps que le document revienne à ses destinataires, le 9-thermidor arriva et avec lui la chute de Robespierre. Les 12 échappèrent au couperet fatal. –

# Chartres – Célébration de la Montagne, érigée à l’extrémité de la Butte des Epars, et pour cette érection, on se servit de douze statues issues de la démolition du jubé, puis elles furent détruites ou en enterrées dans des fondations ultérieures.

# 12 avril – La loi s’appliquant à la peine capitale, selon le Code pénal mis en oeuvre en septembre 1791, précise à l’article 1er  » A l’avenir, aucune femme prévenue de crime, emportant la peine de mort, ne pourra être mise en jugement, qu’il n’ait été vérifié, de la manière ordinaire, qu’elle n’est pas enceinte  ». Une disposition qui s’appliquera six ans plus tard pour les condamnées à mort de la bande d’Orgères.-

# 24 mai – naissance à Dreux de Georges yeaye-Claye qui occupa de hautes fonctions au au sein du Ministère de la Justice, puis ministre chargé d’une possible réforme hypothécaire. Il meurt à pris en 1847.-

# Mai – Marc Cochin, originaire d’Unverre dont il est originaire, et présentement curé de Mottereau, prend une grande responsabilité pour aider le fermier général et sa famille, à soustraire à la horde révolutionnaire. Le curé se voit confier une valise pleine de bijoux, de l’argenterie, de l’argent que le religieux s’empresse d’enterrer. Le fermier général sera guillotiné . Marc Cochin rendra à la veuve la totalité de la valise. L’histoire se tait à propos de la récompense qu’il méritait ne serait-ce au niveau de son honnêteté.

# 8 juinChartres – Fête de l’Être Suprême. –

# 9 juin – Avocat et secrétaire du district de Châteauneuf-en-Thymerais, Maître Auguste de Stabenrath, 30 ans, est arrêté avec deux amis, accusé de conspiration et d’avoir arraché dans sa commune un arbre de la Liberté. Transférés à Paris, ils sont  » jugés  » et guillotinés-

# 27 juin – Chartres – Arrestation et emprisonnement aux Carmélites de dix-neuf fédéralistes chartrains qui furent sauvés de la guillotine suite à la chute de Robespierre. Des soupçons pesèrent sur le conventionnel Pierre-Jacques Michel Chasles dont on a dit qu’il en faut le principal responsable, et les fédéralistes conçurent une haine tenace à son endroit. –

# 9 juillet – Gaspard-Louis de Chambon d’Arbouville, maître de camp (général de brigade) de cavalerie, est guillotiné place de la Nation à Paris avec Félicité Fréteau de Pény, 21 ans. Il était né au Château de la Chataigneraye (Rouvray-Saint-Denis) en 1726

# 27 juillet (9 Thermidor An II) – L’anarchie commerciale reprend ses droits, la spéculation aussi qui se prolongera durant l’année 1795. Les autorités chartraines n’ont même de pouvoir de contrôle, ne peuvent assurer la ration à minima du pain, si bien qu’on libère le prix du pain, et les cours remontent au grand dam des consommateurs. L’assignat a perdu une très grande partie de sa valeur, si bien qu’on cherche des valeurs sûres. L’idée vient à l’administration de procéder l’échange de fer contre du blé ( !). –

# Ce même jour voit la chute de Robespierre, une nouvelle qui se répand très rapidement en Eure et Loir. –

# Arrou – Bois-Ruffin est saisi et vendu comme bien d’émigrés à Louis Pierre Mercier, le lot comprenait l’habitation seigneuriale, les fermes et la chapelle-Saint-Benoit. L’affiche donne cette description : « La cour dans laquelle se trouve le puits n’étant pas susceptible de partage, sera commune, ainsi sur les fossés qui l’environnent au premier et second lots. La tour construite dans cette cour est ronde, d’une construction ancienne et forte, et, par sa grande élévation, elle commande au loin la campagne. La cour où elle est construite est terminée par de très fortes murailles, en partie ruinées, mais dont les fondations sont intactes. Elle est, en outre, défendue par un double fossé large, profond, rempli d’eau, et on ne peut y pénétrer qu’à la faveur d’un pont, par une seule porte très forte et voutée. Le fossé qui enveloppe entièrement cette cour se divise pour former une seconde enceinte dans laquelle sont construits les bâtiments servant à l’exploitation des terres attachées à cette métairie, et on n’y peut entrer aussi que par un pont et une porte d’une construction à peu près semblable à la précédente« .

# 18 août – Rétablissement de la libre circulation des denrées alimentaires –

# 22 août – Jean-Louis Brière, 36 ans, vicaire de Coltainville, ayant refusé la déportation imposée aux prêtres réfractaires, est jugé et guillotiné. L’exécution se déroula place des Épars, en réalité place de la Liberté, à Chartres. Ce fut la seule exécution et ordonnée pour des motifs politiques.

1795 – On pense sérieusement à abattre les remparts à Chartres pour faciliter une extension de la cité beauceronne. –

# L’église de Thiron-Gardais est rendue au culte. –

# Profanation par les révolutionnaires du tombeau d’Etienne d’Aligre se trouvant à Belhommert – 25 mars – Fermeture du collège Poquet à Chartres

# 7 mai – Les époux Horeau, riches bourgeois de Lèves, sont retrouvés assassinés. L’affaire est d’abord classée, le crime étant attribué à quelque déserteur. Le dossier va ressurgir en 1798. L’aisance anormale d’un modeste couple formé de Théodore Pelletier et Marie-Thérèse Lange attirera la suspicion à la fois de l’entourage et de la police convaincus de leur culpabilité criminelle. Ils seront arrêtés, jugés et condamnés à mort comme faisant partie de la bande d’Orgères –

# 20 mai – Ouverture de l’École Centrale d’Eure et Loir fonctionnant aux frais de la République, et fermée le 23 septembre 1799. Elle fut installée à la maison de Saint-Jean puis au petit séminaire. –

# 10 juin – le commissaire de Sûreté Générale, un certain Moilins, arrive à Anet pour faire procéder à l’ouverture du tombeau de Diane de Poitiers dont le cercueil fut forcé.-

# 22 août – La cathédrale est rendue au culte –

# 29 août – naissance à Courtalain de François Riçois, peintre d’inspiration romantique, auteur de nombreux paysages d’Eure et Loir. Il meurt à Paris en 1881 –

# 3 au 13 septembre – divers soulèvements se produisent notamment dans le Thymerais, à Dreux également De nombreux rassemblements qui arborent le drapeau à fleur de lys inquiètent les autorités, en particulier Barras au sein de la Convention. Les armées de la Républiquesont envoyés sur les lieux de la révolte. Les insurgés sont écrasés à Nonancourt mais ceux qui ont pu s’échapper de ce massacre, se reconstituent et continuent cette révolte. Un détachement de l’armée avec un certain Bourdon, réoccupent les points stratégiques de l’insurrection. La répression est douloureuse De nombreux morts dans les rangs des insurgés vont calmer les esprits. –

# 7 septembre – émeutes de la faim à Chartres. –

# 17 septembre – La venue à Chartres d’un représentant de la République, un certain Texier, chargé de procéder à l’achat de grains pour la capitale déclenche un siège de l’hôtel de ville par des femmes en furie qui réclament  » le pain à trois sous la livre et à gogo  ». Contraint de signer un arrêté qui baisse le prix du pain d’autorité, il choisit de se suicider d’un coup de revolver sur le balcon d’un immeuble aujourd’hui hôtel du Grand Monarque. Il n’a pu surmonter ce qu’il considérait comme un déshonneur de prendre une mesure qu’il réprouvait On pense que cette émeute aurait pu être d’origine royaliste, dans une période d’agitation dénommée Terreur blanche qui profitait des difficultés d’approvisionnement. –

# NovembreChartres, ville de plus de 10000 habitants se voit octroyer d’un commissaire de police municipale qui, avec l’aide de la gendarmerie, gère tout ce qui concerne le pouvoir de police (plaintes, infractions), la procédure, s’il y a lieu, étant transmise au juge de paix du canton. –

# 8 décembre – Moulin de Quincampoix (Saint-Avit-les-Guespières) tenu par la famille Auger et son personnel, à l’exception de l’épouse absente. Des bandits qui seront associés plus tard à la bande d’Orgères investissent en nombre les bâtiments, rudoyant le sieur Auger et un ouvrier du moulin, alors que la fille du maître de maison, tentant de se soustraire à ses agresseurs, est blessée sérieusement de deux coups de pistolet. Deux autres ouvriers tentent de s’interposer courageusement, mais ils seront à leur tour gravement atteints. La bande fait main basse sur des liquidités, bijoux, vaisselle, et tout ce qui leur tombe sous la main pouvant être négociable. –

# Courant décembre – Un membre de la nouvelle municipalité, en la personne de Pâris-Mainvilliers, propose la démolition des remparts. –

# La mendicité s’accroit –

# Des brigands en grand nombre accentuent leurs exactions criminelles un peu partout en Beauce, et font peser la terreur. On ne prononce pas encore bande d’Orgères. Loin s’en faut. Tout bonnement des bandes malfaisantes qu’il est difficile d’appréhender dans l’immense plaine beauceronne.

25 février 1796 – nouvelle attaque sur la ferme d’Honville (Boisville-la-Saint-Père) détenue par le citoyen Mannoury qui passe pour être fort aisé. Pendant son absence, les voleurs font main sur un butin considérable.-

# 10 au 11 mars – Villiers (Fresnay-l’Evêque) où demeure la Vve Dordon, 74 ans. Celle-ci seule, et serait  » bonne à faire  ». Ils décident de la volersans pour autant exclure de l’occire. Mais tout ne ne se passe pas comme prévu pour ces criminels de vil besogne , car leurs sentinelles les avertissent de l’arrivée de secours. Ils déguerpissent sans demander leur reste, et sans butin, tout en laissant des indices qui serviront plus tard à les confondre.

# Nuit du 14 au 15 mars – demeure du citoyen Benoit et de sa femme, de simples journaliers à Villiers (Fresnay-le-Sec). Le couple est surpris, le mari tente de résister, il est frappé à plusieurs reprises, pieds et mains liés. La femme tente de s’enfuir, elle est rattrapée, renversée, et immobilisée, et sous la douleur, elle doit révéler la cachette deleur numéraire. Pour ces paysans cacher son argent relève de l’utopie. Pas de banque, simplement l’imagination pour mettre à l’abri, le modeste pécule.-

# 24 mars – naissance à Chartres de Pierre-Alexandre Lecomte dont la vie de prêtre fut tournée essentiellement vers l’assistanat des pauvres. Il fut également archidiacre de la cathédrale.

# Courant mars – attaque de la ferme des Grillons (Toury) attribuée, semble-t-il, aux membres de la bande d’Orgères. Le fermier est tué, mais cette affaire ne figurera pas au dossier d’accusation. –

# Avril – conseil de guerre au bois de La Muette (Loiret) où les principaux chefs de la ‘’ bande d’Orgères ‘’ décident de pratiquer le chauffage des pieds ( suage ou riffaudage suivi de la manière forte qui consiste à tuer, et dénommé dans leur langage de la plaine : faire suer le chêne coupé ). La suggestion vient d’un vieux de la vieille en la personne du Père Elouis, plus de 80 ans, qui a déjà pratiqué avec d’autres criminels ce genre de supplice connu sous le nom de  » machinette du père Elouis  ». Ce n’est pas forcément celui qui a les pieds dans le feu qui avoue, mais plutôt l’entourage sous le coup de la terreur, terrifié par les cris de la victime qui souffre le martyr.. Ces bandits le savent et en usent. –

# 9 avril – Ferme Saint-Léonard (Germignonville) tenue par le citoyen Boutet avec sa femme et sa fille. Devant le refus d’indiquer la cache du magot, les assaillants s’emparent de la femme. Malgré ses cris, les malfaiteurs la portent les pieds en avant sur le feu de la cheminée qui a été attisé. Souffrant déjà le martyr, elle préfère le salut, et révèle la cachette de l’argent du couple. . Mais voilà, cela ne leur suffit pas, car ils savent, par oui-dire, que le cultivateur Boutet détient une grosse somme, fruit d’une vente. Ils s’emparent de ce dernier, le portent dans la cheminée, mais voilà l’homme résiste à la douleur, et refuse de coopérer. Ils s’en prennent à la fille, mais étonnamment apitoyés par les cris de la jeune fille, ils l’abandonnent, et pillent finalement la ferme sans trouver le reste du magot.-

# 20 avril – Maisons – ferme Colas. Les assaillants ‘’ d’Orgères ‘’ s’en prennent au fermier en lui tordant ses parties intimes, l’ayant surpris au lit. Ils l’abandonnent, s’en prennent au fils qu’ils assomment, puis la femme Colas est immobilisée alors la fille, comble d’horreur, est traînée dans la cheminée. Mais stoïque, elle résiste à la douleur, ne dit rien, déconcerte ses tortionnaires, mais rien n’y fait. Longtemps, les victimes garderont des séquelles de l’attaque dont ils ont été l’objet.

# Après le 8 mai – Décès à l’âge de 69 ans à Oinville de Jacques de Sabrevois d’Oyenville, général de brigade sous la Révolution. – # 10 mai Mondoville-Saint-Jean (Auneau) où exerce le cabaretier Marchand avec sa femme. Il tente , avec son sabre, de faire face à ses agresseurs, et blesse l’un d’entre eux. Aussitôt, il provoque la réaction sanguinaire des six autres qui le laissent pour mort, dégoulinant de sang de blessures multiples. La femme est à demi étranglée. Les assaillants s’en tiennent là et volent tout ce qui se trouve sous leurs mains. –

# 16 mai – Le Directoire décide de créer des colonnes mobiles issus d’unités de la garde nationale pour tenter de juguler une criminalité inquiétante –

# 24 juin – La bande ‘’ d’Orgères ‘’ a ses indicateurs et notamment le Petit Gars d’Etrechy,14 ans, qui est accusé de rendre son devoir d’information incomplet, ayant minimisé le nombre de personnel. Il le traîne dans le bois de Liffermeau (Loiret) et le tue à coups de gourdin. Ses ossements retrouvés seront présentés lors du procès de la bande d’Orgères comme pièces à conviction.-

# Le pouvoir de police subit de nouvelles modifications.

# 5 au 6 juillet – La Vve Belnoue, une cabaretière, vit à Mervilliers (Allaines). La bande ‘’ d’Orgères ‘’ l’étrangle séance tenante, et vole tout ce qui se trouve dans la demeure. Ils en viennent même à ripailler à côté du corps de leur victime agonisante !-

# 21 au 22 juilletGault-Saint-Denis (à l’époque Saint-Denis-de-Cernelles), la bande ‘’ d’Orgères ‘’ s’en prend aux époux Cordier qui tiennent un cabaret. Préférant sauver leur vie, le couple préfère indiquer la cachette du magot. Ce qui fut dit, fut fait. –

# 21 septembre – Mort du général Marceau tué par un snipper à Altenkirchen –

# En fin d’année, la municipalité de Brou formule une demande de poudre pour chasser les loups trop présents dans les environs

# 6 décembre – Auguste Gendrin voit le jour à Châteaudun. Médecin, il se distingua par ses nombreuses recherches et mémoires sur les fièvres infectieuses. Il s’éteint à Paris en 1890.

1797 – Naissance à Chartres de François-Saturnin Renault, huissier de justice. Cet homme de loi disposait de plusieurs cordes à son arc, notamment d’être poète et surtout compositeur de chansons. Il est auteur, entre autres, de cet air intitulé La Chartraine chanté le 26 septembre 1830 au banquet de la Fédération, et qui devient l’hymne de la Garde Nationale dont voici la première strophe :

Nobles drapeaux, flottez, vengeurs de la Patrie

Un roi parjure ose rêver tyranie

Sous vos couleurs, Paris s’élance et crie encor

Bravons l’orage

Point d’esclavage

Plutôt la mort

Courons au feu : plutôt la mort que l’esclavage.

Son hymne connut tout de suite le succès puisqu’il parut dans un recueil parisien intitulé  » L’Arc-enCiel de la liberté ou couronne civique offerte à ses défenseurs  », une véritable référence en la matière dans la mesure où d’autres airs populaires y figuraient au rang desquels, la Marseillaise – Le Chant du départ – La Parisienne, le Coq gaulois.-

# Cette même année, bien que la toiture de la cathédrale soit déjà dépourvue d’une grande partie de son plomb, la Convention décide d’utiliser ce qu’il reste de ce métal pour fabriquer des balles. –

# Ouverture de la Bibliothèque du département à Chartres appelée à contenir de précieux documents, plus de 40 000 volumes sans compter les manuscrits. –

# Début de la destruction du château de Madame de Pompadour à Crécy-Couvé (quelques vestiges échapperont aux pioches des démolisseurs), puis celui de Dreux, et de la Ferté-Vidame (dont il ne reste que les murs de nos jours). –

# 4 au 5 janvier – Allaines – demeure de Pierre Léger dit Le Jeune, bedeau de la paroisse. Il est surpris avec sa femme au lit par moult assaillants de la bande ‘’ d’Orgères ‘’Tentant de s’opposer vainement à l’assaillant, lecouple sera tué sans autre forme de procès. S’en suivra comme à l’habitude le pillage de la maison. –

# 25 avril – hameau de Gérainville (Bonneval) – une dizaine de criminels de la bande ‘’d’Orgères s’en prennent à ce couple. La femme est immobilisée dans son lit et étranglée. Le mari qui s’est caché, est retrouvé dans le fournil, et d’un coup de sabre à la gorge, est tué dans une véritable folie meurtrière. Maison mise à sac. –

# 12 au 13 juin – pillage en règle de boutique de tissus tenue par Jeanne Féré et sa fille à Pezy (Voves). Elles sont miraculeusement épargnées. Un miracle qu’explique l’instruction prouvant que cette attaque avait été fomentée par les bandits passant pour être les plus sanguinaires de la bande ‘’ d’Orgères’’. Auraient-ils été pris de compassion soudaine ? –

# 22 au 23 juin Houville (devenu Houville-la-Branche – Auneau) – boutique du tailleur Levoy qui est dévalisé par la bande d’Orgères. –

# 28 juin – Nouvelle attaque à Viabon. Alors que des complices grimpent sur les murs du presbytère qu’ils veulent voler, ils aperçoivent plusieurs femmes. Ils préfèrent rebrousser chemin que de s’opposer à la vindicte féminine qu’ils redoutent.

8 au 9 juillet – Le Beau-François, évadé d’Etampes où il a été incarcéré, reprend sa place détenue alors par son ami le Gros-Normand. Le Beau-François a eu beaucoup de chance de ne point être reconnu. Titulaire de plusieurs identités, sans pièce officielle, il trompe les autorités même emprisonné.La pièce d’identité n’existe pas encore. Seul le passeport, du moins pour les artisans censés défendre le prestige de la France à l’étranger.-

# 15 au 16 juillet – attaque de la ferme de La Poutée (Boisvillette) qui déplore deux morts car tout témoin représente un danger pour les crminels. Selon leur expression, ne laisser ni parrain ni marraine. A cet égard, ils se montrent d’une sauvagerie sans nom. # 2 au 3 décembre – Thérèse Ballot, fripière, sise à Orlu, passe pour être une famille chenue (riche) qui tient boutique (cassine). Elle va résister à ses agresseurs d’Orgères d’une façon courageuse. Malgré la crainte de voir sa dernière heure venue, elle sera néanmoins épargnée, et dévalisée. – 9 décembre – Le citoyen Létand exerce comme cultivateur à Frainville (Prunay-le-Gillon). Il est absent avec sa famille pour une veillée lorsque la bande d’Orgères décide de le dévaliser en son absence. Le retour inopiné du propriétaire va contraindre les assaillants à prendre la poudre d’escampette, semant une grande partie de leur butin dans leur fuite.-

# 19 au 20 décembre – Hameau du Bois (Nottonville) – le couple Bourgeois tient commerce de mercerie. Les assaillants sont d’autant plus nombreux que ces commerçants passent pour être aisés. Le mari est tout de suite mis hors état de résister avec deux plaies béantes à la tête. Considéré comme mort mais en réalité évanoui. Ce n’est pas sans compter sur son épouse qui va opposer une résistance des plus vives, profitant de l’obscurité de la pièce à peine éclairée par le feu vacillant de la cheminée. Les assaillants ont beau la frapper, elle résiste, et un moment se saisit de l’intimé d’un de ses agresseurs qui hurle sous la douleur. Un coup violent la fait lâcher, mais son mari revenu à lui, se précipite à une fenêtre et crie de toutes ses forces. Il reçoit un coup terrible qui le met à bas. Heureusement, les voisins ont entendu et se précipitent armés qu’ils le peuvent. Le chef de bande crie  » il vient du ragout (secours  »), et c’est la débandade. Le citoyen Marchand restera longtemps souffrant et sourd à jamais. Quant à sa femme, le médecin relèvera 17 meurtrissures, et elle s’en sortira mieux et plus vite que son mari. De leur demeure, tout a été sauvé de la cupidité criminelle de leurs agresseurs.

4 janvier 1798 – la ferme du Milhouard est mise à sac. Nicolas Fousset, notable, a les pieds brûlés sans qu’il indique où se trouvent ses liquidités. Son personnel a été enfermé dans une cave. Les coups de sabre et autres objets contondants pleuvent sur le Père Fousset qui, malgré la douleur, et ses blessures sanguinolentes, reste muet comme carpe. La bande repart bredouille. Cette attaque avortée, endeuillée par le décès d’un notable va enclencher la chasse et l’arrestation des bandits, ce qu’ils ignorent, persuadés qu’ils sont intouchables en raison de leur nombre et leur organisation

# 5 janvier – le juge de paix Fougeron est nommé par les instances judiciaires d’Orléans Nicolas Fousset, personnage incontournable de la région, très affaibli par les blessures, et les pieds ensanglantés, meurt le 12 janvier dans d’atroces souffrances. Malgré son état, le mourant va pouvoir parler devant le juge et son assesseur. Les informations vont s’avérer capitales. Déposition faite, le juge repart pour Villeprevost, sa demeure, qui va s’avérer son lieu d’interrogatoire. Le début d’une vaste enquête, d’un défilé de suspects qui va découler sur un lien indiscutable entre différents membres de la bande dont les noms vont revenir aux oreilles des enquêteurs. –

# Nomination du maréchal-des-logis des gendarmes Pierre Vasseur, qui s’est déjà signalé pour être à l’origine de l’arrestation d’une bande en forêt de Senonches. Le père de la gendarmerie modern est chargé de procéder à la recherche des coupables sur le terrain, accompagné de gendarmes et de hussards. Son enquête va durer 127 jours. –

# Toutes les affaires criminelles concernant en priorité l’Eure et Loir, et des départements limitrophes, sont réunies en une seule qui devient l’affaire de la bande d’Orgères, celle-ci étant instruite par Armand-François Fougeron, juge d’Orgères, sur décision de la juridiction orléanaise. Peu d’Euréliens au sein de ces criminels. Une armée hétéroclite de bandits de tous bords profitant de l’instabilité découlant de la Révolution française –

# Naissance à Mainvilliers de Philarète Chasles, littérateur et écrivain professeur au Collège de France. Considéré comme l’un des tous premiers spécialistes de littérature comparée. Proche d’Honoré de Balzac dont il devint un collaborateur apprécié. Il meurt à Venise en 1868.

# 20 janvier – Arrestation du Borgne-de-Jouy(nom civil Germain Bouscant) au lieu-dit la Fauconnière (Allaines) alors qu’il est en couple en l’abri dans une grange avec une femme et leur fils en bas âge. Dès lors très coopératif, avec cette idée de sauver sa tête, il ne le fera pas bon de le rencontrer entouré de ses gendarmes, et dûment menotté. Les prisons chartraines au nombre de quatre vont se remplir avec l’aide du Borgne-de-Jouy qui déclare toute personne rencontrée comme coupable.. Ils seront nombreux à mourir innocents ou peu coupables sans avoir revu le jour, ne pouvant prouver qu’ils sont peu ou pas concernés à défaut de reconnaître à moindre frais être complices de circonstance sans avoir tué (recel, indication de coups, hospitalité.). Une arrestation qui va précipiter la mise en prison de la presque totalité de la bande. Pas moins de 150 complices ou non au sein d’une bande estimée à plus de 400 peronnages douteux. On estime qu’environ soixante individus pour certains innocents mourront dans les prisons de Chartres sans avoir revu le jour –

# 26 janvier – Un procès-verbal de la société de médecine de Chartres dénonce les conditions de prisons chartraines  » L’humanité frémit à l’aspect d’un tel tableau  ».-

# 16 février – arrestation à Gueudreville (Outarville) d’un redoutable complice de la bande d’Orgères en la personne de François Cipayre, dit Sans Pouce, un des tortionnaires du père Fousset. –

# 28 février – nouvelle grosse prise avec le Rouge d’Auneau (Michel Pecat, 20 ans), l’un des principaux meneurs, avec plusieurs crimes à son actif. Il avait été arrêté quelques jours auparavant par les gendarmes d’Artenay, et relâché.-

# 2 mars – Au tour de Jacques Richard dit le Borgne du Mans, autre suspect d’envergure, très présent sur de nombreuses attaques sanguinaires.-

# 3 mars – Arrestation du reste de la bande y compris le chef le Beau-François au bois de Méréville (Essonne) avec effet de surprise imaginé par Pierre Vasseur –

# 27 mars – Vente à l’encan (au plus offrant) du domaine (bien national) de la Ferté-aux-Bois (son nom révolutionnaire) devenue La Ferté-Vidame.

# 7 avril – Exécution(guillotiné) à Chartres de François Renou dit Marabou qui, épisodiquement intégra la bande d’Orgères. –

# 10 mai – Le jury de Chartres agissant au sein du Tribunal Criminel , et sur jugement du tribunal de cassation, est chargé de réunir toutes les pièces du dossier découlant du travail d’investigation du juge Fougeron. Antichambre de la cour d’assises. –

# Durant l’été, grosses chaleurs, Chartres, conditions carcérales très dures pour tous les détenus emprisonnés, et notamment ceux de la bande d’Orgères. De nombreux prisonniers meurent. Des innocents également, dénoncés à tort ou à travers par le Rouge d’Auneau qui tente d’influencer le cours de l’affaire en sauvant sa tête.-

# 1 août – Le château de Nogent-le-Roi est vendu comme bien national et rasé en 1822 remplacé par une simple maison bourgeoise. Seul un rempart échappe à cette destruction

# 6 août – Arrestation à Nogent-Roulebois (Nogent-le-Roi) de François Bureau, dit le Serrurier, complice actif au sein de la bande d’Orgères, et accusé de cinq crimes. Il arrive cependant à fausser compagnie à ses gardiens. –

# 21 août – Arrestation de Théodore Pelletier et Marie-Thérèse Lange pour l’assassinat des époux Horeau à Lèves, puisque la participation de membres de la bande d’Orgères, est clairement établie.

# 15 décembre – Le jury du tribunal criminel de Chartres clôt l’instruction sur la bande d’Orgères. Pas moins de 66 assassinats à l’encontre de la bande d’Orgères, et autres chefs d’inculpations soit 95 au total (du 19 mars 1791 au 5 juillet 1798)

1799 – La cathédrale de Chartres est désormais un Temple décadaire autrement dit une mairie –

# Nuit du 5 au 6 juillet – Le Beau-Francois, alias Jean Girodot, Jean Auger, et autres états civils, chef emblématique de la bande d’Orgères, s’échappe de la prison du château comtal chartrain, après avoir obtenu d’être admis à l’infirmerie, prétextant une maladie imaginaire. Avec un complice (qui sera rapidement repris), il creuse un trou dans un mur sans que les geôliers s’aperçoivent de quoique ce soit. Il ne sera jamais plus arrêté.

XIXe siècle.

# 1800 – De nombreux hectares de vignes disparaissent en raison du phylloxéra.

# 31 janvier – Exécution de Johan Deffy, chartrain de 29 ans, pour avoir commis un crime sur la personne du citoyen Nicolas Chevallier, cultivateur à Brunelles, sans rapport avec l’affaire précitée –

# 13 février – naissance à Chartres de François-Jules de Boisthibault, avocat engagé contre la peine de mort. Auteur de nombreux ouvrages de références sur le régime cellulaire. Il s’éteint à Chartres en 1856 –

# En ce début d’année, un fait divers pour le moins nébuleux trouble Nogent-le-Rotrou. Une Ténébreuse Affaire, comme l’a écrite Balzac, s’inspirant d’un épisode aussi troublant que tragique. Au centre, un Nogentais, le type du parfait innocent des faits que lui lui sont reprochés. Jean de Mauduison , neveu de François de Mauduison, est en 1800, propriétaire du château familial des Oursières, près d’Argenvilliers dont il a hérité, son oncle ayant émigré. Royaliste convaincu et discret, il vit à l’écart. Il est fiché sans pour être autant agitateur en cette période du Consulat. A trois heures de route de son hôtel particulier sis à Nogent-le-Rotrou, un fait troublant se déroule au château de Beauvais-sur-Cher en Touraine où demeure de temps en temps Clément de Ris, sénateur. Ce dernier est soupçonné de détenir certains documents compromettants, archives qui inquiètent Fouché, alors ministre de la police de Bonaparte. Il demande à ses sbires d’aller les voler qui, en fait, ne trouvent rien de bien compromettant. Une fouille est effectuée devant le propriétaire sans rien trouver. S’en suit une rocambolesque affaire qui va faire grand bruit, et remonter aux oreilles de Bonaparte. La rencontre inopinée des hommes de Fouché et Clément de Ris va mener les (faux)cambrioleurs(‘’ enquêteurs ‘’) à prendre une décision : enfermer le sénateur durant une vingtaine de jours. Libéré, alors que l’affaire s’obscurcit, la nouvelle du retour soudain du sénateur dans le monde fait réagir Bonaparte, eu égard à la personnalité de l’homme politique. Le Premier Consul ordonne à Fouché de retrouver les coupables et de les châtier. Ddès lors, les versions divergent. Toujours est-il que les enquêteurs remontent jusqu’à Jean de Mauduison pour des raisons obscures que seule une découverte de la vérité pourrait nous expliquer, ce qui n’est pas le cas, et loin de là. L’enquête est rondement menée, et plusieurs suspects ou déclarés comme tels sont arrêtés pour leurs opinions royalistes, leur seul crime. Jean de Mauduison est appréhendé au petit matin en la cité percheronne, et conduit aussitôt à Tours. Il a beau protesté de son innocence, posséder un alibi incontestable, on n’en a cure. De même ses supposés complices Gaudin, Auguste du Moustier, marquis de Cauchy sont également mis dans la même charrette. De même, l’arrestation d’un borgne royaliste va rendre plus crédible toutes ces arrestations, puisque Clément de Ris a affirmé qu’il y avait un borgne parmi ses assaillants. Bonaparte félicite Fouché, et la justice immanente lève le glaive qui va s’abattre sur des innocents. Le procès va être rondement mené. Les accusés sont transférés de Tours à Angers pour des raisons inexpliquées. Le 2 novembre, ils comparaissent à plusieurs car ont été ajoutés un ex-officier des chouans, le dénommé Renard qui sera condamné à la prison, et une dame Lacroix également qui exécutera sa peine de prison à Loches. D’autres complices imaginaires sont également jugés. L’imagination de Fouché est à la hauteur de ses ambitions dans cette affaire bidon et regrettable. On ne fait pas dans la dentelle. La sanction tombe, et le lendemain Mauduison, Gaudin et Cauchy sont guillotinés. Mais ils auraient pu être sauvés, et sans aucun doute lavés de toutes accusation, si Clément de Ris avait eu le courage, sinon le devoir, de comparaître comme témoin. Il ne prit pas cette décision au grand désespoir de la défense –

# De nombreux hectares de vignes disparaissent en raison du phylloxéra.

# L’Eure et Loir compte près de 300 000 habitants. Chartres 18 234 h en 1851, et 24 103 en 1911- Point de départ de la fonderie de l’industriel Fontaine à Chartres. –

# 16 février – Les 6 districts du département passe à 4 arrondissements –

# 17 mars – ouverture du procès à Chartres de la bande d’Orgères qui durera quatre mois jusqu’au 27 juillet. L’acte d’accusation comporte 3 000 pages, et le jury aura à répondre à 7 800 question, les débats étant menés par le juge Liendon convaincu d’être en présence non d’une seule bande d’Orgères mais. 23 accusés seront condamnés à mort dont trois femmes, et 3 autres par contumace (Le Beau François, Charles de Paris et François le Serrurier). Deux des 23 se suicideront avant l’exécution.-

# 20 avril – naissance à Châteaudun de Louis-Gustave Guérineau de Boisvillette, ingénieur des Ponts et Chaussées à qui on doit la réalisation de nombreuses routes en Eure et Loir. Passionné d’archéologie, notamment dans sa relation avec la mosaïque de Mienne (Marboué) dont il fit l’acquisition. Il obtint du Conseil Général de conduire des fouilles. Il est également l’un des fondateurs de la Société Archéologique d’Eure et Loir et son premier président. Il s’éteint le 7 avril 1863. –

# 3 octobre- Exécution place du Marché-aux-Chevaux (aujourd’hui l’Apostrophe) de 21 membres de la bande d’Orgères.# 8 octobre – Naissance à Nogent-le-Rotrou du géologue et ethnologue Jean-Pierre Desnoyers dont de nombreux travaux ont été récompensés par l’Académie des Sciences et des Belles Lettres.

1801 – Le Concordat de l’année 1801 fait disparaître l’évêché de Chartres au profit de celui de Versailles, et sera rétabli en 1817.-

# Décès à Belhommert de François-Augustin Debrossard, curé en cette même commune. Il refuse de prêter serment à la Constitution, et s’esquive. Il achète un âne, et s’installe comme vendeur d’articles de menue mercerie, se promenant de village en village pour vendre sa marchandise. Mais voilà, il est reconnu par la femme d’un sans-culotte, alors même qu’il s’est installé à la Ferté-Vidame, et elle le dénonce aux autorités. Il est aussitôt arrêté, traduit devant le tribunal révolutionnaire qui le condamne à la déportation en Allemagne. De retour en 1801.

# 8 avril – Exécution place des Halles à Chartres de François Le Serrurier, complice de la bande d’Orgères.

# 13 juillet – Le Beau-François, chef de la bande d’Orgères, en fuite, est exécuté en effigie sur la place des Halles de Chartres, alors que d’autres complices sont condamnés au bagne.-

# 17 juillet – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Louis Meunier, instituteur et journaliste, connu pour ses opinions avancées qui lui valurent de nombreux soucis. Il meurt à Evreux en 1864.-

# 20 août – Naissance à Chartres d’Emmanuel Louis Robbe, médecin et poète. Spécialiste des maladies infantiles. Il meurt à Nogent-le-Rotrou le 2 juin 1842. –

# 23 septembre – Inauguration place Marceau à Chartres de l’obélisque dédié au général Marceau –

# 1 novembre – Le préfet Delaître propose l’érection d’un monument à la gloire du premier Consul sur une place qui porterait son nom. Vincent Chevard, maire, et fort admirateur de cet homme qu’il juge providentiel, appuie ce projet  » La ville de Chartres va ainsi pouvoir acquitter une partie de sa dette envers le vrai fondateur de la République, le père du peuple, le pacificateur et bienfaiteur du monde, le héros immortel qui réunit dans un degré imminent tous les genres de gloire  ». Ne pouvait-on être plus élogieux envers Bonaparte. Le projet tomba à l’eau, Marceau ayant été préféré à bien des égards. Ce ne fut que justice.

1802 – L’église Saint-Pierre à Dreux est rendue au culte. Datant du début du XIIIe, elle ne fut en réalité jamais achevée, tout en étant richement dotée de sculptures, de vitraux jusqu’au XVIIe. Elle connut les vicissitudes lors de la Révolution ayant été fortement dégradée. En 1841, de gros travaux de restauration seront entrepris. –

# Dessèchement du Loir sur une grande partie de son cours, en raison de fortes chaleurs.

1804 – Lieutenant des vaisseaux du Roi, le 4 aout 1782, Louis-André de Beaussier de Châteauvertl s’empare d’un bateau corsaire, mais un éclat de mât lui brise les deux jambes. Rétabli, il ira reconnaître les cartes à Saint-Domingue, rentre en France pour rejoindre l »armée des princes en 1791, et émigre. Reparti à Saint-Domingue, il s’illustra au combat, obtient un brevet de colonel, il obtient, sur intervention de Joséphine de Beauharnais, d’être radié de la liste des émigrés. Alors qu’il allait reprendre du service dans la marine, il meurt prématurément dans le château de famille de Bois-Josse (Boissy-lès-Perche). Il avait 41 ans.

# Avecs es fils Stanislas et Louis, tous trois habitant à La Vignardière (Nogent-le-Rotrou), Denis-Michel L’Ecuyer de La Papotière, ancien officier au Régiment de Colonel-général, comparaissent devant la Cour de justice criminelle du département de L’Orne (1804). Au coeur d’une affaire troublante, ayant suscité bien des questions sur la culpabilité des personnes soupçonnées sans que l’on puisse clairement établir la vérité. Ils sont accusés de vol à force armée avec l’aide d’hommes de main, recrutés par leurs soins, qui ont agi avec ou sans eux pour commettre une attaque sur une diligence à Monlandon. Une perquisition au domicile des accusés mena à la saisie de quelques fusils, pistolets et de cartouches, sans pour autant établir que cette présence jugée insolite présence accuse les détenteurs, pouvant s’en servir pour la chasse ou se defendre dans leur maison isolée, dans une campagne infestée de voleurs, fait notable et reconnu. Du numéraire fut saisi, mais qui ne prouve pas que celui provenait du vol de la diligence. Le fait que les accusés aient chassé les jours précédant le forfait criminel, des témoins le confirmant, mirent les enquêteurs devant l’embarras. Tout un lot de contradictions et de rétractations des témoins succéda à cette mise en accusation sans fondement. Que des preuves muettes accompagnées de oui-dire ce qui est peu pour faire condamner. A l’évidence, l’aura entourant les accusés va les préserver par le doute qui s’inscrit de la part d’accusateurs au passé douteux. L’affaire fit grand bruit dans le landerneau nogentais, eu égard à la personnalité des accusés. Mort en 1835, la seigneurerie fut acquise par un agriculteur.

16 avril 1806 – Naissance à Chartres de Jean-Joseph Gallot-Blot, aquarelliste qui, parti au Brésil, devint directeur de musée. On lui doit une Vue de Chartres prise des hauteurs des Filles-Dieu. –

# 25 juin – naissance à Chartres de Guy Doullay-Gilot, issu d’une vieille famille chartraine sur cinq générations. Il devint maire de Chartres, et au bout d’un an, démissionna en raison de ses prises de position insolites, s’élevant notamment contre l’utilisation des trottoirs (!) –

# 15 mai – Naissance à Chartres de Jacques Marin Garnier, auteur d’un ouvrage intitulé  » Histoire de l’imagerie populaire et des cartes à jouer à Chartres  »(1869). Fondateur et propriétaire du Journal de Chartres.Décès en 1882.

#14 octobre – Jean-Louis de Billy, général du 1er Empire trouve la mort à la bataille d’Iéna. Avant d’être aux ordres de Napoléon, il servit Marceau. Il était originaire de Dreux où il naquit en 1763. # 22 octobre – Supposé être né à à la proximité de Chartres. Poète, conteur,et marginal, Séverin Leduc est auteur des Diableries de Poisvilliers. Il meurt en prison en 1829 – 22 octobre – Naissance à Bonneval Louis-Jean Jacottet, artiste-peintre qui voyage en Europe, notamment peignant des paysages d’Ecosse. Revenu dans sa ville de naissance à partir de 1865, il se consacre à des  » vedute  » à savoir des vues sur la vie au quotidien. Outre quelques œuvres au hasard de ses voyages en France, il reproduit de nombreux paysages d’Eure et Loir. Ses détracteurs lui reprochèrent des œuvres sans caractère, dépourvues de style bien à lui. Il meurt à Paris en 1887.

18 novembre 1807 – Naissance à Chartres d’André Saturnin Morin, un anticlérical farouche, homme politique, et intellectuel respecté. Partisan de la séparation de l’Eglise et de l’État, et très critique contre la religion. Il est à l’origine du procédé de crémation. Il meurt en 1888.

1808 – 5919 hectares de vignes étaient exploités en Eure et Loir. En 1866, 4 000, en 1876 774, en 1956 23 hectares. –

# Le Brave des braves, le maréchal Ney achète les Coudreaux (Marboué). Il y vécut pendant près de sept ans à l’occasion de périodes de repos le plus souvent au lendemain de batailles. –

# 6 septembre – Naissance à Broué d’Henri Hureau de Senarmont, minéralogiste et physicien, directeur à l’Ecole des Mines, auteur de nombreuses études qui ont fait autorité, notamment la théorie de la double réfraction.Il meurt à Paris en 1862.

# 14 octobre – Napoléon 1er de passage en Eure et Loir couche dans un hôtel de Courville situé au 58 rue Pannard. Pour célébrer cette venue, les pâtissiers du coin vont rivaliser d’imagination en créant des sucreries à l’effigie de l’Empereur et à celle de ses soldats : ainsi naît le cochelin, sous forme d’une brioche, fourrée aux amandes, ou au chocolat, aux framboises permettant de varier à l’infini avec un glaçage. Pour finir, la brioche est décorée sur le dessus par des pépites de couleur. Le seul problème réside dans sa datation et sa véritable origine, puisque certains historiens prétendent que cette sucrerie serait d’origine moyenâgeuse. Elle est, encore de nos jours, célébrée à sa juste mesure dans cette commune du Perche.

1 janvier 1809 – Naissance d’Achille Guénée à Châteaudun , entomologiste, et fondateur de la Société entomologique de France Auteur d’une étude de 1300 pages sur les Noctuidae (papillon nocturne) dans le monde. Il s’éteint à Châteaudun en 1880 –

# 9 octobre – Naissance à Dreux de Charles Delescluze, homme politique, surnommé  » barre de fer  » qui prit part d’une façon très active aux révolutions de 1830 et 1848. Il sera plusieurs fois emprisonné, et surtout envoyé au bagne notamment de Cayenne. Revenu, il continuera à militer, et en 1871, on le retrouve sur les barricades où il meurt.

1810 – Une année calamiteuse sur le plan des inondations dans le département.

1811 – Démantèlement d’une machine hydraulique qui était destinée à monter l’eau au château de Crécy(Couvé). Elle disparaîtra définitivement en 1848. –

# Depuis sept ans, le château d’Anet est en proie aux pioches de démolisseurs faisant suite à sa vente en février 1798 en plusieurs lots. Tout sera motif pour le dépouiller de son passé d’antan, sans respect pour ce haut lieu de mémoire. Le parc est également en proie à des destructions, notamment celle de magnifiques arbres plusieurs fois centenaires. Qui plus est, un entrepreneur, un certain Demond, trouvant que les travaux de démolition ne vont pas assez vite, a recours en 1804 à des explosifs, mettant à mal les deux tiers de cette magnifique demeure. Les Anetais sont particulièrement remontés contre l’atteinte à ce patrimoine. Leur appel sera entendu, à l’exception de l’entrepreneur qui restera sourd à leurs revendications. Surtout qu’un ouvrier monté sur la toiture de l’aile gauche, entreprend de la démonter pour achever la besogne pour faire disparaître le château à jamais. Est-ce un signe du destin, le compagnon chute et se tue. Les habitants excédés se rassemblent en nombre au pied du château menaçant de mort l’entrepreneur qui, devant cette émeute, décide de tout abandonner, et s’enfuit pour ne plus revenir. Le tiers du château sera ainsi sauvegardé pour la postérité. Il faudra encore un siècle pour réhabiliter la demeure, et qu’elle soit digne de recevoir des visiteurs,. –

# 21 mai – naissance à Châteaudun d’Adolphe Lemay, maire de Châteaudun, il fut grièvement blessé par un obus lors de la . –

# 1 juin – Napoléon Ier et l’impératrice Joséphine reçus à La Loupe. –

3 juin – Venue de Napoléon 1er à Chartres avec l’impératrice Marie-Louise, le couple venant de Cherbourg. Ils passent deux nuits à l’ancien palais épiscopal devenu siège de la préfecture d’Eure et Loir. On dansa à l’Hôtel de Ville face aux deux souverains assis sur un grand trône dressé à cet effet, avec tout l’apparat que requiert une telle visite.

# 1 novembre – Naissance à Chartres d’Antoinette Gallas, mère d’Anatole France.

1812 – naissance à Dreux d’Idelphonse Favé .Général et écrivain, polytechnicien, officier d’ordonnance de Napoléon III, il participa à la défense de Paris en 1870. Il publia de des ouvrages sur l’histoire et la technique de l’artillerie.

# Suite à un décret impérial signé par Napoléon 1er le 19 janvier 1811, mise en place notamment à Dreux d’un cylindre de bois encastré dans un pilier de la chapelle de l’Hôtel-Dieu, dénommé  » Tour des enfants trouvés  » qui permet à certaines femmes d’abandonner leurs enfants dont elles ne peuvent assurer la subsistance. Ce recours à l’abandon avait été initié par Saint-Vincent-de-Paul en 1638. et légalisé pratiquement deux cent ans plus tard. Cette mesure avait été prise pour favoriser l’anonymat de l’abandon, faire diminuer les infanticides de même les avortements très nombreux à cette époque. Les femmes déposaient leur enfant en bas-âge dans ce cylindre, actionnaient une cloche ce qui permettait d’avertir à une soeur-tourière ( sœur chargée du service extérieur) de récupérer l’enfant avant de le conduire à l’Assistance publique. Ce dispositif a fonctionné jusqu’en 1837 permettant de recueillir tout de même 500 bébés. Classé aux MH. Ces tours d’abandon ont été supprimées définitivement par la loi du 27 juin 1904.

# Pierre Favre voit le jour à Janville. Spécialiste des civilisations orientales. Premier en France à entreprendre l’étude comparée des langues malayo-polynésiennes publiant des dictionnaires ainsi que des grammaires consacrés au malais et au javanais. Il meurt à paris en 1887 .

# Mars – disette en France. Le pain est cher

# La relation de Jean-Marie Hervegant avec l’Eure et Loir découle de son inhumation en la commune d’Abondant en cette année-là. Etrange destin pour cet homme qui profita de la tendance de certaines personnes malveillantes à vouloir profiter du manque d’éléments probants pour se faire passer pour le dauphin Louis XVII, mort au Temple, selon toute vraisemblance. De nombreux ragots furent colportés, selon lesquels le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette ne serait jamais mort là où l’histoire a toujours certifié qu’il ait rendu le dernier soupir. Ce jeune homme se présenta comme étant l’enfant du Temple à Madame de Tourzel, dame de compagnie de la Reine en en charge des enfants royaux. Cette dernière crut reconnaître en lui Louis XVII. En sa propriété d’Abondant, elle avait fait construire un monument souvenir dédié au dauphin. Finalement, le faussaire fut interné à Bicêtre en 1812. La duchesse impressionnée, et sans doute quelque peu soumise aux aléas d’une mémoire défaillante, fit transporter son corps dans sa propriété pour le faire inhumer dans un jardin du parc dénommé Le Jardin du Roi. Lors de fouilles, des ossements furent retrouvés et regroupés avec la toute la famille en un autre lieu.

8 juin 1813 – Décès à Chartres de Durand-Claye à l’âge de 52 ans. Originaire de cette même ville, avocat, il fut également accusateur publique. En 1788, il est à l’origine de la Loge maçonnique chartraine La Franchise.

# 28 novembre – Naissance à Chartres de Noël Parfait, homme politique, journaliste, auteur dramatique et agitateur.En septembre 1833, en publiant son poème L’ Aurore d’un beau jour, il est accusé d’apologie à l’insurrection, ce qui lui valut deux ans de prison assorti d’une forte amende. S’en s’assagir pour autant, il entre en politique, élu député d’Eure et Loir siégeant à gauche.

1814Châteaudun, naissance d’Edmond Modeste Lescarbault. Installé comme médecin à Orgères-en-Beauce, il se prend de passion pour l’astronomie, installant un observatoire dans sa maison. Par courrier, il informera à Urban Le Verrier, considéré comme le père de l’astronomie, lui précisant qu’il avait vu la planète Vulcain entre l’orbite de Mercure et du Soleil.

15 janvier Chartres. – Naissance de Jules Hetzel, éditeur de référence de Jules Verne ce qui a permis à l’auteur de science-fiction d’atteindre la célébrité.Figure incontournable de l’édition, Jules Hetzel a édité d’autres écrivains Alfred de Musset, Balzac , Gérard de Nerval, Alphonse Karr, Victor Hugo, etc.retiré à Monte-Carlo, il y meurt en 1886.

# 26 décembre – naissance à Villeau de François Huet, philosophe, précurseur du socialisme libéral (refus du totalitarisme ) du socialisme utopique (société idéale). Dans son livre Le règne social du christianisme (1852), il fait passer toutes ses idées où sa croyance dans l’Evangile, dans la liberté, l’Egalité et la Liberté, devise de 1789 sont la base d’une société libérale qu’il défend ardemment avec toute sa foi.

1814/1815Chartres occupée par les troupes coalisées qui luttent contre Napoléon,. Le général von Bülow qui commande les troupes, vient passer une nuit dans l’ancien palais épiscopal.

1815 – Décès à Longny-au-Perche d’Honoré-Suzanne Bertin d’Haussy, sœurdu général Marceau. Elle a été corsetière pour enfants rue Muret à Chartres, puis maîtresse d’école. Elle avait 54 ans.

# 16 avril – naissance à La Bazoche-Gouët de Jean-Adrien Philippe, horloger, créateur à Genève de la célèbre maison Patek & Philippe (1851). Inventeur , il est reconnu comme concepteur du remontoir sans couronne au pendant à savoir sans clé. De même, il a mis au point la bride glissante – extrémité du ressort-moteur libre. Il meurt en 1894 en Suisse.

# 13 juillet – les troupes allées et victorieuses contre Napoléon occupent Dreux ceci jusqu’au 16 octobre de la même année. De nombreuses exactions par les troupes allemandes. Les Cosaques investissent Marsauceux.

# 26 septembre – naissance à Pontgouin de Louis-François-Désiré Pie, Ordonné prêtre à Chartres en 1839, il gravit les échelons religieux, et reçoit la pourpre de cardinal des mains du pape Léon XIII.. En 1869, à la tête de la commission doctrinale, il prit une part prépondérante dans les travaux du concile œcuménique du Vatican qui débouchèrent sur une reconnaissance définitive de l’infaillibilité du pape. Il meurt à Angoulême en 1880.

# Le Préfet de Breteuil, nouvel administrateur royal à Chartres se fait le chantre d’un excès de zèle.Il décide de débaptiser Place Marceau au profit de Place aux Herbes. Pourquoi cette nouvelle appellation ? Bien malin qui saura le dire. Peut-être en qualité d’adepte d’une contre-révolution. Allez savoir à moins d’avoir prévu de la tranformer en jardin

# 20 décembre – naissance à Dreux d’Honoré-Alexandre Dujarier qui se tailla une réputation, parfois obscure, dans le monde de la presse. Il eut comme maîtresse Lola Montès, et mourut en duel en 1845.

1816– naissance à Lanneray (près de Châteaudun) de Denis-Vrin-Lucas dit Vrain-Lucas, un faussaire hors du commun qui mystifia le mathématicien Chasles qui fut ridiculisé tant par l’escroc que par ses pairs. Il lui avait vendu une quantité invraisemblable de lettres émanant de personnages appartenant à l’histoire dont il était le seul auteur, avec des sujets tout à fait rocambolesques ! # Naissance à Chartres de Ferdinand Dugué, dramaturge auteur de mélodrames. Il possédait le château de Mainvilliers où il reçut de grands écrivains. Il meurt à Paris en 1913 victime d’un accident de tramway.

# 1 mai – naissance à Chartres de Camille Marcille, collectionneur d’oeuvres d’art, possédant des œuvres de peintres prestigieux comme Fragonard, Boucher, Géricault, et des toiles de l’atelier de Véronèse rapportées par le marquis d’Aligre. Il a été propriétaire du château de Oisème, et fit construire un atelier  » Le Donjon  » à cet effet. Restaurateur reconnu. Il meurt en 1875 en sa ville de naissance.

# Mai – Première pierre posée pour la construction de la chapelle royale Saint-Louis de Dreux à l’emplacement de l’ancienne forteresse des comtes de Dreux.

1817 – Théodore Noël (ou un certain Depreux), entrepreneur, se charge de la destruction de l’abbaye de Coulombs, participe à celle du château de Nogent-le-Roi avec un confrère, Laurent Morin, au titre des bâtiments vendus comme bien national(27 janvier 1791 puis 18 août 1798 ). Une partie des matériaux servira en complément à la construction de la Chapelle Royale de Dreux, élévation ayant débuté un an auparavant. La disparition du château rasé sera compensée par une simple maison bourgeoise. #Apparition de l’archange Raphaël au laboureur Martin de Gallardon pour l’inciter à demander audience au roi.

# Chartres commence à être bouleversée, puisque de nombreuses portes sont supprimées le long de ce qui reste de remparts (portes saint-Michel, Châtelet, Morard, saint-Jean, le château comtal subit le même sort)

# Le choeur gothique de l’abbaye de Thiron-Gardais s’effondre sans faire de victime.

# La ville de Dreux doit beaucoup à Henry Tellot, archéologue et collectionneur, descendant par sa mère de la famille de Rotrou. Né dans la cité drouaise le 14 juin , il s’employa à réunir des archives disséminées lors de la Révolution française. Maire-adjoint de la ville, il eut l’insigne honneur d’accueillir en personne le général Mac Mahon qui le proposa pour services rendus à la Légion d’honneur qu’il refusa. Il meurt en sa ville de naissance en 1906. – # Du 3 juillet au 2 août, René de Châteaubriand alors en villégiature chez la baronne de Montboissier à proximité de Bonneval, dans ce château démoli en 1795 dont il ne reste que deux pavillons, séjournant dans celui des Roses. Il rédige une partie de son autobiographie connue sous le nom de Mémoires d’Outre-Tombe

# 23 août – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Louis Moulin, artiste-peintre et dessinateur, à la carrière discrète, pourtant talentueuse, eu égard à sa collaboration avec des journaux d’importance comme le Monde Illustré, de même l’Illustration.

1818 – Moins de 200 religieux pour une population de 14 000 chartrains

# Création de la place Billard prenant la place du Château des Comtes de Chartres, dénommé également Palais-Royal, qui renfermait dans son enceinte, les salles d’audience du Bailliage, de l’Election et le Prévôté ainsi que les prisons et cachots, en grand état de vétusté.

# 15 décembre – naissance à Beaumont-les-Autels d’Eugène Lejeune, peintre de portraits, et des scènes de vie. Artiste reconnu par ses pairs, même si parfois il exposa avec des peintures anonymes, ses nombreuses participations furent reconnues à leur juste valeur.

1820/1830 – Vogue des globes de mariées nés sous le Second Empire avec une apogée en 1890. Disparition vers 1935 au profit de la photo, de la carte postale. Un musée s’y consacra, à l’initiative d’une artiste-peintre, en sa gentilhommière de Vacheresses-les-Basses. Cette collection a été cédée au début des années 2000 à un collectionneur américain, et franchit définitivement l’Atlantique.

# Journaliste de talent, Aimé Sellèque, 33 ans, est co-fondateur avec Adelphe Chasles du journal Le Glaneur d’Eure et Loir

# Naissance à Brou (ou Combres) de Firmin Gillot, lithographe et photograveur à qui on doit l’invention du premier procédé de transformation d’une épreuve lithographique en cliché typographique.

# 25 avril – Venue au monde à Chartres de Louis Auguste Rogeard, publiciste et surtout pamphlétaire. Profondément libéral, il montra son opposition au Prince-Président Napoléon III dont il critique la monarchie héréditaire. Ses pamphlets le poussent à quitter la France pour éviter la prison.Il meurt à Paris en 1896.

1821 – Naissance à Chartres de Gaspard de Cherville, prête-plume d’Alexandre Dumas pour le compte de l’éditeur chartrain Jules Hetzel. Notamment pour écrire Le Chasseur de Sauvagine et Le Lièvre de mon grand-père, un conte fantastique. Son travail de prête-plume permettent à ses finances d’être requinquées, hélas entamées par une amante et actrice dispendieuse. Il tentera, sans grand succès, de créer sa propre ligne de romans, et seule sa chronique  » La Vie à la campagne  » lui vaudra une certaine et éphémère reconnaissance littéraire. Mort dans sa ville de naissance en 1898.

# 16 janvier – naissance à Chartres d’Auguste Hoyau, fondateur et le dessinateur du Messager de la Beauce, du Perche et de la Basse-Normandie avec un financement reposant sur 45 000 lecteurs. Très jeune, il révéla des dispositions étonnantes pour le dessin. A 15 ans il reproduit d’une façon magistrale l’incendie de la cathédrale de Chartres, montrant les flammes dévorant la charpente. Au sein de sa collaboration avec le Messager, on lui attribue pas moins de 3000 dessins. Il est le créateur de bonshommes impayables (expression de l’époque) portant nom de Godichard, Bobolein et Gloutonnet. Décès à Chartres en 1911.

# Les 2,3 et 4 juin, l’empereur Napoléon et l’impératrice Joséphine viennent séjourner à Chartres dans le bâtiment de l’évêché de Chartres auprès de la cathédrale de Chartres, et de nos jours musée des Beaux-Arts. Cette même année le rétablissement du diocèse amène la restitution du palais épiscopal à l’évêque.

1822 – Le Baron de Bézenval, propriétaire du château de Beaumont-les-Autels ouvre une faïencerie grâce à une terre spéciale trouvée dans sa propriété. S’inspirant de faïences rustiques ou  » cailloux  » fabriqués dans la Sarthe et en Touraine, il crée sa propre ligne qui connut un certain rayonnement commercial.

# Quel parcours étrange pour Marie-Anne Frémont qui, par autorisation du tribunal civil de Nogent-le-Rotrou, reçut l’autorisation de porter des vêtements d’homme, cette année en référence. Depuis, elle est connue sous le sobriquet de Père Blaise. Au long de sa vie, en femme bien charpentée, elle fera partie de ses saisonniers qui offrent le service à la semaine comme batteur en grange, faucheur, calvanier, carrier, terrassier, somme toute des métiers réservés aux hommes. Mais la dureté de ces différents métiers eut raison de sa force physique, si bien qu’elle s’installa à l’Etang-Ferré, commune d’Authon du Perche, pour carder de la laine, et assurer quelques menus travaux ne nécessitant pas grande force. Elle revint rendre le dernier soupir dans son lieu de naissance.

# 18 mars – naissance à Nogent-le-Rotrou de Clara Filleul, artiste-peintre spécialiste de portraits et natures mortes.

22 ou 28 décembre 1823 – Décès à Chartres de Jean-Baptiste Chapelle, commerçant en épicerie. S’il n’avait eu que ce métier à son arc, il serait tombé dans l’anonymat le plus complet. Petit, bien enveloppé de sa personne à l’air stupide, il profita de son physique pour se produire dans des vaudevilles, avec art et humour. Il jouait d’instinct, et avait cette particularité de soupeser la partie du manuscrit qu’il devait apprendre, pour juger de la qualité du contenu. Sa notoriété fut grande sur toutes les scènes où il se produisait, plus particulièrement à Chartres, tout en continuant son commerce. Hélas, on profita de son air candide pour ne point le payer comme il aurait dû l’être, si bien qu’il tomba dans la misère car les épices ne lui rapportaient guère. Recueilli avec sa femme par un ami abbé, il fit pénitence de sa vie, chanta à chaque messe, et mourut d’une crise de goutte. A être dégoûté de sa vie de saltimbanque…

10 novembre 1824 – On retrouve à proximité de Chartres (Propylées) le corps à moitié dévoré d’un mendiant que l’on identifie comme étant le Beau-François, ancien chef de la bande d’Orgères. Des témoins reconnaissent le bâton noueux propre à ces malandrins. –

# 30 juinChartres– Naissance de Jacques Maunoury, qui a collaboré à la Compagnie du Canal de Suez de Ferdinand de Lesseps. Revenu à Chartres, il est élu député d’Eure et Loir jusqu’en 1889. Retiré dans sa ville de naissance, il y meurt en 1898.

1825 – Celui que l’on considère comme l’un des grands potiers à qui on ont marqué la faïence et ses dérivés, commence son activité à Beaumont-les-Autels dans un atelier de faïence, dite de ‘’ réverbère ‘’ Il restera dans cette commune cinq années, publiant en 1828 un Traité des couleurs pour la peinture à réverbère. Cette technique est dite décor au réverbère, dit de  » petit feu  », technique qui consiste à appliquer la peinture sur une pièce émaillée, en fait une terre cuite qui a déjà subi une deuxième cuisson pour fixer l’émail. Il quitte le département en 1830, et sera à l’origine de l’Ecole de Tours, connue également sous le nom de l’École des suiveurs de Bernard Palissy. Sa science des couleurs lui a valu, à son époque, le respect de tous voulant suivre son enseignement dans un art où il excellait. Il s’inspira de Palissy pour réaliser des poteries vernissées à relief d’animaux, de plantes et de coquillages, magnifiant, à sa façon, cet art consommé. Il a également fait revivre les procédés employés au XVIe siècle dans la fabrication des rarissimes faïences connues sous le nom de Faïences Henri II ou Faïences d’Oiron.

# 24 novembre – naissance à Louville-la-Chenard de Félix Masure, agrégé de sciences et inventeur. On lui doit l’invention d’un appareil de lévigation(réduction) des terres arables mis au point en 1859, à savoir séparation, par un entraînement dans un courant d’eau, des constituants d’un mélange préalablement réduit en poudre – Mort à Orléans en 1894 où il a accompli l’essentiel de sa carrière. En 1865, il avait reçu la Légion d’honneur des mains de l’empereur Napoléon III récompensant ses nombreux travaux en matière agricole.

1826 – Ancien notaire de Senonches, Pierre Nicolas Tastemain, perfectionne une machine dite à moissonner, l’engin étant muni de douze paires de ciseaux, en mesure de couper 12 arpents de blé par jour.(un arpent, ancienne mesure agraire, valait cent perches soit 20 à 50 ares ) . Pour la petite histoire, notons l’invention initiale de la moissoneuse en 1799par un Anglais M.Boyle. Huit ans plus tard, l’Américain McCormick sera , en réalité, à l’origine du premier brevet de moissonneuse mécanique.

# 11 décembre – Naissance à Saint-Rémy-sur-Avre de William Henry Waddington, homme politique, numismate, archéologue et écrivain. Petit fils d’Henry Sykes, industriel dans la filature. Député, cinq fois ministre respectivement à l’Instruction Publiques et aux Affaires Etrangères, puis Président du Conseil. On lui doit de nombreux ouvrages sur la numismatique. Décès en 1894.

1827 – Le marquis d’Aligre achète les restes de l’abbaye Saint-Florentin à Bonneval qui avait été vendue comme bien national en 1793, et les destine à une résidence  » humanitaire » devenant par la suite un établissement psychiatrique.-

# 25 novembre – Naissance à Béville-le-Comte d’Emile Labiche, avocat, sénateur et président du Conseil général, et gendre du présidence de la République, Jules Grévy.

1828 – Fin de la fabrication et du commerce de l’imagerie chartraine avec le gendre de Marin Allabre, en la personne de Garnier-Allabre.

# 1 novembreLèves – Jean-Charles Poncelin de la Roche-Tillac s’éteint dans sa maison de campagne de Ouarville (Lèves) où il avait trouvé refuge pour échapper aux sbires de la Révolution. Farouche opposant aux idées révolutionnaires, il s’arroge deux journalistes (Durand-Molard et Michaud) opposants aux idées de Robespierre et consorts. Ils publient de violentes diatribes. Il échappera aux recherches.

1829 – Apparition de plusieurs loups, et des battues sont organisées – Le Comte Henri de Quatrebarbes est sous-préfet de Châeaudun. Etrangement, pour des raisons difficiles à cerner, ce haut personnage du Royaume de France est victime des quolibets de chansonniers, dont on retrouve deux extraits dans le Parnasse satyrique qui méritent d’être cités en raison de la finesse de l’esprit de son initiateur. Il est possible que ce quolibet soit à l’origine du remplacement de ce sous-préfet l’année suivante.

Le sous-préfet de Châteaudun

S’est fait jésuite et le confesse

Il va jusqu’à s’en vanter. Est-ce

Qu’il n’aurait pas le sens commun ?

Que le bon Dieu l’en récompense !

Mais sans critiquer son dessein,

Avec quatre barbes, je pense,

Il serait meilleur capucin.

Charade

Nombre d’un seul chiffre formé

Mon premier suit toujours ce nombre mystère

Dans les vieux siècles, renommé

Et qui brillait empreint d’un certain caractère,

Chez les hommes, seul estimé

Symbole de vigueur que blanchit la vieillesse.

Mon second, dés vingt ans, tombe et renaît sans cesse

Sous le rasoir accoutumé.

Mon tout à Châteaudun, ilote politique,

Par la poste, aux murs de Paris

Envoie avec son son sa prose jésuitique

Que les railleurs accueillent à grands cris.

On rit de ce sot nom de Lille jusqu’à Tarbes

De Loyola, ridicule valet,

Il n’était qu’imbécile, il veut être préfet….

On lui fera toujours la barbe.

#13 juillet – Naissance à Beaufrançois (Epeautrolles) de Louis Gatineau, avocat à la solide réputation d’orateur et de défenseur dans les cas d’expropriation. Fasciné par la conquête de l’Algérie (1848), il sera quelque temps secrétaire de Nicolas Changarnier, gouverneur de ce pays. En 1870 il est élu député sur une liste de l’extrême gauche. Il meurt à Paris en 1885.

1830 – Monarchie de Juillet : l’entretien des routes est plus systématique,avec le remplacement des chemins caillouteux et mal entretenus les routes royales sont achevées, le réseau se structure . Entre 1830 et 1850, l’entretien passe de 150 à 500 km.

# 19 janvier –Parution du premier numéro du journal Le Glaneur d’Eure et Loir à l’initiative d’Adelphe Chasles associé à Jean-Baptiste Sénèque.

# 20 février – naissance à Sainville d’Eugène Farcot, ingénieur horloger, et aéronaute au sein de la Compagnie des Aérostiers avec notamment un transport de courrier en septembre 1870.

3 août – Détrôné, l’ex-roi Charles X couche à Maintenon. Le lendemain, il repart pour Dreux via Cherbourg, terme de son voyage. Le carrosse, entouré de gardes, était attelé de huit chevaux précédant un autre carrosse dans lequel se trouvent la duchesse de Berry et deux enfants.

# 5 août – décès à Nogent-le-Rotrou de Pierre-Jacques Laveille, 66 ans, qui a accompli l’essentiel de sa carrière militaire entre 1790 et 1813 à la Compagnie d’Eure et Loir, et participa à la Guerre de vendée.

15 septembre – naissance au Château de Maintenon d’Emmanuel, marquis de Noailles, diplomate et historien. Successivement ministre plénipotentiaire à Washington, puis ambassadeur à la cour d’Italie, puis à Berlin. Décédé en 1909.

# 19 septembre – Naissance à Pré-Saint-Evroult de Théophile-Adrien Ferron, général de division et ministre de la Guerre. Il se distingua au siège de Sébastopol (1855). Après différentes affectations, il est promu sous-chef d’État-major général, puis ministre de la Guerre. Il meurt à Lyon en 1894 suite à une chute de cheval.

# 29 novembre – naissance à Marboué de Jules-Emile Péan, chirurgien et fondateur de la gynécologie moderne, inventeur des pinces hémostatiques. Ce chirurgien fascinait en opérant en habit, les manches de chemise retroussées, une serviette nouée autour du cou et retombant sur la poitrine,tout en démontrant une habilité exceptionnelle. L’élan qu’il apporta à la chirurgie de l’époque fut considérable. Il meurt à Paris en 1898.

# 20 décembre – Le roi Louis-Philippe et la reine se rendent à Auneau. Ils sont reçus par le député d’Eure et Loir François-René Isambert avec une revue de la Garde Nationale de la commune.

1 mars 1831 – Chartres – décès de Claude-Julien Maras, 68 ans, procureur-syndic. Suppleant de Brissot de Warville à qui il succéda comme député deux mois après l’exécution de ce dernier.

1832 – Le choléra tue à Chartres 156 personnes, et se répand dans l’ouest du département causant de nombreuses autres victimes.. L’épidémie va réapparaître en 1849 et 1854.

# Construction des abattoirs à Chartres alors que la Porte Saint-Michel, construite en 1613, est déclarée n’être plus adaptée, parce trop resserrée en fonction de la circulation de l’époque.- Population d’Eure et Loir : 278 820 habitants.

# Entre 1832 et 1847, Destruction d’une grande partie des remparts.

# 9 février – Ferdinand voit le jour à La Loupe. Il est le fondateur de la célèbre Maison Hédiard , place de la Madeleine à Paris, carrefour de l’alimantation d’origine exotique. Aujourd’hui possession du groupe Do&Co.

# 15 mai – décès au château d’Abondant de Louise-Eisabeth de Croÿ de Tourzel, 83 ans, enterrée, du moins son cœur, en la même commune. Elle fut la gouvernante de la reine Marie-Antoinette, et si elle frôla la mort, le 9-Thermidot la sauva de l’échafaud. La disparition de Louis XVII lui causa un grand chec affectif.

1833 – Marie Simon Barbichon, artiste-peintre, se voit obligé de prendre la direction de la faïencerie familiale Briard, étant devenu le gendre suite à son mariage. Parallèlement, il continue à se consacrer à des portraits et des natures mortes. Il s’est hasardé dans quelques scènes religieuses. Son œuvre est visible à Brou en l’église saint-Lubin, d’autant que sa notoriété atteint uniquement la région broutaine, ce qui ne remet pas en cause sa production de qualité. Ce sont surtout les notables de Brou qui bénéficièrent du coup de pinceau.

#  » Schisme de Lèves  » au cours duquel l’abbé Ledru préconisait l’élection des curés par le peuple et la messe en français auxquelles l’évêque de Chartres s’est opposé formellement # 28 janvier – Loi Guizot sur l’obligation de chaque commune à entretenir au moins une école primaire, et si elle dépasse 6 000 habitants, une école primaire supérieure. Une école normale primaire par département doit assurer la formation des instituteurs. Cette loi marque la création de l’enseignement d’Etat.

# 31 mai – Création des comices agricoles

# 1 juin – Exécution à Chartres de Michel-Denis Forges, 27 ans condamné à mort pour avoir tenté de tuer et sérieusement blessé un journalier pour lui voler son argent.

# Juillet – Alors qu’on répare une maison très ancienne à Chartres qui passait pour avoir été l’école des enfants de choeur, située au bout de la rue du Cheval-Blanc, à l’angle d’une petite rue qui conduisait au marché à-la-Filasse au Cloître Notre-Dame, appartenant M.Desguiraud, marchand lithographe, une quinzaine de belles en plomb sont extraites d’un mur, projectiles dont l’authentification leur donne pour date le siège d’Henri IV en 1591, rejoignant un boulet trouvé dans un mur du côté de la butte Saint-Michel le tout remis à la bibliothèque de Chartres.

1834 – Découverte à côté de Bonneval (Mienne) des restes bien conservés (une grande mosaïque) d’une ancienne villa gallo-romaine, sans aucun doute très luxueuse, sans doute une villa urbana, habitation du maître associée à un temple dédié à Mars.

# 17 février – décès à Chartres de Baptiste Poret de Morvan, Baron d’Empire, et l’un des grands officiers supérieurs des guerres napoléoniennes. Lors de la bataille de Dresde (août 1813), l’Empereur l’élève au grade de général. Il se couvre de gloire car il n’est pas homme rester derrière. Au contraire, il fait le coup de feu, charge à la baïonnette. Ce comportement lui vaut d’être plusieurs fois blessé. Son dernier combat : Waterloo. Janvier 1816, il est arrêté à Paris sur ordre royal accusé  » d’avoir soulevé l’ex-garde contre le roi  » ce qui est faux. Qu’importe, il est traduit devant un conseil de guerre. Son épouse décide de le faire évader alors que son époux est transféré à Strasbourg. Son évasion a lieu dans une auberge, où le convoi militaire s’arrête pour une pause. Un endroit rempli d’hommes de main de Madame Poret de Morvan. Le mari arrive alors à déjouer la surveillance et s’enfuit ce qui confronte sa femme à une situation périlleuse car elle est soupçonnée d’être complice. Elle sera relâchée déclarant qu’elle était seule. Par la suite, il sera totalement amnistié.

# 18 mars – Naissance à Illiers d’Adrien-Achille Proust, professeur de médecine, et père de l’écrivain Marcel Proust

# 18 mai – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Camille Simon Silvy . Après une belle carrière diplomatique, il se fixe à Londres, pour devenir photographe, puis ouvre son propre laboratoire. Sa boutique va devenir en très peu de temps un lieu incontournable de la société anglaise, pour ses portraits  » cartes de visite  », un commerce lucratif, avec plus de 700 000 réalisations car tout le monde veut se faire tirer le portrait. A la retraite en France, il meurt en 1910.

# 18 mai – Ouverture du Muséum d’Histoire naturelle et d’Antiquités à l’initiative de M.de Villiers dans l’une des salles de L’Hôtel de Ville de Chartres, consacré à une collection de papillons et de médailles.

# 7 juillet – Décès à Chartres de Jacques Pierre Garnier, successeur de la famille d’imagiers Allabre. Dans la deuxième partie du XIXe siècle, la boutique deviendra une librairie, accessoirement un éditeur.

# 2 juin – Décès à Chartres d’Albert Quévannes, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées à qui on doit un Mémoire sur la navigation sur l’Eure (1801). Une curiosité à son sujet : avoir imaginé et travaillé sur un projet de  » Jardin à l’anglaise  » sur la Butte des Charbonniers.

15 septembre 1835 – Double exécution à Chartres. Pour avoir tué à coups de fusil, hachette et clous un couple et leur fils à Saint-Eliph, Louis-François Henry et Marie-Marguerite née Germond, son épouse, sont guillotinés.

4 mars 1836 – Décret royal établi par Louis-Philippe, roi des Français qui,à ce titre, transforme en commune autonome, Lucé qui était jusqu’à présent un hameau de Mainvilliers  » La limite entre la nouvelle commune de Lucé et la commune de Mainvilliers est fixée par le tracé du chemin d’Amilly à Chartres et la vallée des Vauroux. » Lucé n’est alors qu’un petit village composé de cinq hameaux. De 1901 à 1930, la commune entamera un début de transformation avec l’arrivée de l’électricité et la mise en place de réserves d’eau potable. Le gaz arrivera en 1935.

# 4 juin – Incendie de la toiture de la cathédrale dû à l’imprudence de deux ouvriers qui laissent un brasero sans surveillance. La charpente en bois appelée  » La Forêt ‘‘ disparaît en fumée. Heureusement le tocsin permet de faire parvenir plus rapidement les secours. Le plomb fondu se répandit dans la rue. Le toit fut alors équipé d’une charpente métallique. Les travaux débutèrent à partir de 1837, et la cathédrale passa sans encombre l’hiver 1836/1837. Charles Fournier des Ormes, artiste-peintre parisien reproduit ce fait divers, qu’il a intitulé ‘’ L’incendie de la cathédrale le 6 juin 1636 vers minuit ‘’

# 25 août – Naissance à Romilly-sur-Aigre de Georges, comte de Tarragon, descendant d’une vieille famille espagnole installé en partie dans le Dunois. Capitaine, il fera, entre autres, la guerre de 1870 au sein de la 1ère armée de la Loire. Puis élu maire de son village en 1871.

1837– L’ingénieur Fontaine crée une fonderie aux Filles Dieu pour répondre aux besoins d’une mécanisation des moulins à eau en particulier.

# Désiré Rivierre, originaire de Guillonville où il naquit le 6 janvier, s’est signalé comme constructeur de machines à vapeur et batteuses à blé, s’installant à Orléans à partir de 1886.

# Auguste Blanqui, républicain socialiste, foncièrement universel pour l’égalité homme/femme, a été surnommé ‘’ L’enfermé ‘’ en raison de ses trente-sept années d’emprisonnement. Sa relation avec l’Eure et Loir tient d’un héritage dont ses parents héritent avec le château du ‘’ Grand Mont ‘’ situé à Aunay-sous-Auneau (1814). Monté à Paris, il reviendra dans sa commune d’adoption, voulant s’éloigner de problèmes liés à son activité politique. Une perquisition est diligentée pour des soupçons à son endroit de participation à un complot. Il repartira avec les policiers, et là s’arrête définitivement sa relation avec l’Eure et Loir.

# 24 mars – Pierre-Simon Robert, 21 ans, garçon meunier, tue un maire et sa domestique à coups de fusil pour une sombre affaire immobilière. Il est guillotiné à Chartres.

# 13 avril – Condamné à mort Victor Davoust, 25 ans, auteur de trois crimes en Seine et Oise, est guillotiné à Chartres.

# 25 avril – naissance à La Bazoche-Gouet d’Emma Valadon dite Theresa, chanteuse de café-concert, surnommée La Diva du ruisseau. Elle connut un succès phénoménal, joua l’opérette.Elle arrête sa carrière à 76 ans, fort riche, et se retire à Neufchâtel-en-Saosnois (Sarthe), consacrant sa fortune aux déshérités. Elle meurt en 1913, et enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

1838 – Fondation du Journal de Chartres par Chasles père et fils, et considéré comme la voix du pouvoir régional.

# 2 août – Naissance à la Ferté-Vidame du magistrat Paul Vigneau. Après avoir exercé à Dreux comme juge supléant, il est nommé juge d’instruction à Paris mais sera rétrogradé simple juge à la suite d’une sombre affaire de décorations fictives. Il meurt à Paris en 1910 .

1839 – Le roi Louis Philippe fait agrandir la chapelle de Dreux pour accueillir les corps de sa famille et des descendants, devenant du même coup le  » Saint-Denis des Orléans  ». Cette chapelle appartient de nos jours à la Fondation Saint-Louis. 75 sépultures sont présentes, réparties dans plusieurs chapelles, avec de nombreux gisants remarquables.

# Toujours à Dreux, la cloche du beffroi est refondue d’après un moulage datant de 1581, qui reproduit la Procession des Flambarts.

# Guillaume Briard, marchand mercier à Brou, hérite, en 1837, d’une briqueterie installée faubourg Saint-Jean à Brou. L’idée lui vient d’adjoindre une faïencerie (1839), les carrières locales lui permettant d’avoir la matière première pour réaliser ce qui convient à l’usage quotidien des habitants de la région. Il va devoir faire face à une concurrence sauvage de la part de la faïencerie de Beaumont-les-Autels , une lutte où chacun  » pique  » les employés de l’autre et alternativement. En effet, Guillaume Briard n’hésite pas à débaucher le contremaître de son concurrent pour parvenir à ses fins Il est vrai que le concurrent en question bénéficie d’un apport d’argile blanche exceptionnel grâce au gisement du  » Houx  » aujourd’hui dénommé  » La Faïencerie  ». De 1840 à 1870 plus de 100 000 pièces chaque année furent imaginées et conçues avec une trentaine d’ouvriers , et à la clé, une importante clientèle à la fois normande et perchoise. Cette faïencerie avait la particularité de produire des pièces de couleurs brunes et blanches, souvent ornées de motifs floraux, voire géométriques selon les lignes de fabrication du moment. Celles de Brou, en revanche reposent sur le brun, le vert, le jaune et l’orange. En 1855, il passe le relais à son fils Pierre dont la sœur a épousé le peintre Augustin Barbichon, lequel prend ensuite la direction de cette même affaire. Durant dix ans, cet artiste va s’inspirer des faïenceries de renom, telle de Nevers, pour créer, par exemple, des pichets anthropomorphes qu’il signe. Mais l’établissement ne se montre guère rentable du fait que

favorise la qualité et en petites quantités ce qui laisse la part belle au concurrent qui répond à la demande en produisant la quantité requise. En 1893, la faïencerie broutaine ferme.

# Décès de Louis-Augustin Marceau, frère du général, qui termina sa carrière militaire comme chef d’escadron. Il s’était enrôlé en 1794 comme simple soldat, et a accompli les campagnes de la République et de l’Empire.

# 28 février – Arrêté du maire de Chartres interdisant aux parents de laisser les enfants jouer à proximité de la cathédrale de peur de porter atteinte au bâtiment, et à ses sculptures.

# Plusieurs violents orages causent d’énormes dégâts sur Châteaudun, Dreux et Nogent-le-Rotrou. On releva maints grêlons gros comme des œufs. Beaucoup d’animaux furent tués, des arbres déracinés et des récoltes perdus. Certains paysans accusèrent le clergé d’être à l’origine de la grêle. Un villageois affirma qu’il avait recueilli ces grêlons dans un vase, et n’y avoir retrouvé que des cheveux, les tenants de l’accusation y voyant une affirmation de leurs dires quant à la pratique de la sorcellerie.

1840 – 9 janvier- naissance à Garancières-en-Beauce de Louis-Charles Vinet, agriculteur et sénateur-maire. Fondateur du Syndicat agricole de Chartres et de la Caisse régionale du Crédit agricole.

# 17 janvier – Naissance à Chartres d’Albert Piche, plus homme de science et inventeur qu’avocat. On lui doit l’invention de l’Electrophore à rotation(migration de particules) ( 1866) et l’Evaporomètre(mesure de la quantité d’eau dans l’atmosphère) ( 1872). Secrétaire du Préfet des Pyrénées, outre ses fonctions, il publia une réforme sur la réforme pénitentiaire qui fit autorité en 1872.

# 16 mars – Pierre Marie dit Renoult, 20 ans,condamné à mort pour avoir violé et étranglé à Francourville, une jeune fille de 19 ans, condamné à mort, est guillotiné à Chartres.

# 30 décembre – naissance à Chartres de Georges de Vaux, comte de Rochemur, ministre plénipotentiaire.

1841 – L’église Saint-Pierre à Chartres est classée monument historique.

#De nombreuses industries commencent à rayonner en Eure et Loir, employant une main d’oeuvre importante comme la Filature de Waddington à Saint-Rémy-sur-Avre (450 ouvriers)

# Dans l’arrondissement de Dreux , on dénombre des papeteries et fonderie de cuivre à Senonches et Dampierre-sous-Blévy (pas plus de 100 ouvriers) – imprimerie Firmin-Didot à Mesnil-sur-L’Estrée.

# Naissance à Marsauceux, d’Eliska Girard, présidente de l’Union fraznçaise pour le suffrage des femmes connue sous le nom de La veuve Vincent pour son militantisme et son action de suffragette. Initiée franc-maçonne au Droit Humain. Fille d’un maréchal-ferrand, connu pour ses idées de liberté et d’émancipation, elle disait de son père, non sans fierté ce qui est tout à son honneur  » Je dois à mon père mon éducation républicaine et mon ardente combativité.  »

# 7 mai – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Gustave Le bon, médecin et sociologue. Un temps, il connut une liaison avec la psychanalyste Marie Bonaparte, il se fit une réputation par l’intérêt qu’il porta à la  » psychologie des foules  », et considéré à cette effet comme une précurseur à la fois génial et naïf. Sa démonstration en ce domaine le place en référence dans cette approche particulière, toujours étudiée de nos jours. Ces ouvrages sont nombreux. Il s’éteint à Paris en 1931.

#20 septembre – Naissance à Ozoir-le-Breuil de Georges Morisset, artiste-peintre. Ayant fondé un atelier à Paris, il doit sa célébrité à peindre ses contemporains à partir de photographies en forme de portraits pour réduire le temps et le nombre de poses. Cela vaut aux deux artistes une réputation telle que de nombreuses personnalités, notamment des têtes couronnées, vont venir se  » faire tirer le portrait  » Décès à Beaugency en 1899. Il est le père du célèbre peintre Henri Morisset.

# 20 octobre – Gustave Isambert voit le jour à Châteaudun. Journaliste d’avant-garde, il connut une réputation élogieuse en matière de presse pour la jeunesse. Fondateur du journal La République Française. Elu députa d’Eure et Loir de 1889 à 1898. Décédé dans sa ville de naissance en 1902.

184324 mars – Naissance à Senonches d’Alphonse Foucault qui deviendra évêque de Saint-Dié (Vosges). Connu pour avoir fait achever la basilique de Domrémy consacrée à Jeanne d’Arc. –

# 6 décembre – naissance à Chartres de Charles-Jules Robert, dessinateur et graveur, ayant accompli l’essentiel de son métier à Paris. Sa notoriété comme illustrateur, lui vaut d’être contacté par la Banque de France dans le but de contrecarrer les faussaires. Il réalise de deux nouveaux billets de banque de 50 et 100 francs, puis celui de 500 francs. Pr la suite, il se consacre à celui de 1000 francs qui deviendra le 5000 francs Victoire 1918, devenant un billet très recherché par les collectionneurs.

# 20 décembre. – Berchères l’Evêque – Naissance d’Alfred Loreau qui évolue un temps dans l’entreprise familiale de constrcution de chaudières. Par son mariage avec Blanche Bapterosses, il change de métier, et aide son beau-père dans sa manufafacture d’émaux. Une activité qui le ménera dans une activité politique, et devenir propriétaire de jounral.

1844 – L’Entreprise Fontaine-Baron prospère à Chartres, et présente à l’Exposition Universelle de cette même année à Paris. Le roi Louis-Philippe remet aux industriels une médaille d’argent. # Mise en œuvre de la construction du chemin de fer Paris-Chartres. Lors des travaux, on combla une vallée avec le dépôt d’ordures jetées depuis plusieurs siècles. Ce furent alors des découvertes assez extraordinaires pour les archéologues qui purent analyser l’histoire des monnaies et de la céramique au Haut Moyen-âge.

# 11 février – Naissance à Chartres de Georges Fessard, qui prit part à la guerre de 1870, puis devint notaire et l’un des fondateurs de la Dépêche d’Eure et Loir.

1845 – Création à Bonneval de la Colonie agricole, œuvre destinée à recueillir les enfants trouvés, fort nombreux à cette époque.

1846 – naissance à Chartres de Léon-Louis Oury, peintre de la vie rurale Fin artiste, il oeuvra pour illustrer les plafonds du Grand-Escalier de l’Opéra-Garnie ce qui le rendit célèbre à son époque. Il intervint en ce même domaine au de la porte Guillaume.

1847 – Signature d’un contrat pour l’éclairage au gaz de la ville de Chartres alors que la Porte Morard subit les pioches des démolisseurs.

# 6 juillet – décès à Chartres de François de Villiers, originaire de l’Hérault, à l’âge de 57 ans, officier, amateur de monnaies et de papillons, fondateur du musée municipal de Chartres.

# 17 décembre – naissance à Maintenon de Joseph Maunoury, maréchal de France. Participa à certaines batailles de la guerre de 1870, rappelé en 1915, participe à la bataille de la Marne. Gravement blessé sur le front de l’Aisne,il perd la vue. 1915, gouverneur de Paris, et reçoit sa dignité de maréchal de France. Il meurt à Artenay en 1923.

1848 – La monarchie de Louis-Philippe cesse après de nombreuses émeutes (+ de 350 morts à Paris). Naissance de la II e République.

# L’avocat Morin, sous-préfet de Nogent-le-Rotrou décrète l’immersion des enfants interdite. En effet, selon une coutume largement répandue les mères et les nourrices plongeaient leurs bébés malades dans l’eau glacée d’une fontaine qui a pris le nom de  » Fontaine miraculeuse  ». S’ils survivaient, ils étaient déclarés viables. Notons, en passant, qu’en 1834, le docteur Robbe, exerçant dans cité nogentaise s’était déjà ému dans un article dans le journal le Glaneur de ses pratiques meurtrières.

# Napoléon Louis Bonaparte reçoit le suffrage de ses électeurs, Beauce et Perche font cause commune pour favoriser également cette élection. Notables et hommes politiques assurent une main mise sur l’électorat qu’ils sauront satisfaire pour assurer calme et satisfaction au niveau de la population en général.

# Naissance à Garnay d’Emile Boudier, pharmacien et surtout mycologue de renom dont les ouvrages ont fait autorité, notamment Icônes mycologicae composée de 600 planches dessinées et peintes. Il meurt à Blois en 1920.

# Naissance à Anet d’Edouard Michon, artiste-peintre, qui, en 1914, participe à la création de la Société des Amis du château d’Anet dont il fut le premier président. Maire de sa ville de naissance, il s’opposa aux troupes allemandes en 1940 afin que sa ville et le château soient épargnées. Spécialiste des peintures murales, il réalisa de nombreux endroits de Dreux de même des portraits des comtes de Dreux.

# 28 février – Naissance à Fontenay-sur-Eure de Noël Ballay. A l’origine médecin de marine, et attiré par l’Afrique, sa rencontre avec Savorgnan de Brazza précipite sa vocation pour aller à la découverte de ce continent, et notamment le Congo. Il devient premier gouverneur de la Guinée,et administrateur rigoureux. Entamant de nombreux chantiers, il va se consacrer à moderniser le pays, rendant les accès plus faciles. Nommé gouverneur de l’Afrique occidentale, il doit lever le pied d’une façon conséquente. Malade et sé, il meurt en 1902.

# 11 juin – naissance à Châteaudun d’Emile Corra qui rejoint le positivisme en 1875 (un mouvement né dans la seconde partie du 18 ème siècle), une idée qui consiste à expliquer les progrès de l’esprit humain par le développement des sciences positives comme les mathématiques, la physique, la chimie, pour ne citer que les principales sources à l’origine du mouvement.

# 23 juin – Henri-Gabriel Lemaire, 23 ans, originaire de Chartres, garde national, doit sa célébrité eurélienne pour avoir été blessé mortellement à 5 heures du soir sur une barricade à la Bastille. Son corps fut ramené à Chartres, les autorités de la ville lui rendant hommage le 4 juillet en lui accordant des obsèques dignes de son sacrifice.

# 18 août – Jean-Louis Curot 27 ans reconnut de l’horrible assassinat à Ouerre accompagné d’un viol d’une fillette de 8 ans est condamné à mort et guillotiné à Chartres.

1 janvier 1849 – Apparition du premier timbre-poste.

# 17 janvier – Naissance à Chartres de Paul Richer, dont la carrière très éclectique le mena d’abord comme médecin à être chef du laboratoire de la clinique des maladies nerveuses à Paris (1882), et professeur d’anatomie. Puis sculpteur de talent avec de très nombreuses œuvres prestigieuses comme le Monument Pasteur à Chartres (1902), du monument dédié à un de ses confrères, Jean Charcot, explorateur des régions polaires. Il fut connu également comme graveur d’art. Il meurt à Paris en 1933

# 28 janvier – naissance à Chartres de Gustave Maroteau, journaliste versant dans l’anti-cléricalisme notoire notamment dans le journal La Montagne dont il aurait été l’un des fondateurs. Il crée en suite La Feuille de Chou qui le mène en octobre 1871 devant le Conseil de guerre pour délit de presse et condamné à mort. Peine sur pourvoi commuée en 22 ans de travaux forcés. Atteint de tuberculose, il meurt au bagne en 1875 –

# 20 mars – Décès à Chartres d’Edouard Person-Collard,enseignant à l’Ecole Normale de Chartres. Toujours à la recherche du bien-être de ses élèves, il mit en place une sorte de pensum sous forme de preuve qu’une chose est telle qu’elle doit être, c’est-à-dire un critère, définissant les bonnes méthodes,reposant sur la foi et la persévérance. L’environnement de cette école bénéficiait d’une pièce d’eau. Il amorçait la nuit, puis le jour invitait le jardinier à aller pêcher, les élèves à la récréation, les plus méritants étant élevés à la dignité de  » pêcheur en chef. Il inventa un filet de pêche permettant d’amener à terre sans coup férir les plus grosses pièces.  » .

# 10 avril 1849 – Premier convoi de chemin de fer en provenance de Paris arrive en gare de Chartres, un trajet de près de trois heures.

# Mai – Echec de la gauche aux législatives. Seul Noël Parfait est élu, ce qui prouve que l’Eure et Loir est bien à droite du pouvoir. Les fermiers beaucerons sont fidèles aux institutions, et la prospérité économique reçoit le soutien des populations rurales. -# 12 juillet – Inauguration de la ligne de chemin de fer Paris-Chartres, en présence de Napoléon Bonaparte, prince-président de la II e République, ligne prolongée jusqu’à Nogent-le-Rotrou en 1854, celle de Paris-Tours passant par Châteaudun sera achevée en 1865.

# 4 novembre – Inauguration d’une partie de l’éclairage au gaz de la ville de Chartres.

1850– Un cambriolage eut lieu dans la commune de Faverolles avec pour cible le presbytère. A ce moment, rien de banal. Mais l’abbé Vénard, alors en poste, entretenait une correspondance avec Lamartine et Victor Hugo. Il relata à ce dernier le vol dont il avait été l’objet. Cette information donna une idée à Victor Hugo lorsqu’il rédigea les Misérables puisqu’il fait soupçonner Jean Valjean d’un vol de couverts, de chandeliers et de pain, à l’identique de ce qui s’est passé à Faverolles.

# Une année qui compte en ruralité, puisque de nombre chemins utilisés par l’agriculture sont réaménagés afin que de permettre à la population de circuler un peu aisément sur les chemins vicinaux.

# Naissance à Frazé d’Henry Isidore Souchay qui ouvre sur une longue lignée d’armurier, héritage des anciens arquebuziers dont le métier est apparu avec l’apparition du fusil à mèches vers 1450. Il quittera l’Eure et Loir pour le Loiret en s’installant à Beaugency. # 12 février – La majeure partie de la ville de Chartres est désormais éclairée au gaz de ville.

# 5 octobre – naissance à Chartres de Gabriel Maunoury, frère du maréchal. Médecin et chirurgien à l’ Hôtel-Dieu de Chartres.Il publie deux ouvrages : une Etude clinique de la fièvre primitive des blessés (1877), Les Hôpitaux et les pansements antiseptiques en Allemagne (1878). Conscient des problèmes rencontrés dans les salles d’opération pour la sécurité sanitaire des malades, il est à l’origine de méthodes modernes d’antiseptiques et aseptiques.Elu député d’Eure et Loir. Il meurt à Chartres en 1926.

# Au milieu du XIX e siècle, la noblesse possède 1/5 du sol beauceron. La bourgeoisie citadine 1/3, la bourgeoisie rurale (fermiers, marchands, et propriétaires) 1/6, et le reste se partage entre salariés, artisans et commerçants. – remplacement de la faucille par la faux – augmentation de la production d’orge et de froment – l’élevage s’intensifie (remplacement de la race des ovins) – assolement triennal (jachère et culture de prairies artificielles)

# On déplore le manque notoire de manufactures en raréfaction, leur seule présence en Eure et Loir n’occupe que 2 % des personnes euréliennnes en mesure de travailler –

# La population chartraine passe de 18 000 à 23 000 habitants,avec une évolution en demie-teinte jusque dans les années 1940/50.

1851 – Le département d’Eure et Loir est en état de siège à la suite du coup d’État de Napoléon III.

# Naissance à Nogent-le-Rotrou d’Achille Manceau, architecte de renom ( mairies, établissements scolaires et champs de courses). Décédé en sa commune en 1935.

# 29 juillet – Décès à Chartres du chanteur beauceron, Jean-Baptiste Alexandre de Morainville qui avait la réputation de faire des chansons sur commande, mises à disposition dans les douze heures. Des chansons du crû. Le chansonnier et sa femme passant pour de fins observateurs de la vie quotidienne paysanne au long de leurs pérégrinations en Beauce, étaient parvenus à répondre à la demande. Hélas, avec l’évolution des modes de distraction, Morainville perdit de sa notoriété, fut oublié de tous, au point de mourir dans la plus grande misère.

# 21 septembre – Erection sur la place des Epars à Chartres de la statue du général Marceau. Noël Parfait, alors député de l’Eure et Loir, promoteur de cette initiative, se voit refuser de prendre la parole.

1852 – Illustrateur d’almanachs à ses moments de détente, Auguste Hoyau saisit une opportunité en participant à la mise en oeuvre du Messager de la Beauce et du Perche, qui succédait à l’Almanach du Catholique de la Beauce et du Perche. Une initiative révolutionnant en quelque sorte la façon de capter la curiosité du lectorat potentiel et qui va marquer les esprits. La page de garde représentait lemessagercoiffé d’un pâté de Chartres. Une aventure qui se terminera en 1911 avec la disparition de son initiateur.

# 8 octobre – Décès au Château de Bouville (Cloyes) de Charles d’Argent de Deux-Fontaines, lieutenant des gardes du corps du roi dans la compagnie écossaise, il servit sous Louis XVIII et Charles IX durant seize années, puis maire de Cloyes (1841), député (1852).

17 avril 1853 – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Mathilde Mauté. Bien qu’âgée seulement de 16 ans, elle eut l’heur de plaire à Paul Verlaine son ainé de dix ans. Ils s’unirent pour le meilleur et le pire, la jeune femme étant alors confrontée à un ménage qui se délite rapidement. Verlaine rentre souvent saoül. Ils auront un enfant. Mais tout est perdu, avec un mari qui montre un penchant homosexuel marquant.. Le divorce aura lieu en 1885. Elle se remariera, aura deux enfants, au sein d’une union qui ne vaut pas plus que la précédente. Georges, son fils, issu du mariage avec Verlaine, meurt en 1926 à l’âge de 55 ans.

18 mai 1853 – Nouvel arrêt préfectoral interdisant la couverture en chaume des toitures, tout en procédant au remplacement des toitures défectueuses par des tuiles ou ardoises. Les maisons neuves sont soumises à l’obligation datant initialement de 1843.

1854 – Manifestation à Chartres et communes limitrophes contre l’interdiction d’utiliser le couvert de paille( et autres matériels inflammables) sur les toits des maisons. L’armée doit intervenir sur Nogent-le-Roi à la suite de troubles très graves alors qu’au Boullay-Mivoye le préfet est malmené.

# Le chemin de fer relie désormais Chartres au Mans

# 26 avril – Pierre Auffray, 54 ans, tue à Champrond-en-Gâtine, un maquignon à coups de couteau et de bâton dans une sombre affaire. Il est guillotiné à Chartres.

# 27 juillet – Désiré Dejames, 28 ans, jardinier, après de multiples séjours en prison, et libéré, tente d’étouffer un cafetière de Dreux pour lui voler sa caisse en vain, et non content de son forfait, s’en va commettre plusieurs cambriolages. L’addition de tous ces faits lui vaut d’être condamné à mort et guillotiné à Chartres.

1855 – Début de l’exploitation de l’entrepôt de machines à vapeur à la gare de Chartres. Jusqu’en 1908, l’activité se portera sur une trentaine de locomotivesi

185614 avril – Naissance à Nogent-le-Rotrou de Camille Gaté, sculpteur. On lui doit la statue de Rémi Belleau (1887), détruite pendant la guerre (1943). Décédé dans sa ville de naissance en 1900.

# 12 juin – Décès de Léon Frédéric Née, gendre du conventionnel Hébert, officier de santé, pasteur durant 46 années jusqu’à sa mort au sein de la communauté de Marsauceux , temple protestant qui avait été inauguré en 1821.

# 25 juillet – Incendie partiel de la Porte Guillaume, les parties atteintes menaçant de s’écrouler, la décision de les détruire est prise dans la foulée pour des questions de sécurité. devant être détruites.

1857 – La ville de Nogent-Le-Rotrou érige une statue en mémoire au général Jules de Saint-Pol tué à Sébastopol deux ans auparavant. Rien ne relie par l’état civil ce militaire par rapport à cette commune, si ce n’est d’avoir commandé, en la même ville, le 7ème chasseurs à pied. Cette présence explique l’honneur qui lui a été rendu par cette statue fondue par les Allemands en 1943.

26 janvier – François Guérin, 42 ans, charretier de profession massacre à coups de marteau un couple et les égorge au hameau des Essarts (Saint-Symphorien le Château). Condamné à mort, il est guillotiné à Chartres.

# 18 avril – Henri David voit le jour à Chartres. Avocat, puis journaliste, il écrit plusieurs pièces de théâtre sous le pseudonyme d’Henry Darsay qui lui permettant d’acquérir une certaine notoriété. Le succès qu’il reçoit, le conduit tout droit à devenir le président de la Société des auteurs compoiteurs (Sacem). Par la suite, une carrière politique s’ouvre à lui qu’il achévera comme sénateur. Retiré Arville, il meurt le 7 août 1914.

# 22 septembre – Décès à Grogneul (Saint-Piat) d’Honoré Jean Dubois Duperray, originaire de Chartres, âgé de 87 ans, auteur de Vierges en l’église de Saint-Piat et celle de Saint-Aignan à Chartres, de même de nombreuses miniatures.

15 mars 1858 – Décès à Chartres d’Honoré-Félix-André Lejeune, à l’âge de 87 ans, antiquaire, ancien notaire, et juge de paix du canton sud de Chartres. Natif de Bonneval, il s’intéressa aux nombreux monuments celtiques des bords du Loir, et ouvrit sur de meilleures connaissances historiques du pays chartrain, de même en matière néolithique.

# 20 août – Pose de la première pierre par le Préfet Jaubert, du nouvel Hôtel-Dieu de Chartres.

30 novembre 1859 – Naissance à Châteaudun de Charles Brennus, maître-graveur, qui donna son nom au fameux bouclier de Brennus, trophée qui récompense le vainqueur de la finale du Championnat de France de rugby à XV. Trophée qui perdure de nos jours. Décès au Mans en 1943.

# 4 décembre – Décès à Dreux de Louis Eutrope Lamésange, entrepreneur de travaux publics, et maire de Dreux durant trois ans. Ce Drouais de naissance eut la particularité d’avoir à l’esprit de faire ériger une statue en l’honneur de Rotrou. Vainement, il ne put obtenir ce qu’il voulait, sa ville manquant de moyens financiers. Passant outre, il décide de vendre le théâtre(détruit en 1908) qu’il avait fait construire mais la mort le surprit avant de réaliser son rève de saluer cette fameuse statue qui lui tenait à cœur. Selon son testament, l’argent fut prélevée sur la vente, et enfin Rotrou put être célébré. Hélas, durant la guerre, la statue sera coulée par les Allemands, une réplique en pierre la remplaçant en 1943.

1860 – Eugène Mesquitte, proche du baron Haussmann, ayant racheté l’ancien château-fort de Nogent-le-Roi vendu comme bien national, entreprend de faire construire une demeure dans le style Louis XIII, et aménager un immense parc. Il fut maire de sa commune durant trente-quatre ans.

1860/1861 Bonneval – L’asile départemental d’aliénés, qui deviendra au XXe siècle centre hospitalier Henri-Ey, s’installe dans l’ancienne abbaye bénédictine Saint-Florentin à Bonneval.

# Chartres – Au cours de ce Second Empire, restauration et agrandissement de l’Hôtel de Ville , inauguration du théâtre en 1861, développement de nouveaux quartiers autour de la gare.

# Erection à Châteaudun sur la place du 18-octobre d’une fontaine érigée dans le style Renaissance.

# 2 octobre – naissance à Neuvy-en-Dunois de Laurent Rivierre, journaliste qui a fondé sa propre maison d’édition pour assurer la publication du Grand annuaire administratif, commercial et agricole de l’Eure et Loir, un ouvrage de 1000 pages, véritable bible contenant l’essentiel sur le département.

8 décembre 1861 – Naissance à Brou de Victor Tanquerel des Planches, licencié ès sciences qui collabora à l’organisation de nouvelles galeries de paléontologie au Muséum de Paris. Décès : 1928.

1862 – Ferdinand Lagarrigue, instituteur, se retrouve pour quelques mois rédacteur-en-chef du Journal de Chartres et du département d’Eure et Loir (1862), une feuille politique avec pas moins de cinq mille abonnés (10 000 en 1868), dirigée par son propriétaire, Jacques Marin Garnier, célèbre famille chartraine. Pour la petite histoire, l’Echo Dunois possédait 200 lecteurs, le Journal de Dreux quatre cents, et le Nogent seulement cent.

1863 – Naissance de Félix Lejars à Unverre, chirurgien des hôpitaux de Paris, spécialiste de la médecine d’urgence dont de nombreux résultats ont été associés à son nom.

Octobre 1864 – Découverte sous le badigeon d’une danse macabre en l’église de Meslay-le-Grenet, fresque qui aurait été peinte au début du XVIe siècle.

1865 – en cette année meurt à Chartres, Jean-Marie Larrieu, ouvrier cordonnier ambulant venant des Hautes-Pyrénées. Lorsque sa bourse était vide, il chantait en public, de sa voie puissante et agréable, interprétant les louanges de Dieu. Arrivant à Chartres, il fut impressionné par la cathédrale. Sa voix et sa foi firent alors merveille. Bien que chanteur à gages, il décide d’entrer en religion, et fut ordonné prêtre. Il sera successivement curé de quatre paroisses euréliennes (Mignières, Chassant, Fessainvilliers et Louvilliers-au-Perche).

# Sosthène II de La Rochefoucauld fait l’acquisition du château d’Esclimont, acien château-fort datant du XIe siècle. Il le fera rénover par Viollet-le-Duc dans la pure tradition du XIXe siècle. Soit dit en passant, ce lieu devenu Relais et Châteaux de nos jours, a été le théâtre de deux deux tournages de films, Angélique let le Roy (1966) et les Visiteurs 2 (1998).

18664 janvier – Naissance à Tremblay-le-Vicomte d’Alfred-Achille Gendrot dit Jean Drault, journaliste et dessinateur de bandes dessinées notamment avec son héros Chapuzot.

# 16 octobre – Naissance à Chartres de Charles Lorin qui succéda à son père Nicolas dans son atelier de Chartres. Restaurateur de nombreux vitraux, et réalisa les vitraux modernes de la basilique de Jeanne d’Arc à Domrémy et les verrières de Saint-Antoine de Padoue. Décès à Chartres en 1940.-

# 25 novembre – Naissance à Dreux d’ Henri Lucien Jumelle chercheur en biologie animale, et renommé dans la spécialité botanique. Botaniste de référence, il publie de nombreux ouvrages sur des plantes qu’il a collectées en Afrique de l’Ouest et Madagascar. Il meurt à Marseille en 1935 où il avait obtenu une chaire de botanique agricole.

1867 – Ouverture de la ligne de chemin de fer Dreux-Maintenon.

# Naissance à Champseru de Pierre Millocheau. Coureur cycliste, il fait partie des 67 partants du premier Tour de France que le journa l’Auto qualifiait de cette façon ‘’ La plus grande épreuve cycliste du monde ‘’. Ce qui se vérifie encore de nos jours. Millocheau termina 21ème et dernier, le reste du peloton ayant abandonné au long des 2428 km. Un Tour gagné par Maurice Garin. En 1921, il accomplit une autre grande course sur 1200 km Paris-Brest-Paris. Il meurt à Pris en 1948.

1868 – 16 janvier – Jean-Pierre Breckler, 22 ans, vendeur de peaux de lapin, alors qu’il est militaire, tue à Ver-les-Chartres, une femme pour la voler et égorge le facteur qui venait au secours de la victime.Condamné à mort pour être guillotiné, Napoléon III ordonne que le criminel soit fusillé, étant militaire au moment des faits, ce qui fut fait à Chartres.

# 17 juin – Naissance à La Bazoche-Goüet d’Etienne Houvert (mort en 1949), guide de la cathédrale, et auteur d’un guide de la cathédrale qui a fait l’objet de plusieurs rééditions.

9 mai 1869Chartres – Venue de Napoléon III et de la reine Eugénie pour présider les fêtes du concours agricole.

187019 juillet – La France déclare la guerre à l’Allemagne, et l’Eure et Loir est loin de s’attendre àêtre au coeur du conflit qui va mener notre pays à une cruelle désillusion. Le département connaît les horreurs de cette guerre perdue d’avance, et en paiera le prix. Des réquisitions (nourriture, fourrages, bétail, chevaux) s’en suivent au grand dam des habitants qui tentent de résister .

# 27 août -Le lieutenant-colonel de Beaurepaire, commandant le régiment provisoire des gardes-mobiles du Calvados, monte sur le dôme de la chapelle des Princes à Dreux pour observer le mouvement des troupes ennemies. Malencontreusement il passe à travers la verrière, et s’écrase trente mètres plus bas, et se tue sur le coup.

# 3 septembre – Naissance à Janville de Maurice Viollette, plusieurs fois ministres, maire de Dreux. Fondateur du journal l’Action Républicaine. Surnommé  » Pisse-Vinaigre  » à la Chambre des députés car il ne supportait la contestation. Il meurt à Dreux le 9 septembre 1960

# 25 septembre – A Dreux, à la stupeur de la population intriguée, un ballon aérostier atterrit. Les ballonsétaient tout spécialement utilisés pour transporter les messages.

# 4 octobre Epernon – Le Commandant Lecomte trouve la mort avec 22 gardes-mobiles lors de la défense de la ville face aux Prussiens.

# Nuit du 7 au 8 octobre – lors des combats dits La Surprise d’Ablis, Athanase Barbier (1828/1908), futur maire de la commune, au péril de sa vie, intervient pour sauver des otages mais plusieurs seront néanmoins fusillés par les Prussiens.

# 10/14 et 15 octobreLes habitants des deux communes de Civry et Varize résistent héroïquement aux troupes prussiennes. En représailles, les deux villages seront presque totalement incendiés.

# Châteaudun (18 octobre) est incendiée par les Prussiens (22 ème division, commandée par le général de Wittich sous les ordres d’Albert de Saxe qui vient de la Loire avec 12 000 hommes et 24 pièces d’artillerie ce qui a eu pour conséquence de détruire plus de 200 maisons.- De nombreux combats de rue se déroulent, la résistance désespérée est quasi héroïque dans une ville retranchée derrière 28 barricades. Ils 700 francs-tireurs et trois cents gardes nationaux de Châteaudun sous les ordres du commandant de Lipowski – Les combattants dunois subissent 6 heures de bombardement puis neuf heures de combat à 1 contre 10 – La ville tombe, et sera décorée de la Légion d’honneur pour sa résistance . La ville a été pillée. De nombreux habitants ont été tués ou pris en otage – On s’accorde à dire que de tous les départements les Prussiens envahirent, les exactions les plus graves furent commises en Eure et Loir. – Citons le courage d’une jeune fille de seize printemps, Laurentine Proux qui, au mépris de la mitraille et des obus, n’a de cesse de faire des allers et retours pour porter de l’eau et des cartouches aux défenseurs. En l’honneur de cette résistance, de nombreux rues en France portent le nom de la ville. Sans oublier, Louis Brossier, sarthois devenu dunois par son mariage. Horloger, et passionné de photo, il prit de nombreux clichés au cœur de la bataille. Une telle exposition de lui-même, au mépris du danger, lui valut de recevoir la Légion d’honneur

# 18 octobre – Le lieutenant-colonel de Beaurepaire à la tête du XVe régiment de la Garde Nationale Mobile veut monter en observation sur le dôme de la Chapelle des Princes d’Orléans à Dreux, ceci pour observer le mouvement des troupes ennemies. La verrière sur laquele il avait pris appui, cède. Il s’écrase 30 mètres plus bas, et se tue. En mémoire, une petite plaque a été posée dans un endroit assez obscur de la chapelle.

# 21 octobre – combat à Jouy entre la Garde nationale et 5 000 Prussiens dont 1 500 dans Jouy : 9 morts et 23 blessés chez les Français Les Prussiens, les uhlans et autres soudards eurent dans leurs rangs des reporters chargés de transmettre  » la bonne nouvelle  » comme Hans Waschenhusen, véritable correspondant de guerre pour la Gazette de Cologne, et qui connut un moment de désarroi lorsqu’il fallut raconter les atrocités commises par ses compatriotes.  » Voici ce qu’il écrit ….Voilà quatre semaines que nous passons dans des contrées entièrement ravagées. Les derniers huit jours, nous avons traversé des villes et des villages où il ne restait absolument plus rien à prendre où sur chaque seuil nous étions reçus par des malheureux qui nous criaient  » Plus rien, plus rien  » ou  » Nicht Brott, nicht fleish  » (Pas de pain , pas de viande) tant la détresse de la population a su lui faire apprendre notre langue.  ». Un journal de Bruxelles l’Etoile belge, écrit, le 28 octobre 1870 qu’il se refuse à reproduire les faits horribles à la charge des Prussiens, sans parler des exactions en tous genres, des pillages systématiques, surtout les fermes. Des scènes de désolation. Pourtant le Général Chanzy a tout tenté pour contrer, quelques succès suivis de batailles perdues corps et biens. # A Dreux, occupation de la ville par les troupes allemandes du duc de Mecklembourg qui, avec ses 15 000 hommes, trouve une résistance composée de3 000 mobiles. dans une moindre mesure. Pillage et surtout des mesures de rétorsion s’en suivent notamment contre la ferme de la Mésengère qui fut incendiée à proximité de Houdan.

# 17 novembreBerchères-sur-Vesgre. Pendant trois heures, 100 gardes mobiles de l’Ardèche, 28 francs-tireurs et 100 gardes nationaux de Berchères et de Rouvres résistent sans lâcher pied face aux troupes prussiennes. Sur le point d’être encerclés, ils reculent, assistés des francs-tireurs de l’Iton, sous les ordres du commandant Houdelière. 15 combattants y laissent la vie, sans oublier les exactions commisses par l’envahisseur qui assassina douze personnes dans les fermes environnantes. –

# 18 novembre – 1000 soldats français, sous les ordres du commandant Mollard combattent au delà du village de Torçay face 10 000 Allemands, ceci pendant cinq heures. 36 français du 36è régiment de marche ont été inhumés sur les lieux par les habitants, et à quelques pas huit soldats allemands.- Combats d’Ardelles et de Digny entre les troupes du général prussien Wittich et les troupes françaises du colonel Marty de l’armée de la Loire, celle-ci étant prévue pour aller libérer Paris assiégée mais ne put le faire.

# 21 novembre – Combats de La Fourche qui précipitent la prise de Nogent-le-Rotrou par les troupes prussiennes.

# 23 et 27 novembre – Un témoin de commune des Autels Villevillon raconte : Comme tant d’autres, la commune a eu à souffrir de l’invasion des Prussiens qui déferlèrent le 23 novembre. Ivres depuis le dernier soldat jusqu’à son chef, les nouveaux venus – des cuirassiers blancs –se livrèrent pendant toute la nuit à des orgies sans nom, principalement chez les débitants dont les boissons et liqueurs furent absorbées ou gaspillées. Le27 novembre, l’ennemi ayant opéré son mouvement

tournant par le Perche, se précipite sur le 17e corps à Châteaudun. Le flot nous arrivait par les routes d’Authon et de la Bazoche et s’engouffrait par celle de Brou ; le défilé des troupes dura quatorze heures. Six semaines après, le 6 janvier, le mouvement s’opérait en sens inverse. Enfin dans les premiers jours de mars, nous revîmes pour la troisième fois l’armée du duc de Mecklembourg : le dimanche 12 mars, le flot fut plus compact. Heureusement ce fut pour nous le dernier jour de l’invasion. Les 27 novembre, 6 janviere 12 mars rappellent les grands passages de l’armée ennemie et aussi les jours de pillage et de dévastation. Le bourg étant situé à la bifurcation des routes de Chartres à Saint Calais et de Brou à La Ferté Bernard, il arrivait très souvent que deux colonnes se présentent en même temps à la jonction de ces routes : force était à l’une de s’arrêter ; mais de cette colonne stationnaire sortaient un grand nombre de soldats maraudeurs et pillards qui se répandaient par tout dans le bourg et les hameaux voisins, fouillant les habitations de la cave au grenier, entrainant tout ce qui était à leur convenance, détériorant tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter. Pour donner une idée de leur capacité, il suffit de dire que dans une seule ferme, au Château, ils enlevèrent 9 chevaux, 8 vaches, quantité de moutons, les fourrages et l’avoine.Outre les trois grands passages, nous étions journellement visités et rançonnés par de nombreux détachements, et au mois de février, nous dûmes héberger, pendant huit jours, 500 chasseurs à pied Les pertes de la commune s’élevèrent a 53.727 francs. Si des déprédations et des pillages nous passons aux mauvais traitements des personnes, nous devons citer en première ligne M. le curé.Celui –ci, indigné de leur vandalisme, ayant dit à un colonel : « Vos soldats sont des brigands, et vous, vous êtes un chef de brigands » fut appréhendé au corps, menacé des baïonnettes et conduit au poste ou il passa la nuit. François Lecomte, maréchal à Villevillon, en plein hiver, fut attaché nu-pieds, nu-tète, à la queue d’un cheval et traîné à Chapelle Royale, distant de cinq kilomètres, puis lié à un poteau et fustigé. Leroi, gouverneur de bestiaux, revenait du marché de Brou, le 22 février, lorsqu’il rencontre de plusieurs Prussiens ; ceux-ci montèrent dans sa voiture, frappèrent le cheval qui partit brusquement au galop lançant Leroi hors de sa voiture, ou il se tua instantanément. La commune des Autels Villevillon a sacrifié pendant la guerre bon nombre de ses enfants à la patrie  : Dolléans, sergent au 17e de ligne, blessé mortellement à Sedan, le 30aout 1870 ( combat de Beaumont- Ardennes )- Jacques Girouard, soldat au 30e de marche, disparu à Loigny, le 2 décembre 1870(Combat de Lumeau ) – Pierre Heuline, cavalier au 9e régiment du train d’artillerie, décéde, prisonnier de guerre, à Freyssing, le 28 décembre 1870 – François Boudet, soldat au 77e de ligne, décédé à Pau le 4 juillet 1871, des suites d’infirmites contractées dans l’armée de l’Est

Le 2 décembre – Loigny, de nos jours, Loigny-la-Bataille, ultime résistance du Général Sonis, combats héroïques dans l’enfer d’un rude hiver , consommant la défaite française. 9000 morts chez les Français, constat humiliant malgré l’héroïsme des combattants sous la bannière du Sacré-Coeur. Des Prussiens mieux armés prennent le dessus. La veille, un affrontement s’était déroulé à proximité du château de Villepion, héroïquement l’armée de la Loire commandée par l’amiral Jaurèguiberry repoussant un corps d’armée de 20 000 allemands.

#2 & 3 décembre, Le général Barry se s’empare de Loigny mais l’évacue le lendemain débordé par l’adversaire victorieux à Patay. Les Zouaves de Charrette, les francs-tireurs de Tours, les Mobiles des Côtes du Nord tentent de reprendre le terrain conquis. Ymonville qui avait quatre moulins sur sa commune déplore alors la disparition de deux d’entre eux, puisque des soldats pris par le froid intense qui règne à ce moment, ne trouvent rien de mieux que de mettre des bottes de paille au pied des deux moulins en question.Ce qui devait arriver arriva puisque les deux moulins se consumèrent. – Le général de Sonis, blessé gravement, soigné tant bien que mal à Villepion, est amputé d’une jambe. Un combat d’arrière-garde pour une défaite consommée, Napoléon III défait irrémédiablement malgré le sacrifice français. Même l’occupant va humilier les communes euréliennes en imposant un impôt d’occupation. Des épisodes qui restent ancrés dans la mémoire d’histoire de l’Eure et Loir.

1871– Démolition des dernières maisons encore présentes sur les ponts chartrains.

# 1 avril – naissance à Arrou de René Lelong, aquarelliste et coloriste de talent qui a reproduit des scènes de plages, de champs de courses, plus spécialement celui de Longchamp. Illustrant également des ouvrages d’écrivains de références comme Guy de Maupassant, Colette. Créateur d’affiches sur demande. Il meurt à Paris en 1933.

1872 – Chartres est relié à Voves par le chemin de fer.

1873 – Lucien-Louis Manceau voit le jour à Nogent-le-Rotrou, décorateur de théâtre. Eu égard à sa notoriété grandissante, l’Opéra de la Haye fait appel à lu en 1904. Auteur de nombreux dessins à la plume, des aquarelles, des peintures à l’huile représentant des fleurs, celles-ci étant particulièrement remarquées sur la précision et des couleurs. Il meurt en 1937 aux Pays-Bas où il s’était marié. – # La gare de Chartres est reliée à celle de Dreux par le chemin de fer

# 10 mars – Naissance à Nogent-Le-Rotrou de Raymond Jean Verdun, artiste-peintre, connu pour la qualité de ses paysages. Eternel voyageur, il sera toujours à la recherche de nouveaux thèmes, humant la couleur au fil de son affectivité pour mieux la reproduire. Il meurt en 1954 à Lumbres (Pas-de-Calais).

# 11 octobre – Jean-Pierre Hulans condamné à mort à Chartres pour avoir tué à la Fringale un homme pour lui voler sa montre et de l’argent est guillotiné à Châteaudun.

# 30 décembre – Naissance à La Bazoche-Goüet d’Homère Robert. Etant installé à Paris avec sa famille, il est placé à l’apprentissage dès l’âge de 13 ans. Lors de son service militaire, il apprend la mécanique, l’électricité, le travail du bois. Très attaché à ses origines, il s’intéresse à ses concitoyens, et sera élu maire-adjoint, puis à l’origine de la création de la commune de Villeneuve-la-Garenne dont il sera le premier maire , élu par la population, alors que cette désignation revenait, à cette époque, au conseil municipal ou au préfet suivant l’importance de la commune. Il s’éteint en 1934.

27 août 1874 – Sylvain Poirier condamné à mort pour avoir tué successivement trois personnes au Gault (Loir et Cher), à Brou et à la Bazoche-Gouët est guillotiné à Chartres. – Plus que 774 hectares de vignes exploitées en Eure et Loir.

1875 – La sucrerie s’installe à Toury, l’usine ayant été transférée de Nancy. Le bâtiment avait été démonté brique par brique, transporté et remonté.

1876 – La gare de Chartres est reliée à Brou et à Auneau par le chemin de fer.

# 20 février & 5 mars – Victoire républicaine aux élections législatives ( après celles de 1871 aux cantonales et municipales) n’inversent en rien la tendance modérée, et les députés appartiennent à la bonne société, celle qui tire les ficelles. L’Eure et Loir sera marqué également par de grandes figures politiques nés en ce siècle comme Maurice Viollette, William Henry Waddington, tous deux ministres, Paul Deschanel, président de la République, Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil).

# 12 septembre – Commémoration du millénaire de la Relique insigne de la Sainte Vierge à Chartres depuis 876.

1877 – Grande fête à Chartres, comice agricole avec différentes célébrations, et notamment une présentation de races d’animaux de ferme à la Butte des Charbonniers. En cette occasion, la municipalité décide de faire référence à la visite de Marie Stuart 329 ans plutôt.

# Durant trois ans, Marcel Proust vient régulièrement à Illiers dans la maison de Tante léonie.

# 3 octobre – Publication du décret par le général MacMahon, président de la République, qui autorise la ville de Châteaudun à porter une croix de la Légion d’honneur sur ses armoiries, consécutivement à sa défense héroïque le 18 octobre 1870.

187824 mars – Naissance à Lucé de l’architecte Raoul Brandon, concepteur de l’Hôtel des Postes à Chartres devenue médiathèque en 2008 . Devenu député à Paris, il se montre comme un ardent défenseur des habitations à bon marché (HBM).

#31 mars – Naissance à Chartres de Raymond Gilbert, qui sera sénateur. Le 10 juillet 1940, il refusera de donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain et se retire de la vie parlementaire. Il meurt à Chartres en 1956.

# Août – Louis Pasteur et son équipe entreprennent des expériences contre la maladie du charbon (infection charbonneuse) chez les ovins dans l’élevage de M.Maunoury de Saint-Germain-la-Gâtine, aujourd’hui Berchères-Saint-Germain.Cette maladie dangereuse pour les ovins décima de nombreux troupeaux avant que l’illustre chercheur trouve la parade et soulage considérablement l’inquiétude des éleveurs.

# 7 septembre – Naissance à Brou de Jean Valadier, sénateur-maire de sa ville et ministre du Travail en 1934.

1879 – Berchères-l’Evêque prend le nom de Berchères-les-Pierres, commune rendue célèbre pour sa carrière qui a fourni les pierres pour la construction en premier lieu de la cathédrale de Chartres. Cette pierre est un calcaire très dur, à grains très très fins. Les pierres étaient transportées par carriole à partir de Gellainville. La carrière fut exploitée jusque dans les années 1970/1980 par la marbrerie Martin, et, et de nos jours, seule l’entreprise Quelin utilise le ban de pierre pour y tailler le matériau nécessaire à la restauration du patrimoine. Une partie du parcours des carriers a été restituée., semble-t-il, un temps.

# 26 mars – naissance à Chartres de Georges Cochon, ouvrier tapissier et syndicaliste, connu pour être à l’origine des habitations à bon marché (HBM). Surnommé  » Le Robin des bois du 20ème siècle  » . Il se distingua avec des déménagements à la cloche de bois, pour aider les familles sans abri. A force d’être présent partout où il était nécessaire, son combat sera reconnu par le pouvoir en place qui votera une loi (1912) pour favoriser la construction de 20 000 logements à faible loyer. Il fut également un objecteur de conscience lors de la guerre de 14/18, et condamné à trois ans de travaux forcés. Retiré à Pierres, il est à l’origine du journal Le Raffût qu’il publia à Maintenon entre 1917 et 1922. Il meurt en 1959.

1880 – naissance à Chartres de Raymond Charpentier. Compositeur et critique, chef d’orchestre à la Comédie-Française ( 1921/1944 ), il a été le fondateur de la section phonographique à la Radiodiffusion française.

# Décés de Georges Tartarat, originaire de Sainville, artiste-peintre, spécialiste des scènes de chasse

1881 – 60 exploitations agricoles sur la commune de Jouy. Un siècle plus tard (1998), elles ne seront plus que 6.

# Décès à Chartres d’Adolphe Lecoq, chartrain de naissance, qui, au long de sa vie, s’est évertué à rechercher tout ce qui pouvait contribuer à mieux connaître l’histoire chartraine. Il a publié de nombreux ouvrages qui constituent une véritable bible de la vie dans la cité beauceronne. Sans cesse, il parcourait les rues cherchant toujours quelque chose qui aurait pu échapper à sa sagacité. L’une de ses sorties lui fut fatale, une attaque cardiaque le terrassant. Il avait 67 ans.

1883 – D’énormes ballastières sont mie en œuvre pour la fourniture de cailloux sont ouvertes à Chandelles en vue de la construction de la ligne de chemin de fer Dreux-Maintenon.

# 10 juillet – Hubert Latham voit le jour à Maillebois. Il aurait pu être avant Louis Blériot, le premier aviateur à franchir la Manche, mais il échoua à quelques kilomètres des côtes anglaises. Il mourra au Tchad en juin 1912 chargé par un buffle.

1885 – Frank-Myers Boggs, peintre et graveur, franco-américain, pose son chevalet à Chartres, et va s’avérer un grand amoureux de la Beauce et du Thymerais. Une œuvre grandiose où l’Eure et Loir est à l’honneur, dans le style de l’école de Barbizon auquel il appartient. De nombreux châteaux de la Loire y figurent.

# 28 juillet – naissance à Nogent-le-Rotrou de Louise Lanna, artiste-peintre de talent qui meurt accidentellement par asphyxie chez elle le 12 juillet 1972. Elle a participé à de très nombreux salons.

# 30 septembre – Maurice Brandon voit le jour à Chartres. Sportif de haut niveau spécialisé dans le cross-country, il est de ceux qui fait partie des sportifs euréliens morts pour la France, tué dans la Meuse au tout début de la guerre, le 26 août 1914.

1886 – Création du Syndicat agricole.

# Naissance à Chartres de Michel Boutheroue qui exerça en qualité d’ingénieur. Directeur général des Chemins de fer et des Routes en 1933, il étudia la granulométrie et les fillers, ainsi que la constitution, les propriétés et les modes d’emploi des liants plastiques ( goudrons et bitumes , et met au point au point des appareils permettant de mesurer la déformation des chaussées. Par la suite, il participe, à la SNCF, aux essais de traction électrique en courant industriel et contribua à la création du laboratoire des Ponts et Chaussées.

# 21 janvier – Naissance à Pontgouin d’Alphonse Foucault, instituteur, qui a participé à de nombreux combats, Verdun, les Eparges, la grande offensive en Champagne. Lors de la guerre 39/45, il échappe aux griffes allemandes, tout en aidant de jeunes réfractaires au STO.

# 14 avril – naissance à Mainvilliers de Louis Deneau, brillant pilote avec quelques exploits à la limite de l’imprudence qui lui ont procuré une certaine notoriété. Par exemple se poser dans le cimetière de Mainvilliers pour déposer une gerbe sur la tombe de son frère.Si sa célébrité repose avant tout sur sa carrière de pilote, il eut une autre facette moins connue mais qui eut l’heur de plaire aux Chartrains lorsque rue Félibien, à quelques pas de la gare, il installa le cinéma Le Palace, à l’emplacement des dépendances de l’Hôtel de Paris, plus précisément dans les jardins du café Beaumont. Une salle rimant avec confort éclairage qui fut inauguré en octobre 1913 et cessa son activité en 1939 pour être démoli après la Libération. Durant la période estivale, il avait même prévu une projection de plein air rue du Ravin. Il meurt à Chartres en 1971.

# mai – Emile Zola (1840/1902) et l’Eure et Loir ont en commun le quinzième roman de l’écrivain dans la série des Rougon-Macquart, paru en 1887. En mai 1886, Zola vient visiter la Beauce confortablement installé dans une calèche, une approche de la paysannerie qui s’effectuera en six jours pour plonger dans la réalité beauceronne, venant tout de même à la rencontre des notables et agriculteurs dans de brèves conversations. C’est en s’inspirant d’une affaire criminelle qui s’est déroulée dans le Loir et Cher, que Zola s’en est allé planter son décor en Beauce, plus précisément à Romilly-sur-Aigre, une petite commune située au sud de Châteaudun, un ouvrage intitulé La Terre. Il lui donnera un autre nom celui de Rognes, et fait entrer dans le concert Jean Macquart, un ancien soldat qui a combattu lors des campagnes militaires du Second Empire, et notamment à la bataille de Solférino. L’homme se fait engager comme commis agricole dans une des ces fermes disséminées dans l’immense plaine céréalière. Il devient valet du fermier Hourdequin, âpre au gain, et Zola évoque dure condition paysanne de l’époque avec ce besoin de posséder encore plus de biens comme de femmes dans un univers presque primitif. Zola sera critiqué d’autant qu’on lui reproche d’être assez éloigné de l’univers beauceron dont il reproduit très approximativement le parler de la région, les échanges verbaux étant plutôt ceux du Loir et Cher. Le livre souleva également l’indignation face à la bestialité des faits sur un fond criminel dont le  »héros  » sortira indemne repartant pour de nouvelles aventures. Il est certain que Zola a frappé les esprits dans cette histoire, permettant à la Beauce en faisant parler d’elle au niveau national. A l’évidence, Romilly-sur-Aigre, petit village d’à peine 500 habitants, n’en tire aucune gloire, si ce n’est peut-être d’avoir vu passer en coup de vent Emile Zola dans le cadre de son futur ouvrage. Ce n’est pas Rognes qui fera penser à Romilly-sur-Aigre dont les environs sont éloignés des plaines de Beauce mais s’ils en sont limitrophes, des environs qu’une nature chaleureuse au rythme de l’Aigre incite à se démarquer de la vie trépidante.

# 8 septembre – Naissance à Dreux de l’acteur Marcel Loche, mort à 84 ans dont la carrière comporte une soixantaine de rôles entre Nuit d’hôtel (1932) et Clémentine Chérie (1964).

# 17 octobre – Décès en son château d’Abondant de Geneviève Perusse des Cars, duchesse de Vallombrosa qui donna son nom à deux roses.

1887 – Inauguration du lycée de Chartres.

# Une époque où l’exploitation agricole s’est adaptée, le fruit des récoltes circule plus facilement, les rendements augmentent. La révolution industrielle est en marche, et avec elle les engrais chimiques. Les gros exploitants sont ceux qui en profitent le plus augmentant leurs profits d’une façon considérable. Les comices agricoles se multiplient où se mêlent toutes les classes paysannes. On découvre de nouveaux débouchés dans l’élevage (moutons mérinos), et on s’instruit des procédés du battage du blé, de la mécanisation à outrance.

#12 février – Naissance à Chartres de Géo Lefèvre, un nom indissociable du Tour de France. Journaliste sportif à l’Auto, en 1902, il a l’idée d’une épreuve cycliste de grande envergure. Il se confie à son rédacteur-en-chef, Henri Desgranges. Un an plus tard, le Tour de France est officialisé. Le vélo comme le journaliste sportif vont sortir grandis de cette initiative. Premier vainqueur : Maurice Garin au terme de six étapes et 2428 km à une vitesse moyenne de 25,679 km/h. Géo Lefèvre disparaît en 1961, toujours auréolé par son idée qui en fait aujourd’hui la plus grande course cycliste au monde.

25 janvier 1888Digny – naissance de l’artiste-peintre Georges Joubin, spécialiste des paysages, et qui remportera de nombreux prix de prestige. Il participe à la fondation de l’Ecole de Montmartre. Ses œuvres rassemblent également des nus, des portraits, des dessins à la mine de plomb et au fusain. Il détient encore de nos jours une côte importante. Il meurt en 1983.

# 14 août – Naissance à Chartres de Pierre Deramond qui, durant la guerre 14/18, fut pilote, et mena une action héroïque contre Un zeppelin. Il termina guerre avec cinq citations. Rappelé en 1940, il sera démobilisé. Prend sa retraite en 1960, et meurt vingt ans après.

# Pasteur à Marsauceux jusqu’en 1891, et théologien qui parlait sans cesse lors de ses sermons. Pour la petite histoire, ses administrès disaient de lui ‘’ Pour un pasteur, on a besoin d’un bon pasteur mais il parle tellement qu’on n’y comprend rien ‘’.

20 juin 1889 – Naissance à Béziers de Jean Moulin, personnage emblématique de L’Eure et Loir, héros de la Résistance qui sera nommé en 1939 préfet d’Eure et Loir. A l’arrivée des Allemands à Chartres, il refusa de signer une déclaration à propos de tirailleurs sénégalais ayant commis des atrocités. Dès lors, il se pose en résistant, sera révoqué par le gouvernement de Vichy. Dénoncé, arrêté à Caluire (Rhône), il meurt dans des conditions mystérieuses lors d’un transfert vers une prison allemande (1943).

# Début juillet 1890 – Décès à Mainvilliers du soldat napoléonien Algrain. Engagé à l’âge de 15 ans, il fit la campagne de France et celle des Cent jours. Médaillé de Saint Hélène.

# 4 août – Naissance à Aunay-sous-Auneau d’Henri Perronneau, pilote et as de la guerre 14/18 avec dix victoires homologuées.

# 19 août – Fondation du musée de Chartres.

6 novembre 1890 – Châteaudun – Naissance de Franck Prudhomme, un électricien installé à Brou, passionné de photographie. On lui doit une large production de cartes postales s’insirant de ces cichés sur le canton boutain..

1891 – Célèbre famille de potiers, les Le Gué exerçaient leur métier depuis la fin du XVIIIe siècle au hameau de la Poterie dépendant de la commune de Coudreceau. Ce village a connu une industrie de poteries très florissante puisqu’à cette époque, une quinzaine de familles en vivait, et en 1891, 33 foyers se consacraient à cette fabrication pour une population de 655 habitants en cette année là. Les Le Gué sont parmi les plus connus, et le dernier de la lignée Louis (1879/1954) fut le plus inventif avec une grande maîtrise de la technique exprimant tout son talent ce qui n’enlevait rien à sa façon de commercer. Le premier à initier cette lignée fut François Le Guée, installé en 1786 comme  » potier en terre  »

# Dans le cadre d’un recensement agricole dans le département, on a dénombré 42 752 chevaux, 79 mulets, 4898 ânes, 107 578 vaches, boeufs et veaux, 594 388 moutons, 23 256 porcs, 2 717 chèvres et 20 698 ruches.

# 18 juin – Cavalcade représentant Chartres à travers les âges, de même Théâtre ambulant, qui reprend une tradition interrompue en 1877.

#18 août – Tempête qualifiée de cyclone à l’époque à Dreux provoquant de gros dommages. Le quartier Saint-Thibault subit la grande majorité des dégâts connus par la ville.

27 juin 1892 – Naissance à La Framboisière de Maurice Achavanne qui sera fusillé par les Allemands à Rouen le 4 juillet 1940 pour acte de sabotage. Il est le premier résistant eurélien qui passe au peloton d’exécution.

# Un mystère qui reste entier à propos d’un Eurélien. Henri Courtonne serait un savant méconnu chartrain dont un semblant de certitude semblerait agréer une partie de ses études effectuées à Chartres. Comme il aurait approché la photographie en cette occasion. Le Figaro de juillet 1892 se serait fait l’écho d’un article sous la plume du physicien Gabriel Lippmann, connu pour ses travaux dans le domaine, où il salue une découverte de ce beauceron. Ce dernier aurait été à l’origine de la mise au point d’une image fixée sur une plaque par la lumière, pouvant être transmise aussi bien par le son de même par le fil téléphonique. Saluant Henri Courtonne, lui accordant l’insigne honneur d’être un digne émule de Nicéphore Niepce.Un mémoire aurait été déposé à cet effet, le 2 juillet 1889, à l’Académie des Sciences. Toutefois dans les tables ne figure aucun mémoire ou pli cacheté sur le téléphone associé à cette découverte. Plusieurs journaux étrangers ont relayé le nom d’Henri Courtonne à propos de la venue d’Edison à , pour présenter son invention du téléphone. Le Scottish Leader du 26 juillet 1889 cite Henri Courtonne dont finalement on ne sait rien.

# Artiste-peintre parisien, Jean-Pierre Goubiéa manifesta, tout au long de sa vie, un vif intérêt pour la chasse plus particulièrement à la Ferté-Vidame, en peignant de nombreuses scènes de chasse à courre.

1893 – Mise en œuvre d’une église néo-romane à Loigny-la-Bataille dédiée aux 1200 tués de la guerre de 1870/1871.

# 7 janvier – Jacques Gautron voit le jour à Sours, dont il fut maire, et de conseiller général. Élu sénateur, il refusa de voter les pleins pouvoirs à Pétain. Il meurt en 1974 après 33 ans de mandat de maire.

# Création du Mentchikoff, une confiserie sous forme d’un noyau de chocolat enrobée de sucre, somme toute une meringue suisse. Un façonnage imaginé par un certain Daumesnil, pâtissier chartrain, tenant échoppe rue de la Pie à Chartres, fervent de la Russie. Cherchant comment le dénommer, il eut vent de l’existence d’un prince russe, Alexandre Mentchikov.

1894 27 juillet – Duel entre MM.Deschanel, député d’Eure et Loir, et M.Clémenceau à propos d’un article outrageant publié dans la Justice sous la plume de ce dernier. M.Deschanel est légèrement blessé.

# 17 septembre – Réception par la municipalité de Chartres des officiers étrangers venu pour assister aux grandes manœuvres.

# 20 septembre – Grande revue à Châteaudun passée par le Président de la République Casimir Périer.

# 19 décembre – Naissance à Chartres de – En cette fin du XIXe siècle, celle de Madeleine Castaing, fille d’un ingénieur, maître d’oeuvre de la gare de Chartres. Bienfaitrice des arts, et protectrice du peintre Chaïm Soutine en sa célèbre maison de Lèves. Surnommée  » la petite Madeleine des décorateurs  », elle s’éteint en 1992.

# En cette fin de siècle, la population chartraine est évaluée à 23000 âmes.

# Naissance à La Loupe de René Aubert, peintre et lithographe, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Versailles. Il se signala comme illustrateur pour le compte de la presse, notamment pour ses coups de crayon illustrant le procès de Landru (1821). Il s’éteint à Versailles en 1977.

# 1895 – Châteaudun – naissance de Laure Chevry, infirmière pour le compte de l’armée anglaise en Belgique durant la guerre 14/18. Son activité fut dénoncée, et les Allemands la condamnèrent à mort, peine transformée en travaux forcés. L’Armistice la libère, et elle meurt d’une fièvre maligne en 1920 à Liège.

# Adélaide Duchon rend son âme à Dieu à Loigny-la-Bataille, Supérieur du Sacré Cœur de Jésus-Pénitent de Loigny. On la soupçonna d’assouvir des désirs aussi bien spirituel que temporel. Une version qui s’en sert pour préciser que cette sœur aurait acquis une importante richesse pour devenir propriétaire terrienne dans le but de participer à l’expansion de la communauté. Une notion d’incertitude semble peser sur cette religieuse, surtout qu’elle s’était liée d’amitié avec une voyante, Mathilde Marchat (1883). Prêtons-lui sa vocation dans le plus grand respect de la croyance en Dieu.

1897 – naissance à Saint-Loup-en-Beauce (La Bourdinière) d’Ephraim Grenadou, héros d’un roman sorti en 1978 sous la plume d’Alain Prévost.Toute la vie de cet homme avec ses illusions, ses désillusions, son métier, la terre, le village. Charretier dans un premier temps, puis éleveur de veaux ensuite de cochons, il se sera engagé à 18 ans dans l’artillerie et combattra au Chemin des Dames. Il se marie en1909 avec Alice dont il aura trois filles. En 1930, il s’engage pour la défense des agriculteurs, en 1944, il s’engage chez les FFI. Il s’éteint en 1979.

# 13 janvier – Le marquis de Tarragon offre à la ville de Châteaudun sa collection de 2500 oiseaux naturalisés provenant du monde entier.

# 18 octobre – Promenade du Mail, inauguration du monument dédié aux défenseurs de Châteaudun en 1870 , et sculpté par Antonin Mercié

189827 février Chartres – un réseau de tramways est déclaré d’utilité publique.

# 27 avril – Naissance à Châtillon-en-Dunois de Germain Delatousche qui, d’abord élève du maître-verrier chartrain Lorin, révèle plus de dons pour la peinture, plus spécialement les paysages. Par la suite, il se découvre un intérêt pour la gravure, et réalisera douze sculptures sur bois qui vont lui valoir une notoriété publique. Décédé en 1966.

# 31 décembre – Frétigny – Naissance d’Ernest Pavée, maire de sa commune, ancien combattant à la guerre 14/18, et surtout résistant en 39/45 au sein du maquis de Plainville dont il fut l’initiateur. Maintes fois décoré et cité notamment par Jean Moulin et le Général Eisenhower. Il meurt en 1985.

9 janvier 1899 – Ouverture de la 1ère ligne de tramway en Eure et Loir entre Dreux et Brezolles longue de près de 24 km.

XXe siècle.

Développement des comices agricoles datant de fin XVIIIe et supprimés sous la Révolution. Ainsi, la foire de la Saint-André qui devient en quelque sorte fête foraine. La spirale en matière d’économie de marché a pour but de s’enrichir en vendant du blé (capitalisme) et la fortune est transmise aux héritiers. Les grands propriétaires – dont certains ont profité à la Révolution de la vente des biens d’église – se contentent de vivre de la rente foncière, pour certains même étrangers à la Beauce. Une inégalité profonde apparaît dans le monde rural où les petits durent à la peine démontrant que les ressources ne sont pas réparties de la même façon, un héritage de l’an cien temps et qui se perpétue – Les exploitations couvrent entre 45 et 300 hectares (moyenne 60 hectares). A cette époque dans un village typique beauceron, on note une ou deux fermes de 110 à 160 hectares, et une dizaine de 40 à 100 hectares. Le morcellement a lieu au fil des années ce qui menant à un remembrement en 1953.

1900 Chartres (cathédrale) – A la veille du grand pèlerinage, au mépris du vide et de la hauteur, Antoine Soumeilhan, charpentier chartrain, sous des centaines d’yeux ébahis, l’échelle de fer rouillée, va escalader allègrement le clocher neuf, avec pour but objectif la croix qui le surmonte pour y dérouler dans le sens du vent au large, l’immense oriflamme bleu et blanc qu’il porte sur son dos. Non content d’être arrivé à ce qu’il veut faire, il entreprendra cette escalade à plusieurs, reprises. Pendant ce temps, sa femme , avec la peur au ventre, va s’enfermer dans leur petite maison rue du Puits-Berchot, afin de ne rien voir, ni entendre, elle se réfugie dans sa cave. La peur, c’est elle qui l’avait. Un spectacle pour les Chartrains qui s’étaient pressés pour voir cet exploit que cet homme venait d’accomplir le plus naturellement du monde, posant même pour les photographes pour fixer d’une façon éternelle cet exploit qu’il assumait. Bien sûr il y eut des moments délicats, en raison de l’importance de l’oriflamme : 10 m de long, 2,50 de large. Assurant sa sécurité comme tout charpentier qui sait le faire, bien calé, la foule le voit alors effectuer un demi-tour, et procéder au décrochage de l’oriflamme de son dos. Sous les yeux des spectateurs, pour certains horrifiés craignant à tout moment une chute, l’homme de l’art va alors assureur son équilibre avec ses genoux pour rendre ses mains libres. Ceci tient d’un certain exploit. Libre de ses mains, il développe alors le calicot. Une opération réussie sous les vivats d’une foule scotché par cet acrobate. Tout cela le plus naturellement du monde. En 1902, il fut appelé pour participer à la réfection dudit clocher que les intempéries avaient endommagé. La construction de l’échafaud lui fut confié. Les poutres lui furent amenées à l’intérieur du clocher, et par une petite lucarne, il put ainsi les passer une à une, et avec une corde les assembler pour former en quelque sorte une couronne d’épines autour de la pyramide. Les poutres étaient fichées dans chaque lucarne, au nombre de douze à 80 m de haut. Le démontage aura lieu courant 1904. (réf. Pays de Chartres – avant 1914 – André Rioton – 1981)

# 15 août – dernier loup abattu en Eure et Loir à Thiville (Dunois)

# novembre , Noël Ballay est nommé Gouverneur général de l’AOF (Afrique Occidentale Française)

# 8 septembre – naissance à Chartres de Raymond Isidore, dit Picassiette, artiste du naïf. Il meurt dans sa cité natale le 7 septembre 1964. Auteur de la célèbre maison Picassiette qui ravit, étonne de nos jours les nombreux visiteurs venus admirer cette œuvre de l’art naïf. Un travail grandiose mené avec l’aide de débris de verre et de faïence menant à la réalisation de mosaïque.

# Se situe la mise sur le marché d’une spécialité fromagère denommée ‘’ fromage de ménage ‘’, et plus tard fromage à la feuille de Dreux. Hélas, le fromage perdit un peu de son intérêt. En effet, la surveillance sanitaire de l’Europe lui a enlevé ce qui faisait son essentiel : la feuille de châtaignier interdite pour raisons santaires.

# 15 décembre – naissance à Aunay-sous-Auneau d’Hellé Nice (Hélène Delangle), pilote automobile dont la carrière de pilote notamment de Bugatti va la mener d’exploit en exploit, rivalisant avec des hommes, arrivant également à les battre.

27 octobre 1901 – Joseph Caillaux, ministre des Finances inaugure le Monument aux enfants d’Eure et Loir pourla patrie, érigé Butte des Charbonniers à Chartres. Pas moins de 15 000 personnes assistèrent à cet événement.. Le Monument fut sculpté par Louis-Joseph Félix Cirasse, chartrain d’origine, né en 1853

26 janvier 1902 – Décès de Noël Ballay dont les obsèques nationales se déroulent le 4 mars en la cathédrale de Chartres.

# 29 juillet – Venue au monde à Epernon de Jacques-André Boiffard, photographe et illustrateur d’André Breton, l’un des pères du surréalisme. Il illustre en 1928 l’ouvrage Nadja. Exclu, il se vengera en publiant un pamphlet où il représente André Breton avec une couronne d’épines. Il meurt à Paris en 1961.

# 22 août – naissance à Mézières-en-Drouais de Jacques Debû-Bridel, homme politique, membre du conseil national de la résistance, député, puis sénateur, puis directeur de Radio-Monte-Carlo. C’est un pilier du gaullisme. Écrivain il a obtenu le Prix Interallié.

# 5 octobre 1902 – naissance à Verneuil-sur-Avre du dessinateur Daniel Laborne, créateur du personnage de Lariflette.Décès en 1990.

1903 – Charles Nessler aurait pu ne pas sortir de l’anonymat, s’il n’avait été été un photographe amateur passionné. Confiseur de métier, il n’avait de cesse, à ses moments libres, de déambuler dans Chartres, et prendre des photos. L’un d’entre elles est devenue célèbre, représentant un échafaudage sur le vieux clocher de la cathédrale.

# 28 décembre – naissance à Nogent-le-Rotrou de Jean Liberge, artiste-peintre spécialiste des paysages

4 juillet 1904Chartres : inauguration du monument dédié à Noël Ballay sans le square du lycée.

# 1 octobre – décès au château de Rougement à Cloyes-sur-le-Loir de Jean-François-Albert du Pouget de Nadaillac

1905 – Fondation par les frères Magnan à Nogent-le-Rotrou d’une célèbre usine de pianos mécaniques qui cessera son activité le 31.12.1934 avec l’avènement du phonographe.

# Décès à Nogent-le-Rotrou d’Arthur Proust, architecte et peintre, spécialiste du panorama.

# Mise à jour de haches à talon au Gué de Longroi de l’âge du Bronze moyen

# Découverte à Lutz-en-Dunois de haches à douille dont il semblerait qu’elles soient de fabrication normande, puisque des ateliers de ce types’étaient installés en plaine de Beauce.

1908 – naissance à Fessonvilliers de Mireille Marokvia, émigrée au Mexique, Ecrivaine, auteur de livres traitant de la Seconde Guerre mondiale et de l’Allemagne nazie Elle meurt au Mexique le 19 octobre 2008.

# Naissance à Dreux de Jacques Oudin. Biologiste de renom, il fut nommé chef du laboratoire d‘immunologie d’immunochimie analytique (1944), et à l’origine de la naissance de l’immunologie génétique. Décédé à Paris en 1985.

# 23 mai – naissance à Chartres de Jeanie Marèse qui connut un certain succès dans des comédies musicales. Alors qu’elle se tournait vers le cinéma et qu’on lui présidait une belle carrière, si l’on en juge ses premières prestations, elle trouve la mort le 14 août 1931 dans un accident de voiture dans le Var alors qu’elle se trouvait passagère d’un véhicule conduit par l’acteur Georges Flamant. Ils venaient de tourner un film de Jean Renoir, intitulé La Chienne, et elle était la partenaire de Michel Simon.

# 29 septembre – naissance à Châteaudun de Marcel Pottier, artiste-peintre, médecin et grand voyageur sur toutes les mers du globe. Décédé en 1951

# 31 octobre – Louis Blériot réalise le premier vol de ville à ville partant d’un hangar au lieu-dit des Champs-Perdus à Toury pour atterrir 14 km plus loin près du château d’Auvilliers à Artenay(Loiret), et il repart dans le sens inverse, accomplissant ainsi 28 km en 11’20 » sur son avion monoplan Blériot VIII

# 6 novembre 1908 – à son tour,, et beaucoup plus modestement car il n’a pas le soutien financier, Alexandre de Lailhacart entreprend un vol à Saint-Chéron des Champs sur une distance de 300 m, sur une hauteur de 2 mètres.

janvier 1909 – un certain M.Horust procède à l’essai à Saint-Piat d’un planeur de 12 mètres de long et de 3m30 en forme d’oiseau aux ailes déployées.

# 9 février – débat à l’hôtel de ville de Chartres pour la création ou la possibilité de créer une activité aéronautique. L’ingénieur Gangler se voit confier le projet. Des expériences d’aviation sont autorisées sur le champ de manoeuvres.

# 14 février – La Dépêche d’Eure et Loir cherche des fonds pour l’installation d’un hangar.

# 15 avril – Le hameau de Bretigny est choisi comme lieu de l’aérodrome de Chartres, en raison de sa proximité avec la ligne de chemin de fer Chartres-Angerville.

# 30 octobre – naissance à Authon-du-Perche de Jean Le Moal, maître-verrier dont l’essentiel de la carrière se déroula à Paris

# 6 novembre – Au  » Hameau des planches  » nom de l’ancien aérodrome de Chartres (côté Gellainville sans que cela soit réellement défini en raison de la disparition des documents du cadastre), un appareil Grégoire avec pour pilote Jacques de Lailhacar parcourt près de 300 mètres à deux mètres du sol ! Chaque essai était salué par un drapeau hissé sur le Gran Monarque.

1910 – naissance à Allaines de la célèbre chroniqueuse Carmen Tessier connue pour ses Potins de la Commère dans le journal France-Soir.

# Décès à Nogent-le-Rotrou, sa ville natale, Emilie Hurvoy de Portzamparc, aquarelliste de talent, avec la réalisation d’un album de quarante dessins aquarelles consacrés à sa ville natale.

# Colporteur en mercerie, préhistorien et surtout folkloriste beauceron, Gustave Fouju fut président des Amis de la Beauce. Parcourant les plaines entre Orléans et Etampes, passant par Chartres, appareil photo en bandoulière, il photographie les gens, les paysages, les fêtes populaires entre 1910 et 1913, autant de témoignages inoubliables de cette période sous forme notamment de 1100 plaques de verre. Il s’intéresse également aux fouilles de Changé (Saint-Piat) fixant pour l’éternité ces moments cruciaux pour l’historique de ce site haut en couleurs et en découvertes. Il décède en 1932 à l’âge de 76 ans.

# 18 janvier– décès de Charles Famin, président de la Société Archéologique. Il avait été architecte, abandonnant sa profession pour venir s’installer à Chartres, et vivre de ses rentes

# – Pierre-Henri Vaillant (1878/1939)est graveur. Bien que Parisien, il vient souvent à Chartres, et cette année réalise deux eaux-fortes de l’Eure dans la cité beauceronne. Il sera également décorateur de l’Hôtel des Postes.

# Mai 1910 – le barrage de Boizard à Pontgouin classé monument historique. Conçu par Vauban, c’était les débuts de construction de l’aqueduc devant desservir en eau le château de Versailles, à partir de l’Eure et d’un lac en cet endroit de 6/7 km de long.

# 7 août– Hubert Latham pose son aéronef dans la propriété de Maillebois appartenant à sa mère.

# 25 septembre – Edmond Poillot, pilote, se tue à Gellainville.

28 janvier 1911 – Décès à Paris de Gaston Couté à l’âge de 31 ans. Bien que né dans le Loiret, une partie de lui-même fait partie de la Beauce, considéré comme le chantre des grandes plaines et des paysans beaucerons, et surtout les petites gens dont il exaltait, à sa façon, l’existence. ‘’ Un gars qu a mal tourné ‘’ fait partie de ces chansons qui ont marqué la terre eurélienne, l’espace certes d’un temps très court, mais suffisant pour être dans la mémoire.

# 24 juin – Naissance à Allaines de Carmen Tessier, célèbre chroniqueuse avec ses Potins de la Commère qui enchantèrent les lecteurs de France-Soir

# 2 septembre – Pierre Maron trouve la mort à Berchères-les-Pierres aux commandes de son avion Savary

# 23 octobre – obsèques d’Athanase Charrette de la Conie à Loigny, qui, en qualité de général de brigade, combattit à Loigny à la tête de ses Zouaves Pontificaux. Il est inhumé au milieu de ses soldats.

Mars 1912 – un certain René Servais expose au grenier de Loëns à Chartres, un avion de sa fabrication. Il faut payer pour aller le voir, avec le secret espoir que la curiosité populaire l’aidera à réaliser son rêve : voler, c’est-à-dire pouvoir s’acheter le moteur. Il arrive à ses fins, et vole pour une première et…dernière fois, puisque l’avion s’écrase au sol, et détruit entièrement, son pilote s’en tirant avec quelques contusions.

# Le plus connu des pilotes formés à Chartres, Frantz, en 1912, mène à la victoire un Savary lors d’un concours militaire. L’année suivante, il récidive, pour la coupe Pommery, en s’envolant, d’une seule traite, une première fois de Chartres à Soignies en Belgique. Il tente un deuxième exploit désirant relier Douai à Poitiers, mais sa bonne fortune le trahit, puisque son moteur le lâche.

Juin et septembre – pèlerinage de Charles Péguy qui honora de ses vers la cathédrale de Chartres  » son vaisseau amiral  ». Notons qu’il a été tué au tout début de la Grande Guerre, le 5 septembre 1914.

# 20 octobre – Naissance à Brou de Maurice Vouzelaud. Cheville ouvrière de l’armurerie éponyme créée en 1888, il a permis à cet établissement broutain d’être parmi les toutes premières armureries françaises, et connue sur le plan mondial. Résistant durant la guerre 39/45, il contribue, avec son épouse, à acheminer les aviateurs alliés abattus vers l’Angleterre. Il sera décoré de la prestigieuse  » medal of freedom  », et le couple se verra attribuer la Légion d’honneur. A la Libération, il reprit les rênes de son commerce pour le porter au rang qui est le sien de nos jours.

5 novembre 1912 – Gustave Maréchal s’écrase avec son avion et se tue. Il avait obtenu son brevet à Chartres un mois auparavant.

1913 – inauguration de l’hôpital de Dreux

# Année de naissance à Chartres (?) d’André-Lucien Jean, artiste-peintre chartrain, animateur de ciné-clubs, et collaborateur du cinéaste René Clair.(décédé en 1982)

# 26 mars – Chartres – Jacqueline de Romilly voit le jour. Docteur és-lettres, professeur au Collège de Francen première femme à y entrer décrochant la chaire de la Grèce antique. En 1989, elle est reçue à l’Académie Française. Traductrice de nombreux textes de Thuclyde, historien grec du Ve siècle pour qui elle nourrissait un véritable culte.

# 10 décembre – naissance à Chartres d’André-Lucien Jean, artiste-peintre. Jeune, il montra d’étonnantes dispositions dans le dessin, de même dans la photographie. Il collabore au sein de la maison de production du cinéaste René Clair. Par a suite, sa réelle vocation : la peinture où il va développé son sens inné dans son domaine ponctuée de bon nombre d’expositions dans des salons prestigieux. Il fut proche de nombreux peintres, notamment William Clochard. Très attiré par le cinéma, il anime également le ciné-club chartrain. Il meurt en 1982.

1914 – Le département comme tant d’autres voit plus de 21 000 hommes partir à la guerre(dont 6 000 morts au combat et ¼ d’entre eux sont des cultivateurs + un millier de mutilés)ce qui implique de faire appel à une main d’œuvre conséquente, puisque ce nombre représente 1/3 de la main d’œuvre réelle. Un manque conséquent. Malgré l’appel à toues les bonnes volontés, voire faire travailler des prisonniers de guerre, cela est insuffisant, et on se rendra compte en 1918 que 6 000 hectares ont été laissés en friche.

# Le réseau ferroviaire (eurélien) comprend 700 km dont 200 pour le tramway

# La société Robert Savary Aéroplanes s’installe à Chartres pour vivre de la réparation des avions et automobiles de la garnison. Savary avait obtenu son brevet sur ce même aérodrome. Dans le même temps, le sous-lieutenant Marcel Desrues, pilote de la société Bréguet, a testé tous les avions de son époque avec 1300 heures de vol. Devenu instructeur sur l’aérodrome de Chartres, 3260 candidats pilotes militaires vont passer sous  » sa coupe  » à l’école de pilotage durant la guerre 14/18.

# 17 février – Frazé – Gilbert Roger, athlète de la marche routière, il est s’est illustré dans une période entre 1946 et 1958, remportant notamment six Strasbourg-Paris dont en en 1953 qui est un record puisqu’il a accompli la distance de 515 km en 66h50 soit à une moyenne de 7,705 km/h, ce qui est prodigieux pour cet homme qui avait alors trentre-neuf ans. Il a réalisé en 24 heures de marche sur route 225,50 km ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Il a vécu quelque temps à Chartres, participa à la compétition des 100 km du Perche.

# 25 mars – disparition à Chartres de Victor Gilbert, l’un des initiateurs du futur aérodrome de Chartres.

# 18 juin – le capitaine Félix Julien procède à Chartres à l’essai d’un avion à stabilité automatique, un monoplan conçu par l’ingénieur polonais Drzewicki. A 600 mètres de hauteur, l’appareil se cabre, puis plonge pour s’écraser au sol, tuant le pilote, âgé de 29 ans. Ce dernier se trouvait à Chartres, ayant été chargé de mettre en place un squadron de pilotes français pour le Maroc. Félix Julien avait obtenu son diplôme de pilote à Chartres le 19 octobre 1910.

# 5 juillet – naissance à Chartres d’Alain de Boissieu, futur gendre du général de Gaulle, et général d’armée.

# 27 juillet – naissance à Lèves de Jacques Damiot, célèbre collectionneur d’automates. Mort à Paris le 20 septembre 1983 et inhumé à Chartres.

# 19 août – naissance à Luisant de Maurice Bourgès-Maunoury qui sera plusieurs fois ministre.

# 26 août – Athlète de haut niveau dans le domaine du cross-country, né à Chartres le 30 septembre 1885, Maurice Brandon trouve la mort à Gauroncourt, faisant partie de ces milliers de Français au début de la guerre 14/18, fauchés par les mitrailleuses allemandes.

# 27 août – Alors que Dreux est éloigné des champs de bataille, la ville voit arriver un premier contingent de blessés, et ainsi jusqu’à septembre, plus de 300 soldats plus mutilés par une guerre qui, au début, va voir mourir le plus grand nombre de combattants français par rapport à l’ensemble de la guerre.

# 31 août 1914 – arrivée à Châteaudun de deux trains transportant 270 militaires blessés lors des dernières batailles dans l’est

# 22 septembre – Lucien Moreau, originaire de Sours, est tué au combat dans l’Oise. Un frère mourra quelque temps après, et deux autres seront portés disparus, comme tant d’autres d’une guerre qui fut très meurtrière à son début. Quatre frères d’une même famille qui paie un lourd tribut.

# 1 octobre au 15 novembre – une association de Secours aux Blessés va ravitailler de jour comme de nuit à Châteaudun 67 trains transportant en moyenne de 4 à 5 000 blessés.

Janvier 1915 – création à Chartres d’une école d’aviation de chasse. 3018 aviateurs seront formés jusqu’en 1918 sur 20% des pilotes présents lors de la Première Guerre Mondiale.

# 12 janvier – Disparition à Châteaudun d’égyptologue Michel Amelineau à l’âge de 65 ans. Il conduisit bon nombre de fouilles, et mis à jour plusieurs tombes comme celles de Sethy 1er et son fils Ramsès II, de même Ouadji, souverain d’Egypte. Il fit don de ses collections personnelles à la ville de Châteaudun comme on lui doit de nombreux ouvrages à la fois sur les fouilles et sur la relgion copte.

# 11 mars – la ville de Chartres met le cellier de Loens à la disposition de l’armée pour stocker en réserve l’avoine.

# 28 septembre – Originare de Senonches où il naquit en 1886, Albert Massot s’illustra en athlétisme devenant champion du 5000 mètres. Il trouve la mort à Saint-Hélarie le Grand (Marne) tué à l’ennemi.

# 23 juillet 1916 – France Jules Vaucel est fusillé. Drouais d’adoption par son mariage, il travaille à Dreux. Il se soustrait à la mobilisation en 1915. Un an plus tard, il est arrêté près de Nogent-le-Roi. Janvier 1916, il est dans les tranchées, et subit une attaque au lance-flammes. Il est porté disparu, mais en réalité, il a rejoint Dreux, espérant être à l’abri. Il est cependant arrêté, s’évade, est pris, et il passe devant le Conseil de guerre. Malgré l’assistance d’un avocat, tout en se justifiant d’avoir eu peur du lance-flammes, il est condamné à mort. Il avait 28 ans.

1917 – mauvaise récolte de blé.

# 25 mars – accident de pilotage sur le terrain de Chartres, qui entraîne le décès de l’adjudant Joseph Berthod. Il avait 30 ans.

# 28 juin – Edouard Emile Louis, 28 ans, originaire de Maintenon est passé par les armes. Sa fiche comportant la mention ‘’ Non mort pour la France (fusillé) ‘’. Le parcours atypique pour un homme d’abord déserteur, puis décoré pour acte de bravoure et promu sergent. A nouveau déserteur, dégradé, s’enfuit, se transforme en vendeur de bicyclettes volées. Arrêté, à nouveau évadé, tue un gendarme, et condamné à mort en Conseil de guerre.

# 30 juin – manifestation des agriculteurs qui protestent contre les réquisitions brutales de certains d’entre eux pour aller travail dans les usines d’armement.

1918 -décès à la Ferté Vidame (Château du Hallier) de Pierre Humbert, architecte, des suites d’une blessure au combat.

# La guerre a fait perdre plus de 20 000 h dans le département, soit une diminution de 7,5% entre 1911 et 1921. La modification démographique engendre une perte dans les zones rurales, amoindrit le paysage social des campagnes, remet en cause l’agriculture en elle-même.

# 29 avril – Le caporal Roger Narbey, breveté pilote en novembre 1917; se tue accidentellement. Il avait seulement 19 ans.

# 1 mai – le caporal Marcel Marchal, 19 ans, breveté pilote militaire, trouve la mort en s’écrasant sur le terrain de Chartres.

# 9 mai – Gilbert Garache nait à La Bazoche-Gouët. Lieutenant, il fit toute la guerre 39/45 sur de nombreux théâtre d’opérations. Après la guerre, il fera carrière diplomatique, et meurt en 2005 à Maisons-Laffitte.

# 22 juin – Le sergent Ladislas de Gembicki , 22 ans, moniteur polonais au groupement Nieuport de l’école de Chartres, s’écrase avec son avion à Prunay-le-Gillon, et y trouve la mort.

# 30 juin – Le sergent Emile Molon, 28 ans, meurt dans l’accident de son avion qui s’est écrasé à Sancheville. Il avait obtenu son brevet de pilote quatre mois auparavant.

# 19 juillet – le caporal Alexandre Jurant se tue aux commande de son avion en s’écrasant sur le terrain de Chartres. Il avait 23 ans et avait décroché son brevet de pilote en février de la même année.

# 15 août 1918 – bombardement de Chartres lors de la bataille de la Marne.

Octobre 1918 – La grippe espagnole sévit à Chartres entraînant de nombreux décès. Une hécatombe menant à plus de 200 000 morts dans l’hexagone

# 1914/1918 – Plus de 10 000 morts ou disparus euréliens lors de la 1ère guerre mondiale.

8 janvier 1919 – Le sergent Auguste Monfrin, moniteur, s’écrase avec son avion, et décède le même jour à l’hôpital mixte de Chartres.

Janvier 1920/1921 – Gustave Lhopiteau est garde des Sceaux, pendant un an.

# 17 janvier 1920 – élection de Paul Deschanel à la Présidence de la République qu’il assumera sept mois avant de démissionner pour santé mentale Il fut sous-préfet à Dreux, puis député d’Eure et Loir, et président de la Chambre des députés.

# 29 février – énorme explosion rue du Soleil d’Or à Chartres, vers 18 heures, provoqué par une bouteille d’acétylène dans un magasin des Messageries Melissard. S’en suivirent de gros dégâts, et on déplora le décès de deux victimes qui passaient dans la rue au même moment.

# 31 décembre Chartres – venue de P.Deschanel en compagnie de M.Lhopiteau à l’hôtel du Grand-Monarque, pour une réunion électorale.

1921 – René Aubert, originaire de La Loupe, peintre et lithographe, régale les lecteurs de l’Excelsior avec ses dessins de personnages pris sur le vif lors du procès de Landru qu’il suivit du premier au dernier jour de l’audience.

#1921 – publication d’un recueil de chansons beauceronnes sous le titre Par la grand’route et les chemins creux par Maurice Hallé chansonnier, originaire du Loir et Cher.

# 6 juillet – Casimir Veignal condamné à mort pour avoir égorgé au cran d’arrêt une personne dont il voulait dévaliser la maison, est guillotiné à Chartres.

# 9 octobre – Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Michel Boisrond, une des grandes figures du cinéma français, offrit sa chance à Brigitte Bardot au début de sa carrière (La Parisienne – Une Sacrée gamine). Auteur de séries télévisées, notamment Police des polices (1995). Il s’éteint à La Celle-Saint-Cloud en 2002.

# 24 novembre 1921 – le boxeur Eugène Criqui vient s’entraîner à Villemeux. Deux ans plus tard, il devient champion du monde des poids plume.

# 10 décembre 1921 – décès à Chartres de Francis Vovelle, directeur du théâtre de Chartres. Il avait été, par le passé, potier d’étain et balancier-ajusteur.

# L’Eure et Loir s’ouvre au cinéma muet avec deux tournages de deux films qui sont passés au rang des oubliettes bien qu’ils aient été considérés des sortes de longs-métrages avec les moyens de l’époque, et obtenant un succès à a hauteur de leurs ambitions. L’un à Chartres, un thème qui va s’avérer récurrent, par la suite, avec les Trois Mousquetaires du réalisateur Henri Diamant-Berger, l’autre à Cloyes-sur-le-Loir du cinéaste André Antoine avec pour thème le célèbre roman d’Emile Zola, La Terre. Un film hautement apprécié pour la qualité de son interprétation, et du soin apporté à la réalisation.

#1922 – Dans la famille des Pontrol-Pontcarré qui possède le château de Villebon depuis 1812, Pierre de la Raudière en hérite.

# – Jean Vigo (1905/1934) est étudiant à Chartres. Son passage dans la cité beauceronne marquera tellement ce réalisateur qu’il en fera un film Zéro de conduite, d’abord censuré puis rétabli dans son bon droit.

# 4 février – naissance à Billancelles d’André Brûlé, coureur cycliste professionnel qui connut une honnête carrière, et termina 12ème du Tour de France (1948). Décédé à Clamart en 2015.

1923 – Le 22ème régiment d’aviation vient s’installer à Chartres.

# 25 septembre – Naissance à Fresnay-l’Evêque de Jean Feugeureux, peintre emblématique de l’Eure et Loir dont l’oeuvre est immense. Il meurt à Chartres en 1993.

# Charles-Victor Garola s’éteint. Agronome, il était le fondateur et directeur de la société agronomique de Chartres. Sa fille Jeanne lui succède, et à ce titre, la première femme à l’être.

– 9 février 1924 – obsèques du duc de Montpensier en la chapelle royale de Dreux

# 1924 – première fouilles archéologiques sur le site de Changé (Saint-Piat). Un site qui sera exploité plus tard durant dix-sept ans sous la conduite de Dominique Jagu, et qui a permis de retracer 6000 ans d’historie, du premier âge des métaux à la réutilisation par les Mérovingiens pour en faire une nécropole. Le site aura à déplorer des vols de squelettes.

2 août 1924Chartres – Championnat du Monde de cyclisme sur route

# 24 décembre ArrouBois-Ruffin est classé monument historique

1925 – le peintre Vlaminck s’installe à Rueil-la-Gadelière et y réside jusqu’à son décès le 11 octobre 1958.

# Le célèbre écrivain britannique,Rudyard Kipling, fort auréolé de ses prestigieuses publications, publie un long poème sur la cathédrale de Chartres, en particulier ses vitraux. Au lendemain de la guerre 14/18 , il s’était rendu une première fois dans la cité beauceronne, mais fût déçu de ne pouvoir admirer les vitraux précautionneusement démontés. Il revint, décidé à se livrer à la poésie pour saluer à sa manière ce chef d’œuvre du gothique flamboyant.

# Paul Claudel se rendit à dix reprises en la cathédrale de Chartres, impressionné par ce monument de la chrétienté ‘ « Au milieu de l’immense Beauce moissonnée, les deux clochers aigus de Chartres. La cathédrale toute illuminée des pierres du soleil couchant. Immense embrasement de pierreries, littéralement comme les portes de Jérusalem dans l’Apocalypse. »

# Décès de Maurice Maunoury,62 ans, qui fut maire de Luisant, et cousin du maréchal Maunoury. Amputé de la jambe droite lors de la guerre 14/18, il terminera comme chef d’escadron d’artillerie. Ministre de l’Intérieur (1922/1924), il se positionne comme adversaire farouche de la gauche qu’il accuse de bolchevisme. Il est battu à de nouvelles élections, et se retire amer pour l’ingratitude qu’on lui témoigne.

# Disparition de Louis Royer. Particulièrement connu pour avoir peint des fresques sur la vie de Jeanne d’Arc, son attache avec l’Eure et Loir, réside dans le fait qu’il participa à la bataille de Loigny le 2 décembre 1870 dans les Volontaires de l’Ouest sous le commandement du général Athanase de Charette. Il n’a pas 18 ans. En souvenir de ce moment tragique, il  fera don à la nouvelle église reconstruite de Loigny deux tableaux, l’un représentant les Volontaires de l’Ouest entendant la messe avant de monter au combat, et l’autre l’agonie du général de Sonis sur le champ de bataille.

# 13 mai – Le lieutenant Henri Simon du 22ème régiment d’aviation, se tue en s’écrasant avec son avion à quelques mètres de la Maison du Saumon à Chartres.

# 27 juin – dernière exécution capitale à Dreux devant les grilles de l’ancienne gendarmerie démolie courant 2010. Le condamné à mort, Noël Charpentier , 27 ans, est guillotiné alors qu’il avait tué un cordonnier pour lui voler quelques sous. Le bâtiment de la gendarmerie datait du XIIe siècle, et dans la cour il y avait l’ancienne prison construite en 1824

# 22 juillet – création de la chambre des métiers d’Eure et Loir.

# 27 août – célébration de l’arrivée de l’électricité à Chaudon .

1927 – sucrerie de Toury – plein essor avec 900 ouvriers travaillant sur le site.

# 21 janvier – disparition à Chartres d’Anais Roger, épouse du général de Sonis, héros de la bataille de Loigny. Elle avait 96 ans, et le couple eut 12 enfants.

# 1 mai/6 juin– Fêtes mariales à Chartres (tous les 25 ans)

# 22 août – décès à Senonches de Charles Pitou, poète percheron. Auteur soucieux du patrimoine régional, on lui doit de savoureux récits sur l’environnement percheron. Sur sa tombe située à Logny-au-Perche, de nombreuses citations de ses œuvres.

# 9 novembre – Joseph Claussat, docteur en médecin député, 51 ans, tient de sa relation avec l’Eure et Loir, le fait de mourir brutalement d’un AVC alors qu’il chassait à la Ferté Vidame. Son épouse, Marguerite Soucouman, sous le cou de la douleur, se suicidera trois jours plus tard.

1928 – Les Pressoirs d’Epernon sont inscrits aux Monuments historiques.

11 mai – Naissance à Châteaudun de Guy Boissière qui sera l’entraîneur emblématique de la natation française, et qui découvrira de nombreux talents comme Alain Mosconi, Stéphane Caron, Michel Rousseau.

1929 – naissance à Auneau de Maurice Fanon, auteur-compositeur mal aimé. L’auteur de l’Echarpe n’a jamais eu la reconnaissance qu’il était en droit d’attendre. Il meurt en 1991 après une tournée au Japon.

# 1 décembre – Naissance à Châteauneuf-en-Thymerais de Jean-Marie Poirier, élu plus jeune député de France en 1962, puis chargé de mission auprès du Premier Ministre Jacques Chirac. Elu maire de Sucy-en-Brie en janvier 2007 quelques jours avant sa disparition (30 janvier).

26 février 1930 – naissance à Lutz-en-Dunois de Maurice Dousset, exploitant agricole et surtout homme politique, à l’origine de la création de la Maison de la Beauce à Orgères-en-Beauce (1995).

# 30 mars – Paul Guillon est co-fondateur de l’Echo Républicain de la Beauce et du Perche avec Adrien Bertholon, directeur de la dépêche d’Eure et Loir. Le but : faire de l’ombre à la Gazette, journal de Maurice Viollette. Son premier numéro sous forme d’hebdomadaire paru ce jour précis à La Loupe.

23 septembre , Ernest Roi, – dernière exécution par la guillotine en Eure et Loir. Celle-ci a lieu à Dreux, le condamné à mort, Ernest Roi a 19 ans et jugé pour avoir tué une commerçante.

1932 – les cours du blé s’effondrent. Les cultivateurs qui ne peuvent stocker sont acculés à la faillite en attendant la remontée des cours.

# – Nogent-le-Roi – un certain Monsieur Dreyfus fait démonter une bâtisse datant du XVI e siècle située à Blévy et la fait reconstruire pièce par pièce dans le respect de son ancienneté, et qui prend le nom de Blévinière. Une maison qui existe encore de nos jours dans son aspect originel.

# Henri Epstein, artiste-peintre et surtout dessinateur illustrateur d’origine polonaise, a débarqué en France vingt ans auparavant. En cette année 1932, il découvre l’Eure et Loir, grâce à un médecin de Hanches, son mécène. Il s’installe à Epernon, et se met à reproduire les paysages d’Eure et Loir qu’il affectionne, et surtout les cours d’eau. Il fut l’ami de Soutine. Malheureusement, lors de la guerre 39/45, il est dénoncé étant de confession juive. La Gestapo l’arrête, et là s’arrête sa vie puisqu’il serait mort avant d’arriver à Auschwitz.

# 6 février – Après avoir parcouru 2000 kilomètres dans tout le département d’Eure et Loir, avec une simple brouette, Robert Delbart revient à Courtalain, son point de départ.

# 7 juillet – décès à Châteaudun de Victor Debrée,78 ans, dit Penel, chansonnier. Outre sa vocation de distraire, il tenait magasin de parapluies, et fût également tambour de ville dans sa ville de naissance

# 19 septembre – Originaire de Nogent-le-Rotrou, André Badin mena une honnête carrière d’acteur, avec 128 rôles notamment avec De Funès dans le Grand Restaurant et la Zizanie. Il s’éteint à Paris en 2009 à l’âge de 77 ans

14 janvier 1933 – 3 000 agriculteurs manifestent, retiennent en  »otage  » le Préfet, Edmond Caillet, pendant plus d’une heure.(place des Halles).

# Henri Ey, figure emblématique de la maladie mentale exerce alors à Hopital psychiatrique de Bonneval. A cette époque, un service de 350 lits que ce spécialiste assura jusqu’en 1970, tout en enseignant à l’hôpital Sainte-Anne, rendez-vous prisé par tous les professionnels, dénommé sous le nom des Mercredis de Sainte-Anne. Auteur de nombreux ouvrages de vulgarisation médicale qui ont fait autorité. Il meurt en 1977 à l’âge de 77 ans.

4 mars – nouvelle manifestation, et les gardes-mobiles doivent disperser les manifestants. Naissance de la Ligue des Croix de Feu (association d’anciens combattants nationalistes – dissoute en 1936) qui recrutent dans les milieux aisés – Création de l’Office du Blé par le Conseil Général.

# 23 mai – Sa relation avec l’Eure et Loir ne tient qu’à sa mort accidentelle. Ludovic Arrachart, originaire de Besançon, alors en mission de repérage photo en vue de la coupe Deutsch de la Meurthe, il perd le contrôle de son avion, et s’écrase à Maisons. Il doit sa renommée en France, il la doit

1934 – création du camp d’aviation de Châteaudun sur un terrain de 20 hectares.

# Naissance à Chartres de Marcel Pigou qui a accompli une honnête carrière de boxeur, visant un titre de champion du monde mais fut battu. Un décollement de la rétine (1962) mit fin à sa carrière sportive.

# 30 novembre – Eurélienne d’adoption puisqu’une bonne partie de sa famille a vécu près de Yermenonville, Hélène Boucher s’écrase au sol à Guyancourt et se tue. Personnage mythique des ailes françaises féminines, elle avait seulement 26 ans. Toute la France la pleura.

1936 – les grèves et manifestations de cette époque poussent le prolétariat rural vers l’extrême-droite.

10 juin 1937Chartres – le premier train électrique s’élance remorqué par une locomotive de 135 tonnes et d’une puissance de 4 000 chevaux capable d’atteindre les 130 km/h.

1938 – le château de Châteaudun est classé Monument historique ayant été acquis par l’État.

# Michelin, propriétaire de Citroën, achète 812 hectares de terre au château de la Ferté-Vidame (l’un des plus grands domaines privés de France), pour en faire un centre d’essais de véhicules prototypes ou non. Hautement sécurisé où plus de deux cents personnes travaillent, le site est ceint de 12 km de murs, de caméras pour éviter tout espionnage et regards indiscrets pour préserver tout ce qui contribue à l’univers commercial de la marque. En 2015, le site a changé de mains pour être transféré à une société privée qui agit pour compte du groupe PSA, et destiné aux mêmes essais. Plus de trente kilomètres de routes privées mais aucune voie publique ne traverse ce vaste parc.

# Alors que certains événements pouvaient laisser présager une guerre, de nombreuses personnalités s’inquiètent de la dangerosité d’un aérodrome comme celui de Chartres vis-à-vis de la cathédrale.

29 janvier 1939/8 février 1939, plus de 2000 réfugiés espagnols suite au succès de Franco lors de la guerre d’Espagne, vont arrivés en Eure et Loir, en majorité femmes et enfants, et répartis dans nombre de villages obligés de les accueillir. Un millier restera en France.

# 11 juilletChartres – Charles Porte, personnage au comportement prêtant à caution, à qui il fût reproché, durant la guerre 39/45, ‘’ une grande activité dans la répression des menées patriotiques ‘’ Nommé commissaire de police à partir de cette date, il fut proche de Jean Moulin. Un peu plus tard, s’est-il rapproché de l’occupant, on peut le supposer, puisqu’il est à l’origine de l’arrestation et l’exécution à Chavannes de militants communistes ayant commis un attentat contre des soldats allemands en région parisienne. Ensuite, on le retrouve de ‘’ l’autre côté du miroir ‘’ en participant à un parachutage d’armes. Arrêté, et déporté notamment à Buchenwald, libéré par les Américains. Il finira sa vie comme commissaire divisionnaire, et retiré à Fréjus, il meurt en 1982.

# 1 août – le dernier train siffle en gare d’Ablis. La ligne Paris-Chartres passant par Gallardon a cessé. Elle existait depuis 1931, et connut les premiers essais de Micheline, et elle servait à convoyer charbon et céréales vers Chartres.

# 1 septembre – La base de Chartres accueille, au titre des groupes de première ligne, les groupes de chasse I/2,II/2, et III/2 équipés de Morane 406. Puis les groupes II/6 et III/6.Le Morane 406 était équipé d’un canon et de quatre mitrailleuses.

# 7 septembre – Marcel Albert devient instructeur au Centre de formation des pilotes de chasse de Chartres. Lors de la guerre 39/45, il va s’illustrer comme as de la guerre aérienne avec 24 victoires homologuées. Retiré à Harlingen (USA), il y meurt en août 2010.

# novembre – Visite de l’Amiral Darlan à Maintenon, avec le Président Albert Lebrun et Winston Churchill. Une venue qui singularise d’autant plus la ville, et plus particulièrement son château, puisque pour moins d’un an, la propriété de la famille de Noailles a été le siège de l’Amirauté désignation initiée par Darlan en personne. Une certaine originalité à l’abri des regards, presque dans le plus grand secret, occultant les allées et venues.

#20 décembre – fondation par Jean-Pierre Daninos, frère de l’écrivain Pierre Daninos, de la société  » Forges et Ateliers de construction d’Eure et Loir  » autrement dit Facel, une marque de voiture de sport prestige sous le nom de Facel-Vega entre 1954 et 1964. Une première usine voit le jour à Courbevoie, et une seconde à Dreux . Les usines fermèrent leurs portes le 31 octobre 1964 avec plus de 3000 voitures produites sur dix années.

# Décembre 1939 – hiver très rude.

#Mai 1940 – De nombreux bombardements affectent le département

#1940 – la commune de Feucherolles, située à proximité de Néron, est le théâtre de violents combats.

#12 et 19 mai – premier bombardement de la Lutwaffe sur la base de Châteaudun avec sa base aérienne et ses 264 avions suivi d’un second pilonnage en une semaine, de même la base de Chartres.

# entre le 12 mai et le 16 juin – ce ne sont pas moins de 600 victimes de bombardements le plus souvent parmi les Euréliens voulant fuir l’occupant –

#31 mai – Originaire de Toury où il naquit le 16 mai 1917, sergent-Pilote au sein du Groupe Bombardement I/II alors qu’il est radio-mitrailleur, à bord d’un Le0451 N°56, il est abattu et tué en combat aérien par la chasse allemande. L’avion s’écrase avec les quatre membres d’équipage. Il repose dans le cimetière du village au dessus duquel il trouva la mort.

# juin Ymonville perd un troisième moulin ( sur les 4 qui s’y trouvaient avant 1870). En effet, un avion allemand visant des tirailleurs sénégalais lâche une bombe incendiaire sur le moulin où s’étaient réfugiés les soldas en question

# 2 juin – une escadrille de chasse dite groupe de chasse de Varsovie s’installe avec 31 appareils Caudron-Renault 714 s’installe sur l’aérodrome de Dreux-Vernouillet. Un peu plus tard, elle sera remplacée par 27 Heinkel 111 au titre de la chasse allemande affectée à la bataille d’Angleterre. Pus tard, il crée toujours à Dreux, sa marque automobile Facel-Véga, hélas équipée de moteurs américains mal aimés des automobilistes français. Une belle aventure qui se termine sur un fiasco en octobre 1964

# 9 juin 1940 : bombardement de Dreux , 88 morts, plus lourd bilan de la guerre en la matière.

#14 juin – deux trains bondés de civils sont la cible de mitraillages des avions à La Taye : 17 morts.

#15 juin – selon un recensement à l’initiative de Jean Moulin, le dénombrement laisse apparaître la présence de 7 à 800 chartrains dans Chartres, des vieillards en majorité,, alors même que la population de la cité beauceronne est de 23 000 habitants. A Lèves, le curé dénombre une cinquantaine d’âmes qui sont restées alors même que la commune compte 1 100 âmes – A Dreux, c’est une simple affiche qui annonce le nombre fort restreint de Drouais encore présents dans la ville –

#16 juin – des combats opposent le 26ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais aux forces allemandes à dans un pourtour situé à Berchères-la-Maingot et autres villages proches causant plus de 600 morts. A Bouglainval, onze tirailleurs sénégalais sont tués ;

# 17 juin – les troupes allemandes entrent au matin dans Chartres. Elles y resteront jusqu’à la mi-août 1944. Le soir de cette journée, les Allemands veulent signer à Jean Moulin, le Préfet, un document selon lequel des tirailleurs sénégalais auraient mitraillé des civils, ce qui est évidemment faux. Il refuse, et tentera de se suicider. De ce jour-là, il entrera en résistance. L’armée allemande occupe les principales métropoles d’Eure et Loir, et surtout les terrains d’aviation. La résistance s’organise, et peu de personnes désirent collaborer avec l’occupant. Le marché noir, la pénurie des vivres sont autant de sujets qui préoccupent la ruralité. Les maquis de Plainville, de Beaumont-les-Autels s’organisent avec l’envoi de chefs. on déboulonne les rails en l’absence d’explosifs – déraillements. Les cheminots sabotent les locomotives (représailles – nombreux fusillés pour des actes de sabotage – une liste très longue – parachutages– on renseigne les alliés pour des bombardements d’objectifs – récupération et cache d’aviateurs alliés)

# 20 juin – Maurice Achavanne, originaire de la Framboisière, sabote des lignes téléphonique